‹ La lanterne [microforme]Chapitre 19 sur 73 · LA · texte numérisé non relu

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, Asceux qui m’accusent d'oxagération je demanderai s’ils ont lu les «Choses dont je parlé, et si l’exagération peut venir de moi qui ne fais que signaler et commenter des Jatts.

Si.oela ne suffit pas, je répondrai à ceux qui me reprochent encore d'attaquer sans relâche. le clergé, par les citations suivantes de la | Gazette. des Campagnes, où l’on verra que mes écrits sont, d’une infinie. } douceur.et d’une extrême modération, comparativement aux moyens et. | au langage dont les organes ultras.se servent sans trève et sans détour {| contre nous.

‘4 La. révolution, dit la Gazette, c'est la proclamation des droits de l’homme ET br de Dieu,” (comme si l’homme ne tenait pas ses droits de Diew

| | même !) :‘* Faire.des lois, sans tenir compte de la suprême autorité de Celui à qui pl tout a unis, , parcè que rieñ n'existe que par Ray taire de l4 politique, en, LAN mettant lumens de côté les intérêts spirituels des individus et des h

F1 hl . seuls intérêts que Ja vraie politique doit favoriser, puisque les gouvernements n'exis- QE tent que pour. aider des dmes d.8e sauver ss. rs à

Cependant, Dieu ne veut pas laisser périr le monde sous les griffes de Satan, car le nombre des élus n’ést pas encore complet. Il ne le laissera qu'un peu de temps sous li puissance de ce prince des ténèbres, et ensuite il le délivrera. Il est ve probe même que cette délivrance ne s’opèrera qu'après les crises le plus

err1Dies,

De même qu'aux jours où le Fils de l’homme parut sur la terre, les possédés étaient violemment agités au moment où il commandait à l'Esprit immonde de sortir de leurs corps, de a aussi le monde actuel passera par les convulsions de l’agonie lorsque Satan lâchera prise, Z{ faut du sang et du sang à pour expier les crimes dont ce monde s’est rendu coupable envers Dieu et son Eglise,

Plus loin, parlant des cataclismes terribles qui ont eu lieu récemment au Pérou, en Californie, en Italie, en Suisse, la Gazette ajoute :

Ces formidables ébranlements devraient nous donner beautoup a réfléchir. Notre globe entre en convulsions parce qu’un immense désordre règne dans les mœurs et les vatelligences ; il gémit sous le poids des iniquités des hommes ; il s'agite, impatient qu'il est de voir arriver le moment où l'Esprit sanctificateur viendra renouveler la face de la terre.

Et l'on voudra qué je me taisé maintenant ! on voudra que je ne répète pas, sur tous les tons et sous toutes les formes, que tant que l'éducation sera entre les mains du clergé, nous ne pourrons sortir de la hontéuse infériorité où nous croupissons, et que nous ne pouvons que former tôt ou tard un peayle de crétins, foulé aux pieds sur notre propre sol, parias d’un monde que nous ne comprendrons pas, pendant que les races étrangères, nous poussant du pied, se réserveront à elles seules les magnifiques destinées de notre continent !

Si les prétendus libéraux qui foisonnent partout, et qui passent leur temps à se plaindre en redoutant le remède, mé laissent seul à lutter contre cette théocratie qui nous a paralysés et abrutis, tant pis pour eux.

Jé ne puis que me sacrifier à leur avancement, en leur réservant ma pitié.

T1 a été question dernièrement d'attirer en Canada une émigration française.

Je ne vois pas pourquoi les Français, qui ont aboli la dîme chez eux depuis quatre-vingts ans, s’amuseraient à venir la payer ici, ni ne vois-je comment nous conserverions des étrangérs, quand nous ne pouvons mêmé pas garder ceux dont le Canada est la patrie.

Du reste, personne ne désire une émigration française ; les Anglais n’y tiennent pas, le clérgé tient à ce qu’elle ne vienne pas, et nous ne tenons qu’à ce à quoi tient le clergé.

Le Haut-Canada, lui, demande que l’émigration afflue sur son sol, à quelque nationalité, à quelque religion qu’ellé appartienne.

