‹ La langue théâtraleChapitre 10 sur 43 · RETRAITE · texte numérisé non relu

RETRAITE

La subvention et les recettes forment une masse dont une partie déterminée est acquise

aux sociétaires, qui la partagent suivant le lang que le talent leur assigne. Cette masse, défalcation faite des frais généraux, est divisée en vingt-quatre parts, dont une est mise en réserve pour frais imprévus ; une demie, pour augmenter le fonds de pension; une demie, pour décors, ameublement, costumes. 11 reste donc à distribuer vingt-deux parts entre les sociétaires, depuis un buitième de part jusqu'à une part entièi'c, qui est le maximum. (Y. à V Appendice les lois sur le Théâtre- Français.) État des sociétaires au 1"' févi'iei- 1879. MM. Maubant. M""*^^ Broban.

Gol. Favard.

Delaunay. Jouassiu.

Talbot. Édile Riquier.

Coquelin aîné. Provost-Ponsin.

Febvre. Dinab Félix.

Tbiron. Heicbemberg.

Mounet-Suliy. Croizette.

Laroche. Sarab Bernbart.

Worms. Em. Broisat.

Coquelin cadet. Baretta.

M"»^ Nathalie. Jeanne Samary.

SOIGNER. — Allons, mes enfants ! 11 faudra soigner cet acte-là ! dit le chef de claque à

srs chevaliers. Chacun apprête ses mains.

— Dites donc, cher ami, il faudra soigner l'enfant, dit le directeur à un journaliste, le jour d'une première. Que do soins !

SORTIE. — Si les entrées en scène sont difficiles, les sorties le sont encore davantage. La difficulté fait que certains acteurs forcent la situation et font une mauvaise sortie : d'autres la négligent tellement qu'ils sortent parce qu'ils n'ont plus rien a dire ni à faire en scène ; ce qui est pire.

S 0 T I E. — La Sotie était une satire draniatique extrêmement violente qui n'épargnait personne. Elle prit naissance au xv'^ siècle, sous Charles VI, et eut pour acteurs les Enfantssans-Souci, dont le chef prit le nom de Princedes-Sots.

Chaque personnage d'une Sotie se nommait Sot. L'analyse que nous faisons de la Sotie, le Vieux-Monde, l'une des plus reniarquables, donnera une idée de ce genre. Vieux-Monde se plaint de ses fatigues: Sot-A bus l'engage à dormir, lui promettant de veiller à sa place. A peine Vieux-Monde est-il endormi que Sot- Abus appelle à lui tous les Sots, ses amis. Alors arrivent Sot-Trompeur, c'est un marchand ; SoT-DissoLU, un prélat : Sot-Glo-

RiEux, un soldat ; Sot-Ignorant, qui personnifie le peuple, et Sotte-Folle, la déraison ou folie humaine.

Sotte-Folle dit qu'il faut tondre Yieux- MoNDE et en reconstruire un autre sur Confusion. Chacun des Sots présents devant construire un pilier choisit et élague les matériaux que son goût lui fait trouver bons ou mauvais , sous la surveillance de Sot-Abus qui est nommé architecte. Le travail commence. Sot-Dissolu prend pour matériaux apostasie, lubricité, hypocrisie, simonie, et vqieiie chasteté, dévotion, prière, humilité; Sot- Glorieux écarte noblesse, libéralité, et choisit lâcheté, avarice; Sot-Trompeur bâtit avec fausse mesure, larcin, usure; Sot-Corrompu préfère corruption à justice; Sot-Ignorant dédaigne pour son pilier simplicité, innocence, obéissance, et emploie murmure, fureur, rébellion. Le nouveau monde achevé, les constructeurs se disputent à qui épousera Sotte- Folle. Dans l'ardeur de leur querelle , ils renversent le monde qu'ils viennent de construire et réveillent Vieux - Monde qui les chasse en déplorant leur folie. Ne croirait-on pas cette Sotie écrite pour l'an de grâce dans lequel nous sommes ? — V. Farces, Moralités, Mystères.

SOUBRETTE. — EMPLOI; un des plus vifs, des plus spirituels, des plus importants de la comédie au xvii^ et au xviii^ siècles, où brillaient les Dorine, les Marton, les Marinette. Aujourd'hui , cet emploi est complètement effacé du répertoire moderne. La soubrette actuelle est une femme de chambre, une bonne, une domestique enfin : elle n'a pas le verbe haut, la répartie vive, le droit de dire son mot dans les affaires de famille comme sa devancière : elle obéit, rien de plus, et s'en venge en faisant danser l'anse du panier, et des cancans sur madame et monsieur.

La raison en est que jadis les domestiques naissaient et mouraient dans une maison ; ils faisaient partie de la famille. Aujourd'hui, ils ne font qu'y passer.

SOUFFLEUR. — C'est à tort que nous n'avons pas classé le souffleur au mot emploi: c'en est un, et un des plus utiles. Ce modeste employé fait comme la violette : il se cache, pas sous l'herbe, mais dans une boite nommée capot. Gomme sa sœur la violette, il se décèle, non à son parfum, mais à son souffle^ la voix majeure lui étant interdite.

Le public croit généralement que le souffleur ne souffle que lorsque la mémoire fait

défaut au comédien ; c'est une erreur : le souffleur souffle toujours et doit être en avance d'un mot ou deux sur l'acteur. Il envoie le mot et un signe à celui qui attend la RÉPLIQUE. Celui qui ne sait pas ou auquel la mémoire fait faillite prend du souffleur^ auquel il fait souvent appel du pied, ou en jouant près de la rampe quand il devrait être au fond.

L'acteur le plus sûr de lui ne peut jouer sans le souffleur. Il ne s'en sert pas, mais il le sait là, ça lui suffit ; il en est qui lisent simplement leur rôle une fois ou deux et comptent sur le souffleur pour le reste. Dans une représentation de Mélanide^ de La Chaussée, un acteur s'arrête court , et , comme il avait l'oreille paresseuse, laisse le souffleur faire la déclaration d'amour à sa place ; quand celui-ci eut fini, il montra le souffleur à Mélanide^ et lui dit : Mademoiselle , comme vous a dit monsieur; jugez de l'efi'et. — Une autre fois, un acteur faisant un récit arrive à ces mots : « J'étais alors à Rome ... » et perd la mémoire. Il voit que le souffleur dormait, alors il s'approche du capot et crie d'une voix forte : F h bien! monsieur^ que faisais-je à Rome ? Le souffleur se réveille, envoie le mot, et le public applaudit la présence d'esprit du défaillant.

SOUTENIR. — Terme de c/a^we, synonyme de SOIGNER, mais plus général en ce sens qu'il faut soutenir le médiocre et le mauvais, tant comme pièces que comme acteurs, les bonnes choses se soutenant toutes seules. Au Mans, un comédien assez m... médiocre avait à jouer le Lusignan, de Zaïre, et s'était entendu avec le chef de claque pour être soutenu. — Il entre en scène en disant : Soutiens-moi^ Chatillon... Le chef de claque qui ne connaissait pas à fond la pièce et se nommait Chatillon, crut qu'il s'adressait à lui et lui répondit aussitôt : Ne crains rien, mon vieux, nous sommes là ! Le public a tellement ri qu'il s'en souvient encore.

