‹ La langue étrusque; sa place parmi les languesChapitre 61 sur 68 · INSCRIPTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

INSCRIPTIONS DIVERSES

Sur deux grandes tuiles qui paraissent avoir servi à couvrir des ossuaires (Fabretti, n"' 937 et 1044), sont inscrits ces mots :

Tular rasnal et

Tular hilar

Le mot tular est de la racine TOL qui indique quelque chose de circulaire. Il est analogue au grec OiAo;, bâtiment circulaire, coupole, et au latin ollarium, vase de forme ronde ; dans ce dernier mot, le / de la racine est tombé. Le latin a aussi la forme ollar.

Le mot rasnal est le nom même que se donnaient les Etrusques, Rasena, augmenté de la désinence /. II appartient à la racine ar, ER, et, d'après une sémantique commune à beaucoup de noms de peuples, il signifie les hommes, les forts. Cf. le grec aptTYjv, mâle. Dans le cas présent, ce terme

désigne sans doute des personnages de pure race étrusque, par opposition à des étrangers.

Hilar est un mot de la racine IL qui signifie lier, entourer; il s'applique au peuple ou aux esclaves. Cf. le nom des Ilotes.

Ces deux inscriptions s'appliquent donc à des constructions circulaires, grandes ou petites, dont l'une est réservée aux hommes de race pure et l'autre est affectée aux hommes du peuple.

Sur une pierre ayant fermé un ossuaire (^Corpus, I, p. 524), on lit :

Cehen cel te:(anpenQna ^aiirus danr.

On a déjà rencontré le nom thesan comme nom de l'Aurore ; mais ce sens n'est pas appliquable ici. Il faut revenir au sens de la racine tes, TIS, qui est celui d'entrer, de pénétrer ; le terme, dans la situation qu'il occupe, doit signifier « dans ».

Cel, mot de la racine KAL indiquant la chose en tas, ou le lieu où on la conserve, correspond au latin cella, cellule, chambre.

Qatinis est nom divin ; il paraît sous la forme Qaure dans l'inscription de San Manno, et sous la

l60 LA LANGUE ÉTRUSQ.UE

forme dures dans une inscription' ainsi conçue (Corpus, l, p. 594) :

Subis eca penOunacai vels cais hares lautni,

« ce tombeau est celui de Penthuna..., servante de Tharès. »

Dans l'inscription dont nous nous occupons, le groupe penbna Haurus désigne les défunts . Penhna est un mot de la racine bend, baîid, biind, que l'on peut annexer à but et qui désigne le lien, l'attache, l'alliance : uig. butun, peuple, ait. pudiin, le tout, ce qui est réuni; angl. bond-man, serf; bondage, servitude. Penbna daiirus, ce sont les serviteurs de %aiirus.

^anr, mot de la racine tan, TEN, exprime l'idée de repos.

Le sens de l'inscription est :

« Dans cette cella reposent les serviteurs de Tharès. »

Mi marisl harO siansl l eimi.

Ce texte provient de Chiusi (Fabretti, n° 807) ;

LES INSCRIPTIONS FUNERAIRES l6l

marisl y est une variante de mursl, qui paraît dans l'inscription de Camnas Larth ; il signifie le lot, la place.

harfi est un titre. Ce titre est applicable aux femmes, comme on le voit par les numéros 734 et 1226 deFabretti, où des femmes sont qualifiées de har^na et de far%ana. Dans le texte que nous examinons, il a un caractère religieux, car le mot har% est suivi du nom d'un personnage eimi qualifié de saint, siansl ; la répétition de 1'/ n'est sans doute qu'une liaison.

L'inscription signifie donc que « ceci est le lot » de certaines personnes ayant une dignité relative au saint Eimi.

Sur la porte de l'admirable tombeau des Volumni, près de Pérouse, sont inscrits ces mots :

Arn% Larf} Velimnas dusiur su^i aUl heke

Les trois premiers mots sont nom propre. dusiur doit être un titre. On trouve aussi ce

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vocable SOUS la forme hiihir suivant un nom propre (^Corpus, 11^ p. 96) ; et sur une colonne sépulcrale (^Corpus, I, 597), suivant un nom propre à demi effacé, on lit le mot tusurdii qu'il faut peut-être décomposer en tusur et 0«. Ce terme appartient à la racine tus, us, sus, indiquant ce qui est au-dessus : T. ait. us, en haut ; u:{eri, d'en haut ; T. jak. sus^ front; tsusun, aspect; T. uig. /«;(, extérieur, surface, ce qui se montre au dehors. Cf. nos mots français sus et suzerain.

Les termes akil hece sont des épithètes du tombeau, hcce est le même mot qui paraît sous les formes tece et \ec dans l'inscription de l'Orateur et dans une autre inscription dédicatoire (V. pages 132, 134).

Le sens de l'inscription est : « A Arnth Larth, desVolumni, haut seigneur, le tombeau noble, bien fait. »

^uker akil tus duves.

(Gamurrini, n° 104). Inscription un peu analogue à la précédente, où Ouves correspond à sti^i. Ce mot, de la racine tob (TAB), désigne le sol.

le Heu du tombeau ; nous le retrouverons dans l'inscription de San Manno sous la forme réduite Ques.

« A Teuker, noble, haut personnage, le tombeau. »

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