‹ La lanterne [microforme]Chapitre 64 sur 73 · censures par les assemblées générales du clergé · texte numérisé non relu

censures par les assemblées générales du clergé

5o. Plus de 80 censures prononcées par décrets de la Cour de Rome, brefs, bulles, lettres apostoliques, depuis 1598 jusqu’en 1762.

P. 233. Pour se rétablir, le Jésuitisme a usé de divers déguisements ;

tantôt il a paru sous le nom de paccauristes, tantôt sous celui du Sacré Cœur des Pères de la foi....

P. 234...Homme (le cardinal Fesch) fatal à la France, à sa famille, à

lui même, exemple mémorable des dangers qu’entraîne le zèle séparé des lumières. Le cardinal Fesch a été en France le grand promoteur des Jésuites, des religieuses, des petits séminaires. Dans son zèle inconsidéré, il a tout confondu ; et, à la manière des petits esprits et des Italiens, il a placé la religion dans les observances légales et dans les choses monacales ; ces importations italiennes ont toujours été funestes à la France...

P. 236....Libre de se montrer au grand jour, le Jésuitisme a reparu

dans les bagages de toutes les contre-révolutions armées rétablissant le despotisme, et cela suffit pour indiquer d’où il vient et où il va.

P. 277....Disons-le hardiment à ‘outes les familles : ‘“ Fermez vos

portes aux Jésuites, ou renoncez à l'espoir de la paix.”

P. 390. L'auteur traite du monachisme, et dit....: “ Le moine,

monas, c'est l’homme seul, isolé, séparé du monde ; parmi les

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37 ordres (que l’auteur avait comptés jusqu’à l’époque où il écrit), 2 seulement ont marqué dans la famille monacale par de grands travaux littéraires, ou bien afférant d'une autre manière au bien de la société, les Bénédictins et les Jésuites. L'auteur nie que le monachisme ait été utile à la société, aux lettres,

P. 392. ‘“ Auparavant, dit-il, que les bénédictins se miîssent à l'ouvrage, les universités étaient ét:.blies partout.

P. 394. Le monachisme, ajoute-t-il, a fait pour la religion comme pour l'espèce humaine ; d’un côté il l’a servie, mais combien ne lui at-il pas nui de l’autre? D'où sont venues presque toutes les hérésies et la réformation ? Qui a abîmé l'empire grec et livré l'Asie et l'Afrique aux Mahométans? Qui a introduit dans le culte le petit esprit; les pratiques minutieuses ou ridicules? Qui a propagé, en matière de religion, les doctrines et les procédés sanguinaires? Qui a allumé les bûchers de l’inquisition, exterminé les Albigeois et froidement égorgé l'Amérique ? Qui a dénaturé la religion en Espagne, en Italie? Qui a dégradé celle-ci en changeant la charité en mendicité, en appelant une popülation entière aux vices de l'oisiveté, par l’appât d’une substance sale, maïs gratuite? Le monachisme....

P. 402. Le pape Sixte Quint, qui avait ordonné une visite apostolique de la société des Jésuites, mourut ef d'une mort précipitée, dit le Pape Clément 16 dans sa bulle de suppression.

On m'adresse les questions suivantes :

“Est-il vrai que tout dernièrement, à l’église de Bonsecours, il a été célébré une messe (grande) à la demande de certains actionnaires dans une entreprise de mine de fer ou autre minerai, entreprise plus ou moins malade, qu’on voulait réhabiliter en la mettant sous le patronage tout spécial et l’invocation du grand St. Joseph? Est-il vrai que les actionnaires assistaient en corps à cette solennité, leur président en tête, qu’on a dû être surpris de voir dans cette galère ?”

Je ne sais pas si cela est vrai ou non. Je ne puis pas assister à toutes les messes qui ont lieu, grandes et petites. Il y en a tant !

Mais je puis répondre toutefois que si l’entreprise en question est bien malade, elle n’en a pas pour trois mois à vivre, pour peu qu'’ell continue de s'adresser à saint Joseph.

