CONCLUSION
Nous avons suivi la légende d'Œdipe depuis sa fondation, qui remonte à la plus haute antiquité, jusqu'à la fin du moyen-âge et aux temps modernes. Nous Pavons vue sortir d'un mythe solaire primitif, se transformer en un conte moral, grâce au génie grec et à la puissante conception de la fatalité, puis se développer peu à peu par des modifications et des additions successives dues à l'imagination des poètes ou des mythologues, qui sentaient le besoin de renouveler dans les détails la vieille légende. Stace vient et se contente de choisir et de combiner à son gré les éléments variés que lui fournissait l'antiquité grecque, comme il était naturel à une époque de civilisation avancée, ou môme déjà en décadence, plus favorable à la création de procédés artistiques particuliers qu'à l'éclosion spontanée de nouveaux produits de l'imagination populaire. Son poème reste célèbre pendant tout le moyen-âge : mais ce n'est point là la seule source où le monde des clercs aille chercher la connaissance de la légende d'Œdipe, qui d'ailleurs se transmet également dans le peuple par la tradition orale et par des récits écrits d'un caractère plutôt populaire que littéraire. Le Roman de Tlièbes, œuvre d'un imitateur, ou plutôt d'un rival inconnu de Benoît de Sainte- More, nous a montré comment le moyen-âge comprenait les sublimes inventions du génie grec, et nous avons vu le trouvère, tout en transportant dans Pantiquité les mœurs et les idées du xif siècle, arriver cependant, par une di-