SCÈNE III
Les Mêmes, CLÉMENTINE.
CLÉMENTINE, entrant de droite.
Constant, j'ai à te parler.
Je n'ai pas le temps, je prépare mon discours.
CLÉMENTINE
C'est bien. J'attendrai.
Elle s'assied près du guéridon et trsTsilU. LA ROUSSK.
Va l'asseoir. Où en étions-nous?.
CHALMEL
Peu à peu. Nous en étions à peu à peu.
Peu à peu quoi?
GHALMEL, lisant.
Avant de rechercher les moyens d'arrêter le fléau qui nous envahit et menace de nous détruire peu à peu...
LA ROUSSE, continuant.
Il convient tout d'abord d'en indiquer les causes.
CLÉMENTINE
Les causes de quoi?
De la dépopulation. Ne m'interromps pas. Parmi ces causes, il en est une que personne n'a osé vous signaler jusqu'alors, parce qu'elle a toujours été considérée comme l'une des bases de notre société moderne. C'est un tort; car elle est, à mon sens, la véritable entrave, l'obstacle infranchissable qui nous barre la route. Cette cause si néfaste à la procréation de notre espèce, je ne crains pas de le déclarer hautement, c'est le mariage.
CLÉMENTINE, bondissant.
Hein?... Tu dis?...
Oui, messieurs, le mariage? Institution surannée, vermoulue, contraire aux lois de la nature.
CLÉMENTINE
Veux-tu te taire? Tu n'as pas honte 1 Toi, un père de famille 1
Pardon. Je traite une question sociale. Tu ne peux pas comprendre.
CLÉMENTINE
Je suis si ]>éte.