‹ La lanterneChapitre 7 sur 26 · COURONNE DES SAINTS MARTYRS JAPONAIS · texte numérisé non relu

COURONNE DES SAINTS MARTYRS JAPONAIS

" Ce petit chapelet, composé de 26 grains rouges, se récite ainsi : "1, Sur la croix, les actes de foi, d'espérance et de charité ; " 2. Sur chacun des petits grains, les invocations suivantes : " I )oux Cœur de Marie, soyez mon salut ! Mon Jésus, miséricorde !

" 3. Sur les gros grains, on ajoute à ces deux invocations la suivante :

" Père éternel, je vous offre le sang très-précieux de J-C en expiation de mes péchés et pour les besoins de la sainte Eglise"

J'ai toujours trouvé très-commode cette façon d'expier ses péchés en offrant le sang d'un autre,. C'est même si commode que j'ai envie d'offrir celui de l'évêque Bourget ; ce sera un sacrifice d'autant plus agréable au Seigneur qu'il m'est plus cher.

Si c'est un besoin de la sainte Eglise que j'immole monseigneur Ignace, Dieu de bonté, j'y consens.

" Treize mille trois cents jours d'indulgence chaque fois, deux indulgences plénières une fois le mois aux conditions ordinaires."

Les conditions ordinaires sont qu'on ne cessera pas d'être idiot un instant dans tout le cours de sa vie.

VARIÉTÉS

Si vous aimez à entendre causer morue salée et hareng saur, allez à Fécamp. Dix fois sur onze la conversation des habitants roule sur ce sujet intéressant. Mais Fécamp a plus d'une corde à sa lyre, et quand on a parlé morue, on se recueille pour dire au voyageur l'histoire du gant imbibé du précieux sang de Notre-Seigneur, et que l'église de la Trinité, reste de la célèbre abbaye de cette ville, a pu conserver intact après tant de bouleversements accomplis.

Ah ! ce n'est pas la moins merveilleuse des légendes que celle-là* et j'entends encore la voix convaincue de l'honnête pèlerin qui me la conta.

— Nous devons, me di^il, le précieux sang qui fait la fortune de l'église de la Trinité à un disciple de Jésus, nommé Joseph d'Arimathie, et dont vous avez sans doute entendu parler.

— Je ne connais que lui.

— Eh bien ! Joseph d'Aiimathie, qui portait des gants, eut la bonne pensée d'en imprégner un du sang de notre divin rédempteur. Naturellement il conserva précieusement cette relique sacrée. Mais se sentant sur le point de mourir, il la légua à son neveu Isaac. Isaac, quoique juif, avait des sentiments chrétiens. Il conserva le gant de son oncle, et pour le soustraire aux Romains qui le recherchaient avec rage, il l'enferma dans une boîte de plomb. Ensuite il alla placer cette boîte dans le tronc d'un figuier. Puis il abattit l'arbre et le poussa à la mer. Les vents et le courant portèrent jusque sur la côte de Fécamp cette souche bénie et le gant fut ainsi sauvé et rendu à la dévotion* des chrétiens.

— Mais comment sut-on que c'était là le gant de Joseph d'Arimathie, et même que ce gant existait ?

— Par un miracle, monsieur.

— Tous m'en direz tant !

— Ce furent les enfants d'un certain Bozo qui, en pochant des crevettes, découvrirent le figuier. Ils le portèrent à leur père, qui le mit sur un char pour le brûler comme une vulgaire bûche. Mais le char se brisa à l'endroit même ou s'élève aujourd'hui l'église de la Trinité. A la vue du chariot brisé un pèlerin s'écria : '* Cette souche contient le précieux sang de Notre-Seigneur, c'est ici qu'il doit être conservé à la postérité."

— Comment avait-il pu deviner ce mystère, ce pèlerin inspiré ?

— Voilà bien le miracle. Mais il y en a un second et plus étonnant que le premier.

— Bravo ! voyons le second miracle.

— Le duc Kichard avait fait rebâtir l'abbaye de Fécamp en l'honneur de la précieuse relique. Le jour de la dédicace de l'église, savez- vous ce qui apparut î

— Non, mais je brûle de l'apprendre.

— Un ange de six pieds de haut.

— Quel gaillard !