SPECTATEUR. — Partie unitaire du public, s'agglomérant facilement, et subissant alors toutes les impressions de la foule. Le spectateur a droit à la place désignée par son billet et au spectacle porté sur l'affiche ; de plus, fût-il seul dans la salle, on doit jouer pour lui, s'il l'exige. Le fait est arrivé à la Comédie- Italienne, où il n'y avait que Aqmx spectateurs. Après la représentation , C/Vrlin pria l'un d'eux d'approcher de la scène et lui dit : « Monsieur, si vous rencontrez quelqu'un en sortant d'ici, faites-moi le plaisir de lui dire

que nous donnerons demain une représentation de Arlequin toujours Arlequin.

STYLE. — Le style d'une pièce suffirait pour indiquer son genre et son époque. Nous avons donné au mot MYSTÈRE un échantillon du style de l'un d'eux. Nous allons essayer, par quelques extraits , de suivre la marche du stijle depuis Jodelle jusqu'à ce jour, en commençant par la Cléopâtre de cet auteur, donnée en 1557.

CLEOPATRE (acte iy).

« Penserait donc César être de tout vainqueur? « Penserait donc César abâtardir ce cœur? « Veu que des tiges vieux ceste vigueur j'hérite « De ne pouvoir céder qu'à la Parque dépite? « La Parque, et non César, aura sur moy le pris ; « La Parque, et non César, soulage mes esprits; « La Parque, et non César, triomphera de moi ; « La Parque, et non César, finira mon osmoi ; « Et si j'ai, aujourd'hui, usé de quelque feinte, « Afin que ma portée en son sang ne fust teinte. >

Sautons jusqu'en 1616, où nous trouvons le grand fournisseur Hardy, qu'on pourrait surnommer le bien-nommé, par l'extrait suivant de sa Lucrèce ou l'Adultère puni. C'est un mari qui parle, en considérant sa femme à l'œuvre :

« 0 cieux! ô cieux I La louve à son col se penchant, « Et de lascifs appas provoque l'impudent,

« Lui chatouille le sein, lui baisotte la bouche, « D'un clin de tête au lit l'appelle à l'escarmouche. « Ma patience échappe, exécrable p..., « Tu mourras, à ce coup, tu mourras de ma main ! »

Heureusement que quelques années plus tard, en 1631 , nous trouvons ce gracieux échantillon du style galant :

PHILIDAN.

« Si de ce que j'ai dit, la rigueur, trop connue, « Cherche la vérité, la voilà toute nue,

{Il lui ôte son fichu.) ELIANTE.

« Que fais-tu, Philidan ?

PHILIDAN.

C'est que je veux au moins « Te convaincre d'erreur avec deux beaux témoins.

ELIANTE.

« Causeur. Rends ce mouchoir, ou de tant de malices « Je sçaurai châtier l'auteur et les complices.

PHILIDAN.

« Pourquoi les caches-tu?

ELIANTE.

Parce que j'ai raison, « Puisqu'ils sont faux témoins, de les mettre en

[prison. »

On croirait lire du Marivaux. Du gracieux

nous passons au sublime. Voici le grand Corneille :

« Je suis maître de moi comme de l'univers; « Je le suis, je veux l'être. 0 siècles ! ô mémoire ! « Conservez à jamais ma nouvelle victoire. « Je triomphe aujourd'hui du plus juste courroux, « De qui le souvenir puisse aller jusqu'à vous'. « Soyons ami, Ginna, c'est moi qui t'en convie. »

Et Racine :

« Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux, « N'est point tel que l'erreur le figure à nos yeux. « L'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage ; « Il entend les soupirs de l'humble qu'on outrage, « Juge tous les mortels avec d'égales lois, « Et du haut de son trône interroge les rois. »

Et Molière :

« On gagne les esprits par beaucoup de douceur ;

« Et les soins défiants, les verrous et les grilles

« Ne font pas la vertu des femmes et des filles.

« Nous les portons au mal par tant d'austérité,

« Et leur sexe demande un peu de liberté. »

Arrêtons-nous un peu. Nous sommes au sommet, nous allons redescendre, et, je le crains bien, plus bas que notre point de départ. Regnard nous arrête à la rampe; écoutons-le dans le Joueur, 1696 :

« La fortune offre aux yeux de brillants mensongers. « Tous les biens d'ici-bas sont faux et passagers : « Leur possession trouble, et leur perte est légère. « Le sage gagne assez quand il peut s'en défaire, »

A quelques années de là, en 1754, nous trouvons, dans David et Bethsabée, tragédie de Petit, ces vers :

« Vous sûtes arracher Saûl à ses furies.

« Oui, ce prince, vainqueur de mtlle incirconcis,

« Frémissait que David en eût dix mille occis. »

Ce qui fit crier dans la salle : Ok qusif Oh qunonf Quelle chute I

Passons à Voltaire, le dernier astre du siècle :

« Des dieux que nous servons connais la différence ; « Les tiens t'ont ordonné le meurtre et la vengeance, « Et le mien, quand ton bras vient de m'assassiner, « M'ordonne de te plaindre et de te pardonner. »

Mais voici la Révolution et son chantre dramatique, Marie- Joseph Ohénier :

« Puisque les lois, les mœurs, les nobles sentiments « Ne peuvent respirer l'air souillé par un maître, « Puisse, puisse à jamais la liberté renaître « Sur les sanglants débris des tyrans abattus, « Pour que le genre humain conserve des vertus ! »

Nous sautons à pieds joints par-dessus TEmpire et la Restauration. 1830 vit fleurir le romantique. Voici du Victor Escousse :

« Adieu, dt'^s aujourd'hui je jouis de vos pleurs. « Unissez-vous! je signe un contrat de malheur! « Et tôt ou tard, beau noble, h Tàme vile, atroce, « Je vous apporterai votre cadeau de noce. »

Et la Tour de Nesle :

« 0\\(i ! maître Orsini, tavernier du diablo, double empoisonneur! Il paraît qu'il faut te donner tous tes noms pour que tu répondes. »

Nous faisons grâce du reste à nos lecteurs, qui doivent être, comme nous, au courant du style noble de la Grande-Duchesse ^ du Trône d'Ecosse^ du Roi Carotte et tutti.

SUBVENTION. — Nous donnons ci-dessous les noms des théâtres subventionnés par l'État et le chiffre de la subvention portée au budget de 1878 :

Opéra 800,000 fr.

Théâtre-Français 2^0,000

Opéra-Comique 360,000

Odéon 60,000

Théâtre-Lyrique *.

Une grande partie des théâtres de province sont subventionnés par les villes, ce qui n'empêche pas les directeurs de faire faillite, au contraire.

Expliquons ce : au contraire.

