‹ La légende d'Oedipe [microform], étudiée dans l'antiquité, au moyen-âge et dans les temps modernes, en particulier dans le Roman de Thèbes;Chapitre 82 sur 94 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

11092 (=:ki Alexandre). — Qui que (subjonctif) = qui que ce soit qui, 4333.

15° Verbe. — Verbes actifs ou neutres en français moderne, pris au sens réfléchi* : haster = se hâter, 325, entremetre = se mêler de, 28; coiter= se hâter, 1297; rompre, 7357 : Rompent çaingles et li poitral (cf. Troie 1S15, 0 Archelax Joint Godelès, Que des escus fendent les es Et des haubers rompent les mailles, et BC, Addit. 398); laver, 1402; lever, 40d3. 10311. 13730; fendre, 4350: Pollinicès i vint fendant', destiner = fixer comme destinée (à qq°): Pour ce leur fu si destine, BC sub fin. (cf. A 6829, Ensi com Dix Vot destine, et 13053); €mp)lir =^ èivQ plein, se remplir, BC, Addit. 364; retraire, 10520; traies en Za = retirez-vous, 220A; prendre a =^se mettre à, 2380. 2570 etc. (cf. se prendre a 2983] ; fausser =. manquer, 2666 ; esprendre, 5261 ; vuidier, 8664; esclairier, 8368; mesaler =zmdi\ d,g\r, 3746 (cf. Alexis 471, semesaler]; receier, 10563. 11187. 11189; escrever, 13108; ouvrir, 6831; afebloicr, 14258; estancierzr=:^'di,vTèiQY, 7574; cf. Troie, 20543 troubler, 19940 départir, 17175 fausser [= être faussé), etc.

Verbes pris impersonnellement : Forment essart etmôlt essuie

Verbes neutres pris activement : Mentir 1872. 1876. 1884. 2007 etc.

Verbes réfléchis à la place des verbes simples : Se venir 2037; se traverser 2145; se dormir 8171 ; se craindre 3746. 8149; se desmesurer 14240 BC ; s' apparoir 7420.

Verbes «c^î'/^ pris absolument : Iancer2l73 et 2203. Il faut noter ici le v^rbe réfléchi neutre s'apercevoir, emiAoyé sans régime: Sôr lôr agait en est venus. Et ne s'est pas apierceûs 2133-4; cf. Lai de l'éprevier, v. 140, note, in Romania, VII, 7.

16° Emploi des modes. — //î/î^i/^//* accompagné d'une négation pour impératif : Ne tôt croire, ne tôt mescy^oire 9467; Duceus, fait il, neplôrer 13029 ; N'amasser ja or ne argent 1646 ; Chevauche, roi, ne croire (B, ne croi AC) en sors 3341 ; Respit prions , font il, biax sire, Dusc'a demain, nel contredisse 11449; cf. Roman du Rou. 13015 : Guert, dist Ilcraut, ne t'esmaier ; et à côté de l'impératif, 14931 : Va t'en, dist il, ne tetargier, et 5643 Gis tei, dist il, ne te moveir.

M. Otto Behaghel (Zeitschrift, I, 4, pag. 575-7) combat l'opi-

^ Ceux de ces verbes qui ne sont j)lus usités aujourd'hui se rencontrent en vieux français plus souvent au sens actif ou dans une acceplioii diirér«ate; voilà pourquoi nous les citons ici. i

Liv appendice; — la langue ju uoman de thebes.

iiion de M. Wolf *, qui croit voir l'origine de cet emploi de l'infinitif dans l'habitude que l'on a géiîéî'alement de se servir de ce temps, lorsqu'on parle une langue dont on ignore la grammaire. Il préfère, avec raison selon nous, admettre que la tournure 7ioli avec l'infinitif a amené la confusion de ce mot (?iol) avec la combinaison de 7ion et du pronom de la 3""-' pers., et ensuite l'emploi de la négation jointe à un pronom de la 2'"% pour exprimer l'idée de l'impératif négatif; car il est h remarquer qu'on ne rencontre pas cet infinitif dans les propositions afiirmatives.