— Cet ange magnifique tenait dans sa main le gant, qu'il déposa sur l'autel. Puis il disparut, laissant son pied imprimé sur une pierre. Il n'y avait plus à douter de l'authenticité de la relique, et personne n'en douta plus.

Les pèlerins qui vont chaque année se prosterner devant le gant de Joseph d'Arimathie peuvent être évalués à vingt mille. Par la même occasion, ils boi vent de l'eau d'une fontaine appelée " Fontaine du précieux sang ", et qui se trouve dans la cour de la maison portant le No. 10 de la rue de l'Aumône. Cette fontaine, propriété particulière, rapporte autant que les vignoles de Château-Margaux. Cette petite fiole d'eau est payée dix centimes par le croyant, et les fidèles en ingurgitent plus de dix mille litres le seul jour du grand pèlerinage. " Le succès comme vente de l'eau de la source du pré ieux sang, nous dit M. Conty dans son Guide des côtes de Normandie, a donné l'idée à un propriétaire voisin de faire concurrence au premier vendeur, en prétendant que c'était dans son champ et non dans celui de son voisin qu'avait été trouvée la relique. Quelle est la vraie source ? Faut-il boire aux deux pour faire un pèlerinage efficace 1 Je ne puis vous renseigner à cet égard." On parle d'un procès entre les deux propriétaires, dont l'un a bravement appendu à la porte de sa petite Salette l'écriteau suivant :

PRAIRIE OU A ÉCHOUÉ LA SOUCHE DU FIGUIER CONTENANT LE PRÉ- CIEUX SANG DE N. S. JÉSUS-CHRIST.

Ne trouvez-vous pas qu'il est grandement temps de décréter l'instruction élémentaire obligatoire pour tous les Français ?

La Minerve et le Nouveau-Monde se sont trouvés d'accord cette semaine. L'un et l'autre ont refusé d'insérer le rapport de l'Institut Légal, parce qu'il a ouvert ses séances dans les salles de V Institut- Canadien.

U Ordre, quant à lui, a voulu des explications. On a donc choisi le plus éloquent, le plus persuasif des étudiants en droit, pour expliquer à V Ordre qu'un institut légal avait pour objet l'étude et la discussion des lois, l'examen des questions de jurisprudence et la création d'un foyer de ralliement pour la jeunesse studieuse qui préfère aux cabarets les exercices préparatoires à la profession qu'elle embrasse.

UOrdre^ dit-on, s'est déclaré satisfait; c'était pour se tirer d'affaire, une manière de dire qu'il n'avait pas compris.

Ce qui effraie le Nouveau-Monde, c'est l'influence pernicieuse qu'exerceront sur l'esprit des jeunes gens leurs professeurs, presque tous membres de l'Institut-Canadien.

Ces professeurs sont messieurs A. A. Dorion, Joseph Doutre, Gonzalye Doutre, Kerr, Perkins, Geofirion. .... .et autres vauriens.

Ils commencent invariablement leur cours par ces paroles horribles : " Jeunes gens, vous êtes ici dans l'InstituthCananien, — Pothier, page 210, 'chapitre Testaments. — Jeunes gens, encore une fois, rappelezvous que vous êtes ici dans l'Institut-Canadien. — Cette question de

jurisprudence ardue* vient heureusement d'être réglée par le juge Berthelot siégeant en révision, lequel l'avait déjà décidée en première instance, mais il a fallu la confirmer; pour cela on n'a pu mieux faire que de prendre le même homme, qui, du reste, a le bon goût de

s'offrir lui même pour décider de ses décisions — Jeunes gens,

l'Institut-Canadien est un foyer ardent de libéralisme, — ces paroles tirées de Troplong, " Commentaires sur la vente, " indiquent suffisamment combien il est difficile de préciser les conditions de nullité des contrats ....

Et ainsi de suite. Comment veut -on que les jeunes gens ne soient pas corrompus et les parents effarouchés ?