Aujourd'hui, surtout, que la liberté des

* Le Théâtre- Lrjrique établi dans la salle de la Gaîté \icnt de succomber. La subvention attribuée à cette entreprise , soit 200,000 francs, reste entre les mains du ministre pour encouragements aux beaux-arts.

théâtres existe , le directeur qui accepte une subvention accepte en même temps un cahier des charges qui lui impose :

— une troupe composée de tant d'acteurs; — un orchestre composé de tant d'exécutants;

— un répertoire d'opéra et d'opéra-comique ; — le drame, la comédie et le vaudeville, comme hors-d'œuvre ; — un corps de choristes et un corps de ballet ; — de monter tant de pièces nouvelles par an, etc., etc. Or, comme les municipalités savent compter, quand elles donnent 30,000 francs de subvention, elles demandent que le directeur fasse 40,000 francs de dépenses, et ainsi de suite, proportionnellement.

Les chanteurs et les comédiens, sachant que le directeur reçoit une subvention, ne s'engagent qu'à des conditions onéreuses pour lui. Le public lui-même, ne prenant en aucune considération le cahier des charges et les obligations qu'il impose au directeur, en veut pour son argent, et un peu plus, en se montrant plas exigeant qu'il ne devrait. De tous ces faits réunis, il arrive souvent que le directeur succombe à cause de la subvention.

SUCCÈS. — Le succès est le grand dispensateur de la gloire et de la fortune. S'il suivait

le talent véritable, la valeur réelle, tout serait pour le mieux; mais il n'en est malheureusement pas toujours ainsi ; au théâtre, plus que partout ailleurs, c'est le caprice du public qui fait le succès, et souvent pour des causes futiles et accessoires. C'est, du reste, une vieille histoire.

Lorsque P. Corneille, en 1650, donna son Andromède, une des premières pièces où l'on employa les machines, la grande attraction ne fut pas la pièce, mais l'apparition d'un cheval vivant sur la scène, ce qui ne s'était pas encore vu. Ce cheval, qui faisait Pégase, piaffait, hennissait, à la grande joie des spectateurs. On obtenait ce jeu en laissant jeûner le cheval; aussitôt qu'on le tenait en scène, on vannait de l'avoine dans la coulisse, et le cheval piaffait et hennissait. Chacun voulut voir le cheval , qui fit le succès de la pièce.

h' Auberge des Adrets, écrite pour faire un drame sérieux, était en train de tomber et ne serait pas allé jusqu'au bout, si Frédéric Lemaitre, par un trait de génie , n'avait pris sur lui de terminer la pièce en drame comique. Envisagée à ce point de vue, V Auberge des Adrets eut un succès étourdissant et dota la France du type de Robert Macaire.

Le Fils de la Nuit n'a du son succès qu'à la

machination du vaisseau. Il suffit de connaître le répertoire du jour pour savoir que le succès de certaines pièces en vogue n'est nullement justifié par le mérite littéraire. Tant pis !

Entre le succès et la chute, pour les auteurs qui ont l'habitude de travailler laborieusement et consciencieusement, on a établi une nuance qu'on nomme succès d'estime.

SUJET. — La matière, le fond, idéal ou historique, sur lequel on écrit une pièce. Si la donnée est prise d'une anecdote, de l'histoire, d'un roman, on dit : le sujet est pris là, ou là.

— Sujet se dit encore d'une danseuse qui quitte le corps de ballet pour entrer dans les jo«s. Elle devient sujet de la danse. Il y a des degrés : premier sujet, deuxième sujet.

SUPPLÉMENT. — Le bureau des suppléments est une concurrence faite aux OUVREUSES par l'administration. Si vous ête^ mal placé, vous n'avez que deux ressources : 1° graisser la... main à l'ouvreuse, et convenablement : elle vous trouvera une bonne place, n'eu fùtil plus au monde ; 2° d'aller au bureau des suppléments payer la différence pour une meil-

leure. Les billets donnés forment le fond de caisse des suppléments.

SUPPRESSION. — La censure fait de la grande chirurgie et s'inquiète peu, son opération faite, si le sujet est valide ou pas; c'est à la représentation que les vides, les longueurs apparaissent et que l'auteur est obligé de faire des suppressions. Les directeurs de province font, de leur chef, des suppressions pour raccourcir les pièces, et poussent cela si loin qu'on en a vu supprimer la musique de la Dame blanche comme nuisant à l'intérêt de l'ouvrage.

TABLEAU. — Partie d'acte coupé par un changement à vue , ou en baissant un rideau quand le théâtre n'est pas machiné suffisamment, mais toujours sans entr'actes. C'est surtout dans le genre féerie que le tableau e^ en usage.

— On appelle aussi tableau un effet de scène où les personnages sont groupés de manière

à produire une impression sur le public. Les reconnaissances, les surprises de coupables, les incendies, les inondations, les grandes scènes finales forment tableau.

— Tableau se dit encore d'un cadre existant au foyer des acteurs, dans lequel on affiche le répertoire du lendemain, sa distribution, Tordre et riieure des répétitions.

TAMBOUR. — V. treuil.

TARTINE. — Terme de coulisses pour indiquer les longs récits d'une pièce.

TEINTURIER. — Celui qui confectionne des pièces avec les idées des autres et n'y a mis que son style, est un teùitune?\ La collaboration est en partie fondée sur cette base : l'un apporte l'idée, le sujet; l'autre — le teinturier — le style.

TÉNOR. — Emploi du chant, connu dans l'ancien répertoire sous le nom de haute-contre et dont l'importance était alors secondaire, tan-

, dis qu'il occupe le premier rang aujourd'hui.

La ténor a deux registres : voix de poitrine

et voix de tète, suivant lesquels on le classe

en fort ténor^ premier ténor^ ténor léger ou

premier d'opéra-comique, et deuxième téno7\ L'Italie avait une grande prédilection pour les voix de tête et possédait un procédé pour fabriquer des ténors à l'usage de la chapellesixtine. S'il leur manquait quelqife chose d'un côté, ils se rattrapaient bien de l'autre, car Balthazar-Ferri, Bernardi, Farinelli et Gafarelli firent des fortunes immenses, à tel point *que ce dernier put acheter le duché de San-Donato sur ses économies.

Les grands ténors de notre Opéra-français qui ont laissé un nom, sont : Lainez, Lays, iLAFON, NouRiT, DupREZ et Roger.

THÉÂTRE CHEZ les ANCIENS. — Ce mot demanderait un développement auquel notre cadre s'oppose ; nous allons le traiter sommairement.

Le théâtre est d'origine grecque ; son nom l'indique. Il débuta par le char de Thespis, pour la tragédie, et les tréteaux de Susarion, pour la comédie ; char et tréteaux parcouraient les bourgs pour y donner leurs représentations.

Un théâtre en bois, construit à Athènes, s'étant écroulé pendant la représentation , — 500 ans avant Jésus-Christ — Thémistocle , vingt ans plus tard , fit construire le premier

théâtre de pierre , bien que les colonies grecques eussent devancé la mère patrie dans ce genre de constructions. Le théâtre de Thé- MisTocLE servit de type à tous ceux qu'élevèrent les Grecs et les Romains.

Le théâtre antique avait deux parties principales : 1° le creux chez les Grecs, la cavea chez les Latins, ou partie semi-circulaire, réservée aux spectateurs ; 2° la scène^ o\i partie rectangulaire destinée à la représentation. Le théâtre grec seul comprenait une troisième partie — Y orchestre — qui servait aux jeux scéniques.

