JIÎANUSGKITS ANGLAIS DU ROMAN DE THÈBES
pour ABC. On pourrait presque en dire autant des vers 55-6, qui, il est vrai, manquent dans P. Do même les vers 51-2, qui manquent dans ABG, se trouvent dans PS ; mais P supprime (sans doute par oubli) les quatre vers précédents, qui sont à peu près indispensables si Ton admet les vers 51-2, tandis que S maintient les six. Mais d'autre part AP se distinguent nettement de BGDS par les vers 77-8 deD {Al sosi qui est en la place, E sacrifise grant i face], délayés en 4 vers dans AP, qui sans doute ne connaissaient pas le mot souci {sosi, solsi). En ce qui concerne les vers communs à tous les manuscrits dans les deux fragments, D est beaucoup plus voisin de S que de AP ; tantôt il est d'accord avec BCS, tantôt avec BC seuls, S restant isolé, par exemple au v. 31 (l"fragm.). Un cas curieux est celui des vers 6659-60 de A : Gardez que ja ne s en tourt uns (P homs], Es portes soit Vestors quemuns (P Desias portes les melons), où BS ont : Gardez que ja nus (S uns) ne s'en tiengne Devant que la mort le retiengne (BJusqe qe li murs les retienge\ tandis que CD, supprimant ces deux vers, donnent les deux suivants : Ne redotum (C ne doutez vous) ja les garços (C ces garçons), Ne remange uns entres arços (C N'en remaindra un es arçons) ; S les donne également après les deux premiers, et il semble avoir raison.
Que faut-il conclure de cette scrupuleuse exposition des faits en ce qui concerne les morceaux pour lesquels six manuscrits se trouvent en présence, et de ce que nous avons dit plus haut à propos des mss. anglais P et S ? Il semble d'abord difficile de se prononcer. En effet, le ms. P, qui est presque aussi ancien que A, offre incontestablement un caractère mixte qui en rend le classement difficile. Traitant l'histoire d'Œlipe comme A, et marchant d'accord avec ce ms. dans la plus grande partie du poème, il doit nécessairement être rattaché au même groupe que lui. D'autre part, comme il a les six vers caractéristiques dont nous avons parlé à propos des fragments de D, il doit être rapproché de D, et en même temps de S, qui est, nous l'avons dit, beaucoup plus voisin de BG que de A ; or nous savons que BC, comme A, manquent des 6 vers en question et que, par conséquent, ces trois mss. dérivent d'un manuscrit commun. Pour éviter cette contradiction, nous supposons un manuscrit « contenant les 6 vers et contemporain du ms. P, d'où dérivent, à des intervalles très différents, d'un côté D, de l'autre S. De a est venu le ms. qui a supprimé les 6 vers (e), et un ms. p qui les a conservés, et d'où dérive P; de 9 proviennent à leur tour : P le manuscrit prototype de A (a), sans interpolations; 2«Ie ms. p, dont l'auteur est responsable des principales modifications au texte primitif que nous constatons aujourd'hui dans BCS, en
mettant à part le Conseil des dieux et la mort de Capanëe, qui constituent un second remaniement [r]. Il reste à expliquer les rapports qui existent entre S et BC, c'est-à-dire entre deux mss. appartenant à des familles différentes et même incompatibles. Pour cela, il faut nécessairement admettre que le scribe de S (ou de l'un des manuscrits, s, de la série qu'il représente) a eu sous les yeux un ms. de la famille a (branche représentée parBC) et un ms. de la famille |3 (que j'appellerai b'), et qu'il a choisi entre deux rédactions différentes celle qui lui convenait le mieux : ce qui n'a rien d'invraisemblable, si l'on considère qu'il y a dans ce manuscrit plusieurs passages où les deux rédactions (quand il ne s'agit que de deux vers) se trouvent transcrites successivement. Pour nous résumer, voici comme on pourrait figurer le classement des manuscrits connus du Roman de Thèhes :
Montpellier. — Typogr. Boehm et Fils.