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OBSERVATION IMPORTANTE

Pour éviter de nombreuses redites et des renvois multipliés, nous avons imprimé, dans chaque article, en caractère semblable à celui-ci — THÉÂTRE — les mots contenus dans notre vocabulaire dont la lecture pourrait servir de corollaire ou de complément au mot consulté.

Pendant l'impression, lo mot SOCIÉTAIRES a subi les modifications suivantes : M. Dressant a pris sa retraite , et M'"*^ Emilie Guyon est décédée.

LA

ABANDON. — Fils du naturel, et aussi difficile à atteindre que son père ; il demande, plus que lui, de la grâce, une grande délicatesse de nuances dans le geste et dans la voix. On ne le trouve guère que chez les grands GOMÉDlEiNS; les autres s'abandonnent volontiers, mais n'ont pas d'abandon.

ABONNÉ. — Spectateur payant ses ENTRÉES à l'avance, pour un mois ou une année. Dans beaucoup de villes de province, les abonnés font la loi aux directeurs et sont l'effroi des DÉBUTANTS.

h'abonné à une place numérotée ou à une loge, a seul le droit d'en disposer. L'administration ne peut la louer ni y introduire per-

sonne. Il y a exception pour les théâtres dont les représentations ne sont pas quotidiennes ; l'administration peut en disposer, dans le cas d'une représentation extraordinaire, les jours non compris dans le contrat de location.

Uabonné pour un nombre déterminé de représentations a droit à ce nombre sans avoir à se préoccuper des empêchements ou des retards.

Uabonné au mois doit supporter tous les cas de RELACHE qui se présenteront dans son mois de location et ne pourra se plaindre ni d'un changement de pièce, ni de changements d'acteurs. Ces cas sont jugés.

ACADÉMIE...? DE MUSIQUE. — F. 0/;eVa.

ACCESSOIRE. — Tous les objets portatifs qui sont nécessaires à la représentation et concourent à l'iLLUSiON dramatique en dehors de la décoration peinte.

Il faut convenir que MM. les DIRECTEURS actuels apportent un grand soin aux accessoires. Si la scène se passe de nos jours, les meubles, les tentures, les garnitures sortent de chez l'ébéniste, le tapissier, le marchand de bronze, et sont à la dernière mode ; s'il s'agit d'histoire ancienne, ou de pays étran-

gers, les caractères archéologique, historique et géographique sont observés avec assez de soin.

En province les accessoires sont encore trèsnégligés : nous avons vu jouer le Piano de Berthe, sans le portrait de M. de Merville auquel Frantz adressait néanmoins, malgré son absence, de vigoureuses apostrophes. La bouteille avec laquelle l'acteur est supposé se griser est presque toujours en verre clair, et vide, de sorte que le spectateur voit la toile de fond à travers la bouteille ; le riche album que M""® la marquise doit feuilleter, est un livre de blanchisseuse ; le chibouck de Lorédan, une affreuse pipe culottée. Si l'on prend le thé, les tasses sont empruntées au café voisin et en portent la marque ; le vin de Champagne est une mauvaise limonade gazeuse qui réclame le secours du tire-bouchon. Quand le traître ou la femme coupable veulent brûler les traces de leur crime , il n'y a ni bougie ni allumettes : bien heureux quand ils ont la présence d'esprit de se servir de la RAMPE, etc., etc..

Une lettre oubliée, un accessoire ridicule,

peuvent compromettre le succès d'une pièce,

et quelquefois causer sa chute. V. Ustensilicr,

- Se dit encore d'un rôle sans importance.

Beaucoup de comédiens du plus grand mérite n'ont dû la révélation de leur talent qu'à l'emploi qu'on a fait d'eux comme accessoires. Potier, Arnal, Odry, Bouffé sont de ce nombre. V. Utilité.

Les COMPARSES qui ne font pas régulièrement partie d'une TROUPE rentrent aussi dans les accessoires.