Le Nouveau-Monde demande si de tels professeurs ont une assez grande sûr.etê de doctrine pour ne pas fausser V intelligence du disciple dans Vexamen du civil et du religieux, du pouvoir spirituel et de V autorité temporelle .... celle-ci qu'il appelle extérieure,

■ Moi, je conseillerais de faire faire les cours de droit par des Jésuites. Alors, plus d'ambages, plus de discussions oiseuses ; doctrine sûre, claire et nette. D'autorité civile, point ; l'autorité religieuse serait tout. On enseignerait, par exemple, que le pape a seul le droit de gouverner les empires, que l'autorité de l'Eglise s'étend sur toutes les choses de ce monde, que tout pouvoir vient de Dieu, en ce s 3ns que les hommes soumis à ce pouvoir sont des brutes et n'ont pas droit de le renverser quand il devient tyrannique, avili, corrompu,

deetructeur. ..."

Le Nouveau-Monde continue :

" Il existe plusieurs toeieVs littéraires qui s'estimeraient heureuses de rendre au cercle légal le même service que l'Institut Canadien : ne serait-il point dès lors plus prudent et plus dans les véritables intérêts de l'Institut Légal qu'il en fût ainsi ? Sans compter que ce serait disposer favorablement le public en sa faveur, lui assurer les sympathies de la grande majorité de notre population et nous permettre d'applaudir sans reserve. '

J'admire que cet oison mitre n'est même plus capable de cacher son jeu. Et pourtant l'hypocrisie est son élément indispensable, sa condition d'existence.

Vous voudriez bien voir l'Institut Légal installé à l'Union Catholique, ou au Canadien-Français, ou, que sais-je encore ? Mordi ! vous vous ennuyez entre vous. Quand il vous arrive de vous réunir une fois, en six mois, c'est pour dire tant de platitudes, que vous avez mal au cœur les uns des autres.

Quelle fête ce serait pour vous si des jeunes gens venant de l'Institut Canadien allaient vous retremper ! . Mais voyez le défaut

du système. Au bout d'un an, il vous faudrait une nouvelle fournée d'élèves formés à l'Institut Canadien, car la première serait devenue complètement idiote.

Nos jeunes gens ont perdu l'ambition de l'aplatissement ; il en est qui sont restés avec vous ; ceux-là n'ont plus la force de se relever ; captifs endormis, ils regardent leurs chaînes d'un air hébété, ne sachant même plus qu'ils sont esclaves. D'autres s'agitent, mais ils retombent, vaincus par le poison que vous avez versé dans leur intelligence.

Ils font pitié à voir ; aussi je les regarde sans dédain. * Caractères avachis, cœurs étiolés, fantômes sournois, on les aperçoit qui passent, l'œil terne, ne voyant plus d'avenir, bornés à l'ombre qui les entoure.

Une triste lassitude règne dans ces âmes abattues avant d'avoir pris leur vol. Partout ailleurs la jeunesse a des élans ; ici, elle n'a que des craintes.

Vous avez étouffé en elle la source généreuse du patriotisme et de l'abnégation. Cette soif de liberté et de lumière .qui s'abreuve et s'augmente à îa fois par l'absorption des grandes idées, qui seule est l'instrument du progrès humain, dont les désirs toujours croissants accusent l'intarissable fécondité de l'esprit, vous l'avez étouffée sous les capuchons de l'Union Catholique, comme on étouffe un feu dévorant que l'eau ne peut éteindre.

Non, vous n'aviez pas assez d'eau bénite pour nous noyer dans le marais. 11 vous a fallu des ressources inouïes contre cette jeunesse livrée à vous sans défense, fréquentant vos collèges, ignorant que le monde partout marchait, tandis qu'elle seule reculait.

Nous étions autrefois un peuple fier, vigoureux, indomptable. Nous luttâmes un siècle contre la puissante Albion. Plus tard, vaincus, mais glorieux du passé, nous restâmes seuls, à l'écart, nourrissant l'âpre amour de la nationalité, grandissant et espérant.

Mais depuis un quart de siècle, nous rapetissons et nous n'espérons plus.

Si vous aviez fait des hommes, ces hommes eussent fait un grand pays, aujourd'hui libre, mais vous avez préféré enseigner l'obéissance, gardant pour vous le commandement ; et maintenant, façonnés à ce joug, nous sommes tellement avilis, tellement bafoués, que nous éprouvons comme une humiliation d'être appelés canadiens-français.

Dans ce pays qui compte 1,200,000 habitants, dont 300,000 à peine d'origine étrangère, quels sont les dominés, les méprisés, les incapables 1 C'est nous.

