‹ La lanterne [microforme]Chapitre 12 sur 73 · AUX CORRESPONDANTS · texte numérisé non relu

AUX CORRESPONDANTS

J'ai reçu cette semaine une quantité de correpondances auxquelles il m'est impossible de faire droit, vu le manque d'espace et le désavantage de ne paraître qu’une fois la semaine,

Je ferai remarquer en particulier au correspondant qui signo Ancien procureur en droit que son article, pour être très-piquant et digne à tous égards de la publicité, ne contient néanmoins aucun fait précis que je puisse utiliser.

Or, ce sont des faits, des faits arrivés, qu’il me faut.

Je me servirai avant longtemps des documents qu’il a eu la bonté de me faire parvenir. Ils sont précieux ; je les mettrai en français sous les yeux du public. .

Lo

‘On me demande où j je veux en venir. On dit ‘ Cherchez-vous donc à détruire la religion ?

Ce que je veux, le voici.

Je veux que le peuple croie, mais non qu’il soit ettloité,

Je veux qu'il n'y ait pas de superstition lucrative, ot qu on ne fasse pas de miracles ridicules pour en tirer de l'argent.

Ce n'est pas moi qui attaquerai une religion, quand elle sera digne de respect,

Mais j'attaquerai sans crainte et sans relâche les faux ministres de cette religion qui s'enrichissent en préchant-la pauvreté, qui trafiquent de toutes les pratiques religieuses, qui font servir Dieu constamment à leur ambition, à leur rapacité, à leur esprit d’accaparement et de domination, à leurs haines, à leur fanatisme de commande.

Dieu est grand ! dit l'Arabe, Je ne veux pas que vous le fassiez petit, que vous le fassiez à votre image. .

“ Si les chevaux se faisaient. des dieux, ils leur donneraient la forme d’un cheval, ” a dit depuis longtemps Xénophane.

La religion, la vraie, a fait de grandes choses, L'ultremontanisme n’a engendré que des hontes.

se s'adresse pas à l'intelligence, mais à la crédulité, qui n'est pas la foi,

Crôyez, et ne raisonnez pas. C’est absurde. Toute la raison humaine se révolte contre cette théorie aveugle qui fait des hommes des automates.

Je respecte toutes les convictions, quand elles sont des convictions, et non des idées imposées qui rejettent l'examen.

Un horume est un être intelligentet raisonnable, Voilà magcroyange.

sx

x e n'aime pas à me poser en victime. C'est un rôle qui, lorsqu'il n’est pas sacré, est ridicule. Il y a tant de charlatans qui l'ont exploité de nos jours que, vraiment, on est tenté de lui préférer celui de bourreau.

Mais voici des petits faits que je trouve de nature à me faire

‘inscrire dans le martyrologe, bien plus.que si j'avais passé dix ans,

une jambe sur une colofine, à me faire nourrir par des corbeaux, comme les saints séylites.

Pa" Cet enfant avait été

J’employais un petit garçon à mon bureau.

J'avais une peine

à l’école des Frères, mais il ne savait pas lire. infinie à lui faire déchiffrer quelques lignes.

Il était payé grassement et bien traité, ce en quoi il différait des zouaves pontificaux,

Un beau jour, il se sauve au moment où j’ avais le plus besoin de hi.

Deux jours après, sa mère vient chez moi entrer dans des explications. Ces explications consistaient à me dire qu’on lui avait formellement défendu de laisser vendre la Lanterne à son fils. (C'était plus que satisfaisant, et je m'inclinai.

Mais d’où venait cette défense ?

En Canada, il n'y a plus qu'une classe d'hommes 7 défende et ordonne ; ce sont les prêtres. ‘Les juges eux-mêmes, parlant au nom de la loi, ont perdu cette attribution, comme on l’a vu la semaine dernière dans l'affaire du: shérif

Je compris donc de suite que j'avais affaire à l'énorme. Puissance, dont un des plus formidables moyens est d'épouvanter la ‘eonscience d’une pauvre femme du peuple, ignorante, et d'obliger un petit garçon à quêter plutôt qu’à gagner honnêtement sa vie. :

J’engageai de suite un autre enfant et lui donnai des Lanéernes à vendre.

