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DISCOURS DE M. BASIADIS. 289
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« La supériorité d'une langue, a dit l’un des illustres Dioscures de l'Allemagne, le savant philologue G. de Humboldt, vient surtout de l'énergie avec laquelle elle excite et anime l'esprit, et de la facilité avec laquelle elle lui permet de considérer les rapports des choses plutôt que les choses ellesmêmes. » Or quelle autre langue possède davantage ces qualités que la langue grecque ? C’est pour cela que l'étude et le culte en ont été considérés comme une nécessité absolue chez les peuples civilisés anciens et modernes. C’est pour cela que le degré de civilisation auquel un peuple est arrivé peut se mesurer à la connaissance qu'il a de la langue grecque. Qu’une nation la néglige, qu’elle dédaigne l'étude des lettres grecques, on peut dire hardiment que cette nation n’est pas au premier rang, qu'elle ne marche pas en tête de la civilisation.
Quels sont les peuples d'Europe qui aujourd'hui occupent le premier rang? N'est-ce pas l'Allemagne avec son culte de la science, l'Angleterre avec son respect de la loi, la France avec sa vive éloquence ? Eh bien! quel est le sentiment de ces peuples au sujet des lettres et du génie de la Grèce? Les Allemands, nous n’avons pas besoin de démontrer ce qui est connu de tous, sont de fervents et d’infatigables disciples des lettres grecques; les Anglais, à commencer par Milton, leur poète aveugle, qui pour lire les chants immortels du grand aveugle ionien, empruntait les yeux de sa jeune fille de neuf ans, et à finir par leurs illustres hommes d'État Derby et Gladstone, les Anglais, dis-je, sont unanimes pour reconnaitre que c’est à la Grèce qu’ils doivent la plus grande partie de leur développement intellectuel, J’en vois aussi une preuve dans le zèle toujours jeune et infatigable que consacre au service de notre Société notre vice-président, M. Millingen, le vénérable Nestor des Asclépiades, l’ami et le médecin du grand poète qui a fait le sacrifice de sa vie à la Grèce régénérée (1).
Comme témoignage de l’ardeur et du zèle des Français pour l'étude de la langue grecque, nous avons l'établissement de
(1) M. Millingen est venu en Grèce avec lord Byron.
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