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inflige à ses:lecteurs.
A celles qui sont encore un peu rétives il infligem -en outre, pour
leur pénitence, trois:volonnes du Nouveau.Monde à lire tous ‘les jours,
ce qui remplacera le paquet d'avoine que la Gazette des Campagnes
L'ex-reine de toutes les Espagnes passe son temps à regretter de ne pas être un homme. ‘“ Si je portais culotte,” dit-elle en apprenant à Saint-Sébastien le soulèvement de Madrid, “ça ne se passerait pas ainsi.”
Ce sont là des accès violents, mais rapides, des utopies de désir qui s’effacent devant la réalité, devant Marfori.
La reine d’Espagne, c’est-à-dire eelle qui le fut, ne portait pas culotte cependant quand elle faisait fusiller, arrêter, déporter presque
tous ses généraux. Mais, exilée àson'tour, ‘élle veut avoir avec eux
‘e point de ‘ressemblance: ; les jupons gênent la fuite ; c’est peut-être
“céla qu'elle voulait dire,
J'ai le tort très-grave à mes yeux, dans un pays où l'ignorance est une idole, d’être profondément versé dans l’histoire.
Ainsi, je connais beaucoup de femmes :qui ‘furent ‘héroïques -sans porter culotte, si ce n’est toutefois Jeanne d’Arc.à qui son entourage
fit juger avec raison que c'était plus prudent.
Au reste, Isabelle n’a fait que se répéter, ce qui enlève de leur ‘force à cés glorieuses paroles :
RE eg Em meringue 6 ‘mément: à la tradition clas-ique : “ Je regretto de‘ne’pas être un‘homme pour “pouvoir prendre part à vos dangers.”
Y yo tambien /..et moi aussi! ‘exélama Île roi ‘époux qui perd ‘à ‘me pas se faire entendre plus souvent.
Quand naquit le prince Alphonse, on exhiba au peuple, du haut d’une fenêtre du palais, ce précieux rejeton, espoir de l'Espagne.
Après s'être repus de cet intéressant spectacle, quelques ‘enthou-
“siastes, ou peut-être quelqués lousties, demandèrent ‘à grands: cris : «€ El nadre / El-padre /’' ‘L'auteur !'Fauteur !.. -
L’heureux époux, dont la modestie régugnait à ce triomphe, poussa vivement vers le’ balcon un’ majordome faisant fonction de régisseur : ‘ Dites qu’il n’est pas ici.”
Et il fut fait selon sa volonté. ‘ Une fois n’est pas coutume.”
* * * Cette femme, dont l'Univers de Paris-et le ‘Norveaw-onde de Montréal ‘déplorent amèrernent la Chute, parce qu'elle ‘tenait son pouvoir de Dieu, quia ‘consenti à passer pour vaincu, ‘a cependant
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Nou-
ris :
DUSSA eur :
de de son dant
gardé la suprême consolation de: exilés, le père Claret qui l’absout à côté de Marfori qui lui donne des raisons pour l'être.
Je ne dis rien de la sœur Patrocinio qui ne fait plus de miracles depuis que la reine ne règne plus, Ça l’a dégoûtée immédiatement,
Je ne sais comment je me sens porté à reproduire à ce propos une page prodigieusement intéressante de Louise Colet :
“ Le pouvoir dévolu aux prêtres, dit-elle, d'ouvrir les portes du ciel et d'assurer une éternité de délices aux plus saturés et.aux plus souillés d'ici-bas, leur ouvrait à eux toutes les portes des rois et des grands.” ‘Je vois, dit encore La ar ri. que le goût qu'il y a de devenir dépositaire du secrét des familles, de se rendre nécessaire | gr les réconciliations, de procurer des commissions ou de placer des domestiques, de trouver toutes les portes ouvertes dans les maisons des grands, dé manger souvent à dé bonnes tables, de se promener en éarrosse dans une grande ville et de faire de délicieuses retraites à la campagne, de voir plusieurs personnes de nom ét de distinction s'intéresser à sa vie et à sa santé, et de ménager pour les autres et pour soi-même tous les intérêts humains ; je vois bien encore une fois que cela seul à fait imaginer le spécieux et irrépréhensib e prétexte du soin des âmes, et semer dans le monde cette pépinière intarissable de directeurs.”
Au temps de Pâques, un directeur pouvait tout ; il maniait l’âme du roi et la modelait comme une cire molle; mais il avait la main câline et douce, il employait des atermoiements pleins d’indulgence et de souplesse pateline ; les pénitences qu'il infligeait revêtaient les formes les plus attrayantes ; il ne brisait pas les passions, il ne faisait pas saigner la chair ; il ne les châtiait qu’en apparence, comme en les caressant.. Exigeait-il pour le temps pascal le sacrifice d’un amour qui faisait scandale, il consentait que cet amour fût remplacé :par un autre moins ostensible. Les désirs d'un roi ne pourraient être refrénês à légal de ceux d’un simple mortel, se disaient ces doux casuistes.