‘Une heure après il-revenait chez moi tout ému, tout bouleversé.

Ah! Monsieur, or dit-il, j'en ai eu une râclée, allez. J” ai bien rencontré mon confesseur, WT , de l'évêché, qui m'a dit: Lanternes!.

‘ Qu'est-ce que tu fais là? sh que se papier? Des Comment, : tu vends des Lanternes / Va-t-en vite brûler ça; que je ne M reprenne pion

t de deux.

Le soir même—vous voyez que les événements se précipitent— j'entrais dans un hôtel avec quelques amis.

Aussitôt vient à nous un petit garçon, qui avait l’air de mépriser les biens de la terre, fonction qui se au AA de plus en pluset qui a pour avantage immédiat de faire une population mendiante et abrutie.

È nous demande quelques sous. “ Pourquoi ne travailles tu pas! lui dis-je.

e ne peux pas trouver d'ouvrage, Monsieur.” C’est la réponse invariable,

“ Viens avec moi, je vais t’en donner.”

Je l'amène et lui offre une douzaine de Lanternes à vendre.

‘“ Oh, monsieur, je ne peux pas vendre ce papier-là, fit-il en regardant la vignette.

—Tiens ! pourquoi ça 1

—Paroe que, monsieur, je me ferai prendre ; c'est ce qu’on a dit aujourd’hui à un petit garçon qui le vendait.

—Mais l’a-t-on pris, ce petit garçon !

—Non.

—Eh bien ! on ne te prendra pas davantage, toi.

— Ah ! j'ai trop peur. .:

— Écoute, si tu te fais prendre, je te déprendrai ; va toujours.

—Oh ! nôn, non, monsieur, ce papier-là est effrayant, voyez-vous !

—Bien, mon garçon ; voici deux sous, va quêter.” :

Le lendemain matin, j’entre chez un de mes dépositaires pour lui donner quelques instructions.

Il n’y était pas. Mais sa femme.y était. Oh! les femmes!.... je veux bien leur permettre de m’aimer, mais nou pas de m’avaler tout rond.

* Or, je fus sur le point de l'être ce jour-là.

Arrive sur moi la maîtresse de céans, du fond de la boutique. Elle a des dents, cette femme !

J'ai vu les ouraganus du golfe mexicain; j'ai vu YAtlantique furieux tourner bout pour bout le steamer où je‘me tr'uvais, n'ayant dû mon salut, en ce jour mémorable, qu’à la Providence qui « des vues sur moi, mais je n’ai jamais vu de catastrophe comme cette figure-à,

‘“ Nous sommes des catholiques romains, fit-éïie en fondant sur moi

vous

—Monsieur, monsieur, je n'ai rien à recevoir. catholiques romaïns, et jé‘ne veux pas vendre ivotre infâme journal ; il est plein d'obscéniités, votre journal ; il dit que les prêtres ont des

femmes, qu'ils....que, qui....”, et sa bouche pleine de qui, que, qu'a, expectorait et ne jetait plus que des sons sans mots.

Je retrouverai devant cet orage le calme des grands caractères.

‘ Madame, lui dis-je, si vous êtes catholique, et romaine ! (car il paraît que catholique canadien ne vaut rien du tout), vous devez savoir qu'il est défendu de porter des jugements téméraires, de condamner sans savoir pourquoi. ...Avez- vous lu la Lanterne 1

—Non, je ne l'ai pas lue, Dieu merci, et je ne le lirai pas non plus. Mais il est obscène, votre journal.”

Rien n’était plus clair. Depuis ce jour, je suis canvaincu que j'ignore ce que j'écris, et que d’autres savent ce que je n’écris pas.

Partant de là, je me rends chez un autre dépositaire. J'arrive le cœur serré.

Plus d'affiche ! je reste saisi. Mais faisant effort sur moi-même, j'entre, et d’une voix étranglée : “ Ne vendez-vous plus la Lanterne ? hasardai-je.

—Oui, monsieur, nous la vendons cettainement. Il nous en reste ence-s quatre exemplaires sur les deux douzaines déposées.

—Mais vous n’avez plus Paffiche.

—Tiens !”