Ce n’est pas là le seul exemple d'intelligence, de libéralité et de sentiment du progrès que nous donne eétte province-sœur, depuis qu’elle a le bonheur de ne plus être traînée avéc nous à la remorque du monde; | f

Elle a réduit à un chiffre insignifiant le cens électoral et les conditions d'éligibilité ; elle vient de refuser toute subvention du gouverne-

HER K ment pour les écoles sectaires, consacrant ainsi le principe de la sépa- PR à ration absolue de l'Eglise et de l'Etat, et elle est sur le point d'adopter Ni un système d'éducation supérieure universitaire, c’est-à-dire libre. il ** Bi (Li *

| EU : À propos de M. Havin, directeur politique du Siècle de Paris, le | Dr grand prêtre, comme on l’appelle, les journaux canadiens ont tous 4 HE reproduit avec emphase et triomphe, d’après un petit article arrangé DE à pour la circonstance par un journal clérical de France, que M. Havin était mort administré et tout prêt à être lancé dans l’autre monde, | après avoir confessé ses erreurs.

Or, le fait, le fait véritable, est que M. Havin est mort d’une congestion cérébrale qui a duré huit jours sans qu’il pût reprendre ses { hill sens, sans qu'il pût même reconnaître personne, malgré les efforts ME Il : répétés de Mme Havin, qui, malade elle-même, s’était fait porter LA auprès du moribond.

RU |! La forte constitution de M. Havin a lutté huit jours durant contre

RU la mort ; mais le cerveau avait cessé de fonctionner.

| int || La Minerve elle même se charge de nous apprendre que M. DR Havin, pris d’une fièvre mortelle à la suite d’un échec électoral, a été LE jusqu’à sa mort dans un délire continu, pendant lequel il ne cessait de D 1 répéter “ cinq cents voix de majorité, cinq cents voix de majorité !/”

Un 1! Si c'est là la confession de M. Havin, je comprends qu’on l'ait

qe | promptement absous.

ITR Il m’est venu une réflexion, Si j’enseignais une doctrine, il me | l. Ql |Ual semble que j'aurais honte de recruter des adhérents parmi ceux que En | leur esprit affaibli met hors d'état de rien juger ni comprendre. Je ne me targuerais pas, au contraire je rougirais de ces conversions #7 extremis qui ne prouvent qu’une chose, c'est que l’homme, à l'heure

| de la mort, est un être passif, incapable de lutter contre les obsessions, RE en proie le plus souvent à des terreurs imaginaires dont il se moque FE il dans l'exercice plein de ses facultés, mais, qu’à l’beure de la mort, il

(| ill al n’a plus l’énergie de repousser, n'ayant même plus celle d'exprimer DE un désir.

(Mt Quoi ! voilà une vérité incontestable, révélée ; voilà un enseigne-

mert qu’on appelle divin, et on ne peut le persuader qu’à des mourants

| fl Il qui ne comprennent pas À | qe al Voilà un homme qui se sera moqué de vous pendant soixante ans, AE Ut qui vous aura confondus dans toutes les polémiques, et vous triomphe- | [HN rez de le voir pendant cinq minutes résigné à vous entendre, parce HU jo qu'il ne sait même pas ce que vous lui voulez il ne Vous êtes donc à bout de moyens pour que votre doctrine, pour NO li que votre voix n'aient d’ascendant qu’au milieu des râles !

il 4 patin . d'a

Lorsque John Surratt, poursuivi pour complicité dans l'assassinat de Lincoln, échappa à la police américaine, il vint se réfugier à Montréal. Un prêtre de d'évêché, M. Lapierre, le prit sous sa garde et le cacha deux mois dans une maison de cette ville. Menacé d'être découvert, il lè confia aux soins du curé de Belœil, M. Boucher, qui le garda, renfermé dans une chambre de son presbytère, pendant plus d’un mois, après quoi il le conduisit, travesti, transformé, à bord du Peruvian qui partait pour l’Europe.

En route, Surratt raconta tous ces détails au docteur McMillan, de Sweetsburg, en qui il croyait trouver un complice ou un protecteur, puisque le curé Boucher le lui avait recommandé, Mais arrivé à Liverpool, McMillan alla dénoncer Surratt, qui réussit à s'échapper encore, comme on sait.

