‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 20 sur 20 · LES · texte numérisé non relu

LES

DIET rersatehhnpeiye UT Un réabiatée

tisse

Si nous NOUS laissons angliciser nous décherrons de toute façon. Les anglophones, dont nous deviendrons de plus en plus les instruments et les serviteurs, bénéficieront de notre labeur; mais ce travail restera confiné dans les régions inférieures de la vie nalionale et économique; et le Canada sera privé de l’appoint inappréciable du génie et de la Civilisation Propres à notre lice. Quand un beuple à hérité d'une Part de ce merveilleux p moral et intellectuel que le génie de la France à ant quinze siècles, sous lins-

Diration de ] la plus haute, il] n'a pas le droit d'abdiquer Son héritage

» Totalement ou Partiellement,

atrimoine ‘CCumulé pend à pensée chrétienne ni de dilapider

La COnServation de l pour la Dréservation de la foi. De

Participent à la vie religieuse d'un Peuple, la langue et les traditions nationales sont les plus essentiels. Ai-je besoin d’insister sur ce point vital? Le mouvement Magnifique de l'Association de Ja Jeunesse Catholique à l'appui des revendications de la minorité Ontarienne, Je précieux €NCouragement qu’il a reçu de Son Eminence le Cardinal Bégin, de Sa Grandeur Monseigneur l'Archevèque de Montréa] et de la Plupart des évêques de la province de Québec, Je Manifeste de l'Université Laval, d’une si haute inspiration et d’un raisonnement si solide, témoignent suffisamment de ]4 vérité de cette Proposition. Les trouées effroyables

Pratiquées dans les rangs des Catholiques de langue anglaise, à

la faveur des Mariages mixtes et des relations intimes favorisés Dar la Communauté de langue entre eux ei ]h Population Protestante ou agnostique, COnStituent une preuve plus éclatante encore

de la nécessité Pour nous de Conserver notre langue si nous voulons garder notre foi dans toute son intégrité.

a langue nous est également nécessaire

tous les éléments humains qui

20 Pour les Canadiens.

Américanisation du Canada

anglais

Mais je VEUX placer Ja question sur un terrain où tous les Canadiens, anglais et français, Protestants et Catholiques, Peuvent se rencontrer et s'unir. Je veux démontrer qu'il y à Pour là nation Canadienne tout entière, pour les Anglo-protestants comme

Pour les Canadiens-français Catholiques, Un avantage Marqué et même une nécessité Conserver la langue française

rigoureuse de et d’en favoriser l'expansion dans toutes les Parties de la Confédération.

Les Prussiens voient, non SNS raison nationale de leur empire dans l'influence que la Communauté de langues Permet à }a France d'exercer sur les Alsacie et, à un Moindre degré, dans le lien qui unit Les Polon

nanie à ceux de la Galicie et de la Pologne russe,

» Un danger Pour l'unité

nS-Lorrains ais de Pos-

ement, nous rs, bédans et le de Ia d'une ue Île l’insdroit

aire qui adister ion mide eur roite mes

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Au Canada, ce danger existe dans la communauté de langue qui permet aux influences américaines de pénétrer rapidement dans toutes les sphères de la vie intellectuelle, sociale et économique du Canada anglais.

Ce n'est pas le français qui menace l'unité nationale du Cunada, c'est l'anglais.

Tout homme qui à un peu voyagé et observé ne peut manquer d’être frappé de l’américanisation rapide du Canada anglais. Calgary, Régina, Winnipeg et mème Toronto, la Mecque du loyalisme colonial, sont des villes beaucoup plus américaines qu'anglaises. La masse de la population des villes anglo-canadiennes se nourrit l'esprit par la lecture des revues et des journaux américains. Un nombre très considérable d’Anglo-Canadiens voyagent et séjournent aux Etats-Unis plutôt qu'en Angleterre. Les relations d'affaires entre le Canada anglais et les Etats-Unis sont de plus en plus intimes et envahissantes. Cette pénétration é onomique va s'accentuer profondément par le désarroi que la guerre à causé dans les finances de l'Europe et par les exigences de la reconstrus ion nationale, qui vont garder au-delà de l’Atlantique une forte partie des capitaux anglais qui alimentaient jusqu'ici nos maigres finances et nos industries naissantes. Déjà, c'est à la porte des banques de New-York que la plupart de nos corps publics sont obligés d’aller mendier les capitaux qui leur venaient jusqu'ici de Londres.