Et derechef je vais constater, Il n’en restait plus rien, pas la plus petite déchirure. Durant la nuit on l'avait enlevée. Evidemment la main qui avait passé là était infaillible,

C’est la foi qui soutient dans les douloureuses épreuves de ia vie,

Si j'avais pu croire aux miracles, comme ceux que rapporte le Nouveau-Monde, j'aurais compris de euite que l'affiche s'était envolée toute se:le vers un monde meilleur, et je me serais consolé de cette

perte en la sachant heureuse.

Mais comme je ne suis qu’un renégat, (expression de l’Ordre), je

| partis accablé d’amertume. Je crus sentir toute une armée d’ennemis

invisibles me combattant dans l'ombre, et me portant des coups d'autant plus sûrs que je ne pouvais les parer.

Les connaître, ces ennemis, pr À ci Ils ne sont personne, et ils sont légion. Ils intriguent sans paraître, et tuent un homme sans commettre de meurtre, Ils ne violent pas la loi, mais ils violent toutes les notions d'honnêteté; de bonne foi, de justice. Insai 1ssables eux-mêmes, ils savent bien par où vous prendre, ils vous harcèlent, vous détruisent petit à petit, sans relâche, sans trêve, et lorsque, succombent sous les coups sans voir la main qui les porte, vous jetez le cri de persécution, vous faites appel à tous les hommes libres et les ralliez autour de vous pour vous protéger, ils font demander par la presse, sans qu’on sache encore qui l’inspire, de quelles persécutions

vous avez à vous plaindre, quels faits vous pouvez préciser. C’est ainsi que de vous, victime tourmentée par tous les moyens clandestins maniés à profusion dans les familles, dans les confessionnaux, dans les confréries, dans les sociétés dirigées par eux, c’est de vous quils font un persécuteur |

Notre peuple est profondément abaissé et humilié, parce que ce sont ces hommes-là qui ont fait son éducation. ïls lui apprennent à être faux, craintif, oblique, à employer toute espèce de petits moyens, de sorte qu’il ne peut employer les grands, quand il le faut, et qu’il se voit d’un grand bout dominé par les autres races.

Nous sommes des m. 1tons et, qui le veut, peut nous tondre.

On ne nous prêche que deux choses, l’obéissance et l’humilité, l’obéissance surtout, dont on fait la première des vertus.

Mais l’obéissance n’est que l'école du commandement et non pas une vertu en soi.

Et l'humilité, telle qu'on nous l’enseigne, n'est autre chose que l'humiliation.

La vraic vertu des nations n’est pas l'humilité, c'est l'orgeuil, c’est la conscience de leur force qui leur fait faire de grandes choses.

L'esprit public inculqué dans les masses, le voici. Il se résume en deux mots prononcés, il y a deux ans, par l'évêque de Trois- Rivières :

‘Dans toute matière, dit il, et surfout en atéèes politique, c'est l'évêque qui juge en dernier ressort, ” * ++

Dernièrement, les journaux du parti stupide se rengorgeaient à la vue de statistiques fournies par le Journal de l’Insiruction, d'où il ressortait que le Canada est le pays le plus ins'ruit du monde /

Proportion Population re des

La la population

Halis.sriuligées sen 1863. 22184560 1109224 1 sur 20 Espagne. ...... CRT: 1865. 16301000 1569017 1 ‘“ 10 France ............. 1850. 35779067 3407545 1 “ 10

D NU 1862. 37472000 4336368 EU 6 Autriche .....,..... 36514466 2605000 1 “ 10 Angleterre .......... 1858. 16921888 2144379 PE dir à Etats-Unis .......... 1860, 30000000 4300009 b. #30 Prat dirt 16285036 2605000 1 “ 6 B.-Canada ,.......... 1861. 1111568 180845 1 “ 6

Quand le roi de Prusse fit la guerre à l'Autriche, il ne se présenta pas avec des listes d’enrôlement, mais avec des hommes.

Ces hommes n’avaient pas seulement des armes à la main, mais ils savaient s’en servir. , 1 HN Nous qui sommes le peuple le plus instruit de la terre, nous in n'avons ni soldats ni armes.

