II. Phonétique
r Voyelles et Diputiiongues. — Al et et na s'échangent [)as, comme cela a lieu dans Troie; — an et en sont
* Sur un seul point nous avons cru pouvoir nous départir do cette règlo, en rêlablissanl l'orlliograplie Irancaise it'e au féminin dos noms et participe^ en ic, constamment écrit le dans le ms. A. mais nullement assure par les rimes. Nous avons également rétabli tuity au lieu de tout {toi), au suj. plur., forme asourée par uu grand nombre de rimes (voir l'Appendice, /^/exà'n).
BENOÎT DE SAIXTE-MORE PEUT-IL EX ÊTRE l'aUTEUR ? 297
confondus dans moins de mots ; il en est de môme de ai et ei, pour lesquels la confusion n'atteint dans Thèbes que les mots où ai, ei sont suivis de n ou ii mouillée, et de ui et i toniques, qui n'y riment jamais ensemble. Yoilà deux des caractères auxquels M. Stock reconnaît l'antériorité de Troie sur la Chronique, parce que le premier poème offre cette confusion beaucoup plus rarement que le dernier. A ce titre, 77^^^^^^ serait antérieur à Troie, mais nous n'osons l'affirmer, étant données les différences dialectales. — E et ie ne sont pas confondus à la rime dans Thèbes, pas plus que o et e devant les nasales {Jérusalem : huem, hom : non)\ — on n'y trouve pas ei {ai) pour ie {taint pour tient), ni mot riiTiant avec o fermé, ni cante = comitem ou computat. — Ajoutons que dans Thèbes, comme dans Troie , i ei oi (Troie : ei) alternent pour les verbes venant de icare (- igare) * , et que oi venant de e long, i bref rime rarement avec oi venant de o {au), u ; le latin erium y donne également ire, mais les rimes empére : frère, : emperère ne sont pas dans Troie, et il n'y a point, comme dans Thèbes, hésitation sur ce point. Enfin, il n'y a pas trace de formes picardes dans Troie, pas plus que dans la Chronique. 2^ Consonnes. — Il n'y a pas dans Thèbes d'exemple de / changée en r ou en n, comme dans conc ire, mont, etc.; ni de l amoUie, comme dans veile, esteile ; — sace y rime régulièrement, comme dans Troie, avec face, place; — fV/^e = Phrygia se trouve également dans les deux poèmes, mais le passage de s doux à la palatale après une voyelle {service) est inconnu à Thèbes.