III. Flexion
Substantif et Adjectif. — Troie fournit d'assez nombreux exemples de trouble dans la déclinaison des noms à accent mobile, ce qui est très rare dans ïhèbes; sor {suer, socr)^=sovoT, et 5oror =sororem, sont mélangés dans Troie, mais non pas dans Thèbes. Dans les adjectifs et participes
^ Dans Thèbes, la double forme n'est assurée que pour otroiier.
qui suivent la deuxième déclinaison des substantifs, la déclinaison est assez souvent violée dans Troie, très-rarement dans Tkèbes; il en est de même pour les adjectifs féminins h terminaison unique, où la forme du féminin {telle, gravide) apparaît isolément dans Truie, et surtout dans la Chronique. On peut dire qu'en général la déclinaison s'est beaucv-^up mieux conservée dans Thèbes, ce qui est une des caractéristiques du dialecte picard.
2° Pronoms. — Tlièbes ne connaît ni lie (féminin), ni lor régime d'une préposition, ni el =illud ou illo, formes caractéristiques dans Troie et la Chronique.
3® Verbe. — Troie donne on et ons à la première personne du pluriel, jamais ornes, iemes, qui dans Thèbes sont souvent assurés, soit par la rime, soit par la mesure; — eiz, à la deuxième personne du pluriel du futur et du subjonctif présent, est à peu près inconnu à Thèbes *.
Troie ei\^ Chronique emploient régulièrement l'imparfait dit normand de la première conjugaison oe (oue),pour les autres conjugaisons eie, et ne mélangent pas les premières formes avec les secondes, sauf dans un petit nombre de cas, qui doivent être imputés au scribe (V. Settegast, pag. 49 sqq.); Thèbes n'a qu'un imparfait en ot, amot : mot G091, qui peut être considéré comme une licence, et qui d'ailleurs n^est pas exclusivement normand à la troisième personne; ce texte mélange, quoique rarement, les imparfaits en oie issus de abam, avec ceux eno/e, issus de ebam- Thèbes ne connaît pas de parfait en ie , à moins quon ne veuille en voir un dans eslongiérent : perdirent 8009, qu'il faudrait alors corriger en perdiérent ; mais il vaut mieux lire eslongirent: perdirent.
Les troisièmes personnes plur. accentuées enaiit setrou-
Ml y a cependaut un exemple au futur : Ja puis Is pies ni metenns 9368 ABC. rimant avec destrois: B (seul) en olFre un an subjoncur. dans un court passage interpolé après A 5320 : Que vous tençoiz {C b'nciez) ci devant moi, et un au futur, dans un passage correspondant a A 1120 sqq.: Tosluii avroLS (C avres) acompaignon.