Revenu au Canada, McMillan raconta ces faits, comparut même en cour à Washington, où il donna les plus minutieux détails qu'il avait appris de la bouche même de Surratt. Alors, M. l’abbé Boucher écrivit contre lui des articles dans la Minerve, où il le qualifiait de parjure, d'homme sans honnêteté, de médecin exerçant une pratique criminelle...

M. McMillan fit aussitôt faire une enquête qui ne tarda pas à le laver des odieuses accusations que M. le curé avait imaginées pour le besoin de sa cause, et il fit de plus condamner le dit M. le curé à 200 dollars de dommages-intérêts pour calomnies,

Si le docteur McMillan était tel qu’on le représentait, M. le curé Boucher eût pu lui fournir des cas de sourcé non équivoque, dit la rumeur: car il paraît que ce curé en a fait de jolies à Belœil.

Etant allé l'an dernier à Portland avec deux autres curés du diocèse de Montréal, habillés en laïques et portant de faux noms, au moment où il s’amusait le plus avec ses joyeux camarades qui s'étaient complètement déboutonnés, n'a-t-il pas la déveine de tomber nez à nez avec une jeune fille qu'il avait trèsintimement connue, et qui se trouvait alors servante de l'hôtel où étaient descendus saintement les trois curés pour faire des conversions, c 'est-à-dire pour changer les bouteilles pleines en bouteilles vides

Comment ! s’écria-t-elle, c’est vous, M. le curé, c’est vous, ici, dans cet attirail.. . .ah ! elle est bonne !....

—Moi, M. le curé! Qui ça..qu'est-ce,. ..... que...... vous, mais...... 1 LEE ne suis pas...... soyez cert....ah!

Et le lendemain, de fort bonne heure, M. le curé décampait, tel qu’il appert en détail, fort au long, dans le procès de Surratt qui a eu

‘ lieu dernièrement à "Washington, M. le cuüré Boucher étant témoin ;

procès que j'ai en ma possession, imprimé très bellement, en 2 volumes, petit in-octavo, couvert bleu, sans Re y attachées, car il n’y a que des vérités dedans. ,

. Ces deux volumes m'ont été envoyés par le gouvernement de Washington, avec lequel je suis en relations très-suivies, et je les déclare authentiques.

| Hd: 3 * + ER THEM Maintenant, M. le curé Boucher où M. l'abbé Lapierre, n'importe, BR voudront-ils bien me rendre le service de faire faire une petite enquête , LE L sur tout c ce que je dis là!

ILE | DEL ! CORRESPONDANCE | 1 AL M. le Rédacteur : {| î J'arrive du comté de Verchères, où j'ai passé quelque temps pour FEU les affaires d'une certaine maison de notre ville. Figurez-vous ce que 1 jy ai vu Il paraît que M. Desautels, curé de Verchères, (quelques-

À LUN uns l’appellent Monseigneur, je ne sais diable pas pourquoi), étant RE dernièrement en Europe, tout épris d'amour pour ses bons habitants, Ru se serait passé la fantaisie de leur acheter un saint de cire, Il est nil aussi vieux que Notre Seigneur, dit-on. Arrivé avec son trésor à

LU Varennes, les habitants le refusent, vû que leur paroisse est sous le ni : patronage du beau sexe. Grande consternation ! On verse des pleurs, ll | f Le curé s'aperçoit de sa sottise.

| | S'il eut pris une sainté, tout allait bien, On vend le saint à la

ht paroisse de Verchères pour $200, c’est-à-dire que le curé de Verchères l'a acheté. Il a pris l'argent dans la caisse publique pour le payer. Il

DE doit rembourser par des quêtes qu’il fera.......,.........,,4:..., RE eur «1.14. On progresse, on progresse, que diable ! J'espère bien Up 1 que, dans quelques années, chaque paroisse aura sa demi-douzaine de saints des deux sexes. Dites donc, à présent, qu’on ne vit pas bien Ni A | en Canada: J'ai cependant observé dans le comté de Verchères une En chose qui me fait croire que l'ombre des saints ne donne pas à manger ; | | | car il se fait là une émigration effrayante vers la Nouvelle Angleterre, | | Lors de mon séjour dans le comté, chaque steamer emportait des bl fé familles entières du côté des Etats-Unis, pays que la Providence a

DU

D mhudié en le comblant de richesses.

