ACTE DBUXièMB
LB OÉNÉRAL.
Nous autres Russes, nous avons toujours aimé les Français, inôiue quand nous combattions l'un contre l'autre. Je me rappelle qu'i\ Sébaslopol...
LETOURNEUX
Vous étiez à Sébastopol ?
LEOÉNÉRAL.
Oui. Et vous ?
LETOURNEUX
Moi pas ; je suis postérieur.
LE GÉNÉRAL
Postérieur ?
LETOURNEUX
Je n'étais pas né.
LE OÉNÉRAL.
Ahl c'est une raison... Mais débarrassez-vous donc de votre bouquet, (il le pos« lur i« faoïeaii d'oigâ.) Donc, un jour, à Sébastopol, ou plutôt une nuit, je fis le pari avec des camarades que je traverserais les lignes ennemies pour aller serrer la main de l'officier français (jui commandait les avant-postes.
LETOURNEUX
C'était bien imprudent.
Je fus accueilli par une mitraille à décimer un bataillon. .
LETOURNEUX
Et vous ne fûtes pas atteint?
LE GÉNÉRAL
Jo le fus... mortellement.
LETOURNEUX, étonné.
Ahl bah! on ne le dirait pas.
LE GÉNÉRAL
Huit jours après, quand je revins à moi, je me trouvai mollement étendu dans un bon lit. Une jeune femme veillait à mes côtés. C'était ma nièce.
LETOURNEUX
On vous avait renvoyé dans votre famille... C'et^t égal, vous l'aviez échappé belle I
LE GÉNÉRAL
Vous pouvez le dire, cher monsieur. Tel c^ue vous me voyez, j'ai dix-sept trous dans la peau.
LETOURNEUX
C'est considérable.