‹ La lanterne [microforme]Chapitre 29 sur 73 · D'UN DE VOS LECTEURS · texte numérisé non relu

D'UN DE VOS LECTEURS

Je suis homme à ne plus m'évouvoir de quoi que ce soit. Mais une chose m'aurait étonné, c’est que le clergé, ayant droit de tout faire dans ce pays, n’abusât point de ce droit, et ne se mît au-dessus des mœurs, des lois et des libertés individuelles,

C’eût été là un clergé trop vertueux pour notre époque où la religion n’est plus qu’un trafic et une farce.

Mais les prêtres canadiens ayant abusé largemen, de l’autocratie qu'on leur abandonne, je ne vois dans le fait mentionné par mon correspondant qu'un de ces épisodes vulgaires comme il y en a des centaines par jour.

Une seule réflexion m'est venue. Ce prêtre, que j'adore, se sera dit sans doute, en voyant la compagnie du gaz refuser depuis un mois d'éclairer la ville de Québec, qu’il était convenable que l’état intellectuel de la ville fût en harmonie avec son état matériel, et voilà pourquoi il a voulu supprimer la Lanterne chez mon dépositaire, ignorant sans doute que pour supprimer la Lanterne, il faudrait en supprimer l’auteur,

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4H, 2h PEN!

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Les abonnés de la Lanterne sont prévenus qu'avec le présent numéro expire l'abonnement de ceux qui se sont inscrits pour trois mois, dès l’origine de cette admirable publication.

Comme le goût s’en est répandu au-delà de toutes mes prévisions, mais encore bien en-deça de mes espérances, je m'engage à publier la Lanterne pendant six mois de plus; je ne demande au MNouveau- Monde que de vivre encore ce temps-là, car sa chute entraînerait la mienne.

Je supplierai l'Ordre d'être exactement aussi idiot qu'il l'a toujours été ; davantage serait trop, et je serais accablé de besogne.

La Minerve voudra bien me seconder dans mes efforts pour détruire les préjugés religieux, comme elle a entrepris de le faire ; mais pour l'amour de Dieu, qu’elle ne perde pas l’habitude de mentir ; je n'aurais plus l’occasion de dire tant de vérités. $

Le Courrier du Canada aura soin de rester sourd comme un pot, muet comme une citrouille, aveugle comme une borne, et je lui pardonnerai tout le reste.

Éd. sy

LA LANTERNE is. je! DS

Dans le numéro 8 de la Lanterne, mes lecteurs stupéfaits ont vu que les tremblements de terre, les inondations et les avalanches sont dûs aux iniquités des hommes, lesquelles iniquités se trouvant à vingt mille pieds sous terre, sont rejetées par le globe qu'elles ennuient, et sont lançées sous forme de ras-de-marée, de quartiers de rocs, de vagues hautes comme des montagnes, et enfin de torrents s’échappant de leur lit.

Cette explication des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des inondations, n’est pas rassurante pour la faiblesse humaine.

En effet, à chaque péché mortel que vous commettrez, ami lecteur, vous serez menacé de faire explesion ou de sauter à trois cents pieds en l'air, à moins que vous n'ayez le soin d’enterrer votre péché qui, dans dix ans, lorsqu'il aura fermenté convenablement, éclatera sous les pas de quelque passant naïf. La terre est ainsi bourrée de péchés qui bondissent à certaines époques, renversent les maisons et culbutent les meubles les uns sur les autics.

La Gazette des Campagnes, organe de la ferme-modèle de Sainte- Anne, est, comme on le voit, très au fait de l’agriculture qu'elle enseigne et connaît tous les secrets de la terre.

Elle nous a donné en un clin-d’œil la cause de cataclismes que les

DL savants expliquent de diverses manières, mais sans avoir encore trouvé

in la bonne, que nous, Canadiens, avons maintenant le bonheur de connaître.

Eu Û ak que Il est à supposer que toutes les parties de la science agricole sont Eu enseignées de la même façon.

PAS - # Pourquoi, dit un élève à son professur, ce grain de blé, que j'ai

semé il y à six mois, at-il produit ce bel épi que vous voyez !

Comment ce travail s'est-il fait ?

LL —C'est parce que, mon enfant, vous aviez communié ce jour-là.

ni —Et cet autre épi si maigre, pourquoi !..

: —Ah !'il y a un péché là-dessous ou tout près ; ; prenez garde, il

! pourrait bien vous sauter à la figure ; allez quérir de l’eau bénite et JA 1: arrosez-en cet épi ; demain, vous le verrez pliant sous le poids de ses EE grains.”

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; LL IX . vu" , PEN Constatons que la Gazette des Campagnes est dirigée’ et contrôlée

t'a par le supérieur du collége de Sainte-Anne, et que la ferme-modèle

tqs appartient à ce collége qui est en train d’ ir io à peu prés la moitié

hi de la paroisse,

M1 A côté de cette ferme-modèle, très bien énliivéo du reste, et qui

LUE donne de beaux produits, on voit les terres des habitants s’amaigrir de

Un plus en plus en subissant les errements de la vieille routine.

| DEA De même, si l’on se transporte à la côte Beaupré, près de Québec,

Le on voit des fermes appartenant au Séminaire dans un état de prospé-

[DH rité éclatante, comparées à celles qui les entourent.

h'! Le secret de cette différence est dans le fumier et la bonne cul- .

ji | t: re appliquée à ces fermes. Mais pour les terres d'habitants, c’est

! autre chose. Là il faut surtout force messes et quarante heures. On

admet à la rigueur la charrue, mais comme accessoire ; les habitants

1! sont prévenus d’avoir à compter surtout sur leur exactitude à payer la

UE ‘ dîime, S'ils n’ont pas de bonnes récoltes, c’est parce que les idées

nur modernes «commencent à travailler notre société.

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