‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 23 sur 94 · LA LÉGENDE D'ŒDIPE DANS LES TRADITIONS POPULAIRES · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE D'ŒDIPE DANS LES TRADITIONS POPULAIRES

Section I.

La légende de Judas.

Il est une légende qui se rapporte incontestablement au mythe d'Œdipe transformé et développé par le génie grec : c'est celle de Judas. Le texte le plus ancien qui nous l'ait conservée se trouve dans la Lérjende dorée, écrite, comme on sait, en latin au xiii* siècle, par Jacques de Varaggio. Mais cette addition à l'histoire de Judas est sans doute antérieure à celte date, comme le prouve le double témoignage de l'auteur, au début : « Legitur in quadam historia, licet apocrypha », et à la fin : « Hucusque in prœdicta h.stor.a apocrypha legitur ; quœ utrum recitanda sit lectoris arbitrio relinquatur, licet sit polius relinquenda quam asserenda », d'après lequel on voit qu'il ne se porte nullement garant de la véracité de son modèle ; et cela est d'autant plus étonnant que Jacques ne se pique guère de critique.

M d'Ancona a publié à la suite de la légende de Vergogna une traduction italienne du texte latin, d'après un manuscrit de la Ricardienne, n» 1254, f. 78. Il y a joint un petit poème français du xni« siècle en vers octosyllabiques, tire du manuscrit XXXVI, g. ii, 1 3, de la bibliothèque de Turin , où il fait suite à la légende de Pilate ; ce poème est egalelement basé sur la rédaction latine. Voici ce que raconte

la Légende dorée.

A Jérusalem vivait Ruben Siméon, de la race de David. Son épouse Cyborea^ songea qu'elle enfantait un fils qui

IV Pasini Cod.mas.Biblioth.Reg. Taarinensis Alhen..yo\ Ah P-'^li- V. t-aami, (^u". r-'est une alteraliou nu

2 D'après M. G. Paris (Rev. cnt., 1870, I, ili), oes,i

nom hébraïque Sepphorah.

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devait être funeste à sa famille. A son réveil, elle fait part do son rêve à son mari, qui cherche à la rassurer en lui disant qu'elle a été déçue par l'esprit malin {spiritus phitonicus; voir Ducange, s. v. phitones). Mais comme elle ne tarde pas à s'apercevoir qu'elle est grosse depuis cette nuit, elle commence à s'inquiéter, et son mari avec elle. A là naissance de l'enfant, ne voulant pas le tuer, ils l'exposent dans une boîte sur les flots de la mer, qui le transportent à l'île Iscarioth (texte italien : Scarioth, texte français : Esquarioch, Qmtrioch, Cariot). Il est recueilli par la reine de l'île, qui, désolée de n'avoir point d'héritier, l'adopte, simulé une grossesse, puis fait annoncer à son peujile qu'il lui est né un fils. Mais bientôt après, elle devient réellement grosse et met au monde un fils. Quand tous deux furent grands, Judas Iscarioth (la reine l'avait ainsi nommé parce que la mer l'avait apporté du pays de Judée, situé en face de l'île Iscarioth), Judas se montrait méchant et injuste envers son frère putatif, si bien que la reine, voyant que les remontrances ne pouvaient rien sur lui, lui reprocha d'être un enfant trouvé. Il en fut si courroucé que, rencontrant quelques instants après le fils de la reine, il le tua et s'embarqua aussitôt pour Jérusalem. Il réussit à plaire au gouverneur de la Judée, Pilate, qui le fit préfet de la cour {quum res similes sibi sint amabiles, dit le texte latin). Un jour l'ilate, jetant les yeux sur un jardin placé sous son balcon, se sentit pris d'un irrésistible désir de manger des pommes qui s'y trouvaient. Judas s'empresse d'aller en cueillir. Un vieillard, propriétaire du jardin, veut l'en empêcher: il le tue d'un coup de pierre. Personne ne soupçonne qu'il y ait eu crime, et Pilate, en sa qualité de suzerain', dispose en faveur de Judas des biens et de la personne do la veuve, qui n'était autre que Cyborea. Judas se trouve ainsi avoir tue son père et épousé sa mère. Un jour que celle-ci gémissait profondément, J udas lui demanda

' Oa voit ici l'empreinte du moyen-âge,

ce qu'elle avait : « Malheureuse que je suis, s'écria-t-elle, Xai noyé mon /Us, mon mari est mort, et dans mon aflliction Pilate m'a mariée contre ma volonté ». Judas devient pensif, et bientôt, après de nouvelles questions, il est convaincu de la triste vérité. Pressé par le remords et voulant réconforter sa mère, il va se jeter aux pieds de Jésus-Christ, lui avoue ses crimes et devient son disciple et son trésorier. Mais, son naturel reprenant le dessus il volait sur l'argent que l'on donnait au Christ et sur celui au'il était chargé de distribuer aux pauvres. C'est pour^ se dédommager de la perte des trois cents deniers qu on aurait pu retirer de la vente du parfum répandu par Madeleine, et sur lesquels il aurait prélevé la dîme, qu'il vendit son maître pour la somme de trente deniers.