Ceux qui ne voient, dans la croissance formidable de cette force centripète, aucun danger pour la conservation des forces nationales démontrent tout simplement qu’ils ignorent les lois fondamentales des sociétés et les enseignements invariables de l’histoire.

Cette puissance d'absorption n'est pas contrebalancée chez nous, comme en Belgique, en Hollande ou en Suisse, par l'influence rivale d’une autre grande nation. Nous n’avons à lui opposer qu’une seule force de résistance réelle et durable: la présence d’un groupe ethnique considérable, parlant une langue différente, ayant d’autres traditions et un autre idéal que ceux du peuple américain.

Cette force de résistance vaudra dans la mesure où elle se maintiendra, non-seulement dans la province de Québec, mais dans toute l’étendue de la Confédération et particulièrement dans les provinces de l’Ouest.

C'était la pensée de CARTIER, agréée et favorisée par Macdonald, lorsqu'il entreprit de faire du Manitoba un second Québec.

C'était également la pensée d’un homme d’Etat, moins éminent mais d'un rare bon sens, John Henry POPE, lorsaw’il entreprit de masser le long de la frontière américaine, dans le comté de Compton, une population exclusivement française. Il avait commencé,

de la Colonisation anglaise; mais ji] ais les plus authentiquement cock- » AU Contact de eu isi ir de vrais Yankees.

ion française afin d'assurer la Conservation

de l'esprit britannique dans cette région.

i 4 Population de l'Ontario airer leur loyauté britannique des lueurs les plus fugitives de nt, d'observation et de COnnaissance de l'histoire, loin tre l'immigration francai ans leur Province et d’appliquer aux Canadiens-français un régime d’assimilation à la Prussienne, Cartier et de Macdonald Comme à ]: ! Pope et feraient ]a Part la plus large Possible aux Canad: is. La même pensée et Ja même politique devraient s'impose age encore aux Souvernants

€S provinces de

Le français à { ‘étranger — Commerce et Diplomatie Dans l'ordre des relations e Sais n'est Pas moins nécessaire impose ]a Sujétion coloniale, des grandes affaire

Xtérieures, la Conservation du fran-

. “ER dépit des entraves que nous NOUS entrons peu à peu dans la sphère s du monde; et par ‘ entends pas seulement Je négoce mais les re étrangères.

Dans Je se i Commerce, nos br:

semblent croire qu’

qui évoluent da plades barbares. La quasi totalité se fait aujourd’hu

viendra où le limites. Les Canadiens s’ domaine des affaires Draliques, ]a l'usage Courant de la langue française s nécessaires.

Le ministre du Commerce a qu'il avait décidé d'envoyer un ag cet agent ne Parle pas e bientôt qu’il n’est Pas en état q Russie. Si Son trava lent en bénéficier, i Çais—à moins que ] Ge la langue russe,

Sans sortir de l'Amérique, ile

de la Rio Grande &randissent une quinzaine de nati quelques-unes sont ; à

sante et colossale ginent que les rép

Commerce c orcément franchir ces t alors que, même dans le Parfaite et ont très utiles, Souvent même aU parlement n Russie. Si

is, i] S'apercevra e nouer des relati

uits et que

SaVaient

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barbares qui ne sortent d’une révolution que pour entrer dans une autre. Ils ignorent totalement que plusieurs de ces pays ont déjà atteint un degré de civilisation bien supérieur au nôtre; que, dans le seul domaine de l’agriculture et du commerce, la République Argentine nous fait une concurrence redoutable jusque sur le marché britannique.

