SYNTAXE. XLIX
ne mu€r)=nQ pas manquer de (nepuet muer ne li a^iuit 6154, cf. 9686 etc.) ; — ne laier que ne = ne pas laisser de 10966 (cf. 10439 etc.), fréquent * — Ne remanra nel truist aucuns 3995 ; — De ce cui caut ? Ne se targièrent Si compaignon que bien ni fièrent 7581-2.
Ne z=z ou, dans les propositions dubitatives, hypothétiques ou interrogatives indirectes : Qui de lui tient ne fiefiSE terre. Ne qui du sien veut rien conquerre. Bien le semont, 3237-9; — Et demande aus du plait qu'il oent Que il en dient ne qiien loent 5653-4 ; cf. 2842. 6121. 6401-3. 7020-2. 9853 etc.
lO** Variété du style. — Le passage du style indirect au style direct est fréquent : S'il se fourfont deviens 7nais hui. Demain les pendra a un pui ; Se mais hui vous fur faites rien, Je vous pendrai, ce saciés bien 1305-8; — Mais Adrastus li aloé... Que or endroit pas 7ii ira, Mais son message i trametra. Qui par raison sache parler, Et vos drois querre et demander. Et de f fier et manechier. Se vos frères vos velt bolsier 1713-20 ; cf. 7873 sqq. etc.
Passage du pluriel au singulier dans les discours : N'i entendons fors loiauté Nule autre garison n'i voi 11076-8 ; —
très fi'équent à la 2'"^ personne : Dame, dist-il, coïijuré m'as, Desor ne vous mentirai pas. — Pour le mélange du passé défini et du présent historique, voir plus loin, aux Temps.
Voici un changement de construction d'un autre genre : Felsoit, font'il, qui vous faurra Et cestconsel refusera/ Seûrs soies ne vus faurrons (v. 13725 sqq.).
11° Article devant les noms de nombre, au sens partitif, .iiij. escus troeve illoecpar nombre. Les .ij. enprist 131 19-20 ; — Et les .V. d'aus al roi envoient 10368; — un peu différemment, v. 11136: J'en dirai un qui vaut les .c.
12* Substantif. — k\)vèi^ avoir non, le substantif se met au cas sujet: Manessiers ot non 11663; Daires li vous ses père ot 7ion 9639 (cf. Lebinski, Die DecUnation derSubst. in der Oïl-Sprache, page 38, note 2). De même, après les verbes neutres devenir, sambler [resambler], etc., et dans les veibes réfléchis aux temi s composés : Bien par 'matin s'en est tûmes Et a son diu s'est co-mmandes 997-8 ; Et li vassaus s'est esperis 2726 ; Bien resembloit fix a baron 292 *; Forment devint bons chevalières Et môlt
* Avec une anacoluthe accompagnée d'un pléonasme : Il n'i a conte w. baron, S'il vos disoit rien se bien non, Jane lairoie en ?iule guise Que lues vengance n' es fust prise 11G83-G.
2 Mais l'accusatif so trouve aussi : Bien resanle home plein de rage GO 12, etc.
L APPiiNDICE ; — LA LANGUE DU ROMAN DE THÈBES.
hardis et fors et fiers 357-8; // s'estoit vantés a sa mie 13481 (cf. 2134. 12146 etc.).
Noms collectifs avec le verbe au pluriel : g eut, v . 4325, Car puis K entrèrent li gens fiére ; v. 14147, La gent qui sont par les contrées ; mais avec le singulier, v. 5288, Grattment de gent en Vostrepaire (cf. Lebinski, pag. 42-3); linage, v. 14617-8, Romulus fu de cel linage, Qui furent mené en servage.
Le neutre singulier sujet ne prend pas d's, comme le régime, dans les tournures impersonnelles. Môlt lôr fu buen 3720 ; Ja ne sera desotroié 12022; cf. v. 14595, Ensanleo lui trestôt i empire, où trestôs l'empire aurait été choquant.
13*^ Adjectif. — Tel pour cel est rare : A J. en rendi tel mérite Cui il trova enmi le plan; Fausse li a le jaseran Que cil avoit tenu a fort, Qu'il Vahati du ceval mort 7824-8; Sire, fait-il, Quant vous a tous Bu devinait faites tel loi, Ne voelheja trespast pôr moi 560-2, où le sens est douteux, et se rapproche de
celui de tel.
