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Eh bien ! ce séminaire, ces colléges, tout cela est riche, grassement doté, et s’enrichit tous les jours,
Ces vrêtres se chauffent, eux, ils n’émigrent pas; ils sont seigneurs, ils perçoivent la dîme, chantent des messes payées pour le repos de ton âme, quand ton corps a souffert toute ta vie.
Regarde dans les campagnes. Quelle est cette belle maison, la plus belles de toutes? (C’est le presbytère. Cette autre, splendide,
c'est le couvent, +
Tes mères, tes filles, tu ne sais comment les nourrir ; elles ont froid, elles gémissent, ‘elles souffrent et se désespèrent.
Oui, eh bien ! regarde cés couvents, ces congrégations, habités par des femmes aussi. Mais ces femmes sont heureuses, elles jouissent, elles regorgent de richesses, ellés ne méprisent pas les biens de la terre, et, par dessus le marché, elles passent leur vie à mendier.
Souffre, toi, peuple, c’est ton lot. Mais n'émigre pas dans les pays où tu deviendras libre, où tu ouvriras les yeux sur tous les mensonges qu’on te débite en Canada.
La reine d'Espagne, très-catholique, emprisonnait, exilait, fusillait les adversaires de son gouvernement,
La Junte Provisoire, qui ne s’est pas appelée catnolique, comme en Canada les conservateurs prennent le titre de Parti des bons principes, afin de commettre, à l’abri de ce nom, tous les forfaits imaginables, h Junte Provisoire, dis-je, n’a encore emprisonné, ni exilé, ni fusillé aucun des ennemis de la révolution. Mais elle proclame la liberté des cultes, la protection du cletgé inférieur, la suppression des dotations des séminaires, des abbayes et prébendes, le suffrage universel, la liberté de l’enseignement, l'instruction gratuite et obligatoire, ‘la liberté municipale, l’abolition de l'esclavage, la liberté du travail, l’unité du droit, l'établissement du jury, l'abolition de la peine de mort, ia suppression des loteries comme revenu de l’état, l'expulsion des Jésuites, l'abolition des monopoles, la fraternité avec tous les gouvernements libres, l'assimilation des monnaies avec celles de France.
Voilà ce qu'a fait Sun démocratique et daliennaite en moins de huit Juste
Mais la monarchie espagnole, elle, qu'a-t-ellé fait pendant une durée de huit siècles ?
Elle a détruit A civilisation des Maures qui avait embelli, enrichi et policé lupass
Elle a fait l'Thquisition qui a jeté dans les bûchers cing millions d'hommes ;
Elle a fait égorger, en moins d’un siècle, trois millions d’Indiens du Mexique, du Pérou, de Cuba, de la Colombie, etc... f
Elle a institué, lgalisé l'esclavage et la traite des noirs, dont elle percevait le cinquième des bénéfices.
Elle a mis Christophe Colomb aux fers ;
Elle n’a pas permis que des cultes autres que le culte catholique fussent exercés, et cela jusque sous le règne d'Isabelle.
Elle avait des colléges où l’on enseigne encore que c'est le soleil qui tourne autour de la terre ;
Elle a inondé l’Espagne de couvents, d’abbayes, de congrégations, de corporations religieuses de toutes sortes, qui prenaient le plus clair de l'argent du peuple ....
Pendant qu’elle, la monarchie, livrée à tous les désordres, à tous les déshonneurs, couverte de toutes les souillures, trônait dans l'Escurial, de par la grâce de Dieu.
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On a vu enrore ceci après le succès de la révolution. La Banque, la Bourse, l'Hôtel de la Monnaie, les ministères, l'Hôtel-de-Ville et les grandes maisons de Madrid ont été gardés par des volontaires en guenilles, et pas un vol n’a été commis. Jamais la ville ne fut plus sûre ni plus paisible.
D'un autre côté, le général Calonge, un des exécuteurs de l'ex-reine, avait été pris et l’on parlait de le fusiller.
Alors la Junte de Valladolid reçut la dépêche suivante: , tion quel à prise d'envoyer le gnéral Clonge À Santander pour 3 ie mis la dis uition &t peuple ; bn 4 le peuple de Santander, libéral, se Dies hautement à demander compte de ses actes à un malheureux qu'il plaint. En cunsé-
quence, nous vous prions de vou:oir bien suspendre les ordrés d'envoi relatifs à votre prisonnier. ”
Ce sont là les excès de la révolution espagnole, sut lesquels le Nouvean-Monde fait des articlés spéciaux depuis trois semaines.
Excès de générosité. Car le peuple, toujours bon enfant, ne prend jamais de précautions contre ses tyrans tombés. k
Il leur pardonne, afin de leur ménager l’eccasion de le faire fusiller de nouveau, quand ils seront rétablis, en guise de représailles.
L’Angleterre retire des colon: une grande partie de ses troupes. Elle veut réduire son effectif mautaire, Le ministre américain, à Londres, a pour mistion de régler pacifiquement tous les différends entre les Etats-Unis eï {a Grande-Bretagne. La paix, une Jongue paix, est désormais assurée c2tre ces deux grandes nations.
C'est le moment de commencer les fortifications de Montréal et de jeter vingt autres millions dans celles de Lévis. Il faut montrer que nous n'avons pas pur.
Voilà que le Mouveau-Monde me fait des compliments. Je demande à être guillotiné.
Si, maintenant, la Minerve se mêle de dire que je suis un modèle de vertu, je suis perdu à tout jamais.
Mais je suis incorruptible. L’encens, pas plus que les coups d’assommoir, ne m’empêchera d’être le meilleur ami de l’évêque de Montréal et de lui dire ma façon de penser, comme tous ceux qui aiment bien.