Le Canada aurait tout intérêt à mieux connaître ces pays et à nouer avec cux des relations commerciales et politiques plus intimes. Pour ce double objet, la connaissance et l'usage du français nous sont indispensables. C’est la langue intermédiaire qui s’impose entre eux et nous. Déjà, dans les rapports que publie le ministère du Commerce à Ottawa, on lit invariablement que si les négociants canadiens veulent nouer des relations dans ces pays, ils doivent correspondre en portugais ou en français au Brésil, en espagnol ou en français dans l'Argentine ou le Chili, nulle part en anglais.

Que résulte-t-il de ces premières constatations? C’est que l’usage du français sera bientôt aussi utile à l’industrie et au commerce canadiens que l’usage de l’anglais. Avec l'anglais et le français on peut établir des relations dans le monde entier. Avec l'anglais seul, la porte d’une foule de pays nous est fermée.

Quels ont été les deux facteurs principaux de la merveilleuse progression de l’industrie et du commerce allemands? L’enseignement des sciences techniques et celui des langues étrangères.

J’ai parlé tantôt du régime scolaire particulier à l’Alsace-Lorraine; ajoutons quelques détails sur l’enseignement des langues dans tout l'empire allemand. Dans toutes les écoles movennes et supérieures, l’enseignement d’au moins une langue étrangère est obligatoire. C t en général l'anglais duns les régions du nord et le français da:.5 les régions du sud. Dans les gymnases d’ancien tvpe, correspondant aux lycées français et à nos collèges classiques, le français est obligatoire et l’anglais facultatif. Dans les gymnases modernes, comme aux écoles supérieures de sciences ou de commerce, le français et l'anglais sont obligatoires. Ce n’est assurément pas le culte des lettres et de la civilisation de la France et de l’Angleterre qui a dicté ce programme aux gouvernants et aux cducateurs de l’Allemagne contemporaine. Mais, en dépit de leur morgue et de leur foi dans la supériorité de la kultur germanique, ils ne sont pas encore assez aveuglés par l’orgueil national ni surtout assez bornés pour ne pas comprendre que la connzissance du français est un élément essentiel de toute culture supérieure, rnême pour la pratique du commerce et de l’industrie.

En dehors du domaine des affaires proprement dites, où reste confinée la mentalité encore primitive de la plupart des Canadiens, des Canadiens-anglais surtout, la connaissance du français est encore plus essentielle.

MT

Que le Canada res à la Mamelle, qu'il devie

itable de la Grande- Bretagne, ou qu’ii rompe totale

ment le lien colonial, ses relations avec les Pays étrangers vont S’accroitre rapidement, surtout à la

Suite de Ja guerre actuelle qui nous à précipités brusquement dans les Conflits du monde,

Les officiers et les soldats anglais, de la Grande-Bretagne ou du Canada, ConStatent aujourd’hui Combien Ja COnnaissance du français leur serait utile. Dans une préface écrite en tête de 1a traduction d’un ouvrage technique du généra] Bernhardi, Je crouemitaine des jingos anglais, ou Plutôt leur émule—Je général FRENCH reproche aux officiers anglais d'ignorer les langues étrangeres, et Particulièr ment le français et l'allemand. Si le reproche

est mérité en Angleterre, il l’est infiniment plus au Canada, où les Anglo-Canadiens n'ont aucune e

XCuse d'ignorer la langue d'un tiers de leurs Compatriotes.

Avant longtemps, le Canada sera forcé d’avoir des représentants officiels, Consuls ou agents de Commerce, dans un grand nombre de Pays. En dehors de l'Angleterre et des Etats-Unis, la Connaissance et l'usage du français, langue diplomatique du monde

civilisé, seront plus utiles à ces fonctionnaires que la COnnaissance el l'usage de l'anglais.

