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7 Photo hic T MAIN STRSET | 24 Sciences ann is \é Corporation
gouiner toute sa vie unelangue qu’il a’acquiert qu'imparfaitement. Il y a là ridiculeet lâcheté. Que penser d'un homme qui, par ignorance, apathie ou autrement, néglige les ressources particulières à sa race ot prétend se servir de celles des autres peuples ! Est-ce que son apathie, son imbécilité pour tout dire, ne le suivront pas sur ce terrain nouveau ? Certainement, et il deviendra de plus en plus un être déplacé, ni chair ni poisson.
On croit, généralement, qu'il suffit d'échauger quelques paroles banales dans la langue anglaise et que tout est bien. Or, il reste tout à apprendre ! Los incorrections qui sont répréhensibles en français ne peuvent devenir des qualités dans une autre langue. Personne ne contestera que nos compatriotes se mettent très peu en peine d'acquérir le véritable accent anglais et qu'ils ne prennent pas le moindre souci de la grammaire ct des règles de cette langue. Les étrangers nous excusent voyant que cette langue n'est pas la nôtre et que eux-mêmes sont pour la plupart incapables de comprendre quelques mots de français.
Cette indulgence ne signifie pas que nous parlions correctement leur langue ni qu’elle s'apprenne facilement comme le veut Ja croyance populaire,
Q'un Canadien instruit se fasse un devoir d'apprendre l'anglais, à la bonne heure !
Mais qu’un ignorant veuille nous faire croire qu'il “ préfère ” l'anglais, c'est un peu raide ! À l’un comme à l’autre, nous devons dire en somme, qu'ils ne doivent jamais donner le pas à l'anglais sur leur idiome maternel, Ne sacrifions pas nos ressources.
Et.ne disons pas que, dans ces conditions, la langue française risque de se voir absorber par l’autre. Que l'on apprenne le français ‘d’abord, qu'on étudie l'anglais ensuite—at, comme l'exemple le prouve partout autour de nous, nul ne sera tenté de se priver du secours de l’un ou de l’autre,
‘Un homme qui ne sait qu’une langue n'en vaut qu'un ; un homme qui sait quatre langues en vaut quatre ” (Frédéric le Grand),
Un Canadien instruit a la clef de toutes
les connaissances humaines, S'il aborde un
jour la langue anglaise, il l’apprendra mieux que les Anglais eux-mêmes. Le voilà possédant les deux langucs les plus répandues sur. le globe ; il s'inspire aux sources de la littérature et de la science des deux plus fortes races des temps modernes. (C’est un homme double. Les Anglais n'ont pas cet avantage.
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C'est À force de l'écrire qu'on apprend le mieux une langue, Que vous habitiez Rome, Madrid, Worcester ou Montréal, si vous avez sous la main une bibliothèque française et si vous étudiez avec soin, votre langue sera pure comme celle de Chateaubriand, Bernardin de Saint-Pierre, de Maistre, Donosc Cortès, Humboldt et d’autres, qui ont produit leurs chefs d'œuvre en dehors de la France. Dans
ces conditions, la science du français écrit est
de toutes les contrées.
En est-il de même de la langue parlée ! Pas tout à fait, La connaissance de la propriété des termes, l'étendue du vocabulaire, l’art d'agencer la phrase, sont autant de richesses
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acquises par le travail, et dont l'emploi varie considérablement dans le discours, selon le centre où l'on opère, Il s’en suit que el Canadien d'aujourd'hui qui écrit avec correction et esgance parle parfois d'une manière pitoyable, non pas qu'il fasse usage d’un patois, mais parce qu'il n’est pas habitué à s'entretenir avec des personnes dont la conversation polie, facile, savante, inviterait son esprit à oxprimer tout haut ce qu'il sait si bien mettre sur le papier,
Cela provient d’un défaut d'éducation.
Dans nos collèges, par crainte de l’affectation, on n'enseigne pas la prononciation, Presque aucun de nous ne sait articuler, De là cette négligence déplorable dont la langue parlée souffre et qui enlève des ressources à nos orateurs, du charme à tous nos discours,
Nous présentons le phénomène d'hommes qui bredouillent et balbutient, mais qui écrivent correctement quand ils veulent s’er donner la peine, Le vieil accent y gagne reut-être de n'être pas oublié, et er’ore on ne saurait l'affirmer ! L’'oreille, en tous cas, ne s’en accommode guère.