Le Nouv'au-Monde qui n’imaginait pas seulement, il y a cinq mois, que le libéralisme pt faire des progrès, dit aujourd’hui que :
‘€ Ceux dont les yeux voient venir les événements d’un peu loin avaient prévu ce coup d’audace (le Pays quotidien) ; et c'est ce qui ane l'attitude forte et tranchée prise récemment par l’Episcapat canadien contre les mauvais journaux, les sacrifices faits dans certains centres pour fonder de nouveaux organes de publicité, fortifier la presse catholique et prendre dans l'esprit des populations une place que l’ennemi ne devait pas longtemps laisser inoccupée. ”
Vos yeux ne sont pas de ceux qui voient loin, puisqu'ils n’ont pas vu, il y a cinq mois à peine, ce que tant d’autres jugeaient être une nécessité depuis des années déjà.
Et cependant, vous êtes inspirés, éclairés de la lumière d’en haut.
Encore une preuve que la Providence vire de bord.
‘€ Vous avez fait des sacrifices pour fonder de nouveaux organes de publicité.”
Quels sacrifices, s’il vous plait? Est-ce que vous avez des sacrifices à faire, vous qui avez tout en main? Cet argent souscrit par les curés pour le Mouveau-Monde, d'où provenait-il, si ce n’est de la dîme ? et qui Fée la dîme, si ce n’est le peuple ?
‘ T1 vous fallait prendre dans l’esprit des populations une place que l'ennemi
ne devait pas longtemps laisser inoccupée.
Ceci mérite une béatification spéciale.
Voilà deux siècles que vous l’avez, cette place, dans l'esprit, dans le cœur, dans la bourse des populations, et vous en êtes encore à dire “ qu'il vous faut la prendre !” Ï Jusques à quand, confrère céleste, me forcerez-vous à faire fl connaître moi-même tous vos avar ‘ages ?
HE Al Le Nruveau-Monde termine son article par ce cri d'alarme: | ‘“ Sentinelles, prenez garde à vous, ” à Î [ht | Tous les bédeaux endormis sur les colonnes du Mouveau-Monde | | ont fait un saut, ‘“ Hein ! quoi? qu’y at-il? qu'est-ce qu'il y a?” —Mais, malheureux ! c’est le Pays qui devient quotidien... (QUE —Oui, ‘ah ! bien, nous allons sonner les cloches.
+ |. + * TUE L'Ordre n'a qu'un défaut; il est formidablement bête. En | [Ut | revanche, il n’a aucune qualité pour compenser ce défaut,
Ne . 61
L'évêque de St Hyacinthe a changé de domivile afin d’en avoir deux. L'un, celui de St-Hyacinthe, est pour recevoir les visiteurs ; l’autre (Belœil) est pour ne pas les recevoir.
‘ I] faut espérer, dit le secrétaire de l’évêque, M. Moreau, que, Dieu aidant, cet ordre de choses amené par la nécessité ne sera pas de longue durée. Il n’est pas permis de douter que tel est le vœu unanime de toute la population du diocèse, ”
Je connais bien des gens qui voudraient se trouvor dans la dure nécessité d’avoir deux domiciles. D’autres, et des plus exigeants, se contentent d’en avoir un seul. Mais un évêque ne saurait être heureux, paraît-il, sans en avoir une dizaine.
Quant au vœu......il est bien certain que, s’il était unanime, il était de toute la population. Il n’est pas permis de faire un pléonasme, même à un prêtre.
Etre au-dessus des lois de son pays ne veut pas dire qu’on est au-dessus de la grammaire.
Ce vœu unanime a laissé échapper une excellente occasion de se manifester; c'était au départ de l’évêque de sa ville épiscopale, Il n’en a rien été. Il faut croire que M. Moreau ne s'était pas encore imaginé représenter à lui seul tout un diocèse.
Je me rappelle un autre évêque qui, forcé aussi lui, de quitter son siége métropolitain, vit la foule gémissante, remplissant l'air de lamentations, se précipiter sur son chemin, et lui faire une escorte comme jamais triomphateur n’en vit à sa suite.
C'était Jean Chrysostôme, banni dé’ Constantinople par l’impératrice Eudoxie.
C’est aller chercher un peu loin, si l’on veut. Mais je ne saurais mieux faire que de comparer les prélats d'aujourd'hui à ceux de la primitive Eglise qui ne se faisaient point appeler sa grandeur, qui n'étaient pas toujours les humbles serviteurs de César, mais qui avaient des vertus modestes, sans se soucier du nombre de leurs domiciles,
J'adore le merveilleux, mais y a des imites.
La Minerve raconte qu'une jeune fille de Belgique voit apparaître du sang sur ses mains tous les vendredis, que ce sang coûle également de ses pieds et de son côté gauche, que pendant ce temps
‘“ L'uise interrompt son travail et reste immobile, les bras et les yeux levés vers le ciel. Elle prets muides dans cet Le 4 fe toute a journée, sas prendre sure RorarEs et sans adresser rale à personne
Es ar gl com omplètamant e sentiment de la vie. « le Lan 8 mains, Re se on do SES de OS, Bisiean son. voit sa face se couvrir d’une sueur froide semble sur le point d’expirer.
‘ Les autres jours elle Fr livre à ses occupations ordinaires.
Elle n’a rien conservé des plaies par où le sang a coulé, sauf une sorte d'ampoule pese 1e i ss ji ver ed T
Le vendredi 4 septem ordre. Y vé e Tournay, information fut commencée dr ge resbytère nes de Louise, par M. Ponceau, viire général et par le P, Huginat el riste, avec le concours du Lefebvre, professeur de de Louvain. (Cette io information, interrompue promalt aux abords de la salle d’ snauétes a bé a
es rase personnes passèrent la nuit ment en 65
Er à ns exe 1 sai es y pa x quais quil SRE ant ‘ Dix à ous médecin sont Te les autres nes une h ag a T L'opinion sous d'os “pa 8 ss que la | jeune extatique est une se âme traordinaires.”
que Dieu a favorisée ‘de dons ex
Je ne sais pas jusqu’à quel point c’est un don que de se voir couler du sang des pieds et des mains pendant toute une journée, ni en quoi cela peut être utile aux hommes.
