‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 48 sur 94 · V. 196 sqq · texte numérisé non relu

V. 196 sqq

Que tan fon pros Qes defendet de trMïzou.

Ni sabs d'Fiis,

Ni de Biblis, Ni de Caumus nuilla faisson .

De Lionas

Ja non sabras, Ni de Tebas ni de Gaton ;

De Nersisec,

D'Arumalec, Ni de Galcan lo rei félon ;

De Tideïis,

Ni de Formus, Que sofri tan ta passion.

L'allusion à Daire le Roux se rapporte bien clairement à l'épisode le plus important du Roman de Thèbes, mais rien ne prouve qu'il ait élé composé en dehors du Roman; il est plus probable, au contraire, que les jongleurs l'en détachaient souvent à cause de sa longueur et de l'intérêt qu'il offre. Ce Daire a été à tort confondu par Fauriel [Hist. de la poésie provençale, t. III) avec Darius, le roi de Perse, dont il est parlé dans œsirventes et ailleurs '. Cette erreur, bien excusable, a été naturellement partagée par tous les autres critiques, et en particulier par M. Ad. Birch-Hirschfeld ( Ueber den provenzalischen Troubadours des XII and XlIIJahrhunderts bekannten cpiscJien Stoffe; Halle, 1878), qui ajoute à notre citation celle-ci, de Peire de la Mule {Ja de razo) : ce Per dar conquis Alixandres Roais, Et per tener perdet Daris lo Ros », où le second vers se rapporte évidemment à notre épisode. Les explications qu'il a tentées deviennent donc parfaitement inutiles.

» v. 58 sqq. : Conte d'Arjus (Bartsch), Darius (Mahn, Gedichtc), Non sabes plus Ni del reproier de Marcon.

Cf. Augier de Saint-Donat ; Qu'ab dar fo Alixandres ries, E Daires per tener mendies (Slengel, ms. Ckigi i\^ 176. cité par M. Pi Meyer, Rominia, VII, 451); — Peire Vidal [Ane no laori per amor) = Val pauc ries hom pos pert sa gen, Quai rey Dari de Persa fon parven (citation de Fauriel, toc. laud.), etc. Pour d'autres citations, voir Birch-Hirschf'ld, lac. laud.

358 LE IlOMAN DE THÈHES.

Une autre allusion à Daire le Roux se trouve dans la Guerre des Albigeois (édit. P. Meyer), v. 3578 :

Dit l'abas de Belloc [au pape) : « Senhcr enluininaire,

Lo teiis filhs reis Englcs e lo teus cars amaire,

Qu'es devengutz tes liom et t'ama ses cor vaire,

T'a trames so sagel et de boca mandaire,

Quel remembre merces eljiUjamen de DairCy

E tramet li tal joia don totz sos cors s'esclaire. »

Le savant éditeur renvoie à la Bible {Esdras, VI) ; par conséquent il voit là (comme M. Bartsch, qui cite ce passage , Zeitsclirift f'dr romanische Philologie, II, 320) une allusion à Tédit du roi de Perse Darius relatif à la reconstruction du temple. Il nous semble plus simple d'y voir un souvenir du jugement du traître Daire et du pardon que lui accorde Étéocle.

CaumuSy dans le sirventes, est peut-être Cadmus\ mais ce n'est pas sûr ; M. Birch-Hirschfeld propose de corriger Caumis, ce que rend probable le rapprochement avec B'jblis (Cf. Ovide, Mélam. IX, 450 sqq.) — Ytis est peutêtre VAtijs de Stace, VAthcs {A thon) du Roman, comme dans le passage du Donat des Amans cité plus haut ; mais Fauriel' cite un passage assez obscur (ï A ime rie de Belenuoi^ où se retrouve cette forme :

Ane H ytis ' jorn de Biblis no fo tan cnveyes,

et ([ui, rapproché de celui de Guiraut de Gabreira, peut faire soupçonner qu'il s'agit d'un autre personnage. — Il est probable que Tebas et Tide'ùs ne désignent qu'un seul et même poème : le Roman de Thèbes.

2° Bertran de Paris du Rouergue {Gordo, ieusfas).

v. 17-18 Ni no sabets cossi près dc\ jayan A Tydciis, cant li lolc del cas tel.

< Cf. Milà y Foiitanals, De los 'rovalorcsen Espana, \rd'^. 275. 2 /. / . pas^. 488.

^ M. F^irch-llirschfold corrige : anc jorn llylis, mais le sens n'est guère plus clair.

ALLUSIO.XS AU ROMAN DE THÈBES. 359

V. 46-48 Ni d'En Guio de Mayensalvalens, Ni de la os t c'a Tebas fe venir Fag c'anc fezes no cug sapiatz dir.

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