CHERE RELIQUE
Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données.
Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées, Sur ces roses, que seul le temps a profanées. Un doux rayon d'amour sème des reflets d'or.
Pauvres fleurs î. . . bien souvent, inutiles rosées, Les larmes de mes yeux vous auront arrosées. Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.
N'importe, je vous aime, ô reliques bénies ! Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon dernier sommeil !
Nous n'existons vraiment que par ces petits êtres.
Emile Augier.