‹ La lanterne [microforme]Chapitre 43 sur 73 · PE · texte numérisé non relu

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“Les exercices de la retraite annuelle des hommes, dit le VMouveau- Monde, viennent de se terminer à Notre-Dame par le magnifique ensemble de chants, d’illuminations et de cérémonies saintes qui ont marqué, plus que jamais cette année, la belle fête de Noël. Plus que jamais aussi cette fête sera un doux et cher souvenir, parce qu’elle a été préparée de la bonne manière par un plus grand nombre, et qu'avec les échos de ses rantiques et les reflets de ses lumières, elle laissera dans bien des âmes la paix du retour à Dieu et la joie de la bonne conscience.

Voulez-vous avoir une bonne conscience ? redoublez les becs de

az. :

Que les échos vous étourdissent, et vous aurez la paix de l’âme. Un tintamarre de tous les diables dans l'oreille est l’indice d’un cœur contrit et repentant.

Si l’on me demande à quoi servent tous ces exercices périodiques qui prennent aux gens un temps utile et les empêchent de vaquer à leurs affaires, je répondrai: ‘“ C’est pour apprendre à jouer du

tambour,”

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‘ Aimez-vous les uns les autres, et SURTOUT Le parti pour lequel vous combattez si vaillammenc.”

Le Christ, qui n’a jamais voulu voter pour M. Cartier, avait dit

. tout simplement: Aimez-vous les uns les autres.

‘“ Aimez-vous les uns, mais w’aimez pas les autres, interprète le Courrier de Saint-Hyacinthe.

On n'aura jamais fini de paraphraser l’Ecriture Sainte, surtout si l'on y ajoute.

Cette façon d'introduire l'Evangile dans la politique m'édifie surabondamment.

Voyez-vous un candidat se présentant aux libres et indépendants électeurs : ‘ Messieurs, le Christ n'at-il pas dit! ‘“ Aimez-vous les uns les autres, et surtout le parti que je représente ? ”

C’est tout simple ; il n’y a plus ensuite qu’à voter pour moi, c’est le Christ qui l’ordonne.

De là à étendre cette parole divine à l’Union Législative, il n’y a qu’un pas. Aimez-vous les uns les autres ne veut-il pas dire Svyez unis? ce qui prouve que le Christ n’était pas en faveur des gouvernements locaux.

On'‘découvrira avant peu que le premier qui a dit: Embrassonsnous, Folleville, est saint Paul, dans la troisièmo aux Corinthiens,

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Avec la fin de l’année 1868, juste le 31 décembre, paraît le numéro 16 de La Lanterne.

Pendant quatre mois, une fois par semaine, on a pu dire la vérité en Canada!

Oui, il s’est trouvé un homme qui a dit ce qu’il pense seize fois de suite, pendant quatre mois, sans broncher, un homme qui s’est moqué des cagots et des cafards, gens dont tout le monde avait peur.

Aujourd’hui, les rôles sont changés ; ceux qui ont peur sont les cafards et les cagots.

L'année 1869 me fournira le moyen de dire la vérité encore cinquante-devx fois, dans 16 pages par semaine ; c’est la meilleure étrenne que je puisse offrir à mes abonnés, et le meilleur souhait que je puisse faire à ceux qui ne le sont pas est de le devenir.

J’annonce à mes lecteurs qu'ils trouveront la série complète de la Lanterne chez M. Grafton, 80 Grande rue Saint-Jacques, au No. 68 de la même rue, à l’Institut-Canadien et à la Librairie Evangélique, 493 rue Craig.

Dès que le vingtième numéro aura paru, je ferai tirer une nouvelle édition qui contiendra en un volume broché les vingt premiers numéros. ze

Si je reçois pour ce volume l’encouragement que j'ai reçu pour chaque numiro séparément, je serai à même d’entretenir à Rome deux

dit zouaves pontificaux et d'envoyer des étrennes à monseigneur Ignace. le ( é" $ si J'extrais la page suivante de 7’Histoire de la peinture flamande de k Michiels ; c’est l'époque où l'archiduc Albert prend au nom de 1 a- Philippe II d’Espagne le gouvernment des Flandres : ‘“ La persécution religieuse continua pendant tout le règne des ts archiducs, sous une nouvelle forme. . Les malheureux qu’on voulait les détruire n’étaient plus appréhendés, torturés, jugés pour cause d’opinion, mais pour crime de sorcellerie. Chez un peuple accablé par la l st terreur, la prudence gouvernait tous les discours et toutes les actions.

Ou bien on restait silencieux et inxmobhile, ou bien on parlait, on se è a conduisait avec l'inquiétude et l’effroi des esclaves. L’inquisition dès | 71 Aors se trouvait exposée à manquer de victimes, et Dieu d’holocaustes, r- Il fallait prévenir un si grand malheur: les bourreaux de saint il Dominique et de saint Ignace y parvinrent en substituant l’accusation ‘ ns- de fausses doctrines et d'erreurs sehismatiques. Les bûchers continuèrent à dévorer des centaines de victimes, les échafauds à se rougir de sang, l'Eglise à remercier Dieu de ses triomphes. ÆEt comme la superstition croyait les femmes disposées | particulièrement aux pratiques mystérieuses, aux rapports secrets avec À