Il est aisé de voir comment la légende d Œdipe est venue se souder ainsi à l'histoire de Judas. Tout ce qm pouvait contribuer à rendre odieux le trop fameux traître de l'Évangile devait forcément entrer dans la légende hi quel crime plus grand que ceux que l'antiquité attribuai à Œdipe ? Ne semblait-il pas nécessaire que Judas se tut déià montré animé de mauvais instincts ? qu'il eût commis fût-ce involontairement, les plus grands crimes? qu U dût'méme le jour à. un malin esprit, pour en arriver au plus grand des forfaits, à la trahison d un Dieu? G est sans doute sous l'influence de cette idée qu'un moine un clerc quelconque, qui connaissait par des textes latms 1 antique légende, l'aura appliquée à Judas, en l'appropriant tant bien que mal aux temps et aux lieux où devait se passer l'action. M. d'Ancona* observe finement que cette légende a conservé un caractère littéraire (c'est-a-dire clérical), et qu'elle ne s'est jamais beaucoup répandue dans le peuple, quoiqu'on la retrouve dans des monuments de la littérature populaire, ou, pour mieux dire, destinée

< Préface à son édition de la légende de Judas, p. 92 (Scella dicwionlàÏtr^Ldae o rare del secolo XmalXVn. in Apper^e alla Colkxiune di Opère inédite o rare, Dispensa XGIX).

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au peuple ' . Cette intention de répandre la légende parmi le peuple est clairement indiquée dans une rédaction latine en vers léonins, qu'on trouve dans un manuscrit du XIII*' siècle de la bibliothèque de Munich, et qui commence ainsi :

Dicta vetusta patrum jam deseruere theatrum, El nova succédant, qu^ prisca poomata lœdunt. Ergo novisquœdam placet ut nova versibus edam Qiue discant multi novitatis stemmate culti, Et, me si quis amet, légat et par compita claraot*.

D'ailleurs on la trouve dramatisée tout au long dans un épisode d\i Mystère de la P(755/on de Jehan Michel (xv*' siècle), intitulé : la Vengeance de la mort de Nostre Seigneur. I.a scène entre Ruben et Judas y est traitée de façon à rendre celui-ci plus coupable! Il y est de plus question de la punition du traître ; l'auteur donne ce renseignement scénique significatif: « Icg crève Judas par le ventre,

< M. Éd. du Méril (Poésies populaires latines du moyen-âge, p. 326) reconnaît aussi qu'on ne peut regarder cette légende comme appartenant à la poésie populaire proprement dite.

2 Ce poème a été publié d'abord par Mone (Anzeiger fur Kunde dcr tcuschen Vorzeit, 1838. col. 532), puis par Éd. du Méril (Poésies pop lai. du moyen-âge) ; tous les détails de la légende y sont fidèlement reproduits* — Un autre poème latin sur Judas, d'un auteur anonyme, a été signalé dans un manuscrit du xve siècle, de la bibliotliè<pie de Helmstadt" par M. Leyser (Histor. poei. et poem. medii œvi, p. 2125: il commence ainsi : <( Cimctorum veterum placuerunt poemata multum. » — M. du Méril (pag. 327) cite une Vie de Judas, publiée par Abraham da Santa Clara en 1687, et intitulée : Judas der Erzschelm (Judas l'archi-coquin). et une Vie po-. pulaire de Judas en suédois, inibliée par Backstrôm (Svenska Fôlkbôcher. II, 198). dont on trouve une traduction allemande, faite sur une édition de 1833, dans Neue lahrb. der berlin, Gescllsch. fiir deutsche Sprache und Alterthwns Kunde, VI, 144, et qui semble s'appuyer sur une tradition différente. II y en a un texte danois dans Nyerup, Morskahslxning , 178. — Il n'est pas sûr que la légende se trouve dans le Judas Iscariotc de D. Antonio de Zamora, dont Ticknor (llist. de la literat. espanola, III, 103) dit : « contiene dema^ados errorcs para ser entretenida .>, ni dans « Judas hcariotes, tragœdia nova et sacra » de Tomas Nœogoorgus xvi» siècle (Voir d'Aucona, /./ , p. 95-6). - La version du vieux Passional allemand, dont les manuscrits remontent au xiv* siècle, semble tirée de la Légende dorée. (Voir Bas alte Passional, édit. Hahn.)