1 Les écoles publiques en Canada sont un mythe, une farce honteuse. 1 ni ; Si les enfants par hasard y apprennent à lire, on ne leur met guère | entre les mains d’autres livres que le catéchisme et la petite Ais- 1 toire sainte ; ils ont bien pour la forme une grammaire et un volume d'exercices français, mais ils ignorent l’une et ne font guère les autres ; | de géographie, point; d'histoire, n’en parlons pas; de physique, de LR 1 mathématiques, de chimie, des notions confuses. Dans d'immenses 4 paroisses, on trouve une seule école où les enfants en petit nombre qui MN 1 la fréquentent viennent souvent de très-loin, ou ne viennent que HU. rarement, débitent une petite leçon d'histoire sainte, regardent curieunt sement l'instituteur s’embrouiller dans les quatre premières règles de ER: l’arithmétique, s’en vont, reviennent, et ainsi de suite, pendant trois à {l Ï quatre ans, sans avoir rien appris Le curé du village est là qui À | guette s’il se glisse un ouvrage de science élémentaire égaré sur les | bancs de l’école, et le proscrit sans miséricorde. (Ça n'est pas | approuvé par Monseigneur / 1} Parlerez-vous de la jeunesse des colléges ? Que sait-elle ? ÿ Pendant cinq mois que j'ai été rédacteur du Pays, je n’ai pu | trouver un seul produit de collége capable de traduire, dans un français

Quand il s'agissait de documents scientifiques, les jeunes gens à qui je m’adressais ignoraient l'orthographe et le sens des mots tethniques. il | ñ Quand il s'agissait de documents politiques, ils ignoraient l’histoire, HU la géographie, et ne savaient comment bâtir leurs phrases.

BU J’ai passé ces cinq mois à faire l’école.

\ IL 1 Vous ne le croyez pas? Lisez les traductions de la Minerve.

ni | Les traductions sont difficiles ! Eh bien ! prenons quelque chose | nl qui. ne soit pas une traduction, prenons un éditorial du Nouveau- |

| décent, les documents anglais que je recevais. | |

fl Monde, par exemple.

1 | | : Il s'agit de la statue de la reine Victoria : ‘ Comme la chose doit

j se faire, dit le Nouveau-Monde, par des souscriptions volontaires, nous n'avons pas un rhot à ee du mérite, du prix ou de l’à-propos du

|| 4 ‘ ( I mouvement.” |ATEME Vous figurér-vous « ce que c'est que ke mérite et le prix d'un | [à mouvement 1 pa (1 Parlant du confit de juridiction survenu la semaine dernière LU) à entre le gouvernement et le tribunal d: M. Berthelot, le N.. M... dit HU: à encore :

“Tout est suspendu ‘pendant quelques minutes : puis la cour reprend à rendre des jugements.”

Re

Æ ne E=

ÿ U (fl

: Je continue. La jeunese sort des colléges, bouffie de prétentions, mais vide de science,

Elle ignore les choses les plus élémentaires, sans parler du grand mouvement scientifique de notre époque, des découvertes de la géologie, du développement de la race, humaine sur toutes les parties du monde, des études nombreuses et variées faites sur tant de sujets divers, et qu’il n’est pas permis d'ignorer aujourd’hui. : Cela est bien simple, on enlève aux jeunes gens tous les livres ; ils ne pèivent lire que ceux de la petite bibliothèque du séminaire, et Dieu sait ce qu'est ce stock-là. : Histoire ancienne : Rollin, et rien que Rollin; Gibbon n'existe pas; histoire de. France: Gaboure ; is Thiers, Thierry, Henri Martin, Mignet, Michelet, inconnus ! . Poésie : Lefranc de Pompignan, J. B. Rousseau, un peu de Racine, encore. moins de Corneille; voilà le bagage. Eloquence : oraisons funèbres de Bossuet ; Fénélon est dangereux.

Un élève rapportait de ses vacances, il y a quelques années, quelques pièces. de Shakespeare et le traité de l'Existence de Dieu. Il voulait connaître ce que c'était que ce Shakespeare dont on parle tant, et comment l'existence de Dieu était démontrée par Fénélon. On lui ôta ces deux livres dès le premier jour; Shakespeare est un Anglais qui ne parle pas de la nationalité canadienne, et Fénélon apprend à raisonner.

