‹ La Langue étrusqueChapitre 60 sur 74 · UNE INSCRIPTION ANORMALE · texte numérisé non relu

UNE INSCRIPTION ANORMALE

Cette inscription assez singulière est gravée sur une borne provenant de la campagne de Pérouse :

arses vurses seïïlanl tephral ape termnu pis est es tu.

On remarquera que, dans ce texte, les quatre premiers mots seulement sont étrusques, les autres étant ombriens. Les deux premiers sont connus des Latins sous la forme arse verse ;i\s constituaient une sorte de formule magique que l'on inscrivait sur les portes dans le but d'éloigner l'incendie. Le second n'est que la répétition du pre-

mier, avec renforcement initial; c'est là une formation familière aux langues turques. Ainsi le turc oriental a le doublet ourons mourons qui est employé comme cri de guerre ou d'alarme et signifie : combat ! combat ! Ce cri est apparemment la formule même de notre inscription.

Les autres mots sont explicables sans difficulté :

Seblanl est le nom de Vulcain avec la désinence / qui lui donne le sens d'un adjectif. Tephral est un mot de la racine tob, TAB, qui signifie cendre et par extension incendie ; cf. le grec xé^pa. Les deux mots ensemble doivent donc être lus : l'incendie de Vulcain, ou : la flamme vulcanienne.

Ape est pour abs, loin de ; termnu, pour termino ; pis pour qui ; estu pour esto.

Le sens général est : Alerte ! alerte ! que la flamme de Vulcain soit écartée du terme que voici ! »

Orioli a autrefois proposé une interprétation peu différente de celle-là.

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