LES VARIATIONS PHONETIQ.UES
Il existe en altaïque une lettre îch, c\ intermédiaire entre la dentale / et la palatale g ou c. Cette lettre est susceptible de varier dans l'un ou dans
l'autre de ces deux sens ; il lui arrive aussi de s'amollir et de varier dans le sens de /. Ainsi l'uigour comîavmJj:, rassembler, a dans son voisinage, d'un côté l'altaïque tem, ce qui est réuni, de l'autre le mot uigour jumilmak, signifiant aussi rassembler .
En altaïque la lettre r n'existe pas à l'initiale, et / ne s'y trouve que rarement. Ces deux liquides se mouillent et sont remplacées par le j. Ainsi l'étrusque vil, année, paraît en turc sous la forme jil. Les deux mots lap et jap signifient beaucoup, le premier en T. de l' Azerbaïdjan, le second en T. uigour.
Tandis qu'en altaïque des mots présentent la variation /-/, d'autres la variation de / à tch ou à d, en aryen on rencontre quelquefois une variation qui est la somme des deux précédentes, de l à. d: Lacryma-ooiy.pj .
Dans les formes altaïques surtout, le ^ à l'initiale des racines peut permuter avec la dentale t : tim ou sune, nuit ; racine tal ou sal, idée d'étaler. — La dentale t peut tomber à l'initiale : ainsi il y a une forme al de la racine tal : fiikocatjx, x\q.
DE LALTAIQUE A L ARYEN I5
Le t initial est assez solide en étrusque, et il paraît quelquefois dans cette langue au début de mots dont les correspondants aryens ou altaïques l'ont perdu : Ttirms-Hermès.
Il existe, dans les deux groupes de langues, un son g nasalisé : ng ; d'où parfois correspondance d'un g et même d'un ^ à un n ou à ni : KuêsX-/) — Niobé; Komus (avec k doux) — numus.
Le g et particulièrement sa forme aspirée ^^, peut correspondre à la labiale: Tigre, Tibre, étr. Tivr, Ebre, Evre.
Une racine commençant par une voyelle, surtout par 0, prend facilement \'m, ensuite le b, à l'initiale : Ausel-Mausole^oung-moung.
Quelques racines en k initial ont un analogue en t ; cum-tum. Ce fait est assez rare ; il est explicable par l'intermédiaire du c.
Certaines racines finissant en r s'annexent soit le h, soit le t, qui font corps avec la racine ; ainsi l'on a les analogues art, ark, qui donnent ensuite rat et rak.
Un petit nombre de racines en k initial ont des analogues en p : kut-put ; cepen-pepn. . .
La lettre /• peut s'insérer dans les racines en aryen ; ainsi le mot tranquille est de la racine tan : cf. aussi ()T,7Xjpz:, trésor.
Il en est de même de 1'/ qui s'insère quelquefois ; Thana-Diana.
Dans les langues aryennes, on peut trouver des voyelles préfixes à-sîXoiç ; cela est assez rare en étrusque: V. pourtant ataison, agalletora.
Le s préfixé devant le^ ou le c se rencontre en aryen, quelquefois aussi en étrusque.
Le ps du grec peut correspondre à un simple s ou ;( en altaïque ou en étrusque.