\ i UN VoyAGEUR

He ( | “"* ! h | Derniers détails sur le saint importé à Varennes. fl | | fl I s'appelle St Vital : il est parfaitement ciré, et il a déjà fait un (j] || miracle, ré 1) fl [in Une brave femme, souffrant d’un œil, est allée lui frotter le mollet | Fil avec un bouquet, puis s’est passé le bouquet sur Pœil. | ont Elle en à éprouvé un grand bien.

L 2 | QUn Je prédis à St Vital qu’il, paiera avant longtemps et au centuple | el “is ses frais de transport et d'installation. LE NA 4 RECTIFICATION ji ï Le Dans le No. 4 de la Lanterne, j'ai dit que le collége Morrin, de - put : Québec, avait été fondé moyennant un legs de 8000 dollars laissé par

le docteur Morrin.

C’est beaucoup plus de 8000 dollars qu'a légués le docteur Morrin. . Mais cela n'empêche pas que le legs a été fait par un protestant. Jamais le collège ne se lavera de cette tache originelle.

Les protestants, voyez-vous, je ne peux pas les voir en face.

Si le legs avait été fait à une institution catholique, oh alors ! c'était différent, tellement différent que c’eût été comme s’il n’y avait pas eu de legs du tout,

A ceux qui nient le progrès, je répondrai par cet extrait de Chamfort.

‘4 La loi de Moïse condamnait à mort la femme adultère : chez les Egyptiens, on lui coupait le nez; par la loi Julia, chez les Romains, on lui coupait la tête ; aujourd hui, en France, quand une femme est surprise en flagrant délit, on se moque de son 1ari.”

Vans cinquante ans, on fouettera le mari que sa femme aura trompé, Dans cent ans, on le pendra; à moins que les femmes d’alors consentent à ne plus tromper leurs maris, ce qui serait absurde,

Creusons la terre, éternel tombeau des plus fières espérances. Qu’y trouvons-nous? des néants entassés, sépulcres sur sépuilcres, hécatombes du temps qui seul ne vieillit point. Voilà ce dont est faite la terre qui nourrit l’homme, lui-même une ruine vivante.

St Pacifique a seul échappé à cet anéantissement. : Pétris d’une argile surhumaïine, ses os ont défié les vers qui s'acharnèrent en vain.

sur son immortelle carcasse, destinée à embaumer des châsses dans la nuit des siècles.

Que vous faut-il pour être plus frais: trois cents ans après votre

mort qu’à l'instant où vous sortez d’un bain parfumé, les lèvres encore

humides de l’élixir du docteur Mathieu ?

Avoir été dangereusemens malade et revenir promptement à la santé, ce qui constitue un miracle certifié par votre médecin qui, ne comprenant rien à votre maladie, ne peut expliquer une guérison qu’il a tout fait pour rendre impossible : voir en songe des anges et des madones vous apparaître dans des nuages.célestes, avec des couronnes à la main (ceci démontre que les anges ont des mains, car dès lors que Dieu vous envoie des visions bienheureuses, il est à supposer qu'il est sincère et vous fait voir les choses telles qu’elles sont) ; être tous les matins dans un endroit exposé de l’église, vous frappant bruyamment la poitrine et poussant. des gémissements ;, faire un voyage dans les Indes où tous les pays sont encore idolâtres cu mahométans, malgré

que François-Xavier en ait.converti cinquante-neuf ;. assassiner comme

Beauregard, si vous voulez mériter des Lettres Pastorales et être

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“ts = Le

appelé un des élus du Seignèur, parce que vous serez mort en prononçant le nom de Jésus et en donnant des petites images à votre frère ; mentir, calomnier effrontément et sar3 mesure, tb que vous ayez les mains jointes et les yeux levés vers le ciel...

