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ji ll Le Nouveau-Monde continue :
| ‘“ Il existe plusieurs sociétés littéraires qui s’estimeraient heureuses de rendre !l au cercle légal le même service que l’Institut Canadien : ne serait-il point dès lors gi plus prudent et plus dans les véritables-intérêts de l’Institut Légal qu’il en fût 4 ainsi? Sans compter que ce scrait disposer favorablement le publie en sa fa sur, Mit | lui assurer les sympathies de la grande majorité de ‘notre population et ous Hi permettre d'applaudir sans reserve.”
If M | (| , | | À J’admire que cet oison mitré n’est même plus capable de cacher
{tar condition d'existence.
Vous voudriez bien voir l’Institut Légal installé à l’Union Catho- |: lique, ou au Cañadien-Français, ou, que sais-je encore Mordi ! vous if fl [il vous :ennuyez entre. vous. Quand il vous arrive de vous réunir une LL NN fois en six mois, c'est pour dire tant de platitudes que vous avez nl M (0 mal au cœur les.uns des autres.
lon - (Quelle fête ce; serait pour vous si des jeunes gens venant de | let l’Institut Canadien allaient vous retremper! Mais voyez le défaut
| ll l son jeu. Et pourtant l'hypocrisie est son élément indispensable, sa | |
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du système. Au bout d’un an, il vous faudrait une nouvelle fournée d'élèves formés à l’Institut Canadien, car la première serait devenue complètement idiote.
Nos jeunes gens ont perdu l'ambition de l’aplatissement ; il en est qui sont restés avec vous; ceux-là n’ont plus la force de se relever ; captifs endormis, ils regardent leurs chaînes d’un air hébêté, ne sachant même plus qu'ils sont esclaves. D'autres s’agitent, mais ils retombent, vaincus par le poison que vous avez versé dans leur intelligence."
Ils font pitié à voir ; aussi je les regarde sans dédain. Caractères avachis, cœurs étiolés, fantômes sournois, on les aperçoit qui passent, l'œil terne, ne voyant plus d'avenir, bornés à l'ombre qui les entoure. ‘’ Une triste lassitude règne dans ces âmes abattues avant d’avoir pris leur vol. Partout ailleurs la jeunesse a des élans ; ici, elle n’a
‘que des craintes. ;
Vous avez étouffé en elle la source généreuse du patriotisme et de l'abnégation. (Cette soif de liberté et de lumière qui s’abreuve et s'augmente à la fois par l'absorption des grandes idées, qui seule est l'instrument du progrès humain, dont les désirs toujours croissants accusent l’intarissable fécondité de l'esprit, vous l'avez étouffée sous les capuchons de l'Union Catholique, comme on étouffe un feu dévorant que l’eau ne peut éteindre.
Non, vous n’avicz pas assez d’eau bénite pour nous noyer dans le marais. Il vous a fallu des ressources inouïes contre cette jeunesse livrée à vous sans défense, fréquentant vos colléges, ignorant que le monde partout marchait, tandis qu’elle seule reculait.
Nous étions autrefois un peuple fier, vigoureux, indomptable. Nous luttâmes un siècle contre la puissante Albion. Plus tard, vaincus, mais glorieux du passé, nous restâmes. seuls, à l’écart,. nourrissant, l’âpre amour de la nationalité, grandissant et espérant.
Mais depuis un quart de siècle, nous rapetissons et nous n’espérons plus.
* * * Si vous aviez fait des hommes, ces hommes eussent fait un grand pays, aujourd’hui libre, mais vous avez préferé enseigner l’obéissance, gardant pour vous le commandement ; et maintenant, façonnés 4 ce
joug, nous sommes tellement avilis, tellement bafoués, que nous éprouvons comme une humiliation d’être appelés canadiens-français.
Dans ce pays qui compte 1,200,000 habitants, dont 300,000 à peine d’origine étrangère, quels sont les dominés, les méprisés, les incapables ? C’est nous.
Qui nous a fait un peuple sans caractère, sans opinions, sans idées, sourd et rebelle à l’enseiguement ? C’est l’ignorance systématique dans laquelle le clergé nous a maintenus.
