C(îya ^iyuye
Malgré sa longueur inaccoutumée, on voit tout <i'abord que ce texte ne peut être qu'une inscription funéraire, parce qu'il concerne des personnages appartenant à une même famille, et qu'il contient des termes connus comme se rapportant au tombeau.
La famille est celle des VeMna. Ajuna est le nom d'une de ses branches. Mena et S'atena
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Qatene) désignent apparemment aussi des rameaux de la famille. VeMna-Huras signifie, comme on sait, les descendants de VelOina. Aiiksi VeMnas A:(rial demi est un nom propre complet ; il en est de même de Lardais Afunes clen, à quoi il faut joindre peut-être felic.
Nous connaissonslenomde parentéwaper, petitsfils ou neveux ; aux lignes 5-6, il est question de douze naper, descendants de VelOina ; à la ligne 1 6, il est parlé de hut naper ; but est le nom de nombre que nous avons rendu par trois. Lignes 23-24, sont mentionnés deux neveux (naper ci) des Afuna Mena. Aux lignes 5 et 24, le mot naper est précédé de hen. Ce dernier terme, qui doit exprimer une idée de parenté, se rapporte sans doute à la racine en, in, annexe de MIN, qui signifie la descendance : T. or. enmek, descendre.
L. 41, le mot Ouruni, qui suit le nom propre afun, paraît équivalent au mot Ouras, et indique les descendants des Velthina Afuna.
On remarque encore deux noms de nombre:. L. 17, le mot masu, cinq. Aux trois neveux {hut naper) sont joints cinq pene'^s. Peut-être ce
terme pene^s correspond-il au mot irevIïTvjç, domestique; il appartiendrait à la racine poin, moin (V. MUNG) qui donne l'idée de peine et de travail. — L. 21, le mot cei est certainement une variante orthographique de ci, deux. Il se rapporte aux descendants de Velthina (VeMna Quras) mentionnés à la ligne précédente.
Les termes honorifiques que l'on distingue sont: 1. I, !are:(id, forme adjective de lars, donnant le sens de princier; 1. 2-^,estla, bon, brave (Cf. eô/, p. 153); le mot €57â!c des lignes 31-32, est apparemment une variante de estla. L. 6, aras, élevé, (V. p. 164), dont peras paraît être un doublet. L. i4,municlet, honorable (V. p. 147). L. 19 et 24, cul, le même que le canl de l'inscription dialectale (p. 171), mot de la racine kan (KUN) indiquant la rectitude. L. 33-34, aa/^^nd /Mrwn^, nobles, princes (V. p. 117).
A ces mots il faut joindre le terme rasnes (1. 5, 21 et 22), nom indiquant les étrusques de pure race, en tant qu'hommes et mâles (V. p. 158), et par conséquent les nobles ou les chefs. Rasnes se trouve associé à tesne ou tesnes (\. 4, 22 et 20). Ce
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mot, de la racine te^ (TUZ), désigne l'ordre, la loi, et peut se rendre par juge.
Les formules pieuses que l'on peut dégager dans l'inscription, abstraction faite de !a finale, sont : va-// laiitn (1. 2) où vayr est un nom divin. Il faut à ce nom associer ame, comme le montrent les expressions des lignes 5, 38 et 39 : //jû! mna et pen%na ama ; ces termes signifient : attachés à Ama, dépendants de Ama; cf. pen^na Jaunis (p. 159). Tbaura helu, 1. 20-21, est probablement aussi un titre pieux du même genre, où fiaura est nom divin, et helu indique le lien (racine el, IL) : du peuple deTharès.
Les mots se rapportant au tombeau sont : L. 8, tulara, rencontré sur des ossuaires (p. 158), bâtiment circulaire. Ici il doit s'agir d'un bâtiment important, une tombe à coupole, un Tholos.L. 10, 34-35, scuna, rencontré sur les grandes tombes de San Manno et de Tarquinii, comparé à xoivbç, rendu par salle ou chambre commune (p. 157). L. 17, ciel, évidemment comparable à cel (p. 159), mot expliqué par cella. Les mots spel^uta, spelaneBi et ipelbi n'ont pas encore été rencontrés; mais il
n'y a pas de raison pour ne pas y reconnaître des mots voisins de sepultura. Ils se rapportent à la racine SAP, jap, bâtir, couvrir : Uig. jeplumek, bâtir.
