Voir le précédent chapitre
2. Il y a aujourd'hui deux chaires de celtique à Paris, et une à Rennes.
« réduire la langue aux règles du devoir » — -uivant la maxime de Boileau :
« Qu'on lise, dit Renan S les notes que Duclos a ajoutées à la Grammaire générale de Port-}\oyal : jamais peut-être la prétention de critiquer la nature, qui domine le xviii^ siècle, ne s'est plus naïvement avouée. A chaque instant, l'académicien cherche à montrer les inconséquences et les /aufes que renferme le langage tel que le peuple l'a fait. Il sourit de pitié sur la bizarrerie de l'usage, et il voudrait en corriger les écarts par la raison des grammairiens, sans s'apercevoir que les tours qu'il veut supprimer sont d'ordinaire bien préférables à ceux qu'il veut y substituer. »
Très judicieusement aussi, et l'un des premiers, Renan a compris et nettement montré que les exceptions qui, dans l'ancienne grammaire, s'opposaient à la règle, n'étaient pas moins arbitraires et fausses : procédé simpliste pour éluder les explications difficiles. La loi n'a pas d'exception. « Le mot d'exception est antiscientifîque. Ce qu'on appelle exception est un phénomène dont une ou plusieurs conditions sont inconnues-. » Paroles remarquables, qui devaient paraître alors singulièrement hardies, mais que les progrès de la science ont pleinement confirmées. Les résidus, apparentes exceptions aux lois primaires, doivent s'expliquer, on le sait aujourd'hui, par des lois secondaires ou par une influence externe'.