Tel, construit avec le prononom relatif et séparé de lui : Tex chevaliers sist en la sèle, Qui môlt aime gerre novèle 4973.
Tel, suivi d'un adjectif numéral, se rencontre quelquefois sans qu'une proposition relative vienne fi la suite : Des murs Vesgardent tel .x. mille 12880 (cette construction est bien plus fréquente dans le Roman de Troie] ; — avec qui dans le second membre :
14047 etc.
Tout adjectif, placé devant un superlatif relatif et s^accordant avec lui : Mil chevaliers près de ferir. De tous les millôrs de s'onôr. Vous envoicrai a Monfiôr 4920-2 ; ,\.marsvaloit toute la p2V^6056(cf. en latin optimus quisquc). Pour l'accord de tout^xQQ Tadjectif qui suit, fréquent en ancien français, voir Tobler, Zeitschrift, II, 402, et cf., en français moderne, toute-puissante , nouvelle-venue, etc. — Avec ce superlatif, on trouve le substantif neutre mis pour l'adjectif masculin, au vers 8242: Çoïc èrt li mix de son esfors (pour li mieudre] ; cf. 8265 : Tout (lis. tuit] c'rent del mix de sa terre (\iO\\T des millôrs) 5480 etc., et Troie 19237 : Le mielz de lôr gent ont perdue, S*-Thomas 4180, Alexis
46, etc.
Tant, au sens de nombreux, beaucoup de, surtout dans les descriptions de batailles, est fréquent ici, comme dans d'autres textes (cf. Chanson d'Antiochc, Alexandre, Roland, etc.), et il semble s'être d'abord accordé avec le nom qui suit. Notre texte offre quelquefois régulièrement l'accord : Tantes sèles vcïssiés vuidesbSll (cf. 5041 sqq.); mais ce qui est plus remarquable, c'est qu'au lieu du pluriel, il emploie le plus souvent le singulier.
SYNTAXE
comme avec maint : En Vost de Troie, dont on conte. N'en ot tant prince ne tant conte 3247-8; La veïssiés tant ostel prendre, Ta?it rice tré a baron tendre 4567-8 ; La veïssiés tant elme a flôrs. Et tant escu peint a coulôrs, Tant ceval cras aplanoic. Et tanthauberc menu malle l^\\-\; El camp veïssics mainte astèle. Tant chevalier caïr de sèlc. Et tant maint cop ferir a mort, Etdesmallier tanthauberc fore 12667-70, etc. — Le pluriel et le singulier se succèdent dans le passage suivant, qui offre éq-alement un exemple de ^<2n^ invariable : Tantanstesi furent brisies, Tantes ensegnes dcsploïes, Tant poing, tant pié furent
colpé. Et tant vassal jus cravanté ; La veïssiés tant capleis
Tant rice cop ferir d'espée, Tante teste del bu sevrée ; Tant gentilhome d'autre terre, Qui érent venu pôr conquerre^ I veïssiés mort en la prée^Al-o^. On voit que l'idée du pluriel, qui domine dans la phrase, a amené le pluriel par syllepse dans l'avantdernier vers (cf. v. 5955-6) K On peut lire dans Guillaune de Paler7ie (vers 6061-82) une longue tirade où l'on trouve d'abord cil plusieurs fois employé pour l'article déterminatif, et ensuite une longue série de noms au régime singulier construits avec tant variable.
Ta7is, au sens de fois, se trouve ici au vers 4617 : Environ ot. c. tans et plus; cf. Troie 17299, Chron. des ducs de Norm., 24400, et voyez Burguy, 1,191.
14° Pronom. — Pronom personnel régime direct construit après le verbe : Aperçut les 2138; cf. v. 2660 : Plus plaint il els qu'il ne fait soi, et v. 5653-4 : Et demande aus du plaît qu'il oent. Que il en dient ne qu'en loent.
//désignant un nom ou pronom indéterminé qui précède N'i a CELUI qui pas l'en croie. Ne qui entreprenge le voie : Dame, faitiU nos n irons pas 5381-3, où il faut peut-être lire : font il.