ACCESSOIRES (GARÇON D'). — Artiste invisible, aux appointements de 50 à 60 francs par mois. Ses rôles sont cependant nombreux, comme vous l'allez voir. L'acteur dit : « Voici une voiture qui entre dans la cour du château ! » Le garçon donne quelques coups de fouet et traine deux roues de bois derrière la toile de fond. « Vous ne pouvez sortir, il pleut à torrent... » ou « la grêle rebondit sur les toits, » ou « la foudre gronde, l'éclair déchire la nue. » Le garçon tourne un cylindre dans lequel il y a des petits cailloux (pluie ou grêle, suivant la rapidité du mouvement) ; il remue la feuille de tôle (tonnerre) et souffle dans un tube des matières résineuses sur une pamme (éclairs). « Ma mère, vous n'avez plus de fils ! » dit le jeune premier en se précipitant dans la coulisse ; aussitôt le garçon tire un coup de pistolet.

C'est encore lui qui remue la vaisselle que Ton brise ; qui sonne ou frappe à la porte ; qui fait le chien dans Brutus ! loche César. Il fait aussi des riforzando dans les chœurs à la CANTONADE, et les murmures du peuple dans les drames de Bouchardy.

ACCORD. — Rare à l'orchestre; très-rare sur la scène ; plus rare encore dans les coulisses.

Rien à ajouter à cette formule déjà ancienne , mais éternellement vraie au théâtre comme en... politique.

ACCROCHÉ. — Se dit d'une pièce qui, au moment d'être jouée, se trouve « accrochée » par un accident , un caprice , la censure , etc., etc.

ACROBATE. — Nom sous lequel on désigne les danseurs de cordes. Ce genre, qui eut ses beaux jours aux THÉÂTRES DE LA FOIRE et chez NicoLET, est à peine représenté aujourd'hui par quelques saltimbanques forains. La dernière étoile du genre fut M""" Saqui ; elle dansait encore à quatre-vingts ans.

Les gymnasiarques ont remplacé les acrobates.

ACTE. — Division d'un poëme dramatique, ayant pour but de laisser reposer l'acteur et le spectateur. L'ACTION marche néanmoins, et l'intervalle qui sépare un acte d'un autre sert à la déplacer, à la modifier sans trop choquer la .vraisemblance. L'esprit du spectateur se prête merveilleusement à cette action invisible ; il cherche à la deviner, et, lorsque Vacte suivant commence, sa curiosité, son attention sont réveillées par cette suspension, et son plaisir accru. V. Entr actes.

Les règles de Tart poétique assignent cinq actes aux timgédies et diux comédies ; cette règle fut mise de côté par Voltaire dans la Mort de César, qui n'en a que trois , et cet exemple fut suivi par beaucoup d'autres auteurs. Sans vouloir accepter la règle rigoureuse des anciens , nous croyons qu'il n'y a que trois coupes permises pour le genre sérieux : un, trois et cinq actes. V. Tableaux.

L'acte se subdivise lui-même en SCÈNES.

ACTEUR, ACTRICE. — Celui, ou celle, qui représente sur un théâtre un personnage d'une œuvre dramatique. V. Comédien, Comédie fine.

La TKAC.KDlE d'origine n'était qu'un simple chœur chantant des hvmnes en Thonneur de

Bacchus. Thespis fut le premier qui pensa à y introduire un personnage, ou actem% dont les récits avaient pour but de laisser reposer le chœur; Eschyle y en introduisit un second, et voici le dialogue établi; Sophocle, pensant avec raison qu'il fallait un nombre impair pour établir une majorité, en introduisit un troisième. La tragédie grecque n'a pas ou peu dépassé ce nombre d'acteurs.

En Grèce, les acteurs étaient admis aux plus hautes fonctions et très-considérés ; à Rome, au contraire, celui qui montait sur un théâtre perdait ses droits de citoyen et était en quelque sorte entaché d'infamie.