La première partie, le creux, fut longtemps adossée à une colline, un monticule, dans lesquels on taillait des gradins. Chaque classe avait ses places distinctes : chez les Grecs, les premiers rangs étaient occupés par les agonothètes, les magistrats, les généraux et les prêtres; après eux, venaient les citoyens riches et aisés ; le peuple occupait les gradins élevés.

On voit, à Athènes, les ruines du premier théâtre qui fut au monde : c'est un temple de Bacchus. En Grèce, tous les théâtres étaient dédiés à Bacchus ou à Vénus. Je crois que ce dernier culte est encore bien en faveur dans les théâtres modernes.

Passons à Rome.

Le théâtre ne pénétra chez les Romains que deux cents ou deux cent cinquante ans plus tard. La première pièce représentée, le fut l'an de Rome 391 — 363 avant J.-G. — par suite d'un vœu fait pendant la peste qui ravagea Rome en 389. Voici ce que dit à ce propos saint Augustin : « Ce fut pendant cette peste qu'on « inti'oduisit à Rome les jeux scéniques, autre « peste plus funeste encore, non pour les corps^ « mais pour les âmes. »

D'abord les théâtres romains ne furent que temporaires ; par conséquent construits en bois, et pour des circonstances particulières, principalement pour les élections consulaires ; les candidats avaient le soin d'y convier le peuple pour gagner ses suffrages. — Gomme on le voit, ce que nous nommons corruption électorale date de loin. — Les plus grandes folies en ce genre sont celles de Scaurus, gendre de Sylla, et de Curion. Ce dernier fit construire deux théâtres adossés qui, à un moment donné, tournèrent sur des pivots, avec leurs spectateurs, et formèrent une arène pour les gladiateurs.

L'austérité des mœurs romaines s'opposa très-longtemps à la construction fixe. Ce fut Pompée qui dota Rome de son premier théâtre de pierre, en Tan 699 de sa fondation, —

55 ans avant J.-G. — Il fit bien les choses, car ce théâtre contenait 40,000 spectateurs. Le goût du théâtre devint une passion pour les Romains ; les édifices destinés aux représentations couvrirent bientôt toutes les provinces, et la plus petite ville avait son théâtre. Les ruines en sont nombreuses; les fouilles de Pompéï, à'Berculamun, en ont donné de précieux restes, et la France en possède de nombreux vestiges.

Les Grecs n'avaient que deux genres d'édifices consacrés aux représentations : le Théâtre et VOdéon; ce dernier, comnje son nom l'indique, était consacré au chant, à la musique instrumentale et de déclamation. Les Romains y ajoutèrent V Amphithéâtre ^ ou arènes, pour le combat des gladiateurs; le Cirque^ pour les courses; les Bassins^ ou Naumachies, pour les représentations nautiques.

'L'Odéon seul était entièrement couvert; il a servi de type à nos théâtres modernes.

Nous ne suivrons pas plus loin cet aperçu du théâtre antique.

THÉÂTRE DE LA FOIRE. — Nous ne pouvons oublier de parler des théâtres dressés aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent,

sur remplacement desquelles existent aujourd'hui deux marchés.

Ces théâtres, d'où sortirent notre Opéra- Comique et notre Vaudeville, conservèrent parmi nous la verve et l'esprit gaulois, en y joignant la pétulance et le comique des Italiens. Les premières représentations de pièces sur les Théâtres de la Foire eurent lieu en 1678. La plus ancienne a pour titre : les Forces de l'Amour et de la Magie. Il y avait un peu de tout dedans, y compris la danse de corde, fort goûtée à la foire. La suppression de l'ancienne troupe italienne, qui eut lieu en 1697 (V. Italiens), fut un coup de fortune pour la foire. On y construisit des salles et on y représenta le répertoire des Italiens. Le public qui les regrettait, courut à la foire, s'y amusa, et délaissa la comédie française. Alors, grands cris des comédiens français qui, leur privilège à la main, firent condamner les théâtres forains à ne jouer que des monologues, et bientôt après des pièces muettes, c'est-à-dire des pantomimes.

Ce fut alors au plus fin. Les forains, muets par ordre, imaginèrent d'écrire leurs rôles sur des cartons qu'ils tiraient de leurs poches, et qu'un individu placé près de Torchestre lisait tout haut pendant qu'ils faisaient leurs ges-

tes. Peu après, ils imaginèrent d'écrire ces rôles en couplets, sur des airs connus. Ces couplets, écrits en très-gros caractères, descendaient du cintre au moment voulu; l'orchestre alors donnait Taccord, et le public, soutenu par lui, chantait en chœur le couplet. On prit tellement goût à ce genre de plaisir et de malice, que les théâtres étaient toujours pleins. Ceci dura jusqu'à 171 6, époque où la nouvelle troupe des Italiens vint s'installer à l'HOTEL DE BOURGOGNE.

En 171 i, V Académie royale de musique autorisa, moyennant une redevance annuelle de 35,000 fr., un Théâtre de la Foire à jouer de petites pièces, mêlées de prose, d'ariettes et de danse, sous le nom à' opéras-comiques ; ce genre, qui réussit grandement, eut pour auteurs Lesage, Panard, Le Grand, Piron, BoissY, Favard, Sedaine, Vadé, Anseaume.

Il fut réuni à la troupe italienne en 1762 (V. Opéra-Comique). Nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en leur donnant un fragment de la comédie de Favard, intitulée : Le Retour de /'Opéra-Comique. C'est une imitation très-réussie des imprécations de Camille; elle était dans la bouche du personnage de la Comédie-Française, qui exhalait ainsi sa bile contre le Théâtre de la Foire :

Ah I c'est trop en souffrir de ce vil adversaire : Qu'il sente les effets de ma juste colère. Foire, l'unique objet de mon ressentiment, Foire, à qui l'Opéra fait un sort si charmant, Foire, qui malt,''ré moi te trouves ma voisine, Foire, enfin, que je hais, et qui fait ma ruine : Puissent tous les rivaux contre toi conjurés Saper tes fondements encor mal assurés ; Et, si ce n'est assez de leurs trames secrètes, Que mille plats auteurs t'apportent leurs sornettes. Que chez toi la discorde allume son flambeau, Que ce trône éclatant te serve de tombeau, Que cent coups de sifflet effrayent ton audace. Que ton cher Opéra te mette à la besace, Que tes auteurs jaloux se disputent entr'enx ; Que jamais le bon j^oùt ne préside à tes jeux; Puissé-je de mes yeux voir tomber ce tliéàtre, Dont Paris follement se déclare idolâtre; Voir le dernier forain à son dernier soupir, Moi-même en être cause et mourir de plaisir.

THÉÂTRE-FRANÇAIS.— Ses origines sont plus qu'obscures. En remontant jusqu'aux premiers siècles de la monarchie nous ne trouvons que les Mimes, Histrions, Farceurs, Jongleurs, Troubadours, Ménestriers, qui semblent se rattacher par un fil à la tradition dramatique des anciens. Ceux qui faisaient des tours de force ou d'adresse; ceux qui montraient des singes ou d'autres animaux savants, furent appelés : « Bateleurs ». — Le nom et la chose existent encore. Ils étaient autorisés par les anciens édits royaux à faire des tours, par eux

ou leurs singes, pour satisfaire les « Péagers » ou agents du fisc ; de là le proverbe : Payer en monnaie de singe.