Voilà les termes que l'on peut expliquer le plus directement, à l'aide des mots et des textes déjà étudiés. En s'appuyant sur ces résultats qui portent sur plus de la moitié des termes composant l'inscription, il est aisé d'obtenir quelque clarté sur le reste.
Le groupe slekth caru ie:{an (1. 3 et 4) est comparable à cehen cel te:(an (V. p. 159) que nous avons rendu par: « dans cette cella ». Te:(an est « dans » ; sklef), par la permutation orthographique que nous savons possible entre le c et 1'^, doit être identifié avec ciel, cella; cani, de la racine KAR, signifie : ce qui est en face. Il faut expliquer les trois mots : « dans la cella d'en face. »
Hin%a (1. 14) est encore un mot connu : nous avons rendu hin^iu par « à l'intérieur » dans l'inscription de San Manno. Hin^a cape doit être : « caveau intérieur », ou peut-être « caveau en arrière »; Cape est de la racine kab, chose creuse.
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Intemamer (l. 18-19) est comparable aussi à hin^a, hinUu. Il désigne de même quelque chose qui est à l'intérieur, au tond. Cf. le latin intlmus, et pour la désinence, cf. manimeri. (p. 147). Ce terme est associé à un mot d'une sonorité un peu étrange mhr^inia. Si pourtant on suppose IV assimilé au ■^, on voit que ce mot se rapproche de vocables connus, tels que le grec [aîaîCw- H appartient à la racine mel (BEL), et doit signifier sectionner : les sections, les alvéoles du fond.
Dans acnina ciel (1. 17), acnina est de la racine kan (KUN) qui indique la rectitude, la suite ; ce terme paraît désigner la cella « qui suit ».
Le mot yiem ou yim^) (1. 13 et 22) est un mot net : Il appartient à la racine getn, gum (V. KOM), signifiant ce qui est enterré (cf. au mot Gémonies, p. 99). Il doit s'appliquer plus spécialement à une sépulture souterraine. Lignes 22, 23, on le voit en connexion avec spelOuta. Il semble bien que le mot cœmeterium appartient à la même racine et correspond à ces mots-là. Le sens de dormir, contenu dans xoiij.âo), est sans doute postérieur à celui de cacher, d'enfouir.
A yiemtst associé ftisle, 1. 13. C'est un vocable de la racine os, bos (OZ), signifiant ce qui est brisé, ce qui se sépare, en particulier les os : T. c'ag, osulmek, s'écailler. Cf. le latin fossile. — Le même terme se trouve à la ligne 4, avec une désinence fnsleri ; il doit y signifier aussi les ossements.
L . 27-28, dans le groupe ipa spelaneHi, ipa est un mot que nous avons déjà rencontré, et expliqué par la racine iip (OB), avec l'idée d'attache ; il s'agit sans doute d'une sépulture annexe. — Un peu plus loin, (1. 30, 31) dans le groupe ipeM reneBi, rene^i est un vocable de la racine ran, arn (V. IR) qui indique la fente, la séparation ; il s'agit sans doute d'une sépulture séparée.
Les termes :^ea et ^.^a des lignes 35 et 19, ne sont évidemment qu'un même mot, dans l'orthographe duquel e et i sont explétifs, et qui appartient à la racine TAK, donnant l'idée de toucher. Le sens est « aussi » ; uig. ta et, aussi ; ait. taa, daa, en même temps.
L'inscription comprend un groupe trois fois répété : ^uci enesci (1, 7-8, 26-27, 35-36) qui.
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dans les deux premiers cas au moins, précède des mots se rapportant à la tombe. Le mot .^«a semble net et ne peut guère être attribué qu'à la ratine 50^, TOC, donnant l'idée de génération et multiplicité. Enesci est comparable à hen que nous avons rapporté (p. 176) à la racine en (V. MIN et JING) signifiant la descendance : T. c'ag. inak, le plus jeune.
