XVI AVANT-PROPOS
habiles, puisqu'il a la prudence du serpent, bref, pas en droiture, puisque "le style est l'homme même":
Certainly there is no love lost as to the government {il s'agit du gouvernement français) on the part of the Québec clergy. Could they hâve any considération for the free-thinkers who hâve excluded religious teaching from the State schools 7 Can they admire men like Viviani, the présent minister of justice, who boasted one day that "We hâve extinguished the stars in the heavens," nieaning "the belief in God" ? How can they esteem men who hâve torn "like a scrap of paper" the solemn treaty made by Pope Pius VII and Napoléon?" .... (^).
Voilà l'homme.
M. DeCelles est un auteur. Il occupe une position qui le met à même de se rendre exactement compte des difficultés que nos écrivains doivent surmonter pour publier une œuvre dans une langue française passable; il sait mieux que tout autre que nos écrivains y parviennent rarement. Il a fait plusieurs séjours en France et se trouve ainsi qualifié pour établir des comparaisons salutaires. Il connaît les défauts de notre enseignement et ne se gêne d'ailleurs
(1) Citizen, Ottawa, 27 mai 1916.
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aucunement, dans le privé, pour exposer ces défauts, pas plus qu'il ne se gêne, dans le privé toujours, pour dire ce qu'il pense des Français... ou de leur gouvernement (que ceux de ses amis et celles de ses amies qui ne l'ont pas entendu me lancent les premières pierres!) Il a toujours été, et plus qu'aucun autre Canadien, dans une situation à rendre facilement les services les plus utiles à la langue française, à la défendre contre vents et marées, sans qu'il lui en coûte un cheveu. Et voilà ce qu'il écrit et que comprendront suffisamment ceux qui savent lire! Or, avant que de se départir de sa pusillanimité coutumière et de sa défiance naturelle, que d'écrire et de publier cette justification de la haine que des prêtres canadiens-français éprouvent à l'endroit du gouvernement français, M. DeCelles n'aurait-il pas dû, par décence au moins, céder à l'envie de jeter aux poubelles cet insigne de la Légion d'honneur qui doit le déshonorer au regard des honnêtes gens ? Car ce ruban rouge qu'il était si fier d'accepter, EN NOVEMBRE 1903, du gouvernement de ces libres-penseurs et, plus précisément, du ministère de l'infâme Combes en chair et en os, ne conférait à ce nouveau chevalier aucune mission de se faire l'^xégète de la politique française ou le commentateur des discours de M. Viviani, ni de raconter aux Canadiens que ce que Viviani avait voulu dire au juste, c'était que son gouvernement avait éteint la croyance en Dieu — "mean-
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ing the belief in God" Qu'en sait-il ? Des
étoiles, comme des intelligences, il y en a qui brillent, qui attirent, mais qui s'éclipsent, se cachent lorsqu'on les cherche, et dévoient le voyageur perplexe ou anuité. Et combien y en a-t-il, de flamboyantes, de fondamentales, de fixes, de doubles et de multiples, pour ne pas parler des temporaires, des variables, des changeantes, des informes, des errantes, des tombantes et des filantes ? Les astronomes en ont catalogué un demi-million; mais nous savons bien que, même avec leurs télescopes, ils ont la courte-vue. Viviani aurait éteint tout cela ? Il est dans la lune. Quelques-unes, s'il y tient; mais lesquelles, au juste ? That is the question. Si ce n'étaient que des nébuleuses ? Ah, le finaud! Il sait bien qu'il n'est pas taillé d'éteindre celles qui guident les destinées. Le cardinal Fesch n'arrivait pas à voir celle que Napoléon lui pointait avec assez de précision, pourtant. Napoléon seul la voyait. Et c'est ce qui importe, que chacun trouve la sienne, la reconnaisse et la suive; que chacun la porte au fond de son cœur, au zénith de son firmament intime, souriant à son jardin secret ... De Fachoda, Marchand écrivait: "Selon toute apparence, la mort nous attend, soit que nous tombions les armes à la main, soit que, minés par la fièvre, nous périssions sous les assauts d'un climat meurtrier. Dès que cette idée est acceptée, elle ne nous trouble plus. Nous