Voilà !

0 AA Led Pa » ‘

Je reçois la communication suivante :

‘ La sécularisation des propriétés accaparées en E e par les Jésuites et autres corps religieux va sans doute ramener les mêmes doléances et les mêmes lamentations. On criera encore à la spoliation. Ces.opérations qui ont fait le tour du monde et qui passeront ici un jour comme ailleurs; sont maintenant bien comprises. Ce sont de simples revendications. L'état, représentant la société dépouillée par les corps rel'gieux, ne fait que rentrer dans son bien, On avait mis un bandeau sur les yeux des populations ns les dépouiller ; les populations D PRG leurs biens quand elles y voient clair. Ce n’est pas pla compliqué que cela.

“ Victor-Emmanuel, cédant aux arguties de quelques casuistes, a eu la. candeur d’indemniser les corps elisieux. Quy a-t-il gagné? Plus de malédictions que s’il ‘eût repris le bien Gs la nation là où il le trouvait, sans cérémonie. L'exemple ne sera pas perdu pour les Espagnols.”

Le digne: citoyen qui m'adresse ces observations, croyant sans doute entrer dans mes vues, se trompe du tout au tout. Il oublie une chose bien simple ; c’est que le pape, ayant été institué par Diew maître des trônes et des empires, il en résulte manifestement que le clergé est propriétaire naturel de tous les biens d’ici-bas.

S'il en laisse avoir par ci par là à queiques particuliers, c'est par pure tolérance.

Un jeune homme se présente l’autre jour pour demander une place dans la galerie de l’église des Jésuites. On lui répond qu'il l'aura, à la condition qu’il,se mette de l’Union Catholique!

Wa : 84

ER | La condition était dure. Néanmoins elle fut repoussée. Moi, 14 que j'aurais accepté, rien que pour voir si les Jésuites m’auraieñt donné ma place dans la galerie, sans exiger en sus que je fisse partie du Rosaire Vivant, de la Couronne d'Or ou de l’Adoration Perpétuelle.

| à Ah ! vous ne savez pas ce que là c’est que toutes ces jolies choses. Mi, | Je vais vous le dire. Don | Le Rosaire Vivant est une confrérie dont les membres sont tenus ui de réciter trois chapelets par jour, ce qui fait en tout 150 Ave Maria. l 1 C’est le seul exercice dont il soit impossible de se lasser, pas plus 1 ait que le Nouveau-Monde ne se lasse de faire des miracles. La Couronne d'Or est une société secrète, approuvée par l'évêque, h |: le même qui n’a pas approuvé le elub St-Jean-Baptiste, parce qu’il tan n'avait pas de chapelain. La société de la Couronne d'Or comprend N 30 membres ayant chacun son jour pour communier, Quand le mois Lil a 31 jours, ils communient tous ensemble,

Les membres de l’Adoration Perpétuelle viennent l’un après DL l’autre se mettre à genoux, pendant une heure, devant le St-Sacre- [a || ment.

é | Cette pratique, très-profitable aux tailleurs, a été instituée pour [A | rappeler à l’homme qu’au moins une heure par jour il doit cesser de fl veiller à ses affaires, à moins, bien entendu, qu’il ne fasse déjà partie 191 de l’Union Catholique, où l’on est à genoux tout le temps. Hi Ceux à qui il arrive quelque lassitude par suité de ces nombreux (Là exercices quotidiens, se procurent une fiole de l’huile de Notre-Dame- {| de-Pitié pour s’assouplir les articulations.

Vous voyez comme tout se tient.

I1 ne reste plus ensuite qu’à devenir membre de la société St-

Jean-Baptiste, pour que le royaume des cieux s'ouvre à deux battants.

IR ‘#* ul ( * *

À Le Pays est enfin devenu quotidien ; oui, il l’est devenu, ce vieux | scélérat.

Jour.de Dieu ! est-il poseile | je ne pourrai jamais. . Une, feux, ça y est quand même ! je le lâche. . . .tenez vous bien . .

(ji: 14 Tous les hommes vertueux vont être obligés de quitter la province A maintenant.

1 |: Savez-vous ce qu’il a osé dire, ce monstre de as à Ah ! Von MN. voit bien qu'il est fondé par des protestants...., et moi qui fus DA lt assez naïf pour le nier !