Epi (1. 8) qui précède iulara, est de la racine pf/, BEL et signifie partie ; ce terme reparaît sous la forme eplec, 1. lo-ii, précédé du démonstratif cenu, et 5^ a le même sens : partie du bâtiment circulaire ; chambre commune (scund) de cette partie. Cf. pour ce mot : ait. polgiis, c'ag. bolek, section, partie. — Le mot adumics (1. 36-37) qui vient en parallèle avec les termes précédents, désigne aussi des tombes. Va, vu la longueur du mot, doit y être préfixe ; la racine est tum (V. KOM) désignant la chose grosse, gonflée, le tumulus.
Dans le petit nombre de vocables qui restent encore inexpliqués on remarque les deux groupes QunxulQe falas (1. 12-13) et sranc^ul ^ii faUti (\.
l'inscription de pérouse 183
15). Ces groupes suivent des noms de personnages ; ils se présentent comme des qualificatifs honorifiques, et s'appliquent, soit à ces personnages, soit peut-être à la divinité dont ceux-ci dépendent ; mais dans ce cas le terme exprimant la dépendance reste sous-entendu. Falas ou falasti est de la racine pal signifiant brillant, célèbre, manifeste (V. BEL). Cf. le latin palafu, l'italien pakse, et le nom de Pallas. — Thunyul^e, de la racine tun (TUNG), voisine de tin, signifie le jour, et plus particulièrement le point du jour ou le crépuscule : Uig. tungmek, paraître, briller. — Srancxtd appartient à la racine sar, ]hK, qui exprime l'idée de fente, d'éclat d'aurore : ait. jarkin, l'aube ; jak. sarsln, le matin ; cf. serenus. Quant à 6/7 ou 6/ ce doit être un mot ÛQ la racine IT ou id qui indique la possession, le pouvoir : Uig. ///, idi, seigneur, maître. Ce mot apparaît à la suite d'un nom propre dans une inscription : LarOi Lautnit Praisintis di (Florence, 250).
Les derniers mots de l'inscription, à partir de ~ein :(eri (1. 41-45), constituent une finale évidem-
ment analogue à celle de San Manno; on n'y distingue plus de noms de personnes, ni de termes se rapportant au tombeau; on peut donc être à peu près sûr à piiori qu'ils ont un sens religieux. On distingue parmi eux le mot ca, qui est la copule (cf. p. 171), le mot HiinyulHl (cf. 1. 12) qui signifie brillant, et peut-être plus spécialement d'après le sens propre à la racine TONG, soleil couchant, qui retourne. On reconnaît aussi le mot ceya qui nous a donné en d'autres endroits le sens de fille, avec la sémantique de feu, d'éclat. L'idée de fille n'étant pas applicable ici, il faut prendre celle d'éclat, et sans doute plus spécialement d'aurore. ly, de la racine ig, EG, indique l'idée de possession, et paraît correspondre à l'uig. ige ou aujak. icci, maître, seigneur, dieu, analogue de 6z7. En groupant les quatre termes dont nous venons de parler, on a le sens de « maître du crépuscule et de l'aurore. »
Les quatre mots précédents semblent nets. Ein a déjà été expliqué (p. 168) par l'idée de fin, beau. Ce mot, sous la forme in, se retrouve dans une inscription dédicatoire où il doit désigner l'objet
l'inscription de pérouse 185
d'art : Inturke Vel Sveitus (Fabretti, n° 2614, ter). Zeri, de la racine z^er (V. KIR), signifie le rayonnement. Unacya, de la racine ONG, signifie l'aspect beau, la coloration ; etO//, de la racine JIL, indique aussi la beauté, l'éclat.
Enfin l'inscription se termine par le mot ^r/wy/, que l'on doit rapporter à la racine SIK, signifiant piquer, entrer dans, se ficher dans, puis être en repos. T. c'ag. sigmak, protection ; uig, sikhu, lieu de refuge ; cf. aiyr], silence. Les morts énumérés dans l'inscription se placent sous la protection de la divinité solaire.