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Nos couvents donnent à présent dans la réforme du language. Ils le réforment si bien que rien au monde n'égale le comique de la prononciation qu'ils nous imposent. Nous avons même des relirieuses de langue anglaise qui enseignent le franzais À nos Canadiennes ! On prétend que ces personnes ont plus que nous l’accent francais...
Qui nous délivrera de cet accent guindé,
Il y a instruction etéducation, Nous sommes suffisamment instruits dans nos collèges, mais, au point de vuc du respect de la langue, il n'y a pas à sc le cacher, nous sommes trèsmal élevés. Tant que les professeurs n'auront pas réagi contre cette déplorable négligence, nous parlerons de travers et nous donnerons lieu aux étrangers de croire que nous faisons fi ! de la langue de nos pères.
Nous possédons les éléments qui créent une littérature, Nés sur ces: nouveau, élevés dans les traditions canadiennes, forcés de porter les armes et de défendre contre l’étranger tout ce qui leur est cher, nos gens sont ssentiollement Canadiens et ne peuvent
être autres sans se perdre. La majorité des écrivains de langue anglaise dans la confédé- ‘ation sont venus d'Europe—aussi diffèrentils beaucoup des nôtres. Ce qui est plus étrange, c'est que les uns ne connaissent pas les autres : les livres français ne sortent guère de la province de Québec ; les livres angiais n'y entrent presque pas. Vivant dans la même maison, nousne passons pas par le même escalier,
Un voisin du Canada, mais un voisin qui a l'air d’être tombé de la lune, tant il ignore ce qui se passe ici, le Courrier des Etats-Unis, en un mot, nous décoche de temps à autre un compiiment, comme celui-ci, par exemple :
“ La race française perd son influence en Amérique, Elle est chaque jour rayée du livre de la propriété conquise par ses sueurs.
Elle s’est conservée au Canada, parce qu’elle n’a pas cu de concurrence (!!!), mais en quel état d'ignorance, de sujétion, de routine et
de superstition !?
Le mêine Courrier des Etats-Unis donne à ses lecteurs une idée du ‘ patois normand fort
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curieux que parlent les Canadiens,” C’est un plat d’horreurs :
‘Un jou qui dégribouillai d'liau comme pou l'amour du Lon (tieu, un jaboureux abrié dans sa méson, les coutes accotés sus la table, racontit à ses cfants qu'étaient tout à l’entour de li, la fâble suivante, pendant qué, d’son côté la mére mettait d'laffaitement dans lfricot qui cauffuit sus l'cagnard, pou l'diné d’ses gens :
‘# Unne faie, un corbeau agrippait sur un baleux qu'était d'houn fromage blanc au lait calbot et i s’en fut s’juguer sur un gros nouyé pour y fère sa Loustifaille.”
Il y en a une pleine colonne.
M. Chauveau publiuit dans le Journal de l'Instruction Publique, Québec, août 1876, l'artic'e que voici :
‘ Nous sommes tou;ours fiers de faire parler de nous à l’étranger, surtout en France.
Mais nous tenons à ce que l’on ait de nous une opinion juste dans notre ancienne mère-patrie, et rien ne nots blesse tant que les rppréciations dé certains publicistes qui semblent avoir vu nôtre pays à travers les lunettes de
la fantaisie. Pour ceux-là nous sommes sans pitié, et plus d’un d’entre nous a juré d’aller
les dénoncer jusqu'à Paris. On comprendra donc pourquoi je veux ici analyser une étude faite par un écrivain sérieux.
Je citerai d'abord cetextrait qui me semble renfermer une critique bien méritée :
“ Ce qui choque inévitablement une oreille française, ce sont les cahots et les chutes dans la conversation, même parmi les gens lettrés, Ainsi, fréquemment, les Canadiens-Françuis du meilleur monde hésitent, bégayent pour attendre le mot propre, 14 tournure de phrase qui leur font défout. D’une période qu'ils n'ont point achevée, ils passent à une autre qu'ils ne complètent pas davantage, et à la fin ils suppléent à ce qu'ils voudraient dire par cet idiotisme de la conversation anglaise : Vous savez, vous savez.”
