‹ La langue française au CanadaChapitre 6 sur 34 · AVANT-PROPOS IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS IX

Au fait, l'agitation soulevée par la question scolaire ontarienne et par toutes les autres questions de langue ou de nationalité, c'est la simple récidivité d'un syndrome accusant une maladie propre aux pays bilingues. Cette affection peut être soulagée, mais n'est point guérissable. Elle s'est déclarée dans notre organisme à la suite et par le fait même de la Conquête: elle provient d'un trouble physiologique de notre formation nationale, et qui a produit cette affection intermittente et incurable que M. André Siegfried a diagnostiquée, chez nous, "l'équilibre instable et complexe de deux races rivales, de deux religions jalouses, de deux langues différentes" (i). Ces manifestations fâcheuses sont, pour ainsi parler, pathologiques; elles dureront plus longtemps que nos procès et persisteront bien au delà des arrêts de la justice canadienne et britannique. Et puisque les tribunaux peuvent et doivent seuls dispenser les remèdes soulageant les malaises plus ou moins graves qui résultent de ce déséquilibre, nous ne devons et ne pourrons jamais, nous, 1 î peuple, que nous efforcer de prévenir et d'adoucir les crises périodiques de ces symptômes, puisque ces crises provoquent des entre-choquements qui épuisent plus qu'ils ne réconfortent les éléments qui les subissent. Et pour pré-

Ci) André Siegfried, Le Canada — Les deux races, 1906, p. 61.

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