Qui nous a fait un peuple sans caractère, sans opinions, sans idées, sourd et rebelle à l'enseignement ? C'est V ignorance systématique dans laquelle le clergé nous a maintenus.

C'est l'évêque de Montréal, avec ses Jésuites attirés ici par l'odeur de la proie, et suivis bientôt par les prêtres de ce diocèse, âpres à la curée, acharnés aux bribes.

Les Jésuites, avec leur Union Catholique, avec leurs confréries, leurs pratiques bigotes, leur doctrine d'artifices, leur principe d'autorité qui ne fait que des hypocrites et des peureux ; avec leurs intrigues incessantes, leur humilité ambitieuse, leur flexibilité perfide, ont petit à petit fait entrer dans tous les cœurs le poison qui les nourrit. Partout chassés, exécrés, maudits, ici ils trônent, ils grandissent, ils régnent.

Dieu, dit l'Ecriture, prit une poignée de boue, souffla dessus, en fit un homme et le lançant dans l'espace :

" Va, dit-il, je te livre à ta propre misère : Trop indigne âmes yeux d'amour et de colère,

Tu n'es rien devant moi.

Roule au gré du hasard dans les déserts du vide, Qu'à jamais loin de moi le destin soit ton guide,

Et le malheur ta loi. . . .

Et l'homme, roulant d'abfme en abîme, plongeant d'espaces en espaces, défiguré, meurtri, repoussé comme un être hideux de tous les globes où il voulut mettre pied, vint échouer sur cette terre, dernière étape de sa déchéance.

Plus tard encore, tombant de faîte en faîte, précipité des sommets oh son vol impuissant ne le soutenait plus, épave boueuse ou il y avait une âme, l'homme, devenu chenille, s'aplatit sur la terre du Canada, sans regard pour mesurer les cieux dont il était banni, sans pensée pour mesurer sa honte.

Ce fut sa dernière chute.

La malédiction diyine était accomplie. L'homme n'était plus rien.

Depuis trois mois, je marche avec ma Lanterne et n'ai pas encore vu un homme. Ici il n'y a que des masques, et nous n'avons d'égal à notre hypocrisie que notre lâcheté.

Hier encore, c'était mon éditeur qui refusait d'imprimer plus longtemps la Lanterne. Pourquoi ? On a dit à son prote que s'il continuait de le faire, on lui enlèverait l'impression de VEcho du Cabinet de Lecture paroissial. Et il a cédé. Oui, il a cédé, messieurs. Et cet homme se croit libre cependant.

Mais ièns&je imprimeur et ââssé-je j pondre toutes mes presses, tout mon matériel et toutes mes cases, j'aurais encore gardé une poignée de vieux caractères pour les jeter sa visage de cekûqui eût osé me faire use pareille menace.

Oui» bous sommes asservis et eonrjbée. Hais pour nous rendre tels, certes il a fallu nous eu donner entre mesure l'exemple, il nous a fallu des martres tomme ceux qui, dans leur épouvante de la Lanterne, ont trouvé pour la combattse ce moyen, recdàvament d'au maigre patronage à un imprimeur !

Et ils savaient que cet imprimeur obéirait .! .

L'autre jour, c'étaient deux gamins à gui jtanris donné des Lanternes à vendre. I/tm d'eux m'avait toujours Ken servi ; cette fois il s'est sauvé. Sans doute il a rencontré un prôtse qui l'a manaee de l'enfer s'il me rapportait le prix de sa Tente. Et pourquoi pasi Un autre gamin avait bien eu l'ordre d'un ja&re de hrfiler les Lanternes qu'il avait reçues de moi.

Il y a des gens «postés dans les mes cpâ menacent de la police mes petite vendeurs; on leur a fait toutes les misères imaginables ; l'iBi d'eux fut psesçpe eosratné de force l'autre «emsine cfce* le curé de Bonsecours.

Et voilà mes ennemis ! Us ne disent rien, 3s jàmirt.sciiffier »K>t devant mai qui, cfaaque -semame, les provoque -et les expose sains relâche, mais Ils font peur à des entants de douze #ns M

Allons ! attaques-moi donc, moi qui mis un tomme, ou Ijien défendez*vous. £taue*moî en face, tel que je m'offre. Il nié semble que je vous présente nn front contre lequel vpus pouffçc porter vos coups.