DU à Savez-vous ce qu'il a dit, là... .Eh bien ! il a dit....non, je ne [EURE jpourrai jamais répéter ça.

LA | pi Pourtant, il faut ete les jens....le Paye dit ce matin, 8 L. nt Novembre 1868, ah! cette date fatale ne partira jamais de ma # AL mémoire....ila ‘dit, le Pays, il a dit....non, tenez, lecteurs, je n'ai HE Mi pas le courage de vous.

| Mill Un coup de cœur, voyons. . Eh bien ! oui, il a dit, il a..

er

Lecteurs ! lecteurs! le Pays a dit ce matin....qu'il voulait

‘instruire et intéresser !!!!11!!

Mourons !

Pan

La concurrence est une chose licite et louable : elle favorise le progrès industriel. Les religieuses l'ont si bien comprise et la pratiquent si bien qu’elles font aux pauvres femmes du peuple, qui travaillent pour les magasins, une concurrence qui les met sur la paille, ce qui est mauvais dans cette saison-ci,

Grâce à cette concurrence, les femmes du peuple ne trouvent plus d'ouvrage, mendient, ou......

Qu’une industrie prospère ou débute, dans notre ville, avec de belles perspectives, de suite vous voyez arriver les émissaires de certaines congrégations qui demandent qu’on leur cède la besogne, et qui offrent de la faire au rabais.

Naturellement, l'industriel livre le travail. Alors vient l’ouvrière qui, apprenant que les religieuses font l'ouvrage pour tel prix, l'accepte pour le même prix, plutôt que de n’en pas avoir.

A leur tour, les religieuses reviennent et offrent de faire l'ouvrage à plus bas prix encore.

La pauvre ouvrière, qui n’a pas les avantages qu'ont les congrégations dont je parle, qui n’est pas nourrie, chauffée, éclairée par la charité publique, renonce à faire l'ouvrage à perte, et la voilà sans ressource.

Chacun est libre sans doute d'entreprendre un travail à aussi bas prix qu’il le veut ; et le marchand, qui ne consulte que son intérêt, cherche à réaliser le plus de profits possible sur ses ouvriers.

Ce n'est pas là la question. Une concurrence ne saurait être louable, ni même légitime, si elle n’est faite à moyens égaux. Mais que des congrégations, qui vivent de la piété crédule et de la charité du peuple, viennent enlever le pain aux pauvres femmes de ce peuple, aux ouvrières, mères de famille souvent, qui n’ont qu’un métier pour vivre, c'est un de ces petits supplices arrosés d’eau bénite, comme on en tient en réserve pour précipiter plus vite dans le paradis les gens qui ont la vie dure.

Il est fort heureux qu'il y ait des sœurs qui entendent le

commerce. Sans elles, on vivrait trop longtemps dans cette vallée de larmes.

# * * Je reçnis la lettre suivante de Québes :

Monsitur,— Votre Lanterne est suivie aveo beaucoup d'intérêt par nn grand nombre de personnes, chaque saines Comm de protestants cherchent à troubler les eat noliques dans l’exercics

e dé leur religion, de même je crois qu’il n’y a qu’une classe de catholiques :omains qui saut nous priver de n berté religi

otre li euse, est là la classe que vous attaquez si Courageusm et contre laquelle vous avez besoin de tous Len appuis pass vd " "

ER

Mais soyez convaincu que vous aurez les sympathies et l'appui de tout homme indépendant d'esprit, tant que vous conduirez votre petit journal avec tact et que vous vous attacherez à la vérité,

Le gouvernement local peut se vanter de ses écciss et de l’éducation publique, mais quelle peut être la valeur de cette éducation, quand la voix d’un seul homme, (comme dans la discussion entre les abbés Pouliot et Chandonnet), peut clore toute discussion, sous la menace du plus grand des châtiments qui puisse frapper un catholique ?

"Cette éducation ne peut servir qu’à appesantir encore davantage notre jeunesse sous un joug énervant et funeste:

Continuez comme vous avez'commencé. Réussissez ; vous avez les meilleurs souhaits de tous les hommes éclairés et libéraux.

Page 1