Généralement ce sont les vieilles filles qui ont les meilleures méthodes de sainteté, Arrivées à cinquante ans, elles ont une aversion insurmortable pour les amours mondains et ne veulent plus être les épcuses que ‘le Jésus-Christ. C'est pour elles qu'on a imaginé spécialement la neuvaine à Sainte Thérèse dans ce style : Premier jour. “ Notre très-aimable Seigneur. Deuxième jour. Notre très-miséricordieux Seigneur. Troisième jour.—Notre très-aimant Seigneur. Quatrième jour.—Notre très-doux Seigneur. Cinquième jour.— Notre très-bon Seigneur. Sixième jour. — Notre très-libéral Seigneur. Septième jour.—Notre très-amcureux Seigneur. Huitième jour.— Notre bien aimé Seigneur. Neuvième jour.—Notre très-cher Seigneur. ”

sr".

Au 19e siècle, époque de civilisation et de mœurs adoucies, il n’est plus nécessaire, pour être saint, de se flageller, de porter des cilices, d'attendre. dans les déserts qu’un corbeau vous apporte un pain tous les jours (ces corbeaux étaient plus forts que ceux du Canada), ou enfin de rester planté sur une colonne pendant soixante-huit ans, comme St Siméon stylite, le jeune.

‘ La vertu n'est pas une fâcheuse, dit le révérend D na Lemoine, dans son ‘livre de la Dévotion Aisée ; il y a eu des saints pâles et mélancoliques ; ceux d’aujourd'hui sont d’une complexion plus heureuse ; ils ont abondance de cette humeur doucs et chaude, de ce sang bénin qui fait la vie.’

s Ainsi, scyez d'humeur douce; soyez bien docile et soumis, un des 99 moutons ; ayez le sang et l'esprit bénin, dites en parlant des prêtres : “ notre digne clergé qui a fait tant de sacrifices pour....s’enrichir,” mais gardez-vous, gardez-vous de n’être pas amoureux fou des Jésuites.

Un autre bon moyen, c’est de réciter tous les jours trois ou quatre pages du “ Rosier de Marie ” ; récitez de préférence la page où vous lirez ceci: “ Marie est une beauté très-ancienne (ce qui est le contraire des autres créatures qui, en devenant anciennes, perdent leur beauté). Elle a existé en Dieu éternellement. Le Seigneur a vu que la chair et le sang de Marie passaient dans l’humaaité de son Verbe et seraient divinises dans sa personne, et que, dans un vrai sens, ells ne serait plus distincte deson Dieu. Marie fut l’objet, de la part d'Adam et d'Eve, d’une grande dévotion, et ils la transmirent à leurs enfants Les hommes spirituels lui rendirent un culte d’amour, dès les premiers âges du monde.”

Quand on est pénétré de ces vérités, on a toutes les connaissances nécessaires pour être un rédacteur de l'Ordre.

Le Nouveau-Monde dit : ‘“ La créature tend à se mettre à la place de Dieu pour satisfaire les convoitises qui la dévorent,.”

Donc Dieu est rempli de convoitises.

Et plus loin. *‘ La société est constituée sur le principe chrétien ; c’est-à-dire l’homme à la base, ét Dieu au sommet.”

Mauvaise construction, mon ami ; le sommet écrasera la base ; ça ne pourra jamais tenir. Gare là-dessous.

Quelques personnes bienveillantes disaient l’autre jour: Vous verrez Buies à son lit de mort, comme il changera | Je souhaite que ces personnes n'aient pas raison; mais j envisage un destin horrible. Je mou:rai, je le crains, comme j'aurai vécu.. en tirant le diable par la queue.

Je ne conseille pas à tout le monde de mourir, ni surtout de vivre

de cette façon-là.

La Gazette des Campagnes, journal qui fait de l’agriculture catho-

lique, annonce à ses abonnés qui paieront avant le 30 novembre, qu’elle ieur enverra en prime un paquet d'avoine.

C'est ça, L'an prochain, elle leur enverra une botte de paille. La

Gazette des Campagnes comprend qu’il faut être franc avec ses

abonnés et leur témoigner les égards qui leur sont dus.