Mais non ; terribles dans l'ombre, effrayants par le mystère, vous n'êtes rien devant la résistance.

Il a suffi qtfosLise montcat une icris pour aie fd*t* ^saroir ou jrous trouver.

Nous n'avons pas toujours été un peuple flétri; &ajs *o«s finies toujours un peuple d'enlauts^ tqndsSle, exploitable à di*cj?étiojx, et tondu et exploita.

'Qu'on en juge par cette page écrite en 168$ par un diplomate

envoyé de France au Canada, une page qui jamais n'a paru tUns

aucune de nos histoires, et que j'ai trouvée dans une bibliothèque de

Paris:

•* Le oui^eiie Montra «mpéobe^epeiwer an Jeu, *AUg^lamss*ia>toiit plaisir baratte ; tt xefiise la communion à des dames peur an pontage 4e «oUleurs. H » des 'espions ipartoot et '▼ans fahnine du haut de 4a chaire. Le gOTiwnssneirt nbsenut sans toAto y ... «.Les padfcrw petatioatetit jusque ^Iww le oomeetique 4* l'intérieur des maisons. Ils ont toujouis les #eax ouverts sur 4a conduite, des.

femmes et des fille*. . . .Pour être bien dans leurs papier», ty faut communier tous les mois. Chacun est oblige de donner à Pâques un billet à son confesseur. lies.

entres font la guerre aux livres ; il n'y a que les volumes de dévotion qui vont tête vée ; tous les autres sont défendus et condamnés au feu.

Les gouvernements politique, civil, ecclésiastique et militaire ne sont, pour, ainsi dire, qu'une même chose en Canada, puisque les gouverneurs-généraux les plus rusés ont soumis leur autorité à celle des ecclésiastiques. Ceux qui n'ont pas voulu prendre oe parti s'en sont trouvés si mal qu'on les a rappelés heureusement.' J'en pourrais citer plusieurs qui, pour n'avoir pas voulu adhérer aux sentiments de l'évoque et des jésuites, etc. ; ont été destitués de leurs emplois, et traités ensuite a la Cour comme de» étourdi» et des brouillons. (Frontenac)

Les gouverneurs-généraux, qui veulent s'avancer ou thésauriser, entendent deux. messes par jour et sont obliges de se confesser une fois en 24 heures. Ils ont des ecclésiastiques a leurs trousses qui les accompagnent partout, et qui sont à proprement parler leurs conseillers. Alors les intendants, les gouverneurs particuliers et le conseil souverain n'oseraient mordre sur leur conduite, quoiqu'ils en eussent assez de sujet, par rapport aux malversations qu'ils font sous la protection des ecclésiastiques, lesquels les mettent à l'abri de toutes les accusations qu'on pourrait faire contre eux.

On nomme les gens par leur nom à la prédication, on défend sous peine d'ex* » çfjsjinunication la lecture des romans et des comédies. Les Jésuites et les Récollets raeeordent aussi peu que les MoUnistes et le» Jansénistes. Le» premiers prétenojent (|we les derniers n'ont aucun droit de confesser.

Le gouverneur-général ne peut se dispenser des Jésuites pour faire des traite» arec les gouvernements de la Nouvelle Angleterre et de la ftouv- York, non plu» qu'avec les Iroquois.

lies Conseillers du Conseil Souverain ne peuvent vendre, donner ou laisser leurs charges à leurs héritiers ou autres, sans le consentement au roi. Ils consul-, ftèrit les prêtres ou les Jésuites, lorsqu'il s'agit de rendre des jugements sur de» Afîaic&s déUeates ; mais lorsqu'il s'agit de quelque cause qui concerne les intérêt» 4e ces bons Pères, s'ils la perdent, il faut que leur droit soit si mauvais, que le pjus subtil et le plus rusé jurisconsulte ne puisse lui donner un bon tour. Plusieurs personnes mîont assuré que les Jésuites faisaient un grand commerce de marchanqfeea d'Jfturone et de pelleteries du Canada. . .Les gentilshommes ont bien des mesures a carder avec lés ecclésiastiques, pour le bien et le mal qu'ils peuvent recevoir indirectement. L'évêque et lei Jésuites font trouver des partis avantageux aux filles nobles. TJm simple curé doit être ménagé, car il peut taire du bien ou du mal aux gentilshommes dans les seigneuries desquels il n'est pour ainsi dire que missionnaire, n'y ayant point de curés fixes en Canada. Les officiers entretiennent aussi avec 'eux de bonnes correspondances, sans quoi Us ne pourraient se soutenir."