Ces lignes sont extraites d’un article publié dans la Revue Britannique par M. Francisque Michel, correspondant de l'Institut, section de l’Académie des inscriptions ot belles-lettres. L'auteur ne laisse pas de nous vouloir du bien, et plusieurs de scs appréciations, à part celle que nous venons de reproduire, sont assez justes ; mais la manière générale de l’article
demi lauuritésios cmisiimns
cest absolument fausse. Ainsi l’auteur raconte qu'il a fait une promenade dans nos campagnes ou dans les faubourgs de nos villes, qu'il a conversé avec un épicier, avec un paysan, avec son cocher, et il bourre cette conversution de tous les mots inconnus à l'Académie qu'il a pu recucillir durant le temps de son séjour au Canada. Il laisse croire qu’un seul interlocuteur lui a révélé tout ce dictionnaire inédit, et il ajoute ensuite : ‘‘ Notre langue chez eux (les Canadiens) semble perdre du terrain.” En usant d'un pareil procédé, il ne pouvait arriver à une autre conclusion. On sait pourtant que le contraire est vrai, et que» depuis dix ans surtout, le français fait de notables progrès dans notre pays, ou, si l’on veut, reprend le terrain perdu ct se dégage graduellement de son alliage d'anglais,
Eu lisant ces choses, pauvres Canadiens que nous sommes, nous nous avouons dans l'intimité que ce n’est pas surtout la connaissance du français qui nous fait défaut, mais bieu l'esprit d'observation ; car de toute notre vie nous n’apercevons ce qu'un étranger
voit dans notre pays enle traversunt à la course, pour y jouer du piano dans un concert ou simplement pour se rendre à l'océan.
Ne résistons pas à la tentation de laisser la parole à M, Francisque Michel Jai même, après nous être écoutés parler par sa bouche :
TL n'y a pas d’auberge dans la paroisse mais quel besoin y en at-il ? chacune des maisons dont elle se compose est une excellente hôtellerie, prête à s'ouvrir aux voyageurs.
Frappez à La porte de n'importe laquelle.
A près la panse vient la danse, dit le proverbe ; les Canadiens, qui nous l'ont emprunté, le mettent en pratique, avec cette différence qu'ils se sont plus attachés à conserver nos vieilles chansons que nos contredances d’autrefois remplacées aujourd'hui par d’autres venues d'Angicterre, notamment par celle qui est connu sous le nom de ‘ Speed the plough.” Jean-Bapiiste qui est celui qu'ils se donnent...”
Comme onle voit, si le patois canadion mérite d'être étudié, il y aurait aussi une jolie étude à faire sur le patois de M. Francisque Michel, correspondant de l'Institut, section de l'Académie des inscriptions et belles lettres,
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Mais il y aurait une autre étude encore plus piquante à faire sur cet écrivain. Veuillez rapprocher de la ‘“ critique méritée ” que j'ai reproduite plus haut, les lignes suivantes extraites des Mélanges de M. Hubert Larue, de Québec, page 21 : -
“ [is sont bien rares ceux d’entre nous qui, dans la conversation ordinaire n'hésite pas, ne bégaient pas à tout instant, pour attendre le mot propre, ou la tournure de phrase qui leur fait défaut. D'une phrase que nous n'avons pas complétée, nous passons à une autre que nous ne completons pas ; et, à la fin, nous suppléons à ce que nous voudrions dire par ces mots : ‘ Vous savez, vous savez ”.
M. Francisque Michel dit, dans une note où ilest cité plusieurs opuscules canadiens, que le travail de M. Larue lui a “ beaucoup servi ”. Personne n’en doutera, Lisez encore et comparez :
M. LARUE M. Miomez
Ainsi,les marchands| Les taïleurs vous tailleurs vous deman-|demanderont si vous dent si vous voulez | désirez que votre panque votre pantalon |talon soit tight ou soit t ght ou Loose ; | loose... Les marchands les marchands de nou- | de nouveautés se pro-
veautés qu'ils débitent des] marchandises sèches | (dry goods) : ce quil fait supposer tout| naturellement que leurs voisins vendent | des marchandises | mouillées, Les commis-marchands vous présentent des gants de kid, ét s'offrent à los stretcher. Ils vou- | lent vous vendre un scarf, un cloud, des!
hoops, au plus bas prix, pour du cash, parce qu'ils clairent leur magasin et vident leur stock. Ils affchent parfois dans leurs vitrages des placards impayables ; tout le monde a vu.