et les tripes saillent dehors et l'âme sort (f cxcvi r^ col. 1 de l'édition d'Alain Lotrian, 1539). Cf. Vida, qui dit en parlant de Judas : « crepuit médius ». La punition de .ïudas se trouve également décrite à la fin du poème dont nous venons de citer les premiers vers, et vient après un récit de la Passion. (Voir Du Méril, pag. 335, V Image du Monde et la Légende de Saint-Brandan. )

Au xvf siècle, la légende de Judas se rencontre aussi dans le Mystère de la Passion d'Arnoul Greban, récemment publié par MM. Gaston Paris et G. Raynaud (Paris, 1878). Judas vend son maître pour trente deniers, afin de s'indemniser de la perte que lui a fait subir la prodigalité de Madeleine. Puis, saisi de remords, il se désespère et se pend. Mais l'auteur avait d'abord pris soin de nous raconter sa vie. Au moment où il devient disciple du Christ, Judas déplore ses forfaits dans un long monologue dont nous ne citerons que ce passage :

(v. 1 1035) A la dame de beau maintien, qui onques me fit plus de bien et me nourrist de ma jeunesse, j'euz en mon faulx cueur hardiesse que de tuer son propre filz. G mauvais meurtrier, que mal fis !

Par les ditz que tu dis trop hardis, tu rendis mal pour grant bonté, et l'empris ou pourpris los et pris, pais et charité.

S'en cnffer en es députa et des grans deables emporté, en la fin ce sera bien pris.

Nouveau dueil, nouveau vitupère, nouvelle rage composée !

puis cella j'ay tué mon pore

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et ma propre mère espousée ; mes ma coulpe en est excusée

quant au demourant,

car vray ignorant

ay fait ce trespas ; mes pourtant ne s'ensuit il pas que ceste malédiction ne se retourne pas a pas a mon dueil et confusion.

loi

Jamais je ne sejourneray tant que Jhesus aye trouvé et luy mon fait tout approuvé :

car s'il est par sens et parvoye que de sa compaignie soye, mes péchés me seront remis.

On se demandera peut-être pourquoi Judas, devenu le trésorier de Jésus, prélevait la dîme sur toutes les sommes qui passaient par ses mains. Nous trouvons l'explication de ce fait dans le Mystère de la Passion en provençal de la bibliothèque Didot, encore inédit, dont une copie nous a été obligeamment communiquée par son ancien possesseur, M. l'abbé Rouquette. La légende de Judas y a subi quelques modifications. C'est lui-même qui raconte sa vie aux disciples pour expliquer son mécontentement, lorsque Jésus permet que Madeleine lui oigne les pieds avec un parfum de grand prix. Son père et sa mère*, dit-il, l'ont exposé sur les flots, pour le soustraire au massacre à^^ Innocents ordonné par le roiHérode. Il ne s'agit donc point ici, comme dans la version de la Légende dorée, d'éviter les malheurs dont les parents sont menacés par la naissance d'un fils : l'auteur semble avoir adapté plus étroitement la légende d"(ï]dipe au récit évangélique. Avant de l'exposer, sa mère lui avait fait dans le dos, à l'aide d'un fer chaud, une marque dont il porte encore les traces. Il aborde sur une terre étrangère, où il est recueilli par un brave homme qui le porte au roi

* Leur nom n'ost pas indiqué.

de la contrée; celui-ci le fait élever. Au bout d'un long temps, Judas se prend de querelle avec son propre père, arrivé 'par hasard dans ce pays, le tue et s'enfuit. Il arrive en Judée, devient amoureux de sa mère, l'épouse et en a deux enfants. La mère reconnaît son fils à la marque du fer chaud, et Judas lui propose d'aller ensemble trouver le saint Maître', iéms leur ordonne de se séparer; il fait de Judas son dixième disciple et son économe, et assure à ses deux fils et à leur mère, pour leur entretien, la redîme'' des revenus. Voilà pourquoi Judas s'indigne en se voyant frustré d'un gain légitime, et déclare qu'il saura bien recouvrer les 30 deniers que Jésus lui fait perdre, dût-il causer leur mort à tous\ — C'est là, comme on voit, un moyen assez ingénieux d'expliquer cette somme de 30 deniers qui fut leVix de la trahison, et c'est Judas lui-même qui la demande aux princes des prêtres, ici comme dans la Passion

de Gréban.

On a découvert récemment à Palma (îles Baléares) deux fragments manuscrits d'un ancien mystère catalan, qui ont été'^publiés d'abord par l'archiviste de cette ville, et ensuite par un journal de Barcelonne, la Renaixensa. Ce mys-

* Dona, be conosc lo pecat, E tant*a que soy rlesastrat' Que no say quai coselh mi prengua, Ni en cal via iheu me tengua.

Hieu say quel bon coselh penrem :

Al sant Maestre non anem.

Si no que*** nos em tos perdut.

* Ms. quant.