.A ceux.qui.m'acçuaent d'exagération, je demanderai s'ils ont lu les , choses dont je parle, et si l'exagération peut venir de moi qui ne fais que signaler et commenter des faits.

Si cela ne suffît pas, Je répondrai à ceux qui me reprochent encore d'attaquer sans relâche le clergé, par les citations suivantes de la Gazette des Campagnes, où Ton verra que mes écrits sont d'une infinie douceur et d'une extrême modération, comparativement aux moyens et au langage dont les organes ultras se servent sans trêve et sans détour contre nous.

, contre

même

tout ei „, F -„^ ^ ,-- «— -— „ . . .» .

mettant absolument.de côté les intérêts spirituels des individus et des familles,

seuls intérêts que la vxaie politique, doit favoriser, puisque, les gouvernement* n'estf , t^quepouraid&Utdmcs'àsiMVîyer.s*,

Cependant, Dieu ne reut pas laisser périr le monde sous les griffes de Satan, oar le nombre des élus n'est pas encore complet. Il ne le laissera qu'un peu- de temps sous la puissance de ce prince des ténèbres, et ensuite il le délivrera. Il est tout probable même que cette délivrance ne s'opérera qu'après les crises les plus terribles.

De même qu'aux jours où le Fils de l'homme parut sur la terre, les possédés étaient violemment agités au moment ou il cqmmandait à l'Esprit immonde de sortir de leurs corps, de même aussi le monde actuel passera par les convulsions de l'agonie lorsque Satan lâchera prise. Il faut du sang et du sang à flot» pour expier les crime» dont ce monde s'est rendu coupable envers Dieu et son Eglise.

Plus loin, parlant des cataclismes terribles qui ont eu lieu récemment au Pérou, en Californie, en Italie, en Suisse, la Gazette ajoute :

Ces formidables ébranlements devraient nous donner beaucoup a réfléchir. Notre globe entre en convulsions parce qu'un immente désordre règne dans les mœurs et les intelligences ; il gémit sous te poids des iniquités des hommes ; il s'agite, impa-> tient qu'il est de voir arriver le moment où T Esprit sanctificateur viendra renouveler la face de la terre.

Et Ton voudra que je me taise maintenant ! on voudra que je ne répète pas, sur tous les tons et sous toutes les formes, que tant que l'éducation sera entre les mains du clergé, nous ne pourrons sortir de la honteuse infériorité où nous croupissons, et que nous ne pouvons que former tôt ou tard un peuple de crétins, foulé aux pieds sur notre propre sol, parias d'un monde que nous ne comprendrons pas, pendant que les races étrangères, nous poussant du pied, se réserveront à elles seules les magnifiques destinées de notre continent !

Si les prétendus libéraux qui foisonnent partout, et qui passent leur temps à se plaindre en redoutant le remède, me laissent seul h lutter contre cette théocratie qui nous a paralysés et abrutis, tant pis pour eux.

Je ne puis que me sacrifier à leur avancement, en leur réservant

ma pitié.

Il a été question dernièrement d'attirer en Canada une émigration française.

Je ne vois pas pourquoi les Français, qui ont aboli la dîme chez eux depuis quatre-vingts ans, s'amuseraient à venir la payer ici, ni ne vois-je comment nous conserverions des étrangers, quand nous ne. pouvons même pas garder ceux dont le Canada est la patrie.

Du reste, personne ne désire une émigration française; les Anglais n'y tiennent pas, le clergé tient à ce qu'elle ne vienne. pas, et, nous ne tenons qu'à ce à quoi tient le clergé.

Le Haut-Canada, lui, demande que l'émigration afflue sur son sol, à quelque nationalité, à quelque religion qu'elle appartienne.

Ce n'est pas là le seul exemple d'intelligence, de libéralité et desentiment du progrès que nous donne cette province-sœur, depuis^ qu'elle a le bonheur de ne plus être traînée avec nous à la remorque du monde.

