‹ La langue étrusque; sa place parmi les languesChapitre 46 sur 68 · NOMS COMMUNS · texte numérisé non relu

NOMS COMMUNS

Fier, fleres. Ce nom, qui se rencontre dans plusieurs inscriptions portées par des objets d'art, paraît isolément dans le dessin d'un miroir où il

désigne une idole. Il appartient à la racine BEL, bal, qui signifie trancher, tailler, et secondairement beauté, éclat. Il désigne les œuvres d'art; on le trouve en grec sous les deux formes çxXapa, ornements en métal brillants et polis, et iîéXXepoç (V. BellérophonJ.

Fle^ru, nom écritderrière une statue de Minerve ; ce n'est qu'un équivalent de Fier es avec métathèse à la finale. Le sens est : la belle.

Tinskvil, mot écrit sur plusieurs des objets les plus importants de l'art étrusque : le lampadaire de Cortone, la Chimère de Florence, le griffon de Leyde et les bases de Cortone. Sur ces trois dernières, pièces, il paraît isolément. Ce mot est de la racine in, inc (V. JING) et signifie beau, objet d'art, merveille. Dans la forme T. oriental in:(ke, fin, beau, on remarque le même groupement de lettres que dans le corps du mot étrusque : . . inskv. . .

Suthi, Suthina; le mot 5"//^/;/ paraît fréquemment dans des inscriptions funéraires, et il désigne le tombeau; le mot suthina se rencontre isolément sur des offrandes funéraires, des objets précieux

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déposés dans la tombe; nous le retrouverons sous la forme tuthines dans l'inscription de l'Orateur. Siithi appartient à la racine TUT, qui signifie ce qui retient, ce qui garde, et donne par suite l'idée dechose sacrée et celle de tombe. Cf. le latin in tuto. — Suthina fait fonction d'adjectif relatif et désigne ce qui est affecté au tombeau.

Hinthial; nom de personnages morts apparaissant dans les dessins; par exemple le spectre de Patrocle ou celui de Tirésias portent les mentions : hinthial patrukles ; hinthial ierasias. Ce mot est de la racine inc, JING, signifiant une chose fine, légère, ici l'ombre, le corps subtil. Il existe en grec muni de la désinence m : ïv$aÀ[xx, l'apparence, l'image.

Thuins . Ce mot est inscrit sur une sorte de rectangle dessiné en arrière de la composition, dans le miroir qui représente la construction du cheval de Troie. Le rectangle doit représenter soit une tour, soit une porte, symbolisant la ville de Troie. Le mot, de la racine Thiin, TONG signifie : la forteresse, ce qui est entouré. Pour la sémantique ville — enceinte, cf. Villa à la racine il, et Ilion, article Elias.

Zipnci, mot inscrit sur un miroir ; la racine est sip, SEV, idée de chose polie.

Turiice. Ce mot paraît dans des inscriptions dédicatoires, seul avec des noms propres, et exprime l'idée du don. II appartient à la racine TUR, ayant les sens de produire, présenter, et il correspond au grec âœpov, don.

Kana. Ce mot suit le démonstratif mi dans de brèves inscriptions dédicatoires; par exemple sur unestatue de femme -.mi kana N. . ; sur une coupe mi kana, seul. Sur ce premier type d'inscriptions, il désigne la statue ; sur le second, il doit plutôt se rapporter à la personne à qui Toffrande s'adresse. Dans les deux cas, il a le sens de beau, inclus dans la racine KUN, kan; il exprime ou la beauté de l'objet d'art, ou celle de la personne : « Ceci [est] la belle statue d'une telle ; — ceci [est à ma] belle. »

Akil; mot qui paraît isolément à la suite d'un nom propre sur des objets funéraires. Il peut désigner soit l'idée de l'offrande, soit un qualificatif de la personne. Ce second sens est apparemment le vrai, et le mot doit être classé dans la racine AK, avec le sens de haut ou noble.

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