Les confesseurs de Louis XIV furent toujours recrutés parmi les révérends pères jésuites ; leur morale ondoyante chatouillait l’orgueil et les convoitises du maître. Pendant que Mme de Montespan était favorite, le roi avait pour confesseur le père Lachaise. C’est lui qui a donné son nom au grand cimetière de Paris. L'histoire ne dit pas si le flexible père Lachaise connaissait l'attrait que Mile de Fontages inspirait à son royal pénitent ; mais celui-ci lui ayant déclaré, à l’approche de Pâques, qu’il ne pouvait jeûner d'amour, même pendant le carême, sans tomber en langüeur, l'humain confesseur, soucieux de la santé du grand potentat, lui répliqua ces doctes paroles :
‘ En ce cas, sire, supprimez du moins pendant ce saint temps la moitié de votre. double adultère.
—Que voulez-vous: dire ? demanda le roi.
—Votre Majesté étant mariée, et la marquise de Montespan l'étant aussi, cela constitue déux fois l’adultère. Une fois passe,
RE ge Zap oaEne -
puisqu'il s’agit de tenir en vigueur le plus cher des rois ; prenez, sire, mademoiselle de Fontanges, et Votre Majesté ne péchera plus qu’à demi,
A l'exemple de Mme de Sévigné, qui ne reculait pas devant les mots crus qui peignent nettement les choses, Mme de Montespan, en apprenant cette transaction de casuiste, s’écria furieuse : “ Oh ! ce père Lachaise n’est qu’une chaise de commodité.” Le mot resta et devint le surnom de l’ingénieux confesseur.
Les facilités religieuses que les prêtres accordaient aux souverains leur ébaient amplement rendues en concessions plus positives, . D'ailleurs l’Eglise-eût été mal venue à exiger plus d'austérité dans les mœurs des souverains. Le long règne de Louis XIV vit passer la tiare sur la tête de huit papes dont aucun ne saurait être canonisé pour sa chasteté ; le plus impudique de tous fut Innocent X, Panfili, qui prit pour sa concubine la femme de son frère, la fameuse Olympia. Elle exerçait un empire absolu sur l'esprit du souverain pontife ; elle faisait annuler les décisions prises par le sacré collége quand elle n'avait pas assisté à ses réunions.
Innocent X fit construire pour se favorite la villa Panfili (la plus belle villa de Rome), dont les frais ombrages couronnent la cime du Janicule,
Le pieux Racine, dans ses Fragments historiques, raconte l’anecdote suivante, qui peint à la fois la vénalité de la Panfili et les us et coutumes des prélats romains :
% Alexandre VIII, né à Venise, n'étant encore que monsignor Ottoboni, et ayant grande envie d’être cardinal sans qu’il lui en coûtât rien, avait un jardin près duquel Za dona Olympia venait souvent. Il avait à la cour de cette dame un ami, par lequel il obtint d’elle qu’elle viendrait un jour faire collation dans son jardin. Il l’attendit en effet avec une collation fort propre et un très-beau buffet tout aux armes d’Olympia ; elle s’aperçut bientôt de la chose et compta déjà
. que le buffet était à elle ; car c'était la mode de lui envoyer des fleurs
ou des fruits dans des bassins de ’vermeil doré, qui lui demeuraient aussi.
‘ Au sortir de chez Ottoboni, l'ami commun dit à ce prélat qu'Olympia était charmée et qu’elle avait bien compris son dessein galant. Celui-ci mena son ami dans son cabinet et lui montra un très beau collier de perles, en disant : ceci ira encore avec la crédence, c'est-à-dire avec le buffet. Quinze jours après il y eut une promotion dans laquelle Ottoboni fut nommé, et il renvoya aussitôt le collier de perles chez le marchand et fit ôter de sa vaisselle les armes d’Olympia.
‘“ À la mort d’Innocent X, sa favorite fut exilée par le pape Alexandre VII Le fils d'Olympia hérita de son immense fortune, qui. passa par la suite dans la famille des princes Doria.”
On le voit, les mœurs de la cour de Rome ne l’autorisaient pas à se montrer rigoureuse envers les déréglements de la cour de France. Pape et roi devaient s'entendre sur les pratiques d’une religion utile et accommodante, qui régentait les misères des peuples et condescendait à toutes les passions des souverains,
Les jésuites exerçaient leur saint ministère en courtisans bien appris. Préoccupés de plaire au maître, aux grands et aux favorites, ils n’en exigeaient que quelques pratiques extérieures et ne s’inquiétaient guère de sonder les âmes et de les purifier.
‘“ Leur morale est toute païenne!” s'écriait Pascal dans les Provinciales. À
Louis XIV mourut dans les bras des révérends pères. La régence proposa leur proscription, et un édit de Louis XV et du parlement les chassa de France. En sortant, ils y laissèrent leurs putrides doctrines, dont tout le clergé de l’époque était imprégné. Pour constater ce que furent durant trois règnes les hauts dignitaires de l'Eglise, il suffit de nommer le cardinal Dubois ‘sous la régence ; sous Louis XV, l'abbé de Clermont, prince du sang et prince de l'Eglise, entretenant deux prostituées, dont il épousa une in extremis ; sous Louis XVI, le cardinal de Rohan, amoureux de la reine et principal acteur du drame du collier, et le fameux cardinal de Bernis, ambassadeur de France à Rome, où il vivait publiquement avec la princesse de Santa-Croce.
