‹ La lanterne [microforme]Chapitre 14 sur 73 · COURONNE DES SAINTS MARTYRS JAPONAIS · texte numérisé non relu

COURONNE DES SAINTS MARTYRS JAPONAIS

‘Ce petit chapelet, composé de 26 grains rouges, se récite. ainsi :.

‘“ 1, Sur la croix, les actes de foi, d'espérance et de charité ;

‘9, Sur chacun des petits grains, les invocations suivantes :

‘“ Doux Cœur de Marie, soyes mon salut ! Mon Jésus, miséricorde !

“3, Sur les gros grains, on ajoute à ces déux iprocntions le suivante : . tire

nsi :

‘“ Père éternel, je vous offre le sang très-précieux de J-C en expiation de mes péchés et pour les besvins de la sainte Elise.”

J'ai toujours trouvé très-commode cette façon d’expier ses péchés en offrant le sang d’un autre,. C’est même si commode que j'ai envie d'offrir celui de l'évêque Bourget ; ce sera un sacrifice d'autant plus agréable au Seigneur qu’il m'est plus cher.

Si c’est un besoin de la sainte Eglise que j'immole monseigneur Ignace, Dieu de bonté, j'y consens.

“Treize mille trois cents jours d’indulgence chaque fois, deux indulgences plénières une fois le mois aux conditions ordinaires.”

Les conditions ordinaires sont qu’on ne cessera pas d’être idiot un instant dans tout le cours de sa vie.

VARIÉTÉS

Si vous aimez à entendre causer morue salée et hareng saur, allez à Fécamp. Dix fois sur onze la conversation des habitants roule sur ce sujet intéressant. Maïs Fécamp a plus d’une corde à sa lyre, et quand on a parlé morue, on se recueille pour dire au voyageur l’histoire du gant imbibé du précieux sang de Notre-Seigneur, et que l'église de la Trinité, reste de la célèbre abbaye de cette ville, a pu conserver intact après tant de bouleversements accomplis.

Ah ! ce n'est pas la moins merveilleuse des légendes que celle là et j'entends encore la voix convaincue de l’honnête pélerin qui me la conta.

—Nous devons, me dit-il, le précieux «ang qui fait la fortune de l'église de la Trinité à un disciple de sesus, nommé Joseph d’Arimathie, et dont vous avez sans doute entendu parler,

—Je ne connais que lui.

—Eh bien! Joseph d’Arimathie, qui portait des gants, eut la bonne pensée d’en imprégner un du sang de notre divin rédempteur. Naturellement il conserva précieusement cette relique sacrée. Mais se sentant sur le point de mourir, il la légua à son neveu Isaac. Isaac, quoique juif, avait des sentiments chrétiens. Il conserva le gant de son oncle, et pout le soustraire aux Romains qui le recherchaient avec rage, il l’enferma dans une boîte de plomb. Ensuite il alla placer cette boîte dans le tronc d’un figuier. Puis il abattit l'arbre et le poussa à Ja mer. Les vents et le courant portèrent jusque sur la côte de Fécamp cette souche bénie et le gant fut ainsi sauvé et pradu à la dévotion des chrétiens.

—Mais comment sut-on que c'était là le gant de Joseph d'Arimethie, et même que ce gant existait ?

—Per un miracle, monsieur.

— Vous m'en direz tant !

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—Ce furent les enfants d’un certain Bozo qui, en pêchant des crevettes, découvrirent le figuier. Ils le portèrent à leur père, qui le mit sur un char pour le brûler comme une vulgaire bûche, Mais le char se brisa à l'endroit même où s'élève aujourd’hui l’église de la Trinité. A la vue du chariot brisé un pélerin s’écria: “ Cette souche contient le précieux sang de Notre-Seigneur, c’est ici qu’il doit être conservé à la postérité.”

—Comment avait-il pu deviner ce mystère, ce pélerin inspiré ?

—Voilà bien le miracle. Mais il y en à un second et plus étonnant que le premier.

— Bravo ! voyons le second miracle.

—Le duc Richard avait fait rebâtir l’abbaye de Fécamp en l'honneur de la précieuse relique. Le jour de la dédicace de l’église, savez-vous ce qui apparut ?

—Non, mais je brûle de l’apprendre.

—Un ange de six pieds de haut.

— Quel gaillard !

—-Cet ange magnifique tenait dans sa main le gant, qu’il déposa sur l'autel. Puis il disparut, laissant son pied imprimé sur une pierre, Il n’y avait plus à douter de l'authenticité de la relique, et personne n’en douta plus.

Les pélerins qui vont chaque année se prosterner devant le gant de Joseph d’Arimathie peuvent être évalués à vingt mille. Par la même occasion, ils boivent de l’eau d’une fontaine appelée “ Fontaine du précieux sang ”, et qui se trouve dans la cour de la maison portant le No. 10 de la rue de l’Aumône. Cette fontaine, propriété particulière, rapporte autant que les vignoles de Château-Margaux. Cette petite fiole d’eau est payée dix centimes par le croyant, et les fidèles en ingurgitent plus de dix mille litres le seul jour du grand pélerinage. ‘ Le succès comme vente de l’eau de la source du pré ieux sang, nous dit M. Conty dans son Guide des côies de N ormandie, a donné l’idée à un propriétaire voisin de faire concurrence au premier vendeur, en prétendant que c'était dans son champ et non dans celui de son voisin qu'avait été trouvée ln relique. Quelle est la vraie source ? Faut-il boire aux deux pour faire un pélerinage efficace ? Je ne puis vous renseigner à cet égard.” On parle d’un procès entre les deux propriétaires, dont l’un a bravement appendu à la porte de sa petite Salette l’écriteau suivant :

PRAIRIE OU A ÉOHOUÉ LA SOUCHE DU FIGUIER CONTENANT LE PRÉ- CIEUX SANG DE N. 8. JÉSUS-UHRIST.

Ne trouvez-vous pas qu'il est grandement temps de déorêter l’instruction élémentaire obligatoire pour tous les Français ?

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