‹ La lecture en actionChapitre 15 sur 81 · MONCADE · texte numérisé non relu

MONCADE

Du m'-pris pour vou5.

AUTANT d'j-POQLES, AUTANT I)' liC RI V A INS G3

LUCÎNDE.

Oui, cruel, et dans toute son étendue. Ecoute. {Lisant.) a Je suis à la campagne depuis deux jours, et j'y suis sans Lucindc. La complaisance que je suis obligé d'avoir pour une tante malade, me fait rester ici dans une étrange solitude. N'essaiera-t-on point de me la rendre supportable? Si vous ne vous chargez de ce soin, Lucinde, toute la terre ensemble n'en viendrait pas à bout. Je n'aimerai et n'adorerai que vous de ma vie. Adieu. »

La position est embarrassante, la trahison palpable I comment va-t-il se tirer de là? En disant qu'on a contrefait son écriture ? Mauvais moyen ! Il en emploie un autre, plus simple, et très propre à faire valoir le talent de l'acteur. Baron, après avoir soutenu à Lucinde que cette lettre était pour elle, la prenait, et la lisait tout haut à son tour, sans y changer un mot, elle s'en serait aperçue, mais en modifiant dans le débit un signe ponctuatif, chose fort facile, et fort naturelle, dans un temps où la ponctuation était moins rigoureuse, et dans une lettre, c'est-à-dire dans un genre d'écrit oi^i l'on ne ponctuait quasi pas.

Page 1