‹ La langue française au Canada [microforme]Chapitre 41 sur 48 · D PE · texte numérisé non relu

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pouvoir répondre effectivement à votre demande tant que nous n'aurons pas l'assurance que le coinit chargé de la distribution des secours en France ne mettra pas l'affreuse condition pour les familles catholiques d'avoir à envoyer leurs enfants aux écoles de l'état, ie. sans Dicu, maçonniques, si elles veulent avoir part aux dits secours.

Je sais bicn qu'il y a d'indicibles souffrances sur le sol français, mais elles pourraient être quelque peu restreintes si l'impiété d'un grand nombre de commandants militaires {aisaient taire leur esprit sectaire, en permettant aux soldats blessés d'être soignés dans les hôpitaux tenus par les sœurs. On maudit l'espion allemand pour le mal qu'il fait à la France et on n'a pas un mot de blâme pour les français qui espionnent leurs compatriotes catholiques. Dans votre circulaire, vous parlez de quelques dissentiments passagers entre la France et nous. Madame, entre la France officielle et nous.il y a, comme dirait ’e ne sais plus quel personnage éminent de France, il y a toute la question religieuse. Je sais bien que le gouvernement n'est pas la France, mais comme c'est le gouvernement qui préside aux distributions de secours, vous savez à quelles conditions pour les catholiques.

Je crois que nous pourrions porter ailleurs nos sympathies effectives. Je suis de plus en plus convaincu que les catholiques de France seront les victimes de la tragédie qui se déroule en ce moment; pour ma part, je ne veux pas être l'objet de la reconnaissance de la France qui nous remerciera en nous envoyant ses agents des loges pour nous déniaiser, comme ils disent si candidement.

P.S. Cette lettre, si elle doit vous servir, devra garder l'anonymat.

Et comme nous avons fait état d'honorables exceptions dans la francophobie de notre bas clergé, empressons-

nous de rapporter cette autre lettre:

Grand'Pointe (Kent), Ont.

22 janvier 1915.

Je vous transmets aujourd'hui le produit d'une souscription que J'ai prise le jour de Noël et les jours suivants pour le Comité de secours national. La somme n'est pas très forte. Mes gens ne sont pas riches non plus. D'habitude la collecte de Noël est offerte au curé. Je vous l'adresse -beaucoup augmentée par cette annonce que i'offrande devait être envoyée pour les orphelins français. L'intention de mes parcissiens a donc été de veniren aide spécialement aux orphelins. Un mot de votre part au Comité pourra peutêtre faire classer cette légère obole, que je vous offre. spécialement pour les tout petits.

Il serait très difficile de se procurer des habits ou autres effets pour votre comité. Mes gens semblent avoir juste le nécessaire. Veuillez m'adresser un blanc de souscription que je remplirai.

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