** Ms. destrat.

*" Il faut peut-être lire : Si que no nos em t. p.

2 C'est-à-dire la dîme de la' dîme (V. Ducange, s. v. redecima). Le texte porte l'areyre-iepne, et plus loin l'areyre-demne. Ici ce mot semble synonyme de demne (dîme), puisque Judas fait ce calcul que, le parfum valant 300 deniers, il devait lui en revenir 30.

3 Mas be vos die que nos perdray, Que ansi* los recrubaray, 0 hieu faray una tal res Que tos ne seret mors o près.

* Ms. ans.

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tère, que l'éditeur iniliule Mystère de Marie Madeleine, nous semble avoir des rapports très-étroits avec le Mystère de la Passion de Greban et le mystère provençal inédit de la bibliothèqueDidot. Le premier fragment renferme des paroles de Jésus au financier Simon, chez lequel il dînait quand Madeleine répandit sur ses pieds le précieux parfum dont la perte, suivant la légende, inspira à Judas l'idée de son infâme trahison. Quant au second, Judas y raconte sa vie passée, probablement dans un monologue, comme dans la Passion (1q Greban : il a, dit-il, tué son père et épousé sa mère, et c'est pour expier ses crimes qu'il est devenu le disciple de Jésus. Nous avons donc là une nouvelle mise en œuvre de la tradition rapportée dans laLegenda aurea.

Signalons encore, d'après M. d'Ancona, un poème populaire italien [Nascita^ vita et morte disperata di Giuda Jscariotte, poeticamente descritta dal signor Nibegno Roclami romano. In Lucca, per Domenico Maresc (Marescandoli), 1807), dont le style emphatique décèle un auteur d'éducation moyenne qui écrit pour le peuple. Ce poème semble n'avoir eu qu'une édition, ce qui indiquerait le peu de faveur avec laquelle hi légende aurait été accueillie. Il y a peut-être dans ce froid accueil la preuve d'une certaine répugnance à accepter l'altération du texte sacré par le mélange d'une légende d'inspiration purement païenne, et Tauteur de la Legenda aurea avait sans doute les mômes scrupules, lorsque, prenant soin d'avertir qu'il ne faisait que reproduire un récit antérieur, il engageait assez naïvement le lecteur a n'y pas ajouter foi.

Disons entîn, pour terminer cette longue énumération, que la Bibliothèque bleue, ce répertoire si curieux de livres populaires, a admis la légende de Judas dans son catalogue*.

M. G. Paris^, tout en reconnaissant qu'il est difficile de

^ Voir Socard, Livres populaires imprimes à Troyes de IGOOà 1800 (Paris, Aubry, 18G4), p. 13.

2 Revue critique, 1870, I, 413.

préciser l'origine et la date de la légende de Judas, est porté à y chercher une source orientale, de préférence une source syriaque ou judéo-chrétienne, à cause des noms des parents, Ruben et Cyborea {— Sepphorah) , ((Cette dernière hypothèse, dit-il, confirmerait la supposition tr^s vraisemblable que l'auteur habitait loin des pays où se passe l'action, car l'idée de considérer Scarioth comme une île qui aurait donné à Judas son surnom, tandis que son nom lui viendrait de la Judée, où il était né, et en face de laquelle était cette île, suppose une grande ignorance de la géographie de la Palestine. D'ailleurs, si la légende avait une provenance syriaque, elle serait sans doute, comme les autres de même source, arrivée de meilleure heure en Europe par l'intermédiaire du grec. Il est donc plus probable que cette légende a été composée en Occident par quelque juif converti qui connaissait l'histoire d'Œdipe, et qui l'a adaptée à Judas, sans autres changements (lue ceux qui découlaient nécessairement de cette adaptation. » Jusqu'ici on n'a pas rencontré de texte qui justifiât cette hypothèse, mais elle n'en garde pas moins un grand caractère de vraisemblance.

Gholevius {Geschichte der deutschen Poésie nach ihren antiken Elementen, I, 169) voit dans cette légende des réminiscences de la Bible, des allusions à la vigne de Naboth, à Bathseba, à Moïse exposé sur les eaux, et non un souvenir d'CEdipe. En ce qui concerne l'exposition de Judas enfant sur les eaux, et non pas dans un lieu désert, comme pour Œdipe, il n'est pas besoin, je crois, d'y voir un souvenir biblique, encore moins une allusion au mythe païen de Persée, comme le veut M. d'Ancona. C'est là un Heu commun au moyen-âge : la légende de Grégoire en est la preuve. D'ailleurs, il y avait moins de risque à courir en employant ce moyen : on pouvait croire en effet que les tlots emporteraient l'enfant vers des pays lointains, d'où il avait peu de chances de revenir, et qu'ainsi les malheurs qu'on redoutait seraient évités, sans qu'il fut nécessaire de le tuer.

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