Quand on invente de jolies petites histoires comme celle-là, pour leg idiots et les ‘Congréganistes, il faut! avoir soin de les rendre inattaquables. |
Il faut que les médecins qui ont pris la peine d’aller voircette jeune fille, sans esprit de parti ni autre, soient de-fiers crétins, s'ils existent.
Comment! ils n'ont pas su expliquer pourquoi ce sang coulait ainsi tous les vendredis abondamment du côté et des pieds de Louise, sans qu’elle en soit morte au bout de deux heures, comme toute personne raisonnable l'aurait fait, suivant les lois de la nature !
Eh bien ! je vais vous l'expliquer, moi qui ne suis ni médecin, ni évêque, et par conséquent ni charlatan ni inspiré ; c’est que cette jeune Louise est....mais c’est qu’elle est... ‘excessivement sanguine !
Faites des miracles maintenant. Je me charge de les expliquer tous,
Le Dr. Lacerte l’a emporté sur Gérin-Lajoie dans l'élection de St- Maurice.
Si j'avais la perspicacité du Mouveau-Monde, je dirais que j'avais parfaitement prévu ce résultat. J’en ai prévu bien d’autres et j'en prévois encore, tant qu’on n’aura pas remis le clergé à sa place.
Voici comment l’Evénement, sorti des gonds, s'exprime à ce sujet :
Cette élection s’est résolue en une question d'argent. Le Dr. Lacerte l’a empPRté pare qu’il a dépensé dix fois plus que M. Gérin.
oilà à quel degré d’abaissement moral en est arrivé le corps électoral en Canada. Point d'esprit révolutionnaire, c’est vrai ; mais aussi peu ou point d’intelligence politique, l'amour du gain, la soif du whisky.
Puis, derrière les électeurs qui se saoulent, des journaux, comme le Journal de Trois-Rivières, qui leur versent à boire et bénissent l’orgie.
Qu'il vienne, nou pas un ambitieux revêtu de quelque gloire, mais des ban-
uiers étrangers, des spéculateurs qui veulent acheter nos droits et trafiquer de nos libertés, et ce peuple est mûr pour l’encan. On le conduira au comptoir.
Bah ! est-ce que vous ne faites que vous en apercevoir ?
Et la Minerve : 1
‘ La défaite de M. Gérin ne doit surprendre personne. Notre ami avait à lutter contre tous les préjugés les plus en vogue en pareille circonstance ; il est même étonnant qu’il ait fallu, pour obtenir contre lui une centaine de voix dé majorité, des sommes qui étonneraient, s’il était permis au public d'en faire l’addition.
Mais si le résultat de cette lutte électorale est pour nous un sujet de regret, il nous est encore plus pénible d’avoir à constater que des principes faux, dangereux, t'ès-impolitiques ont égaré des hommes qui ne devraient pas être exposés à de pareils errements, À
Les jeunes gens sont les premiers au travail, doit-on les renvoyer au dernier rang. quand il s'agit de titres à conférer, de charges à partager? On leur dit d'attendre. Attendre quai? que toutes les nullités soient passées avant eux ?: Alors ils ne vivront pas assez viéux pour avoir leur' tour.
La jéunéssé passe pour être très-confiante ; elle n’est pas souvent de force à lu‘ter d’astuce et d’habileté, mais son courage et sa franchise peuvent être de terribles armes, et le parti qui s’ali-ners la jeunesse aura certainement un côté faible.” :
Ah, ah! jeunes gens, vous y voilà donc! see
Depuis votre sortie du collége, vous demandez aux prêtres leur appui, vous leur avez offert votre talent, vous leur avez livré tout ce
St-
ais j'en
jet :
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Caelli-
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ban- > 108
qui était en vous d’ardeur et d'énergie ; votre ambition, vos es rances, vous les avez mises.à leur service, et vous vous étonnez qu'ils vous plantent là pour de bonnes vieilles croûtes bien façonnées, bien atrophiées, durcies dans le pétrin, et dont ils pourront faire tout ce qu'ils voudront !
Et vous vous plaignez de ce résultat, a avoir aidé à le préparer! Depuis dix ans, vous parlez contre Gérin, et vous vous étonnez qu'il soit vaincu, quand vous ne parlez pour lui que depuis un mois !
Vous ne comprenez donc pas l'infaillibilité de la logique? Vous avez travaillé à l’asservissement de votre pays et au vôtre, et quand vous vous trouvez en face d’une population dégradée, sans idées, sans opinion, sans vertu, cela vous étonne !
Ah! vous voyez aujourd'hui ce que c'est que d’avoir prêté vos mains jeunes et viriles à l'étouffement des idées. Vous en êtes les premières victimes. |
Sachez une chose : on ne veut pas de vous, parce que vous n'êtes pas assez brisés sous le joug, qu'il vous reste encore des années à courir, pendant lesquelles vous pouvez être emportés par les idées libérales, et que le pouvoir clérical, votre maître, sentant aujourd'hui le terrain manquer'sous ses pas, a besoin de s’entourer de fidèles aussi aveugles que certains et irrévocablement acquis.
On s’est servi contre vous des mêmes armes que contre les rouges. Ça ne coûte pas plus cher. Là encore, vous avez recueilli ce que vous aviez semé.
Votre grand cheval de bataille dans les luttes électorales était la religion : aujourd'hui ce cheval a pris le mors aux dents, vous n'avez pu le retenir, et il vous a tués dans sa course.
Réfléchisssez devant l’évidence.
Je dis ceci à la jeunesse. Tant qu’elle ne sera pas virtuellement et pratiquement affranchie du clergé qui, loin de voir en elle un allié, n'y voit qu'un instrument qu’il brise dès qu'il ne lui sert plus, elle wa rien à espérer de l'avenir.
Si le courage lui manque, qu’elle continue d’être esclave. La liberté n’est pas le pain des tremblants ; l’avenir n’est pas le prix des faibles. a"
On m'a raconté une histoire très-drôle.