La liropositioyi infinitive, que Diez affirme être très rare, se rencontre ici assez souvent : Geter i font les deux perriéres Kailliax cornus et grandes 2:>ieres 4079-80 ; Car ajirùs les estiit lever, BC, Addit. 7, où la construction difibre un peu ; Queja ne lui ne son ceval Ne larra prendre illocc estai 1121-2; Ne eus n'i loist point arester 4052 (cf. 4005) ; Li dus a fet ses homes prendre Ceus qui ne se veulent desfendre, BC Interpolation après A 14010. (Cf. Tobler, Zeitschrift, II, 404-0, qui cite un grand nombre d'exemples) .

Parmi les infinitifs pris suhstantiveyncnt^ nous citerons les suivants, à cause de la tournure : traire et lancier : Ne crain ne traire ne lancier 4520, cf. 4719 (?) : — fur : El fuir cil delà se fient 9347 ; Et li fuirs li est viltance 12950 ; — estre : Li dus li demande son estre = Sdi situation, BC 14314 ;A Puis li demande que il a]\ — tolir : L'avoir tolirpueton droit faire 10893, où l'infinitif est accompagné d'un régime (cf. 11317: Nia fors du faire justice, et 12055 : Drc'ce soi au jugement dire] ; — monter: Del monter n est Adrastus lens^lZ^'^ ; et avec un régime indirect marqué par de. Au remonter des ahatus\^l^^o,oi\\^ tournure est différente de celle qu'a signalée M. Tobler [Zeitschrift, II, 405) : A Vaprochier les nefs, Beaudouin de Sebourg Vil, 8 etc. (il n'y a point ici: Au remonter les abattes).

L'imparfait du subjonctif (avec qui s= celui qui, si l'o7i) pour le conditionnel passé est très fréquent, surtout dans la forme d'hjpotypose consacrée pour l'énumération, qui dont vcïst : v. 14001-4, Q\ti dont veist l'embrasement , Et C077i li fus art et espreyit, Grant dôlôr avoir en peiist. Et de le gent grant pek eust (rare sous cette forme). Il est employé le plus souvent sans membre de jdirase correspondant, au sens de «on aurait pu voir»: V. 325 sqq., Qri dont veïst hastcr seyjans, Et descendre des auferrans'. IsnHc7nent au cais7ie keurent (cf. 3500 etc.); — autre-

^ De l'emploi de l'infinitif dans les plus anciens textes français (Lunds Univ. Arsskrift, tora. XI, in-io, 78 pages).

syntaxe.

ment, v. 5045 sqq.: la veïssiés tayitcapleis Et de lances telfroisseïs, Escus troer, haubers fausser (cf. 5974 etc.); — et en dehors de cette formule : Lors oïssiÉs estrange 7ioise 3032. — Dans une proposition secondaire, pour le conditionnel présent : Entr'aus s'acordent que sans guerre Cascuns eûst so7i an la tertre 949-50 ;

Il Vavoient juré a7içois Que s'entr'els de us sorjoit discorde

fust acordée sans te7iço7i 959-03 ; — mêlé avec le conditionnel : Nouvèle loy trouvèrent tal... Que quant li uns d'aus regneroit, Li autres en escil iroit, Et quant li ans seroit passés, Li escilliès fust coro7iés ; Et par itel devisement Regneroient communalment 941-8. — Au contraire, leconditiounel est mis pour l'imparfait du subjonctif : Grans lais seroit que sa môllier Nous demenroit ici dangier 1919-20. — Citons encore, comme exemples d'imparf. du subj. au sens du conditionnel : Se fuissiés chiens a J. vilain. Assez vous don7iast de sonpai7i. Garasses li abaïssies 1909-71 ; Dars ne qariacc tant i fust trais Que ja .j. point entrast deda7is 0048-9 ; Cis rois dut l'a7i premier te7iir. Ses frère fms. frères) alast ailiers servir 11117 etc.

