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LA LANGUE FRANÇAISE EN CANADA il
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d’hui, une contrée de cultivateurs par excellence, parlant la même langue, et différant sur une foule de points avec les populations situées en dehors de leurs territoires,
Tout le sud et l’est de la France nous sont étrangers. La Bretagne pareillement. Il s’en suit que le langage de ces trow vastes régions nous est inconnu.
La Bretagne parle une langue incompréhersible, Le sud, avec sa langue d’oc, nous échappe tont autant que le gallique des Bretons. L’est a hien des mélanges qui auraient pu influencer notre idiome, mais c’est à peine
si nvus avons eu trente famille de ce côté.
Par exception à tous nos cultivateurs ou
‘“habitants,” ces dernièr:s familles étaient adonnées à l'industrie et vinrent, pour la plupart, au XVIII siècle, du Dauphiné, de la Franche-Comté et de la Bourgogne, trois provinces qui possèdent le meilleur langage de tout l’est de la France.
Ponr arriver à comprendre les origines de notre peuple il nous a fallu dresser des tableaux qui rempliraient un volume si on les
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imprimait. Le résultat de cette étude sert de base à tout ce que nous avons à dire concernant la langue française parmi nous.
© N'oublions pas que, en 1673, Louis XIV arrêta l’envoi des colons au Canada, de sorte que les six mille âmes qui s’y trouvaient alors étaient venues dans l'intervalle des quarante dernières années, ou étaient nées sur les bords du Saint-Laurent.
11 va sans dire que le roi ne défendait pas de se fixer dans la colonie—il se contentait de ne plus aider l'émigration, Pur conséquent, un petit nombre de familles vinrent après 1653 maïs les guerres que nous avons eues, presque sans interruption, de 1684 à 1769, arrêtèrent bientôt ce faible courant.
Les femmes venues de France et sachant écrire sont assez nombreuses. Les écoles de filles datent de 1639 et ont toujours été bien suivies. Los garçoas ne paraissent pas avoir eu d'école durant tout le régime français,sauf certains moments où l’on essaya d'en établir à Québec et à Montréal, sans beaucoup de suc-
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La mère Marie de l’Incarnation écrivait vers 1670 qu'il y avait dans la colonie un mélange de plusieurs provinces de France et
| cependant, ajoute-t-elle, “ on ne saurait dis-
tinguer le parler d'aucune d'elles dans Îles
| canadiennes.” La Potherie en 1700 et Charlevoix en 1720 | disent la même chose.
“ J'avais peine à comprendre, raconte (en | 1680) le récollet Chrétien Leclercq,ce que me disait,un jour,un grand homme d’esprit—que
à je serais bien surpris de trouver en Canada D d'aussi honnêtes gens (gens de bonne compa- D gnie) ; qu'il ne connaissait pas de province du l royaume où il y eût, à proportion, et commu- + nément, plus de fonds d’esprit,de pénétration À et de politesse... Il nous ajoutait que nous D y trouverions même un langage plus poli, une énonciation nette et pure, une prononcia-
1 tion sans accent. Mais il est vrai que, quand 1 je fus sur les lieux (en 1675), j'ai reconnu k qu'on ne m'avait rien flatté, la Nouvelle-Fran-
| ce étant en cela plus heureuse que les pays
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nouvellement établis dans les autres parties du monde.”
M. de Parieux, dans un article sur l’unification des monnaies, qui a été lu et admiré par toute l’Europe en 1870, cite certaines dispositions de nos lois à cet égard, et ila le soin d'observer qu'il donne le texte tel qu'il est, ‘dans le langage français du Canada.” Eh bien ! ce texte est tout simplement le français le plus pur et le plus correct qui se puisse trouver, Ila dequoi tenir, du reste : nous l'avons emprunté aux lois que nous a données Colbert et, tel qu'il est, avec sa droiture d’expression et son sens net et clair, il a bonne mine à côté des phrases entortillées du temps présent ! Le français de Corneille dont il est frère et qu'il rappelle incessamment,se moque bien du langage à la mode d'aujourd'hui !