Depuis que je rédige un journal immoral, (immoral, parce que je consigne les obscénités et les éurpitudes de nos saints hommes), il me vient de tous côtés une telle quantité de renseignements et de: documents divers, qu’il me faudra en faire une édition spéciale.
Or, un jour, un brave citoyen de la Pointe-aux-Trembles (en bas) qui n'avait jamais commis d’autre crime que de ne pas être le mouton de son curé, vient à mourir shparant pendant qu’il travaillait sur sa terre.
Punition de Dieu ! Exemple “nnailuis du châtiment qui attend tous ceux qui refusent de se faire tondre. :
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Le curé consciencieux, infaillible, fait voir à ses bons paroissiens ce qu'il y a d’horrible dens cette mort arrivée tout exprès pour qu'il en parlât (il est bon de noter, en passant, que les curés ne sont plus les représentants ni les serviteurs de Dieu, c'est Dieu qui est leur représentant et leur serviteur ; ils lui font faire tout ce qu’ils veulent). Après une éloquente semonce, le digne curé déclare qu’il ne peut enterrer le mort en terre sainte, mais que, celui-ci ayant été baptisé, il lui mettra seulement la tête dans le cimetière.
Vous voyez que le pauvre diable aurait mieux fait d’être un baptiste, parce que les baptistes se plongent tout le corps dans l’eau en naissant, ce qui lui aurait valu un enterrement in {ofo corpore.
Mais comme il était catholique, on ne lui mit que la tête dedans.
Maintenant, je me pose cette question. Qu’aurait-on fait à des étudiants en médecine qui, voulant se livrer à une dissection anatomique,—passe-temps utile, sinon agréable—seraient allés prendre le corps de ce malheureux, tout en laissant sa tête dans le cimetière ?
Le eorps d'un paien ne saurait être sacré. . , .…, . Encore une preuve de l'embrouillamini qu’apporte la réunion du spirituel et du temporel.
C'est égal. Elle est très-drôle, l’histoire de cet homme qui n’était ei des jambes, ni du ventre ni du dos, mais qui l'était de
a tête
Je Je vois arriver devant l'Eternel, au jour du jugement: dernier, avec sa tête à la main, la lançant dans le troisième ciel, en. faisant avec le reste de son corps une pirouette sublime dans le domaine. (Dominion ou Puissance) de Belzébuth, où c’est tout plein de scorpions, de vipères, de serpents venimeux, qui trouvent le moyen de vivre là-dedans, qui y sont sans avoir commis de péché mortel, et de chaudières toutes rouges qui chauffent, depuis la chute de Lucifer, sans pouvoir crever, et de fourches d’un fer encore plus dur que celui de Moisic, parce que le fer de Moisie, chaufié à blanc pendant vingt-quatre heures, se volatilise,
Ce qui me consterne, c’est que les curés de campagne, ffoilliblés toujours, ‘et éclairés de la lumière d’en haut, n’ont pas prévu qu’il apparaîtrait un jour en Canada, précédant la fin du monde, une Lanterne, rédigée par un antéchrist éndiablé, qui se ferait un plaisir diabolique de publier toutes ces jolies petites anecdotes, où il trouve le parfait bonheur.
Le Nouvean-Monde et le Journal ‘de Québec m’mvectivent, parce que j'ai écrit au Wätness. L'un dit que je ais appel aux protestants et à tous les’ennemis du catholicisme ; l’autre que je m'associe, que je m'identifie avec ne feuille protestante, SURUN per son fanatisme etpar . son intolérance.
En faisant un ‘appel aux protestants, j'anreis fait comme le pape, En vient de leur adresser une lonÿue épître, et r'aurais pu mieux
ire ; m#is je me perméts d'avoir une autre ligne de conduite.
Je ne fais pas d'appel aux protestants plutôt qu'aux juifs, ou aux mahométans, s'il y en a. Je fais appel à tous les éme Ps qui ne veulent pas se laisser fouler aux pieds par le clergé ; et j'ai fait cet appel dans le Witness, parce que c'était mon bon plaisir.
Ea voulez-vous la raison ? La voici.
En fait de fanatisme, il n’y a rien de si outrageusement et de si stupidement fanatique que la presse canadienne-française. C’est ele qui a réussi à faire en Canada deux populations di en entre elies, non pas tant par la langue, par l'esprit, des mœurs et le caractère, que par la religion.
En Canada, il n’y a que des cathokiques et des protestants. La religion absorbe tout. Nous avons des institutions libres, mais elles sont nullifiées par le fanatisme et le servilisme de la presse française. Aucune idée indépondante ne peut s’y faire jour.
Est-ce ma faute, à moi, si vous êtes re Last bomés et tellement : bigots, qu’il me faille avoir recours à une feuille anglaise pour publier ce que je crois utile et juste ?
Quoi ! voilà un journal qui paraît dans une ville que j'habite, un. journal estimé, qui se tire à 8 ou 10,000 exemplaires, qui est lu par tout le monde, et je n'aurai pas le “droit de lui enyoyer une lettre,. parce qu'il est rédigé par des protestants! Ab ça! où vivons-nous donc ?
Îl est temps que cela finisse, que les oultes :+ soient pas ennemis: du pos s'ils ne sont pas semblables, et du’une irtolranee odieuss,. fruit de l'ignorance des uns et de la bigoterie intéressée des autres, ne soit pas la règle qui domine tous nos actes.
J'ai prêché d'exemple encore cette fois en forivapé. de le Witness, pour démontrer qu’il est temps de.s’affranchir de pré) et de mœurs: barbares qui mettent à couteaux tirés toute une population jouissant. des mêmes droits, des mêômes-institutions, des mêmés libertés.
Avec ce fauatisme de la presse française, ilest.impassible quenous. formions jamais en Canada une nation une,.et.c'est vous qui miaintenez cette division que le progrès de notre époque aurait dû depuis longtemps effacer.