Subjonctif présent pour l'indicatif, dans le verbe chaloir: Or de jjreudome que7ne caille 8317 (cf. Burguy, II, 27) ; — pour l'impératif, Bien vignies vous (:^ soyez le bienvenu) 3804.

Le Participe reste invariable quand il est construit avec le verbe avoir pris impersonnellement, tournure très fréquente ici : avec le passé défini, Ains que passast, je croi, lijôrs, I ot bete (ms. bêche) plus de ,xx, owrs 799-800; Si ot assis el fro7it deva7it Pieres môlt ciéres de cristal 1172-3; Dessus ot d'or. j. grant bouton 1181 (cf. 4337. 14141 etc.); Te7îdu i ot une côrtine 1391 (cf. 14145 etc.) ; — avec l'imparfait, Paint i avoit castiax ^ cites 1379 etc. — Notons, au sujet de la tournure il a, a = le moderne il y a, que notre texte fournit d'assez nombreux exemples de il i a, i a : Car il i a estrange ge7it 1420: Ja i ara bataille fiére 2322 ; Petit i a mais de haities 2358 ; Ni a celui qui pas l'e7i croie 5381 ; Do7it il i a plus de .vij. cois 10000, et d'autres encore.

Participe prese7it accompagné de la préposition e7i et se rapportant au régime (et non au sujet) : Le roi ocistrent en dor77iant

Proposition participiale absolue : Leva7it soleil 5404 ; solel levant 9059; oiant trestous 2700.

17" Emploi des temps. — Le passé défi7ii a un emploi prépondérant. P II est mis pour rimjarfait : Dcsous j. lorier s'aombroient, Cex regardère7it qui jost oient 5881-2; Môlt valurent si gar7ieme7it, etc. — 2« Pour le présent, ou plutôt pour le passé

Lvi appendice; — la langue du roman de thèbes.

indéfini, dans ces vers : Se demandés le nom celui Par qui fu mors, bien le connui 679-80. — 3" Il est surtout mis pour l'imparfait, dans le cas où l'auxiliaire avoir y]omi au participe, constitue ce que nous appelons aujourd'hui un passé antérieur, au lieu du plus-quo-parîait qu'exigerait la syntaxe moderne : Li enfes ot le jour pl6re\ Endorynis èrt par le laste 215-6 ; Athes ot amené od soi .m. chevaliers a son conroi : Tout [lis. tuit] érent del mix de sa terre%2(j^-o: Li rois se tint a mal mené. Quant vit quilot ainsi esré 901-2 ; Mnlt ricement Vot adoubé. Car il l'avait forment amé 7641-2 (cf. 7631. 10643 etc.). — Notons surt)ut les v. 7667-8: Meneceûs (ms. Menesteus) rot fait son tour, Et se refu mis en Vestour. — Il en est de même de l'auxiliaire estre, qui toutefois est moins employé : La fille au roi se fu le^ée 2606 (cf. 7668 etc.).

Cet emploi du passé anté ùeur pour le plus-que -parfait est général ; mais il y a des textes qui, comme le nôti-e, le montrent plus fréquemment, par exemple VAiol, où j'en relève 4 exemples en 12 vers : 263. 271. 273.274. On le trouve encore, à la fin du moyen-âge, chez Christine de Pisan [Les cent histoires de Troye, n" 50): Sy avint comme il Veut dit, etc.

Le passé défini du verbe avoir pour l'imparfait se trouve aussi Sv)uvent pris absolument, en [larticulier lorsqu'il est employé impersonnellement : Molt i otjente fermeté^ Elcastel ot .m. chevaliers 4342-3 (cf. 4345. 4640. 4643. 4716 etc.); aussi personnellement (dans les descriptions) : Athes fu J. mescins niôlt grans, Et non peroec n'oT que .xv. ans; Ses cevex ot crespés et blons, Sôr les espaules auqucs Ions; Et ot le cief estroit bendé D'une bande d'un bleu cendé ; Les iex ot vairs, rians et biax. Plains de gaieté com oisiax; Et ot la car autre si blance Com est la nois desôr la brance; Sir la blançôr, par grant conseil, I ot nature assis vermeil etc. 8033-56 ; Sdr J. ceval aisT de Castele 8057 (cf. V. 4659. 7630. 12082. 12087. 1208Î). 12093 etc. ; il est mis pour le conditionnel au vers 8084; Carjene te voel pas ocire : Ta mie en ot et doel et ire.