La Potherie, qui nous visita en 1700, écrivait : ‘ On parle ici parfaitement bien, sans mauvais accent. Quoiqu'il y ait un mélange de personues de presque toutes les provinces de France, on ne saurait distinguer le parler d'aucune dans les Canadiennes.”
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Il entend par ‘ presque toutes les pro-
vinces,” plusieurs provinces Nous savons | mieux que lui d’eù venaient nos colons.
Charlevoix (1720) ajoute : ‘ Les ajuste-
| ments font bien à nos créoles (1). Tout est ici | de belle taille, et le plus beau sang du monde D dans les deux sexes. L'esprit enjoué, les ma- LE nières douces et polies sont communes à tous, et la rusticité, soit dans le langage, soit dans D les façons, n’est pas même connue dans les campagnes les plus écartées. Les Canadiens, : c'est-à-dire les créoles du Canada, respirent Len naissant un air de liberté qui les rend fort : agréables dans le commerce de la vie et nulle | part ailleurs on ne pere plus purement notre Langue. On ne remarque mêre ici aucun ac-
D cent.”
L'abbé Pierre-Joseph Thoulier d’Olivet,
|célèbre grammairien, membre de l'Académie, idisait, vers 1730 : “ On peut envoyer un opéra en Canada, et il sera chanté à Québec Enote pour note et sur le même ton qu’à Paris;
Bimais on ne saurait envoyer une phrase de :on-
(1) Qui est né dans une colonie,
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versation à Bordeaux et à Montpellier et faire qu'elle y soit prononcée syllabe pour syllabe comme à Paris.”
Une observation qui est de notre temps :
‘ Que le Canada, dit Bibaud jeune, ait été autrefois le pays du beau langage français, c'est ce dont il n’est pas permis de douter, tant les témoignages, à ce sujet, s'offrent en foule et se pressent...
“# Et si l’on n’est point encore convaincu, ajoute-t-il, on ne peut mieux faire, sans doute, que de donner pour arbitre à tous ces témoins graves le savant voyageur suédois Kalm, contemporain et ami intime du comte de La Galissonnière,notre gouverneur en 1748. Kalm
n’a pu comploter avec les auteurs vour tromper la postérité :
‘ Les dames et demoiselles du Canada et particalièrement celles de Montréal, sont très portées à rire des fautes que font les étrangers
en parlant, En Canada, la langue française |
n’est guère parlée que par les Français, car il y a rarement des étrangers, et les sauvages, paturellement trop fiers pour apprendre la
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langue des Français, obligent ceux-ci à apprendre la leur. Il suit de là que les dames, en Canada, ne peuvent rien entendre d’un peu commun sans . : rire.”
Parler le frauçais sans accent, c'est atteindre la perfection dans la tonalité du largage. Lys, Mère de l'Incarnation, Leclercq, La Pothere, Charlevoix sont positifs à dire que les Canadiens parlent sans aucun accent.
La Bruyère écrivait en 1682: ‘“ L'air de cour est contagieux ; il se prend à Versailles comme l'accent normand à Rouen ou à Falaise.”
En effet, il y a l'accent de Normandie, l’accent du Poitou, etc. Nos ancêtres avaient donc épuré leur langue sous ce rapport dès 1670 ?
Tous ces accents s'étaient fondus en un seul—l’accent canadien, qui est moins ‘ accentué ” que ceux de n'importe quelle partie de la France. Avant 1760, nous avions per-
fectionné notre langage en lui donnant l’uniformité et en rejetant les défauts de termes, de patois, de locutions vicieuses.
Quand Vaudreuil et Lévis dictaient la capitulation de Montréal, que le général Amherst approuva le 18 septembre 1760, ils oubliaient d'y stipuler la protection de la langue française et, par là-même, ils ajoutaient aux éléments de faiblesse qui nous avaient fait succomber. Les circonstances, néanmoins, tournèrent en notre faveur. Le gouvernement britannique fut cinquante ans avant que de nous envoyer des masses de colons,de sorte que la langue anglaise ne pouvait nous envahir.