En admettant beaucoup de bonne volonté, on pourrait faire remonter les représentations dramatiques en France à l'année 1179, où un religieux du nom de Geoffroi faisait représenter par ses élèves des tragédies pieuses, entre autres le Mystère de sainte Catherine; ou bien encore dans les représentations qui eurent lieu dans les réjouissances et fêtes publiques sous Philippe le Bel, Louis le Hutin, Philippe le Long, Charles le Bel. Nous croyons qu'il convient de s'arrêter à l'année 1398, où nous trouvons les premières traces des représentations — payantes — des MYS- TÈRES, dans Paris, ou plutôt au village de Saint-Maur.

Les bourgeois et maîtres maçons, serruriers, menuisiers, inventeurs de ces jeux, furent autorisés, par lettres - patentes octroyées par Charles YI, en décembre 1402, — lettres-patentes qui furent confirmées par François I", le 1" mars 1518; par Henri II, en janvier 1554; par Charles IX, le 25 novembre 1563; par Henri III, en janvier 1575; par Henri IV, en 1597, — à s'ériger en confrérie sous le titre de : Confrères de la Passion, en même

temps qu'ils établissaient leur théâtre dans la grande salle de l'hôpital de la Trinité, situé hors la porte de la ville conduisant à Saint- Denis. (V. ce privilège à Y Appendice.)

Leur privilège étant de jouer exclusivement Dieu et les saints, d'autres sociétés dramatiques se formèrent en concurrence en jouant un genre autre. Les Enfanfs-sans-souci inventèrent la SOTIE ou sottie, petite pièce dont le but était de critiquer la sottise humaine. Ils donnèrent leurs représentations à l'hôtel Gluny; mais l'obscénité de leurs FARCES les fit supprimer par le parlement, le 6 octobre 1584.

Les clercs de procureurs, sous le nom de Basochiens, ou cleixs de la basoche, obtinrent également de Charles VI un privilège, et ajoutèrent, à la sotie, la MORALITÉ et la farce.

Tandis que ceci se passait à Paris, la province était sillonnée par des troupes nomades, dont nous verrons sortir plus tard notre immortel Molière.

Ces pièces informes dégénérèrent bientôt en une grossièreté, une licence, une obscénité telles que le parlement de Paris, en 1588, supprima les jeux de théâtre , comme il avait déjà supprimé les mystères dès 151-8, en défen-

dant d'exposer sur la scène des choses de religion.

De ces farces grossières, de ces soties satiriques et ordurières, la Comédie-Française devait surgir, de même qu'on voit une fleur s'épanouir sur un fumier.

JoDELLE, mort en 1593, eut l'honneur de tirer de cette fange la première comédie digne de ce nom. Elle est en cinq actes et se nomme : Eugène ou la Rencontre; après lui, vinrent Grevin, Robert Garnier, Pierre Larivey; puis Rotrou, Corneille et Molière , lequel a laissé si loin derrière lui ses prédécesseurs, qu'il doit être considéré comme le véritable père, comme le créateur de la comédie en France, à laquelle cependant Corneille avait fait faire un pas immense avec le Menteur.

La tragédie, entraînée dans le même mouvement, s'était élevée à des hauteurs inconnues avant Corneille et Racine. Hélas! ce soleil des génies sublimes allait descendre sur l'horizon, en montrant encore de temps à autres quelques rayons lumineux, comme RÉ- GNARD, Marivaux, Voltaire, Beaumarchais, puis se coucher dans la nuit en laissant nos pygmées s'agiter dans son crépuscule ! Repre-

nons notre chemin et retournons à nos moutons.

Après l'arrêt de 1588, les Confrères de la Passion cédèrent leur privilège à une troupe de province, ainsi que leur théâtre de Y hôtel de Bourgogne; puis, enfm, à une autre compagnie, en 1598.

Cette troupe, avec des alternatives littéraires assez variées, puisqu'elle jouait la tragédie, la comédie et la farce ; qu'elle entremêlait RoTROu, Corneille, Racine avec Turlupin, Gauthier- Garguille et Bruscambille, fut le berceau de la Comédie-Française, et vint se réunir, en 1680, sur l'ordre de Louis XIV, à celle de Molière, mort en 1673. Elle fut constituée en société par acte authentique du 5 juin 1681. Depuis cette époque jusqu'à nos jours elle n'a cessé de briller au premier rang, et l'on peut dire avec orgueil, sans craindre d'être démenti, que le Théâtre-Français est le premier théâtre du monde par son organisation et par ses comédiens. (V. à V Appendice les lois concernant le Théâtre-Français.)

Nous avons donné, au mot HOTEL DE BOUR- GOGNE, les différents logis occupés par les troupes d'où sortit la Comédie-Française et l'avons laissée à la salle Gucnégaud. Elle resta dans cette salle jusqu'en 1689 et la quitta pour

venir rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés, qui prit plus tard , en mémoire de cette troupe, le nom de rue de Y Ancienne-Comédie.

Après une période de quatre-vingts ans, la Comédie-Française Vini^ en 1770, s'établir aux Tuileries, et y demeura jusqu'en 1782, qu'elle prit possession de la nouvelle salle qu'on venait de construire sur l'emplacement de l'hôtel de Gondé. G'est VOdéon actuel. Ce fut là, qu'en mai 1784 elle joua la Folle Journée y ou le Mariage de Figaro, prélude d'une révolution qui devait éclater cinq ans après.

Les idées nouvelles, écloses après 1789, divisèrent la troupe des comédiens français. MoNVEL, Talma, Dugazon embrassant chaudement les idées révolutionnaires, surtout MoNVEL et Dugazon, quittèrent la société et vinrent au Théâtre-Français du Palais-Royal. En 1793, Gollot-d'Herbois , ancien acteur, jaloux du talent des comédiens, les fit jeter en prison, le 4 septembre 1793. Ils ne durent d'échapper à la mort qui les attendait qu'au dévouement d'un employé , nommé LabussiÈRE, qui détruisit les pièces d'accusation. La chute de Robespierre leur rendit la liberté , après un an d'emprisonnement.

Le faisceau était brisé ; la Comédie-Française n'existait plus I Les comédiens dispersés

jouaient dans trois ou quatre théâtres différents , suivant leur tempérament politique ou leurs besoins. Ce fut alors que François de Neufchateau, l'auteur de Paméla, devenu ministre de Tintérieur, conçut l'idée de reconstituer la Comédie-Française et de rassembler ses membres épars. Cette réorganisation se fit en 1799. Le lliéâtre-Français actuel fut le local affermé à la nouvelle troupe, et l'inauguration en eut lieu, le 31 mai 1799, par le Cid et V Ecole des Maris.