Pronom demo7ist)^atif neutre (ço, çou, ce) explétif, devant le \erhe dire employé incidemment dans la phrase: Je meïsmes, ce dit li dus, BC, Addition 243 (cf. 471. 621. 625, et Roman du Rou 2006 ; Bien ait, ço dist la famé, ki cest nos gaaingna). — Au débutd'un discours : Ce dist lirois: Or oi bon plait 1 1855.
* Le mélange de la forme invariable et de la forme variable se montre encore dans le passage suivant : La verres tant hamle hrisie.r, Et tante emègne desploicr Et tx^te grosse hansle faindre (lis. fraindre) 4815-20. et dans les vers 4611-G; le singulier avec accord aux vers 4212, 5877 sqq., 5949 sqq., 5990 sqq., G022-3, 0048, 7217, 8929, 12668-70, 13798-800 etc. Cf. Alexandre {^^^\\i. de la Villethassetz et Taibot), Assaut de Tyr, v. 257 sqq. ,
LU appendice; — la langue du RO\rA>i^DE THÈBES.
Co (çou), pris impersonnellement pour il : Busqués çoii vint lonc tans après. Que se baignoit Edypodès 803. — Cil^ cel, ces etc. sont quelquefois emploj'és dans un sens emphatique [comme ille en latin), mais plus souvent i's semblent remplacer simplement Tarticle, sans rien ajouter de plus que l'article lui-môme au sens du substantif : l'Jt mandast on ces tumeôrs 133; HJt ces dames et ces pucèlcs Oïsseni harpes et vièles 131 ; Ces rains Idr font si cler soner 14521 ; Joignent esrant, ces lances froissent. Et ces escus fendent et croisent 12665-0 ; Cil oisel cantent par doiiçôr ^ Cil damoisel (ms. ces damoisiax) songent d'amôr... Et cil plus Jovene chevalier Se painent môlt del aprocier (9555-60) ; Ces buisines, cilgraile sonent, Que ces values en resonent 4319-20; cf. 3175-9. 3377. 3473. 3648. 6034. 6280. 8909- 12. 8915. 8923-8. 8923-8. 8933-4. 13787-92. 14271-4. 14281. 14491. 14521 etc. Cette tournure nous semble plus fréquente ici que dans la plupart
des textes.
Le pronom démonstratif est remplacé quelquefois par l'article devant un génitif, pour tenir la place d'un substantif déjà exprimé (tournure rare en vieux français et en provençal classique, fréquente au contraire dans les patois du Midi) : Onques ne fu tex (os) assanlée, Fors la César et la Pompée 'i2Ao-Q; Del tans César ne del Crassus, Del Aliœandre et del Pompée, Ne fu mais tex gens assanlée 14284-6.
Il faut noter l'emploi fréquent du démonstratif avec les adverbes defors, dedens (deçà, delà), pour désigner les deux partis : cil (ceus) de fors (aussic«7 (eus) de l'ost] , cil [ceus] dedens (passim) , etc.
he pronom possessif est souvent accompagné de l'article dans sa forme absolue, sans qu'on puisse affirmer que l'auteur a voulu insister sur l'idée de possession (Cf. Burguy I, 146); la prépondérance du féminin dans ce cas semble indiquer que la mesure du vers guidait le plus souvent son choix entre la forme simple et la forme accompagnéa de l'article : la seue gent 555, la moie gcnt 580. 592, la soie cambre 1367; la moie mors 3787 etc.
Pronom relatif construit avant son antécédent : Qui ira, il fera folie 5386 ; Cui il encontre, nel remire 6004 ; Qui ne sot la voie tenir ^ Ou il n'i pooit avenir, Aine nus d'aus 7ie se pot desfendre : Il noia ou se laissa prendre 9551-4 etc.; — simplement séparé de son antécédent : De tout içoumot ne savoit Qu il aloient entr eus disant 7870-1 etc.; Quant ma première porteûre M'a si tolu malaventure, Que/ai tous jours tant désirée 179-81 (cf. 334 etc. — Le pronom ve\dX\î qui est mis pour la conjonction que dans cet exemple : C'est de celui qui môlt menace Qui môltparolt et petit face 1973-4; à l'inverse : Uns d'eus h' Alexandre escôta
SYNTAXE