ANSE a

Indépendamment dehors et au-dessus de aucun Canadien,

de voir SON pays monter un jour ment civilisées,. Le jour viendra

S exigences d anglais ou françai

au niveau des nations véritable-

; espérons-le, où le Canada fournira au monde Plus et mieux que des sacs de farine, des rails de

chemin de fer, ou même que des soldats et des Vaisseaux de &uerre. Y aura une pensée Canadienne, une civilisation Canadienne, une science ‘änadienne, un art Canadien, qui se manifesteront Par des oeuvres vraiment Supérieures. Les représentants et les interprètes de cette Pensée devront nécessairement Communiquer avec les esprits Supérieurs des autres races, des autres Civilisations. Ce jourlà, le français reprendra d'emblée tous ses droits. Tant que subsislera la Civilisation curopéenne et Jes fruits de Son eXpansion dans le monde, le français restera la langue de Communication des esprits Supérieurs de l'humanité, Comme elle est restée la langue de la haute diplomatie £ a France eut cessé d'exercer sur l’Europe sa domination politique et Militaire, Dans toutes les hautes

sphères de ] empire à ç Caractère d’universalit

é, qui la rendent la plus pr

opre à exprimer levées et les dé

MonsStrations les plus limpides.

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uple nde- > Er RP bons C'est le rôle que le grec a joué dans l'antiquité. à la Lorsque les Romains eurent conquis la quasi totalité du monde ent alors connu, tout convaincus qu'ils étaient, comme les Anglais ou les Allemands d'aujourd'hui, de la supériorité de leurs institutions ou et de leur gouvernement, tout imbus de l'orgueil national et de la du morgue romaine, ils furent assez intelligents pour comprendre qu'il la manquait un couronnement à leur pu'ssance et une supériorité intelro- lectuelle à’ leur civilisation. Ce couronnement et cette supériorité, ral ils l'empruntèrent à la Grèce, pourtant réduite aux proportions de n- province de troisième ordre. Ils peuplèrent leurs temples des he oeuvres de la statuaire grecque, cette expression la plus parfaite es de l'esthétique humaine. Ils confièrent la direction de leurs écoles rs aux pédagogues d'Athènes. En dépit de leur rudesse et de leur orgueil, ils apprirent bientôt à apprécier les beautés de la langue E grecque; et un jour vint où l’idiome harmonieux des Hellènes fut d l'instrument de communication de tous les esprits supérieurs de a l'Empire, la marque de toute éducation complète, comme la langue e française l’est aujourd’hui dans tous les pays civilisés, même aux d Etats-Unis. Les décrets du Sénat étaient affichés sur les colonnes

du Forum romain dans la langue grecque, comme aujourd’hui, les leaités et les notes diplomatiques de tous les pays civilisés sont

rédigés en français.

Oui, un jour viendra sûrement où les Anglo-Canadiens, sortis

de l'ornière où les retiennent les préoccupations bornées du mer-

cantilisme., nous remercieront à genoux d’avoir conservé au Canada cet élément inappréciable de civilisation et de culture supérieure. (1}

AR RE TT Penn enee e

His comprendront alors que la lutte que soutiennent aujourd'hui contre eux les Canadiens-frança's de l'Ontario est la lutte de la justice contre l’iniquité, de la liberté contre la tyrannie, du droit contre la domination arbitraire du nombre, de la meilleure sinon la plus ancienne tradition britannique contre l’exclusivisme prussien ou le mercantilisme yankee, en un mot, la lutte de la civilisation contre la barbarie. C’est à ce cri qu’on enrôle aujourd'hui les jeunes Canadiens, anglais ou français, pour aller soutenir en Europe le choc des hordes allemandes. N'y obéironsnous point pour faire triompher le mème principe sur la terre cana-

dienne ?

