MAI
Hozanna ! La forêt renaît de ses ruines ;
La mousse agrafe au roc sa mante de velours ;
La grive chante ; au loin les grands bœufs de labours
S'enfoncent tout fumants dans les chaudes bruines ;
Le soleil agrandit Forbe de son parcours ; On ne sait quels frissons passent dans les ravines ; Et dans l'ombre des nids, fidèle aux lois divines, Bientôt battra son plein la saison des amours.
Aux échos d'alentour chantant à gorge pleine, Le semeur, dont la main fertilise la plaine. Jette le froment d'or dans les sillons fumés.
Sortons tous ; et, groupés sur le seuil de la porte, Aspirons à loisir le vent qui nous apporte Comme un vague parfum de lilas embaumés.
L'astre majestueiix dont les flammes fécondes, Dispense la chaleur et la vie aux deux mondes A passé des gémeaux les signes radieiix.
Castel.