- < - = - x Le er ee EE RTS = DÉS er + PR RE TR ge = — SR ES PR TP EU TT ECC OGC

Quel jour pour moi que le dimanche ! jour de travail tranquille et

de solitude aimée. Pas de roulement de voitures, pas de va-et-vient, tous ceux qui passent vont du n.ême côté, se rendent tous au même endroit. Je regarde défiler leur silencieuse procession, et pensif, recueilli, je prépare :ua Lanterne.

Que ceux qui en seront scandalisés me le pardonnent en considération de mes remords.

Si je fais la Lanterne le dimanche, je m’en repens invariablement le jeudi, jour où elle paraît.

Mettons-nous à la fenêtre, et regardons.

Je vois des gens très-petits qui portent avec effort de très-gros livres de prières, visibles à trois cents pas, et qui se rendent à la messe à l'heure où il y a le plus de monde dans les rues,

Cela ne suffit pas pour gagner le ciel, à moins qu’on n’y joigne l'intention bien arrêtée de lorgner, durant l'office divin, toutes les jeunes filles qui sont à droite et à gauche de soi.

Il est parfaitement orthodoxe de lorgner à l’église depuis que l'église est devenue un ÿuéâtre, depuis que la Minerve publie des programmes de concerts donnés à la cathédrale, et depuis que les révérends Pères Jésuites ont inauguré leur nouveau temple par des représentations, : *'«

Moi aussi, j'ai des livres de prières, mais ils sont tout petits.

Il est vrai qu’ils ne sont pas pour la montre.

Prenons-en un parmi les favoris, un de ceux où je cherche de préférence les pensées consolantes et les méthodes de salut. Il a pour titre ‘ Manière d’honorer le St Suaire.”

Il y 4 plusieurs saints Suaites, mais cela est indifférent, de même qu'il y a de parle.monde une telle quantité de morceaux de la vraie croix qu’on! enfpourrait fairé un escalier pour monter aux nues. Ne songez pas au nombre; mais à la qualité. Ainsi, le meilleur des saints suaires est celui qui est conservé dans la cathédrale de Besançon, en France. Par la vertu de ce St Suaire, si vous communiez et si vous dites sept Pater ei sept Ave, vous délivrerez cinq âmes des flammes du purgatoire.. Il n’est pas dit ce que yous.délivrerez, si vous n'avez jamais eu d'amis, ou si vos amis ont déjà été sauvés par une foule d’autres indulgences gagnées par des amis de vos amis. En outre, le pape Clément VIII accorde cent jours d’indulgence à tous ceu: qui porteront sur eux l’adoration du St Svaire. Ce style tout séraphique est fait exprès pour les esprits qui ont 1a sainte ignorance du mal, et toutes les autres ignorances. Remarquez que dans ce suaire on a trouvé écrits les noms de Jésus et de Marie ; cette découverte vous donne le moyen de mourir en disant : ‘ Jésus, Marie, Ô Jésus, je vous donne mon cœur pour jamais O Marie, je vous donne mon cœur ;

donnez-le, s’il vous plaît, à votre fils. Venez, seigneur Jésus, soyez-

moi Jésus. O Marie, soyez-moi Marie. Vive Jéeus et Marie.”

Mais rien n’est profitable comme les lettres qui ont été trouvées dans le sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ. En voici une que je cite textuellement :

“ Vierge Marie, mère de Dieu, palme bénite entre toutes les créatures chrétiennes, Jésus-Christ, aidez-moi‘ à l'heure où mon âme sortira de mon cor], obtenez le pardon de mes péchés, s’il vous plaît, Ainsi soit-il.”

Cette lettre. a été trouvée au saint sépulcre de No re-Seigneur Jésus-Christ

ar un prêtre, après avoir terminé la sainte messe. Eile était enveloppée dans un inge blanc, chose étonnante et merveilleuse. Il fut grandement étonné lorsqu'il vit l’explication de cette lettre : quiconque la portera sur soi ne craindra aucune injustice, ne sera point accusé de la murt injuste, ne mourra pas sans recevoir les dernières grâces que Dieu confie aux fideles, ni par le feu en bataille, et ne sera pas accusé par de faux témoins. Si une personne est possédée du d‘mon, mettez le saint Suaire sur elle, sur-le champ elle en sera délivrée Ceux qui le porteront sur eux sont. assurés de voir la tr”s-sainte Vierge trois jours avant leur mort, et elle conservera les grains et les fruits de la terre.