C’est l’évêque de Montréal, avec ses Jésuites attirés ici par l'odeur de la proie, et suivis bientôt par les prêtres de ce diocèse, âpres à la curée, acharnés aux bribes. |
Les Jésuites, avec leur Union Catholique, avec leurs confréries, leurs pratiques bigotes, leur doctrine d’artifices, leur principe d’autorité qui ne fait que des hypocrites et des peureux ; avec leurs intrigues incessantes, leur humilité ambitieuse, leur flexibilité perfide, ont petit à petit fait entrer dans tous les cœurs le poison qui les nourrit. Partout chassés, exécrés, maudits, ici ils trônent, ils grandissent, ils règnént.
Dieu, dit l’Ecriture, prit une poignée de boue, souffla dessus, en fit un homme:et-le lançant dans l’espace :
#6 Va, dit-il, je te livre à ta propre misère ; Trop indigne à mes yeux d'amour et de colère, Tu n’es rien devant moi.
Roule au gré du hasard dans les déserts du vide, Qu’à jamais loin de moi le destin soit ton guide, Et le malheur ta loi...
Et l’homme, roulant d’abîme en abîme, plongeant d’espaces en espaces, défiguré, meurtri, repoussé comme un être hideux de tous les globes où il voulut mettre pied, vint échouer sur cette terre, dernière étape de sa déchéance.
Plus tard encore, tombant de faîte en faîte, précipité des sommets où son vol impuissant ne le soutenait plus, épave boueuse où il y avait une âme, l’homme, devenu chenille, s’aplatit sur la terre du Canada, sans regard pour mesurer les cieux dont il était banni, sans pensé» ‘our mesurer sa honte.
Ce fut sa dernière chute,
La malédiction divine était accomplie. L'homme n’était plus rien.
Depuis trois mois, je marche avec ma Lanterne et n’ai pas encore : vu un homme. Ici il n’y a que des masques, et nous n’avons d'égal à notre hypocrisie que notre lâcheté,
Hier encore, c'était mon éditeur qui refusait d'imprimer plus longtemps la Lanterne. Pourquoif On a dit à son prote que s’il continuait de le faire, on lui enlèverait l’impression de l’Æcho du Cabinet de Lecture paroïesial. Et il a cédé. Oui, il a cédé, messieurs. Et cet homme se croit libre cependant,
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Mais fûsssé-je imprimeur et dûssé-je y perdre toutes mes presses, tout mon matériel et toutes mes cases, j'aurais encore gardé une poignée de vieux caractères pour les jeter au visage de celui qui eût osé me faire une pareille menace.
Oui, nous sommes asservis et courbés. Mais pour nous rendre tels, certes il a fallu nous en donner outre mesure l'exemple, il nous a fallu des maîtres comme ceux qui, dans leur épouvante de la Lanterne, ont trouvé pour la combattre ce moyen, l'enlèvement d’un maigre patronage à un imprimeur |
L'autre jour, c’étaient deux gamins à qui j'avais donné des Lanternes à vendre. L'un d'eux m'avait toujours bien servi ; cette fois il s’est sauvé. Sans doute il a rencontré un prêtre qui l’a menacé de l'enfer s’il me rapportait le prix de sa vente. Et pourquoi pas ? Un autre gamin avait bien eu l’ordre d’un prêtre de brûler les Lanternes qu’il avait reçues de moi.
Il y a des gens apostés dans les rues qui menacent de la police mes petits vendeurs ; on leur a fait toutes les misères imaginables ; l’un d’eux fut presque entrainé de force l’autre semaine chez le curé de Bonsecours. ,
Et voilà mes ennemis! Ils ne disent rien, ils n’osent souffler mot devant moi qui, chaque semaine, les provoque et les expose sans relâche, mais ils font peur à des enfants de douze ans !!
Allons! attaquez-moi donc, moi qui suis un homme, ou bien défendez-vous. Prenez-moi en face, tel que je m'offre. Il me semble. que je vous présente un front contre lequel vous pouvez porter vos coups.
Mais non ; terribles dans l'ombre, effrayants par le mystère, vous n'êtes rien devant la résistance.
Il a suffi qu’on se montrât une fois pour ne plus savoir où vous trouver.