Les affaires publiques se traitaient en français comme autrefois. Les gouverneurs, les juges, les fonctionnaires éecrivaient le français. Le traité de Paris, 1763, avait beau être muet sar ce point, les choses n’en continuaient pas moins leur marche. Sur le nombre de colons écossais et anglais qui s’établirent dans le Bas- Canada avant 1815, on peut affirmer que la moitié a fourni une descendance de langue française, Nous les absorbions,
En 1766, le roi d'Angieterre, Georges III, envoie des instructions formelles à son repré-
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sentant au Canada, le gouverneur Murray, pour l’autoriser à prendre comme jurés des Canadiens-Français, et il indique que lorsque Jes difficultés ou les poursuites seront engagées entre deux parties dont l’une sera canadienne-française le jury devra être composé d'Anglais et de Frunçais, et qu'il sera uniquement formé de Français, si les deux parties en cause appartiennent à cette nationalité.
Les décisions judiciaires seront rendues en français et en anglais.
Il ne pouvait en être autrement, car on ge fût exposé à émettre un jugement dont le texte eût été incompréhensible pour les intér'essés,
En 1773, le rapporteur d'un projet de loi pour la province de Québec, Marriott, impitoyable envers les Canadiens, comme l’histoire
l'a remarqué, déclare nettement que les lois
doivent être imprimées dans les deux langues.
L'Acte de Québec (1774) ne mentionue rien quant à la langue, et ce silence a toujours été compris comme un acquiescement à la pratique suivie depuis 1760.
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En 1777, une ordonnance émanant du con- Cana seil législatif, réuni en vertu de l'acte de D leurs Québec, décide que les lois seront portées à | On la connaissance du public, ar l'insertion dans D rieus la Glazette de Québec en langue française. | bande
La Gazette de Québec, commencée en 1764, | vainq était l’officiel du temps et publiait toutes | parce pièces dans les deux langues. | satior
On imprimait, en 1791,la liste des anciennes | qui p archives françaises dans les deux langues, D semer conformément à une ordonnance de 1788, et | rante les exemplaires de ce volume publié chez John l'histe Neilson, à Québec, sont aujourd'hui fort re- [Mg peupl cherchés des bibliophiles. | ea lan
Ces indications n’établissent-elles pas que | quise la langue française était reconnue même off- | temp: ciellement, malgré le silence du texte du | la lan traité ? D zomb
La force des circonstances condamnait à ; En faire cette reconnaissance, Il n'en est pas À conie: moins vrai que certains Anglais cherchèrent cette par divers moyens à s'y <oustraire, mais ils pour : durent céder, et ieur mauvais vouloir n'a fait dehor
qu’enraciner plus profondément au cœur des Le
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Canadiens-Français l'amour de la langue de leurs pères.
On n'a pas d'exemple qu’une nation victorieuse impose aux vaincus l'obligation d'abandonner leur langue pour parler celle du vainqueur. Cette condition serait illusoire, parce qu'elle est, immédiatement, d’une réal: sation impossible en fait. 11 n'y a que le temps qui permette, avec l’immigration et l’accroissement de population de la nation conquérante, d'obtenir un résultat semblable, Et l'histoire nous prouve que souvent, c’est le peuple soumis qui a imposé à ses vainqueurs ea langue et ses usages. L’Angleterre conquise par les Normands a forcé en peu de temps les barons français à adopter l'usage de la langue saxonne et n’a retenu qu’un petit nombre d'expressions normandes.
En Pologne niême, malgré la rigueur draconienne avec laquelle- les Russes traitaient cette malheureuse nation, il a fallu longtemps pour faire prédominer la langue russe en dehors des services administratifs.
Le dernier bien qui reste aux nations con-
quises, celui qu’on ne peut leur ravir complètement, c'est la langue qu'ont parlée leurs pères, cel!e que les enfants ont apprise sur les genoux de leur mère.
Est-il vrai, comme on le dit, que la langue française ait dégénéré subitement apres la conquête ? Nous en doutons fort.