Une autre lettre a été envoyée miraculeusement par Jésus-Christ, écrite de sa propre main et dictée de sa bouche sacrée en lettres d'or. “ Si vous portez cette lettre sur vous, jamais le malin esprit, ni le feu, ni le tonnerre, ni la tempête ne vous toucheront. Lorsqu'une femme sera en peine d'accouchement, mettez cette lettre sur elle, aussitôt elle sera délivrée, chose que Dieu nous assure par sa bouche sacré.”

Jésus-Christ, sans doute pour donner plus de vertu à cette lettre, l'a dictée, et de plus l’a écrite; on ne peut pas prendre trop de précautions pour émpêcher que le tonnerre ou le feu vous démolissent ; mais cette lettre copiée par des mains mortelles et indignes aura-t-elle

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la même efficacité que l'original? Un bon catholique peut avoir des doutes là-dessus, et quand il s’agit du salut de son âme, il convient d’être bien renseigné.

Mais il n’est plus permis d’avoir la moindre incertitude en présence de faits irrécusables comme les suivants, rapportés dans le petit livre cité plus haut: “ Une femme en travail d’enfant, ayant été abandonnée des médecins et de tout le monde, a été délivrée par la vertu du Saint Suañe. Un charpentier, faisant un bâtiment, tomba du faîte jusque sur les fondements (quels fondements ?) sans se faire le moindre mal, et retourna de suite à son travail par le Saint Suaire.” (P. 16.)

Comment lire ces miracles sans répandre dés larmes sur le sort de tant de femmes mortes, parce qu’elles ne portaient pas ie Saint Suaire ?

Ce Saint Suaire, à part toutes les grâces merveilleuses qu’il prodigue, a encore le don de vour transférer des indulgences.

Oh ! les indulgences. Gardez-vous de les dédaigner, celles qui se vendent surtout. Grâce à elles, on devient blanc comme neige, après les plus abominables forfaits. :

A ce propos, il me revient heureusement en mémoire le texte d’une des lettres d’absolution que le pape Léon X chargeait les moines de vendre au 16me siècle. Il y en avait pour les petits péchés ; celles-là coûtaient moins cher; il y en avait pour les grands péchés, et comme à cette époque de violences, de désorganisation sociale, de force et de perfidie, d'absence complète de police et de justice, la moitié des hommes étaient des scélérats, les amateurs de perfection peuvent juger combien étaient nombreux ceux qui achetaient les grandes lettres d’absolution, et combien elles servaient à multiplier les crimes. En voici un modèle :

‘“ Que Notre-Seigneur Jésux-Christ ait pitié de toi, qu’il t'absolve par les mérites de sa très-sainte passion. Et moi, en vertu de la puissance apostolique qui m'a été confiée, je t’absous de toutes les censures ecclésiastiques, jugements et peines que tu as pu mériter; de plus, de tous les excès, péchés ou crimes que tu as pu commettre, quelque grands et, énormes qu'ils puissent être, et pour quelque cause que ce soit, fûssent-ils même réservés à notre Saint Père le Pape et au Siège Apostolique (tels que bestialités, le péché contre, nature, le parride ou l'inceste ;) j'efface toutes les traces d’inhabilité, toutes les notes d’infamie que tu aurais pu t'attirer en cette occasion ; je te remets les peines que tu aurais pu endurer dans le purgatoire; je te rends de nouveau participant des sacrements de l’église ; je t’incorpore derechef dans Za communion des saints ; je te rétablis dans l’innnocence et la pureté dans lesquelles tu as été à l’heure de ton baptême, en sorte qu’au moment de ta mort, la porte par laquelle on entre dans le lieu des tourments et des peines te sera fermée, et qu’au contraire, la porte qui conduit au paradis de la joie te sera ouverte, et si tu ne.

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devais pas bientôt mourir, clte grâce demrurera immuable pour le ll temps de ta fin dernière. Au nom du père, du fils et du Saint Esprit.” “a Merle d'Aubigné, v I, p. 328.

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