Cette salle fut commencée à construire en 1786, pour le duc d'ÛRLÉANS, sous la conduite de l'architecte Louis. La troupe des Variétés-Amusantes en fit l'ouverture, le 15 mai 1790, et lui donna le nom de Théâtre du Palais-Royal. Elle prit celui de Théâtre-Français de la rue Richelieu, en 1791 ; après le 10 août, on l'appela Théâtre de la Liberté et de l'Egalité, et enfin Théâtre de la République, bien justifié alors par son répertoire ; il conserva ce titre jusqu'à sa fermeture, en 1799. A la réorganisation, dont nous avons parlé ci-dessus, il reprit son titre de Théâtre-Français.

THÉÂTRE-LYRIQUE. — Le privilège de ce théâtre fut accordé, en 1847, au composi-

teur Adolphe Adam, lequel ouvrit son théâtre le 15 novembre de la même année, sous le titre de Théâtre- National. La révolution de 1848 vint ruiner Tentreprise qui avait commencé avec des charges très- lourdes, et la réduire à ses propres forces , ce qui ne lui permit pas de surmonter la position difficile créée par les événements. Adolphe Adam fut ruiné de fond en comble et dut vendre ses meubles, ses bijoux, son argenterie, son piano, sans pouvoir liquider sa position.

Le privilège resta enseveli sous, les ruines pendant trois ans, et fut enfin accordé, en 1851, à Edmond Seveste, qui fit la réouverture du feu Théâtre-National^ le 27 septembre, sous le nouveau titre de Théâtre- Lyrique, qu'il a gardé depuis , et qui est bien plutôt son titre que n'était le premier qui peut s'appliquer à tous les genres.

Edmond Seveste fut emporté par la mort après quelques mois d'exploitation et remplacé par son frère Jules, auquel succéda, en 185i, M. Perrin, déjà directeur de V Opéra- Comique, ce qui réunit en quelque sorte le monopole des scènes de chant entre ses mains.

Cet état anormal , qui pouvait mettre en légitime émoi les compositeurs, cessa bientôt

par la nomination de M. Pellegrin, lequel fut, peu de temps après, remplacé par M. Car- VALHO. Ce fut la belle, la grande période du Théâtre-Lyrique , auquel une enchanteresse qu'on appelait M"^ Miolan , et ensuite M™° Miolan-Garvalho, attira la foule par lô charme de sa voix.

Pour des motifs que nous n'avons pas à examiner, M. Garvalho, céda, en 1860, son privilège à M. Rety, qui, malheureusement pour lui, ne put conserver M°'^ Miolan-Garvalho, ce qui rendit l'entreprise désastreuse, car ce théâtre n'était pas subventionné ; M. Rety fut obligé de donner sa démission en 1862.

Tous les faits subséquents se passèrent à l'ancienne salle du boulevard du Temple, démolie depuis pour faire la place du Ghâteau-d'Eau et les nouvelles constructions qui dépendaient du plan général.

La nouvelle salle, bâtie au compte de la Ville, place du Ghâtelet, était prête, et la démission de M. Rety, laissait le privilège vacant. M. Garvalho fut de nouveau nommé directeur de la nouvelle salle. Si le ministre donnait le privilège, la Ville louait bel et bien la salle 130,000 francs par an, y compris les boutiques et magasins, dont on pouvait tirer

50,000 francs, ce qui faisait toujours 80,000 francs de loyer, et constituait le directeur à l'état de principal locataire, avec les risques et périls y attachés. Ces charges et Tabsence de subvention rendirent l'opération si difficultueuse que l'Etat fut amené à donner une subvention, qui était alors de 60,000 francs, pour empêcher les désastres financiers et soutenir une scène qui a fourni de bons artistes, et à laquelle nous devons d'avoir pu entendre les œuvres de MM. Maillard, Bois- SELOT, Bousquet, Girard, F.David, Gounod, V. Massé, Grisar, Poise, Gevaert, Glapisson, Adrien Boieldieu, sans compter les chefs-d'œuvre lyriques de l'ancien répertoire dus à Grétry, Nicolo, Mozart, Weber, Carafa, Daleyrac, etc.

Ce théâtre, en partie incendié sous la Commune, a été réparé et, sans changer son titre principal, auquel il a ajouté le mot « dramatique », a changé tout à fait de genre : il supplée aujourd'hui Y Ambigu-Comique, et joue le drame et le mélodrame.

TOILE. — Synonyme populaire de RIDEAU, et plus généralement adopté par le public qui, fatigué d'un long entr' actes, crie : la toile ! la toile ! la toile ou mon argent ! en battant un

fort rappel du pied. On crie encore : la toile l quand on joue une mauvaise pièce dont on ne veut pas voir la fin.

TONNERRE. — Une longue et large feuille de tôle, suspendue par en haut et agitée par en bas, est encore le plus général et le plus commode moyen — quoique antique — d'imiter le tonnerre ; suivant qu'on agite plus ou mois fort, on a des roulements à volonté. Une série de plancliettes enfilées en forme de jalousie et qu'on laisse tomber l'une sur l'autre, imite assez bien le tonnerre qui tombe.

TOUR DE FAVEUR. — Chaque pièce reçue,

étant classée à sa date, devrait être jouée à

son tour ; mais il en est du théâtre comme

de tout : il faut compter avec le tour de faveur,

« La faveur est comme une belle, « Aux modestes amants toujours fière et cruelle. »

Aussi ceux qui ont le monopole de la maison, les plus importuns, les pièces de circonstances, les revues et les parodies^ ont le tour de faveur. Au Théâtre- Français^ l'ordonnance du 29 août 1847 règle le tour de favetir k une pièce sur deux reçues.

TOURNÉE. — Les comédiens en renom utilisent leur CONGÉ pour faire des tournées en

province et à l'étranger, tournées dont ils tirent un grand profit pécuniaire. Le mal est qu'ils se fatiguent sans profit pour fart, et que chacun arrivant seul dans une troupe médiocre, — mais suffisante comme ensemble pour la localité, — fait l'effet d'une rose dans un champ de navets. De plus, il faut monter, pour l'acteur en tournée , des pièces au-dessus de la force de ceux qui doivent le secon-. der, ce qui les tue près du public lorsque l'acteur étranger à la troupe est parti.

Ce qu'il conviendrait de faire, ce serait des tournées complètes, composées des plus forts élèves du Conservatoire, voyageant sous la surveillance et la direction d'un professeur ou d'un chef d'emploi. Ces troupes joueraient le grand répertoire tragique, comique et lyrique ; les acteurs se perfectionneraient et le public de province verrait nos chefs-d'œuvre que les directeurs ne peuvent monter d'une façon satisfaisante.

TRADITION. — Entrave, lange antique, barrière mise au développement du talent primesautier d'un acteur qui sent, qui voit, qui observe et qui raisonne. La tradition est une carrière dans laquelle on doit conduire son char, parce que les devanciers y ont con-

duit le leurl c'est absurde! D'ailleurs, sur quoi repose la tradition ? En voici un exemple :

Le rôle des Crispins fut créé par Poisson, acteur et auteur de V Hôtel de Bourgogne. Ce comédien, qui ne manquait pas de talent, avait le bas des jambes très-maigre, et, de plus, le défaut de bredouiller. Pour cacher le bas de ses jambes, que son costume ne cachait pas assez, il se fit faire des bottines pour jouer Grispin. Depuis cette époque, la tradition veut que tous les crispins se jouent en bottines et, ce qui est plus fort, en bredouillant par imitation, comme Poisson bredouillait par nature !