Nous n'avons pas toujours été un peuple flétri; mais nous fûmes toujours un fe le d'enfants, tondable, exploitable à discrétion, et tondu et exploi
Qu'on en juge par cette page écrite en 1685 par un diplomate envoyé de France au Canada, une page qui jamais n’a paru dans ss de nos histoires, et que j'ai trouvée dans une bibliothèque de
aris:
+ Le quré de Montréal empêche de D ne honnête ; il refuse la communion à des. pour un pon de couleurs. des espions partout et vous fulmine du haut de la chaire. Le sn de n’oserait sans mêler .....Les persécutent jusque dans le ue et.
l’intérieur des maisons, Ils ont toujours les yeux ouverts sur la conduite des.
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4 - femmes et des filles... Pour être bien dans leurs papiers, il faut communier tous DEN X les mois. Chacun est obligé de donner à Pâques un billet à son confesseur, Les [Al 1 rêtres font la guerre aux livres ; il n'y a que les volumes de dévotion qui vont tête | à evée ; tous les autres sont défendus et condamnés du feu. rl 1 Les gouvernements politique, civil, ecclésiastique et militaire ne sont, pour PRIAl | ainsi dire, qu'une même chose en Canada, puisque les gouverneurs-généraux les PRIE plus rusés ont soumis leur autorité À celle des ecclésiastiques, Ceux qui n’ont pas d voulu prendre ce parti s’en sont trouvés si mal qu’on les a rappelés heureusement. Ah (fur J’en pourrais citer plusieurs qui, pour n'avoir pas voulu adhérer aux sentiments de
AL irons et des Tee. etc., ont été destitués de leurs emplois, et traités ensuite oil our comme des étourdis et des brouillons. (Frontenac) LNTIR Les gouverneurs-généraux, qui veulent s#’avancer ou thésauriser, entendent
Din | deux messes par jour et sont obligés de se confesser une fois en 24 heures. Ils ont
4 AU des ecclésiastiques à leurs trousses qui les accompagnent partout, et qui sont à proprement parler léurÿ conseillers. Alors les intendants, les gouverneurs partià! culiers et le conseil souverain n’oseraient mordre sur leür conduite, queue en 4 eussent assez de sujet, par rapport aux malversations qu'ils font sous la protection UN des ecclésiastiques, lesquels les mettent à l'abri de toutes les accusations qu’on RIRE MS pourrait faire contre eux. , 1 2110 On nomme les gens parleur nom à la prédication, on défend sous peine d’ex- 1 communication la lecture des romans et des comédies. Les Jésuites et les Récollets A ER s'accordent aussi peu que les Molinistes et les Jansénistes. Les premiers préteny dent que les dbélers n’ont aucun droit de confesser.
nn. Legouverneur-général ne peut se dispenser des Jésuites: que faire des traités 110 avec les gouvernements de la Nouvelle Angleterre et de la Nouv-York, non plus l'UE qu'avec les Iroquois.
il Les Conseillers du Conseil Souverain ne peuvent vendre, donner ou laisser leurs charges à leurs héritiers ou autres, sans le consentement duroi. Ils consultent les prêtres ou les Jésuites, lorsqu'il s’agit de rendre des jugements sur des DE HE affaires délicates ; mais lorsqu'il s’agit de quelque cause qui concerne les intérêts
DIE de ces bons Pères, s'ils la perdent, 7} faut que leur droit soit si mauvais, que le .
D plus subtil.et le plus rusé jurisconsulte ne puisse lui donner un bon tour, Plusieurs LIN | Rarsonnes m'ont assuré que les Jésuites faisaient un grand commerce de marchan-
nu nl .- Gises d'Europe et de pelleteries du Canada... Les gentilshommes ont bien des me-
{! .Sures à garder avec les ET mp4 8 pour le bien et le mal qu'ils peuvent recevoir imdirectement. lévaque et.les. Jésuites font trouver. des is avantageux aux filles nobles. Un simple curé doit être ménagé, car il peut faire du bien ou du , mal aux gentilshommes dans les signeuries desquels il n’est ainsi dire que ; missionnaire, n'y ayant point de curés fixes en Canada. Les officiers entretiennent ..Bussi.ayec eux de bonnes correspondances, sans quoi ils ne pourraient se soutenir.”