Ce saint-là n'aime pas à se mêler des affaires des autres. (C’est prouvé.

CORRESPONDANCE

Lowell, 28 Février 1869.

Monsieur,

Etant un ami de la lumière, permettez que je dépose ma quotepart d’huile dans votre aimable Lanterne.

La lecture de votre enfant bien-aimé, comme vous l’appelez à bon droit, me fait voir comment en Canada il faut que MM. les prêtres sy prennent pour extorquer les dollars des pauvres gens de ce pays. Là les saints cirés et les bénédictions papales font un effet admirable. Ici, la classe canadienne étant en contact avec un peuple qui rit de tout cela, les saints en cire et les oraisons du Saint-Père feraient un mauvais effet ; alors il leur faut recourir à d’autres expédients. Mais la sagacité d’un bon père oblat, tel que le révérendissime Garant, a. trouvé un magnifique moyen pour arriver à ce but. Le voici : “ Mes chers frères, leur dit-il un jour au prône, il faut que nous fassions quelque chose au bénéfice de notre église naissante de Lowell. J'ai donc résolu que nous aurions un festin dans ce but, et aujourd’hui, après vêpres, les dames et demoiselles se réuniront ici et choisiront un certain nombre d’entre elles pour préparer ies tables et quêter pour l'achat des comestibles.”

Ce qui fut dit fut fait: les quêteuses furent élues parmi les bonnes brebis : ‘‘ Voici, dit M. le révérendissime, comment se feront les choses. Nous chargerons vingt-cinq centins pour l’entrée et e. suite tel prix pour un morceau de pâté, tel autre pour une dragée, tel autre pour une orange, etc.” Voilà comment ce bon pasteur tondait trois fois ses moutons dans le même printemps : d’abord par une quête, ensuite par le prix d'admission et, enfin, par le prix de chaque bouchée: qu’il leur était agréable de prendre.

Mais quoique tondus trois fois pour la même chose, le pasteur s’aperçut qu’il leur restait encore un peu de laine ; il résolut de tout avoir, et voici ce qu’il imagina pour leur enlever leurs derniers dix centins. C'était une pêche à la ligne.

‘ Mais, me direz-vous, comment peut-on pêcher à la ligne dans une salle ou il n’y a ni eau ni poisson ?” Non il n’y avait pas d’eau, mais il y avait du cidre et de la bière, quoique M. Garant prêche la tempérance. Voici en quoi consistait cette pêche.

Différentes bagatelles se trouvaient dans une boîte placée de manière que le pêcheur ne pût en apercevoir le contenu. On promenait. alors l’hameçon dans cette boîte et on le retirait le plus souvent nu, et, accrochaït-il quelque chose, l’objet était encore bien au-dessous du prix du coup de ligne. Cependant le bon cüré ne se montrait pas trop exigeant et ne demandait que dix centins du coup.

C’est ainsi que l’on cultive ici la bourse des bons canadiens. Pour terminer la soirée on donnait pour dessert des exercices tels qu'on en voit dans les cirques ; culuutes et autres. ......... C’est la deuxième représentation de ce genre depuis l'installation à Lowell du rév.

Garant; nous attendons la troisième prochiainement, car il paraît qu’il fait son affaire admirablement de cette façon-là. C’est toujours au profit de son église, comprenez-le bien.

Cependant l'apparition des nouveaux achats n’a pas eu lieu encore et je commence à en désespérer. Il est bon que vous sachiez que tout cela se fait dans le soubassement de l’église. La profanation du lieu saint n’est qu’un petit péché bien véniel dès lors qu’il porte bénéfice aux marchands de bénédictions. (Cependant je crois que si le Christ revenait une seconde fois sur la terre, il lui faudrait de nouveau s’armer de son fouet pour chasser ceux qui changent ainsi son temple en cirque et en restaurant.

Je suis sincèrement Votre tout dévoué,

UN Ami DE LA LUMIÈRE.

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