A côté de la tradition., dont on peut faire bon marché, il y a les règles du beau, du bien, du grand, du sublime, qu'il faut toujours suivre et respecter.

TRAGÉDIE . — Pour satisfaire Tamour-propre des sociétés savantes dont nous avons failli faire partie, nous dirons que le mot tragédie vient de deux mots grecs qui, littéralement, signifient «-chant du boucn. Est-ce le bouc émissaire chargé, comme celui des Hébreux, de tous les péchés et méfaits de la tribu dramati(fue? 11 faut le croire.

La tragédie est donc d'origine grecque. Les

plus grands tragiques grecs sont Sophocle, Euripide et Eschyle, qui n'ont jamais été surpassés.

Les Romains, dont le théâtre comique est si brillant avec Plaute et Térence, sont assez pauvres du côté tragique. Leurs tragédies ne sont que des imitations, très-éloignées, des œuvres des tragiques grecs.

Les premiers vagissements de la tragédie en France se firent entendre avec Jodelle, et Garnier; puis vinrent Hardy, qui fit plus de cinq cents pièces, Théophile, Mairet, Rotrou et Corneille. Pierre Corneille avait atteint le beau antique, la force, la grandeur; Racine y joignit la grâce; Voltaire maintint la tragédie à une certaine hauteur ; puis elle déclina rapidement jusqu'à Casimir Delà vigne, qui lui redora un peu les ailes en prenant ses héros plus près de nous. Malgré les tentatives de MM. Latour-Saint-Ybards, Augier, Pon- SARD, pour la ressusciter, ils n'ont fait que galvaniser un cadavre, elle est morte. Du reste, il n'y a qu'un théâtre qui puisse la représenter, c'est le Théâtre-Français^ mais il n'a remplacé ni Talma, ni Rachel.

Si l'on veut se rendre compte de latnarche de la tragédie, comme style, il suffira de hre

l'échantillon suivant, tiré des œuvres de Chrétien, et de sa tragédie Albouin.

ALBOUIN, buvant.

« Ce vin-là n'est pas bon.

ROSA MONDE

C'est donc que votre goût « Volontiers est changé.

ALBOUIN

Oh ! comme cela bout « Dans mon pauvre estomac.

ROSA MON DE

Cela n'est pas étrange ; « C'est le mal qui sitôt pour votre bien se change.

ALBOUIN

« Hélas ! c'est du poison !

ROSAMONDE

Que dites-vous, grands dieux I

ALBOUIN

« Je suis empoisonné !

ROSAMONDE

Vous êtes furieux, « Vous croyez bien cela ?

ALBOULN

vSi tu ne bois le reste, « Je le crois.

ROSAMONDE

Je n'ai soif.

ALBOUIN

0 dangereuse peste I

«. Tu le boiras soudain.

ROSAMONDE

J'ai bu vous l'apportant, « Et ma soif est éteinte.

ALBOUIN

Il faut boire pourtant, « Çà, çà, méchante, louve, ouvre ta bouche infâme. « Malheureux est celui qui se fie à sa femme ! »

Ne croirait-on pas lire une tragédie comique?

La timgédie enfanta des bâtards sous le nom de tragi-comédie et d'autres sous celui à' opéra-tragédie^ après la fondation de Yopéj^a^ Ces bâtards sont morts sans laisser d'héritiers. Heureusement !

traînée. — C'est un appareil d'ÉCLAlRAGE portatif destiné à être posé — traîné — à terre pour faire le jour derrière des décorations basses, ou avancées devant d'autres sur lesquelles elles feraient ombre sans cette précaution luminaire.

TRAITRE. — Pierre angulaire de l'ancien

mélodrame, ce personnage s'est métamorphosé en chevalier d'industrie dans le répertoire du jour, où il pratique l'adultère sur une grande échelle.

TRAPPE. — Le plancher mobile de la scène est composé de trappes et trappillons pour les apparitions, disparitions, changements à vue et manœuvre de décors. — V. Scène.

TRAPPE ANGLAISE. — Cette trappe, dont le nom indique l'origine, se place horizontalement, verticalement ou obliquement àvolonté, soit sur le plancher, soit à la décoration, ce qui est d'un grand secours. Elle se compose de petits volets attachés en dessous par des lames d'acier ou de baleine fixées solidement au châssis. Lorsqu'un acteur s'élance vivement vers cette trappe, les lames cèdent et livrent passage en se refermant aussitôt par l'effet du ressort et de l'élasticité des lames; le décor n'en porte aucune trace et l'effet est produit.

TRAVAILLER (se faire). — C'est-à-dire se faire siffler pour un motif ou pour un autre. Le fameux Rosembeau, dont les excentricités, nous pourrions dire les mauvais tours, rempliraient un volume, s'avisa de jouer à Caen

le rôle d'Oreste, dans Andromaqae^ en costume de général français. On le travailla, bien entendu, à son entrée en scène. Lui, sans se déconcerter, s'approcha vers la rampe et dit au public : « Messieurs, si mon costume ne vous convient pas, c'est la faute du directeur. Permettez-moi devons lire mon engagement. » Il lit : « M. RosEMBEAU jouera en chef et sans partage y dans la tragédie, la comédie et l'opéra, , les roisj les grands amoureux, et tous les premiers rôles en général. » A cette chute imprévue, la salle partit d'un immense éclat de rire et laissa Rosembeau jouer en « général ».

TRAVESTI. — EMPLOI. Ce genre appartient généralement aux soubrettes et aux jeunes dugazon. Quelques-unes ont toutes les qualités requises pour jouer les rôles d'hommes, parce qu'il leur manque un peu de tout comme femme; d'autres, trop richement dotées par dame nature, sont obligées d'y renoncer. On pourrait compter parmi les travestis quelques acteurs, comme Lhérie, qui jouaient les rôles de femmes à s'y méprendre.

Voici un épisode de travestis qui ne font pas partie des engagements. On jouait à Montauban la Vestale; le directeur, malgré ses recherches, ne put trouver qu'un petit nombre

de Vestales... comme figurantes : il ne pouvait faire son cortège et était aux abois, quand il avisa les pompiers de service et leurs pantalons blancs. Il fait vite chercher des jupons de même couleur, les leur met sur la tête en guise de tunique retombant sur le pantalon, et se confectionne ainsi un corps de vestales... sans pompe.

TREUIL, TAMBOUR. —Instrument mécanique faisant, dans un sens horizontal, fonction de cabestan et servant à la manœuvre des décors appelés FERMES, des rideaux de fond, des plafonds, etc. Ils sont, — ainsi que les tambours destinés aux mêmes usages, — placés dans le cintre, les dessous et les corridors.

TRIAL. — EMPLOI. Ténor comique, à voix châtrée, qui a pris son nom du chanteur Trial, né à Avignon en 173G. Il fut d'abord enfant de chœur, puis entra dans une troupe de comédiens ambulants et, peu après, au Théâtre-Italien, où il créa l'emploi qui a conservé son nom. Il mourut à Paris, le 5 février

TRINGLE. — C'est une forte planche sur laquelle sont attachés une certaine quantité

de canons de pistolets, dont les lumières sont en communication par une mèche. On nourrit les* feux de file, feux de peloton et FUSILLADES à l'aide de cet appareil. — V. Armes à feu.