ga eot Do R oEÉENE Ht abe rie ? re

(ti Les Franco-Américains peuvent invoquer avec fruit, auprès des Américains intelligents, cet argument et tous les autres, d'ordre général, qui justifient la conservation de la langue française aux Etats-Unis comme au Canada. Sauf en Louisiane, ils ne peuvent s'appuyer, comme les Canadiens-français, sur la Constitution et les Traités: mais ils peuvent toujours se réclamer des préceptes du droit naturel, des souvenirs de l’appui donné par la France à la République naissante et des avantages que la nation américaine tout entière retirera de la

servation de !a langue et de la culture françaises.

lutte, on Conteste à la On invoque les Cette objection est futile, avoir démontré que le S'appuie sur une base

Soutenir,

droit des Canadiens-français

ration. C’est olution appelle l’atten.

anitoba ou de la Nouvelle-Ecosse. Rien de ce qui affecte la Paix, la Prospérité et les intérêts supérieurs de la na-

tion ne leur est étranger. La majorité française du Québec a le droit et le devoir de veiller à l'exécution du p tente Conclue S Pour le mai

respectifs. La Minorité et le devoir de veiller à ] Propre protection.

Plus que toute autre, Ja Province de Québec reSpecter la Constitution d seule entre toutes, elle l’a arrière pensée ni la tentative |:

Privilèges de la minorité

La Province de Québec a non seulement Je droit mais le devoir

rigoureux d'assurer ]a Conservation des groupes français des autres provinces, parce que leur Survivance es arantie de sa propre existence, Ne l’oublions Pas: si, dans une Pensée de lâche égoïsme Ou dans la torpeur d’une apathie imbé “Hns après les autres le tons épars du vieux tronc Sur notre propre terrain. Nous égoïstes. Si NOUS laissons t de langue est essentielle à ]’ ses, les anglicisateurs auron cation et d'affirmer que l’u Servation de l’unité nationale, que le maintien de la ] Çaise n’est Pas plus légitime dans la Province de Québec que dans l'Ontario, Je Manitoba, l'Alberta, ] a Nouvelle- Ecosse ou le Nouveau-Brunswick.

Subirons la pei riompher le faux

unité de chacune d t raison d'en pouss nité de langue est essentielle à Ja con-

Comment aider la minorité ?

Que devons-nous faire pour aider fructueusement à nos com- Patriotes de l'Ontario?

Ne nous Payons pas de mots.

Moment, c’est de leur fournir les ress

Le devoir Je plus urgent du ources nécessaires Pour porter

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leur cause jusqu’au Conseil Privé du roi, qui sera appelé à décider, selon la parole lapidaire du président du Sénat,—à qui je suis heureux de reconnaître le titre plus glorieux encore de président de l'Association d'Education de l'Ontario — ‘‘si la Confédération « été un pacte d'honneur ou un piège d'infamie.”

Là ne se borneront pas les exigences de la lutte. Les Canadiens-français de l'Ontario seront forcés de faire de lourds sacrifices pour le soutien de leurs écoles et l’organisation de leurs forces de résistance.

Même si la décision du plus haut tribunal de l'Empire leur est favorable, l'expérience a démontré, au Manitoba, que le loyalisme des Anglo-Canadiens ne va pas jusqu’au point de sacrifier sans résistance leurs préjugés ou leur haine aux volontés du roi et de ses représentants. Quelle que soit la décision des tribunaux judiciaires, la question ne sera finalement décidée que par le tribunal suprème de l'opinion publique, si souvent aveugle et injuste.

Les endormeurs, les faux conciliateurs disent: Cessez toute agitation et la paix se rétablira. Méfions-nous de ces empoisonneurs. C’est avec le même procédé de chloroformisation qu’ils ont amené la province de Québec à laisser sacrifier les uns après les autres les droits de la plupart des groupes français des provinces anglaises.