Vous dites, Journal de Québec, que les persécutions dont je me , plains n'existent pas, que je ne ferai croire à personne que l'autorité religieuse s'occupe de moi, qu’elle ge contente de me laisser m'agiter dans le vide, et ne veut pas donner à mes attaques une réfutation bien fre qu'elle les méprise, parce que c'est ce qu'elles méritent.
Eh bien ! mais pourquoi venez-vous donc, vus, ,organe.oficieux d de cette autorité, me.ohercher dans ce vide où je me, débatsf y nt US mes .atisques 986 si facile, ne la ait-on sg est votre de pepe de la faire, ae. pou est. Léénnt ic accomplir le mal qu’il pourait empôcher.
Ab! vous ne me réfutez pas, parce que vous savez bien que je ne m'arrêterai pas à moitié chemin, que tous vos moyens ordinaires d’intimidation et d’étouffement sont nuls avec moi; que l'injure et la calomnie, vos seuls arguments, je m'en amuse ; que je vais droit sans m'occuper de ce qui m'arrivera, et qu'avec un passé comme le vôtre,
‘plein de tyrannie révoltante, d'abus d'autorité inouis, vous ne sauriez raisonner sans vous perdre.
.. Vous n'avez d'autre ressource que dans le soulèvement des préjugés et des haines sans motifs.
Mais cette réfutation-là, très-facile, il Per vrai, n’a qu’un défaut, c'est qu'elle ne réfute rien, et que, pour entendre aboyer des chiens furieux, il n’est pas nécessaire de s'abonner à un journal.
Je vous atten*a, C'est à vous de mettre un terme à la Lanterne. Réfutez-la et elle cesse de paraître. En attendant, n’y en eût-il que dix exemplaires répandus par semaine, vous êtes coupable de ne pas en empêcher la lecture, si la vérité est de votre côté.
charman donne en mille : donnez votre langue aux rte AD got car vous ne trouverez jamais. Elle vend de l’eau de toilette de l'Immaculée Conce ,
O mystère ! 6 profondeur ! Etu de toilette de l'Immaculée / A quels nbremctennt radars Je m'y perds,
Je ne m'y perds pas, moi, et je vais expliquer à quoi sert cette eau,
Elle se: à enrichir les congrégations, avec l'argent des vieilles .
femmes, comme l'huile de Notre-Dame-de-Pitié, à Montréal.
- Cette huile miraculeuse est inépuisable, et se débite régulièrement dans l’église St-Joseph. Elle n’a aucune odeur, si ce n’est l'odeur de sainteté qui ne s’évapore pas.
L'argent retiré de la vente de cette huile se dépense en bonnes œuvres, comme celle de procurer du tabac aux zouaves pontificaux, et d'acheter des cordons de St. Thomas, enroulés trois fois autour du corps, pour conserver la chasteté.
L'Ordre äemande ia liste des actionnaires du Pays : .‘idien. : Je vais satisfaire l'Ordre ; j'ai cette liste, je la connais par cœur, et la lui passerai, à une condition. : Pour chaque nom de protestant qu’il y trouvera, je lui donne $100. Pour chaque nom de catholique, il me donnera un écu. Est-ce fait? Il y a 150 noms. : Ah ! ah l'elle set jolie la démanide FA l'Ordre. ‘Vous voudriez bien J'avoir, n'est-ce pas, icette diste, afin de persécuter les actionnaires,
mettre le désordre dans leurs ménages et, au moyen des femmes, les faire renoncer aux versements obligés en leur faisant retirer leurs noms !
Mais elles sont trop usées, vos ficelles, cher ami. Notre éducation s'est faite, voyez-vous. :
Quand je pense toutefois que les libéraux ont été assez... ... ; je ne dirai pas quoi, pour voir dans l'Ordre un allié !....Et quand j je leur montrais clair comme le jour cette énormo bêtise, ils me traitaient de...... ; je ne dirai pas quoi encore.
Enfin, j'espère qu'ils ont ouvert les yeux. L'Ordre, l'Ordre est votre pire ennemi, enfants. Votre meilleur ami, le connaissezvous? c'est...... le Nouveau-Monde.
C’est lui, c'est ce journal, complètement idiot du reste, qui a ts fait pour le libéralisme depuis un an que tous les actionnaires du Pays imaginables,.
Mon Dieu ! s’il pouvait donc y avoir trois Vouveau-Monde dans Montréal, je me ferais élire à l'unanimité représentant de n'importe quel comté.
Si je n'avais pas à écrire pour le public, je ne m'occuperais certainement pas d’un article publié dans la Minerw de la semaine dernière, un des articles les plus sots, les’plus vides, les plus saturés d'ineptie qu’on puisse enfanter en délire.
1i y a évidemment deux rédacteurs-en-chef à la Minerve, L'un écrit des articles sensés, du moins par la forme, discutables, saisissables par quelques arguments qui ne rendent pas la discussion oïiseuse et lui donnent une raison d'être ; l'autre semble avoir été mis là, bires un nee tte pour dire n’imj.orte quoi, quand il n'y a rien à dire
Or, le bouche-trou a essayé, la semaine dernière, de démontrer l'excellence des monarchies, et en regard, la faiblesse, le danger, li instabilité des républiques. Ecoutez-moi ça.
‘ La révolution, dit-il, reçoit dans son sein tous les affamés et tous les ambitieux. Elle paie ses soldats et ses sicaires par les rapines et les places.”
Les affamés et les ambitieux ne sont pas ceux qui font. naître les révolutions, mais ceux. qui les étouffent. Les révolutionnaires
. s'appellent Brutus, Camille Desmoulins, Guillaume Tell, Washington;
El étouffeurs, soldats ambitieux, se nomment Sylla, Cromwell, na
Et quand une révolution est étouffée, c'est alors que surgit et se multiplie la gent des affamés, courtisans avides, valets blasonnés, à quatre pattes devant les rois, n'ayant pour fonction que de mendier des faveurs et des places.