Le Nouveau-Monde vient d'adopter le genre comique. Il dit : “ Le Pays semble croire qu’il nous répugne de tomber d'accord avec lui: nous l’assurons au contraire que rien ne nous ferait plus de plaisir que de le voir jeter là sa défroque libérale, accepter l’idée chrétienne et demeurer catholique, tout en respectant l’organe de l'opposition de Sa Très-Gracieuse Majesté. ”
Ce que je traduis en style sérieux par cette simple phrase : “ Si le Pays veut être de notre avis, rien ne nous serait plus agréable que d’être de son avis.”
Deux ennemis acharnés se rencontrent. L'un dit à l’autre : “ Mon ami, vous avez là une très forte cuirasse, une épée dangereuse, faites-moi donc le plaisir de les ôter ; je vous assure que rien ne me serait plus agréable. Après cela, vous me ferez de l'opposition tant que vous voudrez.” ñ
Si le Nouveau-Monde continue d’être aussi plaisant, j'ai une crainte sérieuse, c'est que l'Ordre essaie d’avoir de l'esprit.
. Je ne me lasserai jamais de faire voir les avantages qu’on retire de l'instruction et les efforts que font dans ce sens les libraires canadiens.
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de Montréal, dont je reproduis encore une ahnônce, et gratis, tant je suis dévoué :
MOIS DE NOVEMBKE
Manuel de prières et de pratiqtes, la plupart indulgenciées, pour le soulagement des ânes du purgütoire.
Les autiliatrices du purgatoire ;
Les saintes âmes du purgatoire, par un religieux Trappiste ;
Les merveilles divines dans les âmes du purgatoire ;
Piété envers les morts, ou “ Recueil de prières poür soulaget les âmes du purgatoire ; ”
Le mois des âmes du purgätoire ;
Livres de Confirmation, préparés pour l'enregistrement des confirmés.
En vente chez
FABRE gr GRAVEL.
Fromage de Gruyère.
Comme vous le voyez, cètte annonce est pour le mois de novembre. Celle de Aécembre, dont on a bien voulu me communiquer la liste, contiendra les livres suivants :
‘“ Manuel de simplicité pour les âmes non encore dâns le purgatoire, par Messire Lamarche, du Nouveau-Monde, gros in-folio, 30,000 pages. .. : Prix 10 centins.
“ Exercices de cancaïñ indulgenéié, ou Recueil de imédisancés pieuses à l'usage des femmes du monde qui vont le plus à confesse ;
‘ Manière de tremper les mains da. ‘eau bénite afin de retirer, sans $e brûler, les âmes du pürgatoire.
# Les merveilles divines dans lés Ames où il n’y a rien d’humain.
# Pâtés de saintes blagues aux truffes. ”
Sydnéy Smith prétendait que la meilleure manière + construiré des trottoirs en bois était de mettre ensemble toutes lés i*es À 3 con- . seillers, et...
Malheuretäément, je ñe puis conseiller ce moyën à no éüiles. T1 y en a qui ont la tête si dure qu’on ne pourrait la décoller, d’autres J'ont comme de la filasse, d’autres énfin n’en ont pas du tout.
ds * *
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CORRESPONDANCE
Québec, Ler déc. 1868.
Cher monsieur,
L'autre jour, j'entrais dans le magasin d’un de vos dépositaires pour me procurer un numéro de la Lanterne Je fus bien étonné quand le propriétaire (un protestant) m'apprit qu’un prêtre l'avait visité dernièrement, ayant en vue la suppression de votre lumineux petit journal. Les arguments de ce digne père furent des remontrances fortes, suivies de l'expression de sa surprise de ce que les vitres du magasin n'avaient pas été cassées. Quelle effronterie !
Monsieur, imaginez donc un ministre protestant se présentant chez un libraire catholique, et lui demandant d'arrêter la vente de certains livres écrits contre l’église protestante ! Quel bruit ne feraient pas les organes du clergé romain ! avec quelle indignation parleraient-ils de la suppression de la liberté religieuse ! (une chose, entre parenthèses, qu’ils ne connaissent pas.)
C’est ainsi, monsieur, que la plupart des prêtres essaient de priver les catholiques (et même les protestants) de la liberté de conscience, un des meilleurs biens que Dieu nous ait donnés. Il y a beaucoup de gens ici qui cherchent la raison de la haine,que les prêtres portent à votre Lanterne ; mais c’est facile à dire. Sa lumière est forte, et ils aiment mieux les ténèbres, parce que leurs œuvres sont mauvaises.
Qu'elle réussisse à dissiper ces wnèbres, tel est le désir