UNE INSCRIPTION ANORMALE
Cette inscription assez singulière est gravée sur une borne provenant de la campagne de Pérouse :
arses vurses se^lanl tephral ape termnu pis est
fStU.
On remarquera que, dans ce texte, les quatre premiers mots seulement sont étrusques, les autres étant ombriens. Les deux premiers sont connus des Latins sous la forme arse verse ; ils constituaient une sorte de formule magique que l'on inscrivait sur les portes dans le but d'éloigner l'incendie. Le second n'est que la répétition du pre-
mier, avec renforcement initial; c'est là une formation familière aux langues turques. Ainsi le turc oriental a le doublet ourous mourous qui est employé comme cri de guerre ou d'alarme et signifie : combat ! combat ! Ce cri est apparemment la formule même de notre inscription.
Les autres mots sont explicables sans difficulté :
Se^lanl est le nom de Vulcain avec la désinence / qui lui donne le sens d'un adjectif. Tephral est un mot de la racine tob, TAB, qui signifie cendre et par extension incendie ; cf. le grec Ts^pa. Les deux mots ensemble doivent donc être lus : l'incendie de Vulcain, ou : la flamme vulcanienne.
Ape est pour abs, loin de; terntnu, ipour termino ; pis pour qui ; es tu pour esto.
Le sens général est : Alerte ! alerte ! que la flamme de Vulcain soit écartée du terme que voici ! »
Orioli a autrefois proposé une interprétation peu différente de celle-là.