Dans les républiques, tous les hommes étant égaux, il n° ua en a pas qui soient les marchepieds dés autres, ni esclaves
‘« Si les monarc te Ne ce ave à v foson eur red l'on mage que leur incompatible avec le d.
Les monarques luttent contre les peuples, parcé què les peuples ont des droits à conquérir et qué les tois n’ont que le pouvoir à conserver. Qui a séparé les rois des autres hommes} Le fait. Quels droits ont-ils à maintenir? Aucuns. Car ils ne sont rois que pouf leurs peuples, et leur dutorité ne leutf à été que déléguée, loin d'exister de par elle-même et de constituer un droit spécial, d’une origine surhumaine.
La royauté est incompatible avec le désordre. Sans déute, si vous appelez désordre la réclamation eonstante et: répétée des droits que les souverains refusent de réconnaîtré aux peuples, en rendant par là les révolutions inévitables. ;
L'ordre règne en Rüssie, Le peuple n’y demaride rien, parce qu'il ne connaît pas ses droits. Ignorant et barbate, il reste eoufbé . un joug de fer, sans se douter seulement qu’il existe des nations
ibres, fers!
. L'ordre rgne en France avee lé eochcoùrs de six cént mille baïonnettes. Mais les peuples, qui ont une fois connu la liberté, ne peuvent plus être menés comme un troupeau de bétail.
Vous parlez de la tranquillité; de l’ordre des monarchies. Y eut-il jamais empire plus troublé, plus livré à l'anarchie, aux guerres civiles, 4ax excès sâhs frein de l4 soldatesque qüe Pempiré tomainf Est-il ün souvéräin plus inquiet aujou#d’hüui sur soi trône que Napoléon III ? Comiment e maittintent Ferdinand VII ét Isabelle 111 Par les
massacres.
C’est 14 hutle éteïnelle de l'autorité éonbre lé droit qui, uñe fois se eonnaissant, voût s'affifmer ét se voir feconnr.
“ Toutes les perturbations soëlales sont vénués de Il révolütion, Bans la ré: volution, la tranquillité publique n’eût jamais été troublée.”
Je voudrais bieh savoir où les hommes en éerdient aujourd'hui
sans les révolutions. Elles troublent la tranquillité, bien sûr, dé même que lorsque, pour assainir unie ville; vous debsséthez uni marais, vous en troublez les éaux croupissantes. Il ; a tant à faire dans les sociétés corrompues et abâtardies par le despotisrne; que les tévolu- Yiuns, pour produire des fésultats durables, sont obligées de les bouleverser de fond én comblé, "En s’ériétant À la surface, elles ne ciéent qu'une agitation inutile, éuivie biehtôt de là réaction, et tout ést à récoiménéer, cofiine céla à eù liéu pouf toutes les évolutions espagnoles depuis 60 ans. Mais aüjourd’hüi, là dernière de és. tévolutions, conétiente de sa mission et de son objet, a accompli des choses sur lesquelles il sera impossible de tevenii. j
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aucune des influences indues qui travaillent contre nant que leur ne soit pas perpétuel.”
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commandées par Ferdinand VII, appelé le Néron moderne, et les fusillades d'Isabelle IT.
Si rien, ne travaillait contre les républiques, il est évident qu’elles dureraïent toujours. Mais je vais vous dire pourquoi plusieurs d’entre elles n’ont pas duré. C’est que la république est le gouvernement des hommes et que la monarchie est celui des enfants. Les peuples capables de se conduire par eux-mêmes n’ont pas besoin de rois ; aux peuples en tutelle, ceux-ci sont nécessaires.
Les peuples qui ont tour-à-tour proclamé la république dans les temps modernes, n’y étaient pas préparés. Sortis brusquement de longs siècles. d'oppression, de misère, et d’une servitnde qui les réduisait à l'état de brutes, ils étaient incapables d'exercer judicieusement et longtemps des droits qu’ils avaient conquis sans les comprendre.
Le plus frappant exemple en est donné par le peuple français qui a fait 89, mais qui ne tarda pas à retomber sôus le joug, parce que Îles trois quarts de ses enfants ne savaient pas lire.
La liberté est une école, et sans l'éducation politique, sans la science du droit populaire, les républiques sont impossibles.
L'Espagne retombera encore peut-être sous la monarchie ; il faut s'y attendre. Mais la Suisse y est-elle retombée depuis cinq cents ans? Les Etats-Unis y sont-ils retombés? Non, parce qu'avant de proclamer leur indépendance, ils avaient eu deux siècles d'institutions libres, deux siècles d’une république de fait, si ce n'est de nom.
“€ Sait-on pourquoi les adversaires de la monarchie. ont à citer plus d'exemples de monarchies tombées que nous en avons à citer de républiques ues? C’est que le sentiment républicain est si peu naturel à l'humanité qu'il n’a jamais eu la Ktm que les peuples n’en ont pas ph 4 De là le nombre restreint des répu-
Le sentiment républicain n’est pas naturel à l'humanité, et les peuples n’en veulent pas / Rs Ti 7
Qu'ontils donc fait, les peuples, toutes les fois qu’ils ont brisé un despotistie, chassé des rois ? is ont proclamé toujours et invariablement la république.
La république est l'aspiration constante, universelle des hommes. Semblable à un but élaigné, mais qu'on poursuit toujours, tantôt avec des défaillahces, tantôt avec une ardeur riouvelle, l4 république apparaît comme la terme de leurs espérances, comme le seul gouver-' nement où la liberté ait des garanties inviolables, où le peuple soit maître de ses destinées. ‘© UT s
Dira-t-on que les hommes tendent à l'éternisation de leur dépendance plutôt qu’à la jouissance de la liberté? Dira-t-on qu'ils aiment mieux obéir qu'axercer eux-mêmes leur volonté dans la souveraineté nationale ?’ Voilà pourtant ce que vous prétendez,
Interrogez l'histoire depuis qu'on l'a écrite pour l’enseignement des générations. d PE, up
Que fit Rome lorsqu'elle s'affranchit des Tarquins! Elle fit la république, Cette république düra cinq cents ans; tant qu'elle fut vertueuse, elle mérita d’être libre. Plus tard elle se corrompit, et-
c'est alors qu’on vit surgir les maîtres, les despotes, les empereurs en un mot. corruption des mœurs engendre toujours les tyrans, de même que l’eau stagnante produit la boue.