Elle a réduit à un chiffre insignifiant le cens électoral et les conditions d'éligibilité ; elle vient de refuser toute subvention du gouverne-

ment pour les écoles sectaires, consacrant ainsi le principe de la séparation absolue de l'Eglise et de l'Etait* et elle est sur le point d'adopter

*»*l oifttiJMte ^'Ailll/lâtiA* âfr.*(Â*ÏM«,Uk «■«•«WjMMfifcÉftAJb M>**fc^tUta. K*«y»

supérieure universitaire, c'esWwirre libres

A propos de M. Havm, directeur politique du Étide de Paris, le grand pfêtre, eôtntne on l'appelle, les Journaux t5attadièn« ô«t tons reproduit avec emphase et triomphe, d'après un petit article arrangé pour la circonstance par un journal 'déridai de France, que M. Havin était mort adniinfetré et totft prêt à être Ubtté daàs TOtftte Thâh&e, après avoir co nf ess é *es etreurs.

Or, lé fait, le fait Véritable, efcrt $ue M. HaVifi è*t m6i*t dNfme coîï^ gestion cérébrale qui a duré huit jours sans qu'A put reprendre ses sens, sans qu'il pût même reconnaître personne, malgré lés eterte répétés , de Mme Havin, qui, malade elle-même, s'était fait porter auprès du moribond.

La forte constitution de M. Havm a lutté huit jours durant contre la mort ; mais le cerveau avait cessé de fonctionne*.

La Minerve ellèmême se charge de nous apprendre que M. Havin, pris d'une fièvre mortelle à la suite d'un échec électoral, a été jusqu'à sa mort dans un délire continu, pendant lequel il ne cessait de répéter " cinq cents voix de majorité, cinq cents voix de majorité I "

Si c'est là la confession de M. Havin, je comprends qu'on l'ait promptement absous. 4

Il m'est venu une réflexion. Si j'enseignais une doctrine, il înè semble que j'aurais honte de recruter dés adhérents parmi ceux que leur esprit affaibli met hors d'état de rien juger ni comprendre. Je flè me targuerais pas, au contraire je rougirais de ces conversions in extremis qui ne prouvent qu'une chose, c'est que Fhomme, à l'heure de la mort, est un être passif, incapable de lutter contre les obsessions, en proie le plus souvent à des terreurs imaginaires dont il se moque dans l'exercice plein de ses facultés, mais, qu'à l'heure de la mort, il n'a plus l'énergie de repousser, n'ayant même phis celle d'exprimer un désir.

Quoi ! voilà une Vérité incontestable, révélée*; voi^à un enseignement qu'on appelle diviîj, et on ne peut le persuader qu'à des mourants qui ne comprennent pas î

Voilà un homme qui pé sera moqué de vous pendant éoixôrite ans, . qui vous aura confondus data toutes les polémiques, et vous triomphe- 'rez de le voir pendant cinq minutes tésigné à vous entendre, parce qu'il île sait même pas ce que vous lui voulez !

Vous êtes donc à bout de moyens pour que Votre doëtrme, pour que votre voix n'aient d'ascendant qu'au milieu des râles i

Lorsque, John Surratt, poursuivi pour, complicité dan? ^assassinat de Lincoln, échappa à la police américaine^ il vint se réfugier à Montréal. Un prêtre de l'évêché, M. Lapierre, le prit sous sa garde et le cacha deux mois dans une maison de cette ville. Menacé detre découvert, il le confia aux soins du curé de Belœil, M. Boucher, qui le garda, renfermé dans une chambre, de son presbytère, pendant plus d'un mois, après quoi il le conduisit, travesti, transformé, à bord du Peruvian qui partait pour l'Europe.

$u route, Surratt raconta tous ce* détails •au docteur McMillan, d$ Bweetsburg, en qui il cjgpyaji trouva un conjpÈee qu W protecteur, puisque le curé Boucher h lui avait r#cpnpnano)é. Mais arrivé à Liverpool, McMilku alla dénoncer Si^rra^t, qui réussit 4 s'échapper encore, comme pu saïi

Revenu au Canada, McMillan raconta' ces faits, comparut même m cou* à Wasjaingtpn, pii il donna las plus îninufteux détails qu'il avait appris de la bouche mên>e de $urj*& Aiora, M. l'abty Boucher écrivit contre lui des azotes dans la Minerve, oit il le qualifiait de parjure, d'homme sans honnêteté, de médecin ©.xerçauf une pratique criminel}*, ...