celui-ci : Grande vente pour vider. Les marchands de farine exposent à vos yeux des simples(pour samples, échantillons) de leurs produits,
IL est entre bien d'autres, une tournure de phrase dont les
proclament
| ples, c'est-à-dire
do cornet
clament négociants en marchandises sèches “ dry goods ”, ce qui doit sembler à un étranger l'indice d’une manœuvre déloyale, d'un parti pris de déprimer les denrées du voisin, Lesmêmesvous présentent des gants de kid et s'offrent à les stretcher ; ils vous proposent une scarf, un cloud, des hoops, qu'ils vous chargeront au plus juste prix pour du cash, parce qu'ils clairent leur magasin et videntleur stock. Jetez plutôt les yeux sur leurs bills affichés à leurs carreaux : Grande vente pour vider. Lx: marchands de fleir de farine (c'est-à-dire en anglais flour)exposent à votre vue des simdes échantillons (samples), des produits du pays.
Au palais de justice, dans la Chambre des
avocats abusent singu- Bèremant et qu'ils devraient bien une fois pour toutes, ban-
nir de leurs locutions |
judiciaires. A tous moments, vous les entendrez s'écrier :
“Vos honreurs savez, vos honnsurs comyrenez”. La construction grammaticale cxigerait certainément ‘Vos honneurssavent, vos honneurs comprennent ”. Le verbe voir, paraît-il, à la troisième personne du singulier du futur présent, accolé au mot “# Votrs honneur ”, aurait üne consonnance désagréable pourl'oreille!...Jen’en dirai pas pius à l'udressede nosavocats… pe: vous avez le malheur de leur dé-
laire, rien ne les em-
arrasse moins que de vous capiasser,
| Communes d'Ottawa ou dans les Chambres locales, on emploie nombre de locutions réprouvées par la grammaire française.
A n'en citer qu'une seule, les orateurs aisent à tout moment :
‘ Vos honneurs savez, vos honneurs co m- | prenez.” au lieu de | 6e Vos honneurs su- | vent, vos honneurs comprennent, ” Un l'avocat facétieux auquel je signalais un pareil solécisme, cherchait à le justifier en m'objectant le scandale qui arriverait si, s'adressant à un législateur ou à un ma ,istrat, un orateur ou un membre du barreau lui disait ‘“ Votre Honneur verra.” Il y aurait, ajoutai* en
riant, de quoi lo ca- | piasser.
Et ainsi de suite ; tout le travail de M. La- Rue y parse, La seule difiérence entre les
Cu
nt mrnin nm ermmtaasmreatier lenteur
deux auteurs, c'est que j'un donne comme fautes générales, comme notre langage habi tuel, cv que l’autre nous reproche, à nous,ses Conpatriotes, comme de trop fréquentes exceptions et nous signale comme un ridicule
. en même temps qu'un péril. Et néanmoins
l'écrivain français reprend M. LaRue pour avoir dit en Canada. De sa part, cette critique frise l'ingratitude.
M. Francisque Mickel s'est fait remarquor par unc histoire du commerce de Bordeaux et par ses recherches sur le pays des Basques :
espérons que dans ces deux ouvrages il s'est
. montré plus criginal que dans l'étude dont
ncus venons de donner un aperçu.”
Pour l'édification des personnes qui n'ont
. pas fait une étude spéciale de l’état de la lan-
gue en France sous Louis XIV, c'est à dire au temps où nos pères sont venus s'établir en
Canada, nous reproduisons une lettre que M.
abbé H.-R. Casgrain, de Québec a livré à la presse en noverabre 1897 :
. Les Français du vieux pays nous ont ré-
pété bien des fois, et nous disent encore,quand ils veulent nous être agréables, que nous parlons le français du dix-septième siècle. La plupart d’entre nous prennent :e compliment sous toute réserve, car ils ne peuvent se aissimuler quetrop souvent rous parlons un franyais détestable, nous surtout qui sommes rangés parmi la classe instruite. Aussi applaudissons-nous de tout cœur aux efforts qui 8e font depuis quelques ann£es, particulièrement dans ros maisons d'éducatios, pour la réfor me du langage, surtout celle de la prononciation,
Hier, en passant sur le marché, j'entendais crier unc revendeuse qui regardait les potits moincaux sur la neige de la rue : “Je crais qui vont avoir frèt st hiver ; mangent aiïsément à st heure ; mais bin vite on en trouvera quèqu'un &e morts ; i vont se cacher par bandes su note fenil ; i zaiment ca.”,
Quel baragouin, me disais-je. En bon français, on devrait dire : “Je crois qu'ils vont avoir froid cet hiver. Ils mangent aisément à cette heure ; mais bien vite on en trouvera quelqu'un de mort: Ils vont se cacher pur bandes sur notre fenil. Ils aiment cela.”
