‹ La langue française en Amérique [microforme]Chapitre 2 sur 8 · L'HON. JUGE CONSTANTINEAU AU BANQUET NATIONAL · texte numérisé non relu

L'HON. JUGE CONSTANTINEAU AU BANQUET NATIONAL

Texte du remarquable discours prononcé au banquet de la Société Saint-Jean-Baptiste, samedi, par notre compatriote de l’Ontario

Nous sommes heureux de pouvoir communiquer à nos lecteurs le texte du remarquable discours prononcé par l’honorable juge Constantineau au banquet de samedi. Le manque d'espace nous avait forcés d’en différer la publication, mais nous sommes assurés que nos lecteurs nous sauront gré de leur faire connaître ce magnifique résumé de la question nationale qui mérite d'être lu et relu avec attention.

Monsieur le Président, Messieurs: —

Ma première parole dans cette fête splendide, doit être un mot de remerciement au président et aux officiers de l'Association Saint-Jean-Baptiste, Pour la aélicate attention qui me procuré l’honneur et la joie d’être au nombre des convives de ce banquet.

‘ L'invitation est d’autant plus génénéreuse qu’elle est moins un témoignage sympathique à ma personne qu'un hommage rendu à tout un groupe de Canadiens-Français, le groupe d’Ontario. $

On m'’a prié de répondre à la santé de la race française en Amérique. Certes, le sujet est vaste, vaste comme l'Amérique septentrionale elle-même:

car où sont les endroits, sur cette moitié de continent, qui n’ont pas été découverts, parcourus en tous sens, colouisés et civilisés par les fils de la Fra2cef Mais comme je je voyais dans un journal ces jours derniers, on se propose moins de célébrer nos gloires historiques que de discuter jes problèmes sérieux auxquels nous avons à faire face aujourd’hui comme peuple. On a cru et avec raison que le meilleur moyen de glorifier nos ancêtres, c'était de conserver et d'agrandir le magnifique patrimoine qu’ils nous ont laissé.

L'histoire de la race française on Amérique commence avec Champlain, à Québec. Elle est trop connue pour qu’il soit nécessaire de l’évoquer encore une fois après tant d’hommes illustres qui lui ont prodigué leurstalents et leurs veilles, et si vous le voulez, nous nous arrêterons dans le présent, et nons regarderons ensemble l'avenir.

Notre race sur ce continent à des qualités ot des caractéristiques biea Propres À nous enorgueillir, mais l'or.

Œueil national, vertu civique, ne doit ja.

mais se confondre avec la vanité, vice antipatriotique.

Pour que la fierté nationale soit 16gitime, il faut des actes sur lesquels se repose notre mémoire, des actes sur lesquels s'arrête notre attention dans le Présent,et des actes sur lesquels nos désirs s'appuient par anticipation, pour atteindre un but rationnel que le patriotisme, la foi et le bien supportent. Il faut des idées pour étayer les leçons du passé, il en faut encore pour donner à nos lendemains les bienfaits de ces leçons.

Pour nous, Français établis au Canada depuis trois siècles, ces actes et ces idées affirment l'amour de notre origine et la loyauté à l’allégeance politique que nous devons à la couronne britannique. Et c’est à notre origine même qu'il faut remonter pour com-

ce que nous nous devons à nous-mêmes, ce que nous devons à ls patrie canadienne, et ce que nous devons plus particulièrement à ls race française en Amé ‘que.

Page 1