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manquant conséquemment de syntaxe, de correction, de pureté et surtout de classicisme. Mgr Amédée Gosselin a publié un très important ouvrage qui, par une documentation copieuse autant que précise, démontre, comme Chauveau le faisait antérieurement remarquer, que ‘nos colons ne furent jamais dans cette ignorance absolue et abrutissante dont on est encore frappé chez les basses classes de quelques pays européens” (10). Mgr Gosselin montre du doigt qu’à Montréal comme à Québec, sous le régime français, ‘‘la cause de l'éducation sut inspirer de beaux dévouements"’: et nul n'en voudrait disconvenir, surtout après avoir lu son ouvrage. ‘L'instruction primaire des garçons, rapporte-t-il, sans être universellement répandue à Québec et dans ses environs. n'y faisait pas absolument défaut.” On voit même, à cette époque, quelque pratique d'enseignement secondaire. Au fait, ‘‘apprendre aux enfants à lire, à écrire et à compter, leur enseigner le catéchisme, les former à la vertu, voilà ce que voulaient tout d’abord, en fondant leurs écoles, Mgr de Laval, Mgr de Saint-Vallier, les Jésuites, les Sulpiciens ec les Frères Charon.” Et ‘les enfants apprenaient à lire, à écrire et à chiffrer, tout en s’occupant aux travaux de la terre et à différents métiers.” Au besoin, les maîtres d'école se dévouaient aux récoltes plutôt qu'à leurs classes, et la chose se comprend de
reste. Le clergé et les autorités civiles s’intéressèrent à j'enseignement; cependant Mgr Gosselin ne laisse pas de nous convaincre que “les colons du Canada avaient tout contre eux, le petit nombre, la pauvreté, l'éloignement, la rigueur du climat, un état de guerre presque continuel.”" Et le principal souci d’un bon nombre de colons, particulièrement des soldats qui s'établirent dans la colonie après la décorporalion de leurs régiments, était de profiter des avantages qu'offrait le trafic des pelleteries: ils couraient donc les bois et s'’adonnaient à la traite (11); et le soin d'instruire les enfants restait aux mamans et aux grandes sœurs ‘‘qui avaient passé une année ou deux au couvent.’ De son côté, Garneau ajoute que, dans la colonie, “il ne fut jamais question d'aucun plan général d'instruction publique: et, chose inouïie, l'imprimerie ne fut introduite dans la colonie qu'en 1764, cent cinquante-six ans après la fondation de Québec.” On peut à bon droit s'émerveiller de ce que la majorité de nos ancêtres, ‘étant donné les circonstances,” sût lire et écrire, ou tout au moins signer. Mais ne serait-il pas excessif de pousser l'émerveillement plus loin ?
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