M. McMillan fit aussitôt jajcn une *nqu#t« pi n* tarda pas 4 le Javer deg odieuses accusations que H- te twb aVait jmaginéej pour le besoin de sa cause, et il fit de plus condamner le dit M. le curé 4 200 dollars de dommages-intérêts pour calomnies,

Si le docteur McMillan était tel qu'on le. représentait, M. le curé Boucher eût pu lui fqurnir dos cas de source non équivoque, dit la rumeur : car jl parait que ce curé en a lait de jolies à Belœii

Etant allé l'an dernier à Portland avec deux aulnes eurés du diocèse de Montréal, habillée en laïques et portant de feux noms, au moment ofy il s'amusait le plus airêfi se. s jqyeux caroarade* qui s'étaient complètement déboulonnés, n'a-t-il pas la déveine de tomber ne* 4 nés avec une jeune fille qu'il avait très-intimement connue, et qui se trouvait alors servante de l'hôtel ou étaient descendus saintement les trois curés pour faire des conversions, c'est-à-dire pour changer les bouteilles pleines en bouteilles vides.

Comment ! s'éjsria-taHe, cfest vous» M. le curé, c'est fous, ici, dans cet attirail. . . .ah i elle est bonne 1 . . . .

— Moi, M. le curé ! Qui ça . . qu'est-ce, que vous,

mais.. je.. ne suis pas soyez cerf;. . .,ah J

Et le lendemain, de fort bonne heure, M. le curé décampait, tel qu'il appert en détail, fort au long, dans le procès de Surratt qui a eu lieu dernièrement à Washington, M. le euré Boucher étant témoin ; procès que j'ai en ma possession, imprimé très bellement, en 3 volumes, petit in-octavo, couvert bleu, sans indulgences y attachées, car il n'y a que des vérités dedans. '

Ces deux volumes m'ont été envoyés par le gouvernement de Washington, avec lequel je suis en relations tràs^uiviea, et je les déclare authentiques.

Maintenant, M. le curé Boucher ou M. l'abbé Lapierre, n'importe, voudront-ils bien me rendre le service de faire faire une petite enquête sur tout ce que je dis là 1 .

CORRESPONDANCE

M, le Rédacteur

J'arrive du comté de Verchères, où j'ai passé quelque temps pour les affaires d'une certaine maison de notre ville. Figurez-vous ce que j'y ai vu. Il paraît que M. Desautels, curé de Verchères, (quelquesuns l'appellent Monseigneur, je ne sais diable pas pourquoi), étant dernièrement en Europe, tout épris d'amour pour ses bons habitants, se serait passé la fantaisie de leur acheter un saint de cire. Il est aussi vieux que Notre Seigneur, dit-on. Arrivé avec son trésor à Varennes, les habitants le refusent, vu que leur paroisse est sous le patronage du beau sexe. Grande consternation ! On verse des pleurs. Le curé s'aperçoit de sa sottise.

S'il eut pris une sainte, tout allait bien. On vend le "saint à la paroisse de Verchères pour $200, c'est-à-dire que le curé de Verchères l'a acheté. U a pris l'argent dans la caisse publique pour le payer. Il

doit rembourser par des quêtes qu'il fera

On progresse, on progresse, que diable ! J'espère ■ bien

que, dans quelques années, chaque paroisse aura sa demi-douzaine de saints des deux sexes. Dites donc, à présent, qu'on ne vit pas bien en Canada. J'ai cependant observé dans le comté de Verchères une chose qui me fait croire que l'ombre des saints ne donne pas à manger ; car il se fait là une émigration effrayante vers la Nouvelle Angleterre. Lors de mon séjour dans le comté, chaque steamer emportait, des familles entières du côté des Etats-Unis, pays que la Providence a maudit en le .comblant de richesses.

Un Voyageur

Derniers détails sur le saint importé à Varennes.

Il s'appelle St Vital : il est parfaitement ciré, et il a déjà fait un miracle.

Une brave femme, souffrant d'un œil, est allée lui frotter le mollet avec un bouquet, puis s'est passé le bouquet sur l'œil.

Elle en a éprouvé un grand bien.

Je prédis à St Vital qu'il paiera avant longtemps et au centuple ses frais de transport et d'installation.

Page 1