Le passé indéfini se trouve pour le présent au v. 852 : Car Je l'ai hui môll désiré.

L'échange àw passe défini et du présent, et le mélange de ces dein: temps dans la môme phrase est très fréquent : Tydeûs ist fors de la presse, A pié descent, son ceval lesse : ./. datisiax amena de l'ost J. arrabi qui couroit tost ; Il Capelaet cil li livre Isnel et fort et bien délivre 8031-6 ; Tydeûs desarmé le vit, Outre s en passe, si en rit 8069-70; Cil vint avant et si descent, Le ceval tint seréement... Celi connut... Les dames tôtes trois salue, etc. 5833-8 ; Cil s'en tOrna, le dame laisse, Espero-

SYNTAXE

nant vint en la presse 6165-6 ; cf. 6306-8. 7731-2. 9680-2. 14459-62 etc.

Quand le présent historique est mis pour le passé défini, le verbe de la proposition dépendante se trouve souvent à l'imparfait du subjonctif, au lieu du présent : Entraus s'accordent que sans guerre Cascuns eïist son an la ^erre 949-50 (cf. 978 etc.)

18'* Concordance des temps ; emploi des temps et des modes DANS LES propositions DÉPENDANTES. — Impératif ^OMT ^\\h]onctif dans des propositions qui dépendent d'un verbe exprimant la volonté ou le désir : Or vous prijoii. . . Que vous me dites la verte So2;Je vôscommant que talés prendre, Et devant moi le faites pendre 13613, où, il est vrai, aies est peut-être un subjonctif (cf. G. Willenberg, Roman. Studien, 111, 390, etTobler, Zeitschrift fur roman. Philologie, I, 14) ; — les deux temps sont mêlés 1868 sqq. : Or te semonc je par amôr Que li roides son an la terre, Et si t'en va aillôrs conquerre, où l'on pourrait aussi voir un changement de construction *.

Le futur est mis pour le subjonctif : Et se li ont toutes loé K'avoec èles rétamera Et a Thebes repaierra 14248-50 ; Talent li pristque el vregier Irapôr soi esbanoiier 2697-8 ; — au contraire, le subjonctif est mis pour le futur : Prendés conseil que vous faciès 14017.

L'imparfait avec 5i conditionnel est joint à un futur employé comme verbe principal : Et se vos croire me vôliés (assuré par la rime aficiés] De laissier vostre jugement, J'en dirai .j. qui vaut les .c. ; Vous i pores granment aprendre^ Se vos i volés bien entendre 11134-8, où Ton voit, dans la seconde partie de la phrase, la construction régulière.

Le passé défini se trouve pour l'imparfait, dans une proposition qui dépend d'un verbe également au passé défini : Il sot môlt bien qu'il fu trais 2139.

Subjonctif pour indicatif : Diva, fait il, c'est a bon droit Que Dix nos ait si en destroit 7117-8 ; après un comparatif : Autre cose est del cors ferir Que il ne soit d'avoir tolir 10891-2, où l'on attendrait le conditionnel ou le présont. Aux vers 7761-2 : Mais par la perte qu'il i face. Ne vuet onques gerpir le ^3/ac^, l'indicatif semblerait exigé, d'après la syntaxe moderne, parla l)résence de l'article défini; mais le sens général est indéterminé.

Présent du subjonctif àéi)ei\dù,ni d'un parfait : Aine nel lais-

^ Un cas intéressant est celui des vers 10984-5 : Une autre fois vos engardés Que ne faites tel jug<'ment, où l'impératif est négatif -, de môme 7917 : Pensés de nos que pas nel dites.

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