Le sens commun veut qu'il s'écoule au moins deux générations avant que les hommes n’oublient assez la valeur des mots de leur langue pour la corrompre. Un habitant qui, en 1760, parlait de t le manière, n'a pus dû changer son langage, dix, quinzv ou vingt ans après, alors que cela n'était nullement nécessaire, La classe instruite nous avait quitté, c’est vrai, mais elle n’a pas emporté la langue dans ses bagages. Le gouvernement britannique nous priva d'écoles, et cela dut influencer l'instruction de la seconde génération, de 1770 à 1790, à peu près; en d'autres termes, la lecture et l'écriture subirent une dépression, Mais est-il croyable que la langus parlée s'oublia et que des mots étrangers, patois ou anglicismes, firent invasion dans
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çais, | révol:
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fée LA LANGUE FRANÇAISE EN CANADA 23
k nos cumpagnes ? Qui ne voit que cela est . erroné, puisque ces mots de patois nc=s sont inconnus, ct qui ne sait que les Anglais (quel- Là ques rares commerçants établis dans les villes) La étaient trop nouvellement azrivés pour exercer le moindre empire sur un“ population L. «compacte, toute chaude de ses traditions, et qui, à cette époque, voyait sortir de son sein . cet admirable clergé national auquel nous de-
1 vons tant ? Que penser aussi des prêtres fran-
de çais, tous hommes de hautes étules, que la x ‘ révolution française nous procura (en les | 8 chassant) et qui furent tous placés à la tête | | nt ni Le de sue ‘ f de nos principales institutions ? C'était aussi ait L L ti | l'heure où nos collèges entraient dans la ll | grande voie d'enseignement, c'était le début {| pont ñ nu 4 si remerquable de nos luttes constitution- Î u uelles, Où trouverons-nous donc les preuves | : de .’assertion que notre langue avait dégéné- | | 8 À ré ! | ne .. Il nous semble que, on cela comme en | | 7” plusieurs autres choses, nos contemporains | ie donnent trop de poids aux dires de quelques | DS M
voyageurs peu éclairés, ou préjugés, qui alors,
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ainsi que de nos jours, croyaient entrevoir la décadence de rotre idiome,
La constitution de 1791 nous donnait une chambre élue par le peuple,un conseil nomm par la couronne, pas de ministres, cer le gouverneur était a lui seul tout le corps exécutif.
Le premier parlement s’ouvrit en 1792. La
première séance montra que les Anglais voulaient l'abolition de la langue française. ‘‘Une discussion violente ne tarda pas à s’enguger, dit M. Blain de Saint-Aubin. Il s'agissait d'élire un “‘orateur” ou président, et M. J.-Antoine Panet fut proposé. La principale chose que lui reprocha l’un de sos adversaires, M.
R*-hardson, fut sa connaissance imparfaite de is langue anglaise, “ Est-ce parce que les Canadiens ne savent pas la langne des habitants des bords de la Tamise qu'ils doivent être privés de leurs droits ? ” riposta M. Joseph Papineau, père de Louis-Joseph. Msssieurs Bédard et Panet soutinrent, après lui, les arguments suivants, qui ont aujourd’hui la même force qu'en 1792 :
‘ Dans les îles de la Manche, attachées à l'Angleterre depuis Guillaume le Conquérant (sept siècles), la langue française a toujours été et est toujours en usage.
“ Pendant plus de trois siècles après la conquête de l'Angleterre par la Normandie, la cour, la robe, l’église, les tribunaux et la noblesse, tout parlait français en Angleterre.
‘“ La Grande Charte est rédigée dans cette langue.”
Après de longs débats, M. Panet fut éln.
Mais sur la proposition de dresser le procès-verbal de l’Assemblée dans les deux langues, le parti anglais souleva de nouvelles objections. M. de Lotbinière prit le soin de les réfuter, et les solides raisons qu'il fit valoir auront de l'actualité toutes les fois que pareille tentative sera renouvelée dans notre législature :
1°. Le bill de Québec, qui réglait le gouvernement du Canada (1774) et celui qui fut adopté en 1781 par les Chambres d’Angleterre, ne comportent point que nos lois seront rédigées uniquement en anglais.
2°, Les Canadiens, étant électeurs, ont droit d'exiger que les mesures politiques qui les intércssent soient portées à leur connaissance dans la langue qu'ils parlent.
