‹ La layette, comédie en trois actesChapitre 5 sur 115 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

liA. ROUSSE.

On n'élève pns les enfants nvec du beurre... le lait

sufnt.

Pour commencer, mais ensuite?

Monsieur Chalmel, j'ai le regret de vous le dire, mais vous êtes qu'un disciple de Malthus.

CHALMEL

S'il vous plait?

Vous êtes un Malthusien.

CHALMEL, à part.

Je crois qu'il m'insulte. (Haut.) Vous me permettrez de vous dire, monsieur La Rousse, avec tout le respect que je vous dois, qu'il appartiendrait aux riches de donner l'exemple.

C'est pour moi que vous dites ça?

CHALMEL

Je parle en général.

Si, monsieur, c'est pour moi! Eh bien, vous saurez, monsieur Chalmel, que si la Providence ne m'a accordé que deux filles, ce n'est pas de ma faute.

CHALMEL

Ce n'e»t pourtant pas de la mienne.

LA ROUSSB.

En effet. J'ai toujours rôvé d'une nombreuse famille, et ce que je n'ai pu réaliser moi-même, je n'ai cessé de l'encourager chez les autres.

CHALMEIi,

C'est plus commode.

Il y a six ans, lorsque j'ai marié ma fille aînée, j'ai dit à mon gendre : je donne 50U.00U francs de dot !

GHALMEL.

On ne m'en a jamais dit autant.

400.000 francs comptant et 25.000 pour la layette, à chaque enfant qui naîtra.

GHALMEL.

Une prime d'encouragement.

Tâchez d'en avoir quatre, ça complétera les 500. 000 francs. Et il les a eus! Deux garçons et deux filles en six ans I Voilà ce que j'appelle de la besogne bien troussée !

GHALMEL.

Parbleu!... A ce prix-là!,., mais si vous voulez, moi pour 12, 500 francs.

Pardon, vous n'êtes pas mon gendre.

C'est pour ça que je propose un rabais !

Le sentiment du devoir doit vous suffire.

GHALMEL.

Ma femme a trop souffert.

Continuons notre travail, je vous prie!

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