Cette contradiction s'est continuée chez les peuples modernes : en Angleterre les acteurs ont toujours joui d'une grande considération, tandis qu'en France ils étaient repoussés de la société. Ainsi, quand en Angleterre la noblesse suivait le convoi de Garrick, on refusait en France d'enterrer Molière et W^^ LecouvREUR. Cette déconsidération s'est beaucoup amoindrie, mais elle existe encore, ne fût-ce qu'à l'état de préjugé. C'est à ce point que le ruban de la Légion d'honneur, qui s'épanouit à la boutonnière de tant de nullités, ne décore aucun acteur, en tant que comédien.

Dans le monde on se sert indistinctement des mots « acteur » et « comédien ». C'est à tort, car il y a une énorme différence entre les deux, et tout autant qu'entre apprenti et ouvrier. Tout comédien est acteur; mais tout acteur n'est pas COMÉDIEN. "V acteur n'est souvent propre qu'à un rôle ; le COMÉDIEN peut les jouer tous avec la même perfection, à quelques nuances près. C'est ainsi que Gar- RicK jouait Orosmane et Crispin avec le même succès ; c'est aussi pour cela que notre Théâtre- Français nous montre autant de COMÉDIENS qu'il compte à'acteurs.

ACTION. — En style dramatique Y action est le SUJET ou le principal élément d'une pièce. D'après l'ancienne poétique elle devrait être unique et ne pas excéder le cours d'une journée. Le théâtre moderne, surtout dans le DRAME, s'est affranchi de ce joug ; Y action a pris des proportions et un développement immenses : de simple qu'elle était, elle est devenue tellement compliquée, que parfois le public, les acteurs et l'auteur n'y comprennent rien.

— Se dit encore comme synonyme de mouvement : Il y a beaucoup à'action dans cette pièce.

AFFECTATION. — Ce que beaucoup (l'acteurs, des deux sexes, veulent faire passer pour du NATUREL — erreur n'est pas compte. — DuBAY a dit : « U affectation est la caricature du NATUREL. » On ne peut mieux dire.

AFFÉTERIE. — Préoccupation de ses avantages physiques et de ses moyens personnels. Ceci ne devrait regarder que le côté des dames ; malheureusement il n'en est rien : des deux côtés l'on « pose ».

AFFICHE. — Gluau que le directeur d'un tjiéâtre fait apposer sur les murs de la ville où il exploite son privilège (vieux style).

Ce fut, dit-on, Cosme d'Oviedo, auteur espagnol contemporain de Cervantes, qui inventa V affiche (dramatique. Elle ne fut en usage en France que vers la fin du xvii° siècle.

Les affiches différaient de couleurs pour chaque théâtre. Celles de TOPÉRA étaient jaunes ; celles de l'HOTEL de bourgogne étaient rouges, et le théâtre de la rue Mazarine les avait vertes. On voit que depuis longtemps MM. les directeurs nous en font voir de toutes les couleurs.

Primitivement, les affiches n'indiquaient ni le nom de l'auteur, ni les noms des acteurs.

Pour Fauteur il n'y avait pas grand mal : on ne pouvait substituer une pièce à une autre ; mais l'absence des noms des acteurs permettant au CHEF DEMPLOl de se faire remplacer, sans que les spectateurs en fussent instruits, cela occasionnait souvent des scènes tumultueuses de la part du public déçu.

Si V affiche n'indiquait pas les noms, elle remplissait l'office des journaux de théâtres actuels et contenait un compte rendu de la pièce du jour ; elle engageait le public à se pourvoir à l'avance de bonnes loges, et s'exprimait en prose et en vers. Villiers composa pour V Amarilhjs de Du Ryer, jouée à Y hôtel de Bourgogne^ en 1658, une affiche en vers qui est restée le modèle du genre.

Bien faire \ affiche est une science, et chose qui n'est pas donnée au premier venu. \^ affiche est le levier d'ARCUiMÈDE, surtout en province. Il faut savoir disposer les titres, fabriquer les sous-titres, baptiser les ACTES et les TABLEAUX. Exemple :

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