‹ La langue française au CanadaChapitre 1 sur 34 · H AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

H AVANT-PROPOS

bionnés sous le parapet des préjugés religieux et nationaux, se mirent en frais de découdre de point en point son hérésie. Aucun d'eux, ni même personne jusqu'alors, n'avait lu une demiligne de cette modeste, mais longue étude. C'est ainsi que M. DeCelles a bien voulu dénoncer l'auteur à l'anathème des messieurs filant droit, des dames superstitieuses et charitables, des échappés d'Hérode et des "blessés" de l'Ontario, et qu'il a su faire frissonner les gens bien pensants, au seul nom de ce nouveau suppôt des puissances infernales. Tant et si bien, que ces gens bien pensants touchaient du fer ou du bois à sa rencontre pour conjurer le mauvais œil de ce renégat à sa race et à sa religion, de ce traître qui fournit des munitions à l'ennemi, à une époque où la langue française subit, chez nous, '*a sort of Verdun assault" (i).

Oui-da! Mais, pour une fois que M. DeCelles jouait à la sentinelle, et tant qu'il y était, il aurait pu crier qui-vive avant de se fendre à l'aveuglette et de foncer à vide comme il s'est fendu et comme il a foncé. Car l'auteur qu'il a tué se porte à merveille. Et puisque notre langue subit un assaut de Verdun et que, très certainement, il est indispensable de reconnaître les rôdeurs des avant-postes, qu'il soit permis à l'auteur, que M. DeCelles a de force fait sortir du rang, de

(1) Citizen, Ottawa, 27 mai 1916.

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