Le premier de tous fut Sylla. Il fit voir aux Romains qui commençaient à être énervés tout ce que peut faire celui qui ose. Plus tard Auguste montra aux Romains devenus esclaves tout ce
u’on peut faire sans rien oser. Sous Sylla, ils se souvenaient encore d'avoir été libres : sous Auguste, ils n'avaient même plus la force de résister. Ils étaient propres à la monarchie.
Que fit l'Angleterre lorsqu'elle détrôna les Stuarts? La république. Que fit la Suisse lorsqu'elle s’arracha des serres des Habsbourg? La république. Que fit la France lorsqu'elle précipita sous la guillotine sa monarchie douze fois séculaire ? république. Que firent toutes les populations de l'Amérique du Sud, lorsqu'elles brisèrent le joug de l'Espagne? La république. Que demande aujourd’hui cette Espagne elle-même, affranchie à tout jamais de la camarilla® La république ; et c’est la république que tous les esprits éclairés de France lui conseillent,
Voilà donc ce gouvernement si peu naturel à l'humanité, et dont l'humanité ne veut pas / Ah ! si les hommes n’étaient pas si confiants, si, à peine rendus à la liberté, ils n’abandonnaient pas leurs destins aux ambitieux qui les trompent, la terre entière ne serait aujourd’hui qu'une vaste république, et les hommes, au lieu d'être les jouets des despotes qui les font s’entr'égorger, ne seraient plus que des frères s’embrassant sous le ciel satisfait.
La république, ou Ia liberté, n’est pes aujourd’hui ce que les peuples la croyaient autrefois. La liberté moderne est inséparable de la fraternité. On ne la veut pas seulement pour un peuple, mais pour tous les peuples, On veut effacer les frontières et voir tous les hommes dans la recherche du bien commun.
Voyez ces associations d'ouvriers qui se rencontrent sur un point . donné de l’Europe, mais qui viennent de tous les pays à la fois. Ces ouvriers déclarent qu'ils sont frères et que les gouvernements ne les forceront pas à se battre les uns contre les autres. Voyez ces congrès pacifiques qui se réunissent à Genève. C’est le premier pas vers la fusion des races et l'harmonie des droits populai
Voyez l'Angleterre elle-même, la constitutionnelle Angleterre. Elle marche à grands pas vers la république. Sa reine n’est plus qu'une femme respectée et aimée ; mais ce n’est pas une reine, c’est un souvenir. Le prince de Galles sera probablement le dernier des rois anglais. Quand on aura renversé l’église établie qui est le principal soutien du trône, et que le suffrage aura atteint ses dernières Nue alors il n’y aura plus de raison pour conserver un fantôme de
ajesté.
L'Angleterre a pris exemple des Etats-Unis, et elle a plus fait pour s’assimiler leurs institutions depuis cinq ans ‘qu’elle n'avait fait de progrès constitutionnels dans les cinquante années précédentes.
C'est qu’ aux Etats-Unis la liberté est une science. La république n'y est pas un système de gouvernement, mais un axiôme, dont toutes les conséquences se déduisent d'elles-mêmes, que l'on applique au fur et à mesure, et qui font l'école du monde.
Qu'était à côté de la liberté américaine la liberté antique ? C'était une marâtre pleine d'égoïsme et de tyrannie. Elle ne dépassait pas les murs de la ville natale, et tel grand homme qui se perçait le sein plutôt que de voir sa patrie asservie, traînait derrière lui des milliers d'esclaves. Cette liberté s’accommodait du despotisme, comme on le vit bien dans la Venise républicaine, sous le Conseil des Dix.
. Elle admettait l'oligarchie et l'odieuse distinction des rangs qui nourrit toujours l'injustice ; elle regorgeait de privilégiés Monstre décoré d'un beau nom, on lui vouait un culte qui étouffait dans le cœur tous les sentiments du juste et du vrai. C'était enfin une courtisane impérieuse dont il fallait caresser les violences, et non pas cette vierge sévère qui, aux États-Unis, convie tous les hommes à l'amour du droit commun, à la recherche de l'égalité, à l'exercice plein et facile des droits de l'individu qui sont le fondement même de la constitution
‘ américaine.
: ‘ Nommez-nous, continue la Minerve, les bliques qui ont vécu le quart de Fetes de temps qu’a duré la monarchie anglaise, ou même la monarchie espagnole, que l’on croit morte aujourd’hui, mais qui renaîtra sous + Combien de temps la république a-t-elle vécu à la place de cette longue et glorieuse monarchie française? Si le sentiment républicain était si fort, il nous semble que le peuple, tour-à-tour maître de l'Angleterre, de la France, de l'Espagne, eût pu s’y installer à son Aie.
Je nommerai la République Romaine qui a duré cinq cents ans sans interruption, celle de la Suisse qui date de 1389, celle des Etats- Unis qui remonte réellement à trois cents ans ; j'en nommerai partout enfin où il y a eu des peuples éclairés.
N'est pas libre qui veut, mais qui est digne de l'être.
En Asie, les monarchies se perdent dans la nuit des temps, parce que les hommes n’y furent jamais que des troupeaux d'esclaves.
‘ Qui ne voit que le despotisme ne pourrait subsister, s'il n'éblouissait et s'il n'étreignait les peuples? (Ce respect superstitieux qu’il grave dans les imaginations les rend comme inertes et comme fascinées: Du jour où l’on raisonna le pouvoir en France, on fut effrayé à la vue des abîmes qu'il avait creusés tout autour, de lui pour rester seul debout. C'était un monstre, engraissé de l'ignorance de douze siècles, qui apparaissait soudain dans toute son énormité, qui fit voir par là ce qui l'avait toujours soutenu et ce qu'il fallait d'efforts pour l'abattre.
