‹ La langue grecque [microform]. Mémoires & notices, 1864-1884Chapitre 11 sur 19 · DU PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE HELLÉNIQUE DE CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

DU PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE HELLÉNIQUE DE CONSTANTINOPLE

M. HIROCLIS BASIADIS

PRONONCÉ LE 4/16 Mar 1869

Pour le huitième anniversaire de la fondation de la Société (1).

Sept fois déjà la Société littéraire hellénique s'est réunie pour célébrer l’anniversaire de sa fondation et pour rendre compte de ses travaux, et sept fois tout ce que Constantinople renferme d'Hellènes et de Philhellènes, amis du Beau et amis des Muses, s’est empressé d’accourir pour célébrer cet anniversaire comme une solennité nationale, écoutant avec un sentiment de joie profonde et de juste fierté le récit des efforts tentés ici pour faire revivre les traditions des ancêtres et propager en Orient la culture des lettres grecques.

Et c’est aussi avec un vif sentiment de joie et d'allégresse que notre Société vient célébrer ce huitième anniversaire, et

(1) Nous avons pensé qu'il était bon d'accompagner le texte grec d'une traduction française, soit que pour ceux de nos lecteurs qui ne comprennent pas le grec puissent du moins en apprécier le contenu, soit parce qu’une traduction est toujours une des épreuves les plus décisives auxquelles un texte puisse être soumis. M. Humbert, de l'Ecole normale, a bien voulu se charger de ce travail que nous avons

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DISCOURS DE M. BASIADIS. 285

voit réunis autour d'elle non-seulement une jeunesse avide d'instruction, mais encore des personnes illustres, orgueil de leur race et des amis de leur race, et aussi tout un cercle gracieux de femmes également distinguées par leur beauté, par leur amour du Beau et par leur amour de la science.

Quant à moi, en commençant, je dois avant tout faire appel à votre bienveillante indulgence, et aussi réclamer pour ma parole la plus entière liberté. En vous entretenant des origines de notre Société, du but en vue duquel elle a été fondée, de l'étude de notre langue et de la culture des lettres grecques, je devrai aborder quelques vérités peu agréables. Je le ferai avec franchise ; en certains sujets, le silence est plus nuisible qu’utile.

Depuis sa fondation, notre Société, vouée aux œuvres de la paix, n’a eu en vue que la culture des lettres et des sciences. Elle est restée entièrement étrangère à la politique, et elle ἃ bien fait. D'un côté, en effet, les émotions politiques, pareilles à de violentes tempêtes, troublent et bouleversent l'esprit, et, d’un autre côté, cherchant le terre-à-terre, s’attachant à l’actuel, obéissant aux nécessités des affaires, la politique divise bien souvent, et, comme une Médée impitoyable, coupe en morceaux ce que Dieu a uni. Loi despotique et reconnue telle, selon le mot de Pindare,

Elle accomplit, la main haute, la violence au nom du droit.

Notre Société, au contraire, s’est entièrement consacrée à ce qui n’a ni divisions ni limites, point d’autres limites du moins que celles mêmes de l’esprit humain, limites dans le cercle desquelles rien n’est exclusif, tout est bien commun.

Notre Société s’y est consacrée avec d'autant plus de plaisir que nos ancêtres ont montré que tel était, en effet, le domaine des lettres et des sciences. De même que le magnanime et généreux Cimon enleva toutes les barrières qui entouraient ses jardins et donna à chacun la permission d’y entrer-et d'en emporter tous les fruits qu'il voudrait, de même aussi nos ancêtres, enlevant toutes les barrières, ont invité tous 168 peuples à leur grand banquet scientifique et littéraire, et ont

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