Rentré chez moi, j'ouvre par hasard un
Téand par- La nent isSifranran- >auui 8e ment ré for oncia”
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LA LANGUE FRANÇAISE EN CANADA 105 vieille grammaire française, précieuse comme un incunable, qui m'a été donnée par un ami.
Ce n'est pas une grammaire crdinaire ; c'est une espèce de grammaire des grammaires qui n’a pas moins de 648 pages. L'exemplaire que j'ai entre les mains appartient à la onzième édition. Presque tous les écrivains périodiqu ?s, est-il dit dans la Préface, lui donnèrent leurs suffrages. Rollin l'approuva, et les membres de l’Université la reconnurent comme un livre classique. Elle servait de manuel aux enfants de France. En voici le titre: ‘ Principes généraux et raisonnés de la grammaire française, avec des ooservations sur l'orthographe, les accents, la »rononciation, et un abrégé des règles de la versification française : dédiés à Monseigneur le duc d'Orléans. premier prince du sang, par M. Restaut, avocat au l’arlement et aux conseils du roi. Onzième édition, corrigée très exactement, et augmentée de la vie de l’auteur. À Paris, aux dépens de Lottin, le jeune, libraire, rue Saint-Jacques, vis-à-vis ba rue de la Parcheminerie, M. DCC, Lx XTV. Avec approbation, et privilège du roi.”
Or, au chapitre qui traite de la prononciation, je lis, pp. 562 et 563 : ‘ On prononce en conversation craire, j* crais, pour croire, je crois ; frét pour froid, etc.
do Eee # Re : : S 1 TE Rd 2 ASIE DL OUEN a An NE te PU
On ne prononce pas l’/ dans il ou ils si ie verbe suivant commence par une consonne.
Il mange, ils mangent, se prononcent comme i mange, à mangent.
“ Mais si le verbe suivant commence par une voyelle, l? ne se prononce qu'au singulier, il aime ; ils aiment, il faut prononcer à zaiment.
‘ On ne fait pas entendre l’r dans votre:
notre, quand ils sont pronoms possessifs absolus, c'est-à-dire quand ils précèdent leur substantif, et on prononce note maison, voté chambre.”
Il faut toujours prononcer l’r à la fin des mots terminés en ar, eur, oir, our, ur, Comme dans César, douleur, pouvoir, retour, obscur, excepté dans la préposition sur, où l’on ne peut pas faire sonner l’r avant une consonné, en prononçant sur lui comme su lui.”
Cet se prononce comme sf et cette comme ste. Ainsi, queiqu'on écrive cef oiseau, Cet honneur, cette femme, il faut prononcer, stoiseau, sthonneur, stefemme.
Quelque, quelqu'un, se prononce aussi comme s'il y avait quèque, quèqu'un aans l.
Plus d’un lecteur sera ébahi en lisant ces règles de la prononciation française telles qu’elles étaient enseignées à Paris au mècle
dernier, notamment à la cour. Après les avoir lues, j’ui dû m'avouer que l4 revendeuse du marché parlait en bon français d'autrefois, comme les rois de France. Le même chapitre de la prononciation contient cnecre bien d’autres surprises que le manque d’espace m'empêche d’indiquer ici.
Les étrangers à la langue française qui prétendent que nos habitants parlent en patois, ferait bien de lire la grammaire de Restaut avant de se prononcer.”
Nous verrions avec plaisir la publication äes autres parties de l'ouvrage en question car elles renferment en raccourci ce que l’on trouve en détail dans l’histoire de la littérature française.
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C'est-à-dire, pour terminer, que, sur cent personnes qui se mêlent de juger notre langage, il y en a quatre vingt-dix-neuf qui n'ont jamais étudié ces matières,