Aussi, pour donner la liberté au peuple français, fallut-il le plonger dans des flots de sang.
C'est à cela qu'avait abouti cette longue et glorieuse monarchie.
avec Mc à ou, des Era es trattent ogg des pue Neurl voit certains
e, noir# avides et tont ne avec une opiniâtreté invinoi vinaible y ils ont sn voix uand ils se pren sur leurs pieds, ils montrent une f.ce he te en ee sont des ommes ; {ls se retirent la nuit dans des tanières, où ils vivent de pain noir, d’eau Li et de racines ; ils ent aux autres hommes la peine de semer, de lsbourer et de recueillir pour vivre, et méritent sinai de ne pas manque de cœ pain qu'ils o ont semé, Il ÿ a une espèce de honte d’être heureux à ls vue de certaines misères.”
Voilà l'heureux peuple (la majorité des Français) sur lequel régnait le roi-soleil ; sur ce fond sombre et sinistre tranchaient comme des teintes vives et joyeuses, comme des lueurs dorées et sanglantes, la richesse et les priviléges des grands. Le souverain d'abord, pompe énorme et sbsorbante de tous les sucs vitaux de la nation; puis, rangées près de lui en tuyaux d'orgues, pompes moindres, mais sans cesse aspirantes, les princes royaux, les princes de l'Eglise, les favoris et les favorites, les courtisans sans nombre, les finaneiers et les acca-:
urs, um, clergé avait la meilleure et la plus sûre part, car 868 bénéfices consistaient en superbes et inaliénables domaines, grossis chaque jour par les dons de riches testateurs, désireux d'acheter par ces dons ‘une place au paradis, aussi belle et aussi privilégiée celle dont. ils avaient joui sur la terre.
à At Arped re menés six cent vingt mille np dont il n’est payé qu'en médailles d'or. Il ya
Edo ra € mille familles indigentes qui ne s obhuffent point pondant l'hiver, qui point d’habits pour se couvrir eb ui souvent manquent pain ; ler pareil est extrême et hontouss.”
‘“ Un gouvernement despotique, dit à son tour Raynal, n’est K | famais assez puissant pour fatre le bien. Il commence par ôter aux sujets ce libre exercice des volontés qui est l'âme, le ressort des nations, et quand il 4 brisé ce ressort, #7 ne peut plus le rétablir.
PA 1 Je reçois de Toronto la lettre suivante :
| A M. A. Buiss, rédacteur de la Lanterne,
J'ai lu votre lettre dans les journaux ce matin et s'adéitret y votre | fèrme et courageuse résolution de résister aux ennemis de la libre [HU pärole. Nous syÿmpathisons avec-vous dans Ontario ét nous souhai: | LA tons ardemment votre succès:
: "Il ressort évidemment des actes du parti ultramontain qu’il ésl mal à l'aise, qu’il ent effrayé de la lumière que répand votre Lanterne,
Brillez, brillez encore, vous disons-nous. Faites e6 qui est juste, et résistez fermement à toutes les menaces.
Envoyez-moi votre pamphlet et le compte d'abonnement,
} Bien à dos QE FR&E-SPEECH.
DR EVE ES === == = z == - = = 2 - 2 = F.
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ES = sr LE ET = - =.
CR CE ed
Un autre aussi m'écrit de Lyn (Ontario)
“ Envoyez-moi, je vous prie, votre Lanterne pour six mois. Dites la vérité, dût le ciel tomber sur votre tête : ”
Soyez tranquille, je la dirai, lu vérité, |
Ce soht deux pr-testants qui m'ont écrit ces deux lettres. Ce n’est pas là le pire ; ce qui est horrible, c'est que je ne m’en £ache pas. Oui, mes amis, de l’argent.de protestants, monnayé et frappé par Belzébuth, qui va Pr à à payer mon cordohnier, lequel lé prendra sans
demander d’où il vient.
C’est un signe des temps.
Un autre correspondant m'écrit de Québec, sous la signature “ Historicus. ”
Je regrette d’avoir à refuser son article,
Qu'il soit bien entendu, et je désire bannir toute équivoque à ce sujet, que ma Lanterne ne peut servir à aucun genre de personnalités.
J'écris pour instruire, non pour satisfaire des haines. Qu'importent le nom ou les actes de tel ou tel. Tant que ces actes n’ont pas un caractère public et ne peuvent servir d'exemple, je n'ai rien à y voir.
-Je veux maintenir ma Lanterne à la hauteur d’un pamphlet, et non l’abaisser au libelle. ;
Ça ne serait vraiment pas la peine de prendre une plume pour me mettre au niveau de ces petits insulteurs gagés qui mendient l’aumône du scandale et vivent des réputations que leur souffle flétrit.
Je descendrai dans l'arène pour y combattre le vice, le mensonge, l'hypocrisie, toutes les hontes, jamais pour outrager un nom.
Non que ce soit là le rôle que veuille me faire jouer le correspondant “ Æistoricus ;”” mais j'ÿ arfivérdis bientôt et n'aurais plus raison de m'’arrêter, ayant entamé la po'nme,
On comprendra sans doute maintenant que je ne puis sortir du terrain où je me suis placé, et que, voulant rendre ma Lanterne utile, je ne puis la faire méprisable.
Bon nombre de personnes me demandent encore tous les jours ‘“ Où donc trouve-t-on votre Lanterne ?
Je déclare que je suis exaspéré. |
Où trouve-t-on la Lanterne / Mais partout. Partout les affiches brillent et vous invitent.
Si vous voulez l'avoir, vous n'avez qu’à ouvrir les yeux. Si vous ne la voulez pas, ne venez pas m'en parler.