XX INTRODUCTION
opposées les deux syllabes du mot qui signifie « donna ».
Cependant l'espèce de distraction de Corssen fut partagée par la critique qui crut en l'œuvre du savant et appela celui-ci l'Œdipe du sphynx étrusque. Taylor, dont nous allons parler dans un instant, s'éleva d'abord contre cette appréciation prématurée et au reste éphémère.
La thèse qui aurait vu dans l'étrusque une langue purement indo-européenne, était peu vraisemblable, car l'étrusque se trouve placé géographiquement dans le domaine des savants qui s'occupent de cette sorte de langues, et en conséquence il y avait fort à parier qu'ils auraient sans peine découvert la solution d'un problème aussi séduisant, si vraiment leur science propre avait pu la leur fournir. Néanmoins des étruscologues ont tenu longtemps pour l'hypothèse indo-européenne, Bugge notamment ' qui, après avoir considéré l'étrusque
1. Le travail de Sophus Bugge sur la langue étrusque, 1883, forme le IVe fascicule des Etriiskische Forschungen und Studien, publiées par Deecke et Pauii.
HISTORIQUE DE LA aUESTION ETRUSaUE XXI
comme formant une branche très spéciale de l'indo-européen, le plaça ensuite dans le voisinage de l'arménien. Deecke, l'éminent auteur des Etruskische Forschungen, écrivait en 1882 : « Maintenant que, après une reconstitution de tout le matériel linguistique de l'étrusque, entièrement indépendante de celle de Corssen, souvent même en contradiction avec la sienne, je suis cependant arrivé au même résultat que lui..., etc. »
Les arguments invoqués en cet endroit en faveur de cette thèse étaient bien en partie contestables : tels sont l'existence d'un génitif étrusque en s, d'un datif en i ; les sens attribués à certaines racines, comme ar, se mouvoir vite; nak, aller au fond ; suth, être au logis. Pourtant, plusieurs rapports singuliers se présentaient en faveur de la thèse indo-européenne, qui eussent fait regretter de s'en écarter tout à fait ; comme ceux de l'étrusque avil signifiant âge, avec aevum, de turu^e qui doit signifier don, avec Swpov, de hinthial désignant des fantômes, avec hlxk-\i.'x, de