TROTTOIR (grand).— Argot de coulisses qui signifie le grand répertoire : Il joue le grand trottoir.

TROUPE. — L'ensemble du personnel engagé pour donner des représentations sur un théâtre, se nomme troupe. Il y a, si Ton peut s'exprimer ainsi, une gamme dramatique qui doit être observée dans la formation d'une troupe. Elle peut être plus ou moins nombreuse, mais il n'y doit pas avoir de trous, de dissonnances. Les acteurs doivent jouer de pair, comme les amoureux et les amoureuses, les pères et les mères nobles, les grands premiers rôles hommes et femmes. Il doit y avoir des rapports de tailles, de voix, de manières, afin que les personnages ne forment pas un contraste comme cela se voit continuellement. On appelle aussi troupe de carton^ une mauvaise troupe faite à la hâte, et destinée seulement à donner la réplique à un acteur en TOURNÉE ou en représentation.

TRUC. — Toute machine qui sert à faire appa-

raître, disparaître, métamorphoser spontanément des objets sur la scène, se nomme unie. Il y en a de très-compliqués et qu'on peut considérer comme des merveilles de mécanique. Ils concourent, dans les féeries, autant et plus que le reste, à la réussite de la pièce; les Mille et une Nuits, les Pilules du. Diable, le Pied de Mouton, la Chatte Blanche, le Roi Carotte ne doivent leurs grands succès qu'aux trucs.

UNITÉ. — D'après les poétiques d'AmsTOTE, d'HoRACE et de Boileau, on doit observer dans les œuvres dramatiques : Vunité de temps, V uni té de lieu, Vunité d'action. Que diraient ces maîtres, bon Dieu ! s'ils pouvaient venir fourrer le nez dans nos drames?

Unité de temps? Le prologue nous montre la naissance du héros, qui a trente ans au second acte, et meurt au cinquième à l'âge de quarante ou cinquante. C'est, du moins, ce qui a lieu pour Richard d'Arlington.

Unité de lieu ? Le Docteur Noir commence à Saint-Domingue et finit à Paris.

Unité d'action? quelquefois, mais pas souvent.

USTENSILIER. - Employé chargé de la disposition et de l'enlèvement des ACCESSOIRES de petite dimension.

UTILITÉ. — EMPLOI des deux genres , rempli souvent par des inutilités. Quelques bons acteurs ont débuté par des utilités. Arnal, Bouffé, Odry sont de ce nombre.

Une utilité, genre masculin , chargé de petits rôlps de dix à quinze mots, ayant eu à se plaindre d'un comédien, et voulant s'en venger, avait remarqué que son supérieur, auquel son rôle voulait qu'il remît une longue lettre, ne l'avait pas apprise et se contentait de lire en scène celle qu'il lui remettait; il imagina donc de lui remettre, en place, une feuille de papier blanc, ce qu'il fit. Grand embarras de l'acteur, qui tournait et retournait la diable de lettre. L'utilité, voulant pousser plus loin sa vengeance, lui dit d'un air narquois ; « Et que vous dit-on dans cette lettre? » Tiens, fit l'autre en lui rendant le papier, lis toi-même.

VANITÉ. — Un philosophe a écrit quelque part : « Si la vanité disparaissait du monde, on la retrouverait chez les comédiens. » A quoi tient le développement de ce sentiment chez le personnel dramatique? Cherchons chez les moralistes et les penseurs ce qu ils disent de la vanité , nous trouverons peut; être.

J.-J. Rousseau : la vanité de l'homme est la source de ses plus grandes peines; I'Aca- DÉMiE : la vanité est une marque de petitesse d'esprit ; Fontenelle : la vanité est l'amourpropre qui se montre, la modestie est l'amourpropre qui se cache ; Mirabeau : la vanité des petits autorise l'orgueil des grands ; La Bruyère : la vanité est l'aliment des sots ; Florian : la vanité nous rend aussi dupes que sots ; Saint-Evremont : il faut avoir bien de la vanité ^o\iv ne pas connaître sa faiblesse; Formage : la vanité nait de l'aveuglement.

Passons aux exemples :

Baron disait : « La nature a toujours été avare de grands comédiens : Il n'y a jamais

eu que Roscius et MOI. » Il fut tout près de refuser la pension que le roi lui accordait, parce que l'ordonnance portait : « Payez au nofnmé Michel Boyron la somme... » Il trouvait un manque d'égard dans le style.

Ce fut encore lui qui disait qu'on voyait un CÉSAR tous les cent ans , mais qu'il fallait deux mille ans pour produire un Baron. Son vrai nom était Boyron.

La vanité de Vestris est bien connue : son fils ayant refusé de danser devant Marie- Antoinette, fut conduit au fort-l'Evêque. Son père lui adressa ces mots : « Résigne-toi^ mon fils., cest la première fois que notre famille a quelque chose à démêler avec celle des Bourbons. »

Gomme on ne doit dire la vérité aux vivants... qu'après leur mort, nous attendrons pour faire d'autres citations.

La vanité gagne facilement les familles de ceux qui abordent le théâtre : les pères , les mères, les parents sont dans la salle, lors des débuts, et crieraient volontiers : C'est mon fils! c'est ma fille ! Nous avons connu un brave homme, dont la fille débuta à l'Opéra, sous le patronage d'un illustre compositeur; il se levait au milieu du parterre pour lui dire : Bonjour P..., quand elle était en scène. Il

devint tellement gênant, qu'on lui donna un intérêt dans le théâtre d'Alger, où nous le vîmes. Un jour il avait prêté un âne pour en faire un personnage. Nous étions au parquet quand Tâne parut *en scène ; alors mon homme se leva et nous hélant d'un bout à l'autre du parquet, il s'écria : Alfred! Alfred! C'est Cadet! C'est mon âne! (Historique.)

Terminons par ce mot de M. Fay , en voyant les succès de la petite Léontine : « Et dire que madame Fay ne voulait pas faire cette enfantlà! »

VARIÉTÉS (Théâtre des). Cette salle, construite par l'architecte Gélerier, ouvrit ses portes le 24 juin 1807, sous la direction de M"° MoNTANSiER, qui trouva enfin moyen de fixer d'une manière définitive son titre de Variétés- Amusantes^ qu'elle avait promené à la salle Richelieu, aux Beaujolais, au théâtre de la Cité, avant de le loger au boulevard Montmartre.

Le Théâtre des Variétés a produit des comédiens remarquables, avec un répertoire charmant. Nous citerons : Brunet, Tiercelin, Yernet , Odry , Arnal, Lafont, Lepeintre aîné, PoTHiER. Depuis quelques années, il a modifié -son ancien genre et s'est jeté dans les

bras d'OFFENBACH, qui lui a donné la Belle Hélène, la Grande Duchesse, les B?igands, Barbe-Bleue. Nous ne cachons pas notre peu de sympathie pour ce genre, qui a étendu la démoralisation et créé la cascade; ce n'est à coup sûr pas à lui qu'on pourra appliquer le castigat ridendo mores.

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