3°, Ce n’est point l’uniformité du langage qui assure la fidélité d’un peuple, et les Canadiens ont prouvé leur fidélité à la couronne anglaise en plus d’une circonstance.
‘ Lc discours de M. de Lotbinière fit son effet ; or nomma un traducteur de l'assemblée législative. La langue française continva d’être employée dans la législature et les cours de justice.”
Lord Durham, haut commissaire de la couronne envoyé au Canada, en 1839, pour étudier l’état politique de cette colonie et trouverles moyens de réduire ou museler l’élément français, s'est acquitté de sa tâche avec conscience et habileté, S'ilne nous a pas
écrasés ce n'est pas sa faute, Toutefois, tennus-lui compte des bonnes paroles que la
vérité a fait jaillir comm naturellement de sa plume :
‘€ La négligence soutenue du gouvernement
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anglais laisse la masse des Canadiens-français
sans aucune des institutions qui ;les pour-
raient élever dans l’ordre de la liberté et de
la civilisation, Ce gouvernement les a privés
des ressources de cette nature et sans leur
conférer les institutions du self-govern-
ment. Quoiqu'il en soit, l’assertion généralement répandue que toutes les classes de la société canadienne-française sont également
ignorantes est tout-à-fait erronée.
‘ J'incline à croire que la plus grande som- |
me de raffinement intellectuel, de la pensée ke |
dans l’ordre spéculatif, rt de connaissances 4
ë que puisse procurer la lecture, 8e trouve, | sauf quelques brillantes exceptions, du côte cu: | l:
des Canadiens-français.” |
Voià près de soixante ans que ce qui pré- fe
cède est écrit. Nous étions alors sous les ordres
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du vainqueur depuis quatre-vingt ans déjà, luttant chaque jour pour échapper à la mort uationale, pour prendre notre place au soleil. | Dix ane après la visite de lord Durham, nous
avions 108,000 enfants aux écoles ; en 1870, à il yen avait 217,000. Dans cet intervalle, E
2 EN AREA ARTE RE M du
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nous avons conduit à bonne fin nos projets de réformes politiques. Il n’est point de na- À tion chez qui la presse périodique ait fourni : une plus noble carrière, et l’histoire ne nous : enseigne rien de plus beau que les luttes de nos parlements où se décidèrent le sort des soixante-dix mille abandonnés de 1760, aussi à il n’est pas de témoignage qui soit plus flatteur pour nous que celui de lord Durham, le | à moins suspect des Anglais.
Le parlement de Londres passa un bill pour fondre les provinces du haut et bas Canada dans une seule administration. Voici
He ‘à Fh fl “@) ti LE:
comment M. Blain, déjà cité, raconte ce qui 1 se passa à l'égard de la langue française :
L ‘€ Grâce à une erreur qui n’était certaine-
ment pas involontaire de la part des législa-
teurs de Londres, l’acte d'union des Canadas,
, en 1840, déclarait que la langue anglaise serait
| la langue oficielle des chambres canadiennes,
sans toutefois proscrire formellement la lan-
gue fransaise. Cette clause de l'acte impérial
ne manqua pas d’alarmer les représentants
i PT PA IQ PA A OC UE cTaRe. t EU pe PRE A PAPA EE A ADDE SARL AT ANNEE ESS
à ; Ë DA à 4 ne A EL ANR A er Se LA Di ” : : ñ sis
canadiens-français, et dès la première session du nouveau parlement, de juin à septembre 1841, M. Etienne Parent présenta un bill ordonnant la traduction des lois et autres documents publiés en langue française, et autorisant l'usage de cette langue dans les délibérations parlementaires. Le bill de M.
Parent fut adopté, et tout alla bien tant que M. Cuvillier occupa le siège de l'orateur,mais au n.ois de décembre 1844, sir Allan McNab était appelé au fauteuil, et l’un de ses premiers actes fut de refuser une motion qui lui était présentée en français, prétendant que l'usage de cette langue était interdit par l’Acte d'Union de 1840. Ce fut alors que l’honorable Denis-Benjamin Panineau présenta une adresse qui se trouve au long dans les EF procès-verbaux de la chambre et qui, chose