Il faut au contraire faire une agitation générale et croissante, une agitation intelligente, ferme et modérée, et surtout une agitation constante. Il faut multiplier les plaidoyers, les tracts de propagande et les arguments. Il faut convaincre tous les esprits suffisamment ouverts de l'importance de la question et de la nécessité de la résoudre dans ie sens de la justice et des intérêts supérieurs de la nation. Il faut faire entrer profondément dans l'esprit de tous les Canadiens-français la conviction que la cause de la minorité ontarienne est la leur: Il faut aussi pénétrer jusqu’au coeur des groupes anglais les plus préjugés et leur démontrer linjustice de la situation qui est faite à ce groupe intéressant du peuple canadien. 11 faut leur prouver que les meilleures traditions britanniques et la conservation même du patrimoine canadien exigent une solution équitable et intelligente de cette question.

Pour tout cela il faut des ressources. L'argent est le nerf des luttes publiques tout autant que celui de la guerre. La minorité ontarienne n’est pas riche; mais elle est fière. Elle ne tend pas la main en mendiante; elle est prête à soutenir seule la lutte, dût-elle y succomber. Nous n'avons pas le droit de ne pas l'aider. L’Association de la Jeunesse Catholique a compris que tous les Canadiensfrançais avaient un devoir rigoureux de justice sociale à accomplir. C’est pour nous permettre d'exercer ce devoir qu’elle a organisé la souscription en faveur des écoles d’Ontario.

Dans un magnifique élan de générosité, la province de Québec a versé son argent à pleine mains pour venir en aide aux Anglais,

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{UX Français et aux Belges. Ferons-nous moins pour nos propres nationaux? Ils soutiennent une ‘ause aussi juste et aussi sacrée, Cause qui n'a d'autre défaut que d'être la nôtre et de ne pouvoir attendre d'appui des nations étrangères à qui nous Prodiguons notre or et notre sang,

I n'est pas un Canadien-francais de coeur qui ne devrait verser au fonds des écoles de l'Ontario au moins le double de ce qu'il à souscrit au Fonds Patriotique, à l'Aide à Ja France, au Comité Belge, et à toutes les autres oeuvres de l'ét ‘anger.

Le culte de la langue

Mais si nous voulons apporter à cette ‘ause sacrée tout l'appui qu'elle mérite, il faut aussi développer en nous et chez nos enfants le culte et l'amour de la langue,

Veillons avec un soin jaloux à tout ce qui est Propre à conserver notre idiome national au foyer, à l'école, dans les relations nondaines, dans Je monde des affaires, dans la vie publique et administrative. Exigeons la CONnaissance du français dans tous les services publics. N’accordons nos faveurs qu'aux maisons d'affaires qui se montrent ‘SseZ soucieuses de leur clientèle fran- Caise pour lui témoigner quelque respect et la courtoisie Ja plus élémentaire.

Et surtout, Parlons notre langue avec amour, avec respect, avec gloire, Parlons-la bien, alimentons-la à ses Sources les plus limpides, affranchissons-la des lourdeurs et des impuretés dont notre paresse intellectuelle et l'usage fréquent d'une langue ét ‘angère l’ont chargée.

Que l'on ne dise jamais, même avec un Seinblant de ‘aison, que nous parlons un Patois. Que l'on dise au Contraire que les Canadiens-français ont conservé intacte la langue Ja plus pure, lout en l’enrichissant d'un Vocabulaire nouv ‘au, né des circonslances particulières où nous avons grandi et des Conditions locales OÙ nous vivons.

Soyons les défenseurs de la langue française, non-seulement contre les autres, mais contre nous-mêmes.

N'oublions jamais que la Conservation de la langue, la culture de la langue, la lutte pour la langue, c’est toute la lutte pour l'existence nationale, Si nous laissons affaiblir en nous-mêmes le culte de la langue, si nous laissons entamer sur un point quelconque du territoire les droits de la langue et SOn usage public ou privé, nous Sapons à la base toute l'oeuvre de civilisation française édifiée Par trois siècles d'efforts et de sacrifices.

Gravons cette pensée dans nos coeurs, ayons-la toujours présente à l'esprit, inculquons-l: à nos enfants dès l’âge le plus tendre, répandons-l:a Partout autour de nous: c’est l’apostolat le plus nécessaire du moment.

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