le le diable, c'était contre les femmes surtout que se déchaînait la rage des bigots. On en martyrisait, on en brûlait de 70, 80 et 90 ans, | té Parmi les pauvres créatures rôties a Gand comme on ne rôtirait pas | A les plus vils animaux, qu'on égorge au moins avant de les mettre au | de feu, l’une avait 70 ans, l’autre 75, la troisième 77. | ué ' “ Le 11 Août 1595, en la ville d'Enghien, on brûla quatre sor- | | cières, au nombre desquelles une veuve de cent ans.” | es Mais on n’épargnait point les femmes d’un âge mûr, les jeunes filles, 4 qu'on suppliciait d’abord toutes nues; on n’épargnait même pas les ; re enfants. Une ordonnance d’Albert avait déclaré qu’on pouvait punir re de mort les femelles à partir de douze ans, les masles à partir de qua- A: 1e torze. On est partagé entre l'horreur et l'indignation, quand on lit |

les sentences prononcées contre de malheureuses petites filles qui ne comprenaient assurément pas les questions de leurs-juges. Ces brutes

ne les condamnaient pas moins à être étranglées, brûlées et réduites |

en cendres. Et avant d'exécuter les victimes, on leur faisait subir ' la | d'atroces douleurs. Un grand nombre furent liées à un poteau, le devant un feu ardent qu’on entretenait jour et nuit, et quand elles 3 paraissaient vouloir s'endormir, on les flagellait. Beatrice van Over } bech, de Waereghem, endura ce tourment infernal quatre jours et le trois nuits. Et ce n'était pas seulement quelques individus qu’on 'S exécutait de loin en loin : la persécution religieuse avait les propor-

tions d’un massacre, A Douai, on brûla le même joùr cinquante

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misérables ; à Ruremonde, en 1613, soixante-quatre furent exterminés deux par deux, pour prolonger la cérémonie. ÆEn quelques années, une abbesse souveraine livra aux flammes trente malheureux soupçonnés d’un crime impossible. Le bourreau d'Ypres se glorifiat d’avoir examiné sur tout leur corps des magiciens et des sorcières par milliers, d'en avoir détruit par centaines ; le père Remigius d’avoir voué au feu, dans un espace de cinq mois, cinq cents complices du démon. Un rapport, libellé en 1661 par le conseiller fiscal de Flandre, assure qu’une multitude prodigieuse de sorcières furent consumées en Flandre, en Brabant, et dans le pays de Liége, que la ferveur catholique dépeupla des localités entières.

Cette pieuse terreur dut troubler sans le moindre doute et ralentir la convalescence d’un peuple infortuné, auquel pendant cinquante ans cn n'avait pas laissé une pierre pour reposer sa tête. Mais le flot de mort, qui roulait tant de cadavres, ne fixa point les regards de la haute société, ne comprima point dans la nation le retour à la vie. Les innocents qu’on faisait mourir appartenaient presque tous aux basses classes ; ou l’on crut à leurs enchantements et on approuva leur suplice, ou l'on détourna les yeux. Une sève longtemps accumulée jaillissait dans les rameaux supérieurs de la nationalité flamande : rien n’en pouvait suspendre l’élan.

Le pays offrait un navrant spectacle. “La discorde avait depeuplé les villes et laissé les campagnes sans culture. Des bandes de loups affamés se montraient aux portes des cités désertes, les bandits exploitaient les routes, des légions de’mendiants assiégeaient le seuil des églises et des monastères.” En Flandre et en Brabant, écrivait le duc de Parme, dès 1583, on n’a pas ensemencé les champs ; Bruges et Gand ne sont guère moins que dépeuplées. La disette des grains est excessive, et la cherté des subsistances augmente chaque jour. C'est la chose du monde la plus triste que de voir combien ce peuple souffre.” Albert et Isabelle firent ce qu'ils purent dans les limites de leur intelligence, pour rescusciter l’agriculture, l'industrie, le commerce

et la navigation.

La dévotion outrée d'Albert et Isabelle, pernicieuse pour la nation, ne le fut point pour les beaux-arts. Leur prodigalité envers les religieux dépasse toute idée. Dans un laps de trente ans, ils fondèrent, suivant un de leurs panégyristes, plus d'établissements pieux qu'il ne s’en était formé durant trois siècles. Bruxelles renfermait vingt couvents lorsqu'ils montèrent, sur le trône ; à ces antres de paresse, d’astuce et de cupidité, ils en ajoutèrent douze, et restaurèrent les précédents. Toutes les espèces connues de moines et de nonnes s’abattirent sur la Belgique pour la dévorer.

Les archiducs firent construire plus de trois cents églises ; une seule, Notre-Dame-de-Montaigu, coûta 300,000 écus d'or.

Les prêtres étaient comblés de dons, de bienfaits, de priviléges. Les domaines, les hôtels vacants par l'extermination des propriétaires

devenaient leur butin ; on vidait le trésor pour satisfaire leur avidité, Les Jésuites mettaient la Flandre au pillage ; quand finit le règne des princes espagnols, les révérends pères avaient en Belgique trente maisons professes et trois cents colléges. Ils se faisaient même adjuger les biens des hospics s.

Une si haute fortune n'empêchait point la légion cléricale de lésiner, de songer âprement à l'économie, Les prélats, évêques et autres religieux obtinrent au'ils seraient logés gratuitement par les villes et les bourgs, quand ils se mettraient en voyage. La population fut donc soumise à l'impôt des logements ecclésiastiques, outre celui des logements militaires ; pour s'affranchir de cette double exaction, Bruxelles prit l'engagement de payer aux archiducs 25,000 florins .du Rhin par année. :

VARIÉTÉS

Comme je ne veux pas prendre la responsabilité. des lignes qui vont suivre, j'avertis qu'elles seront textuellement copiées sur un exemplaire dont voici le titre :

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