‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 71 sur 120 · CHERE RELIQUE · texte numérisé non relu

CHERE RELIQUE

Je possède un bouquet de pauvres fleurs fanées, Que je garde, jaloux, comme on garde un trésor ; Car dans ce cher débris je crois trouver encor Le parfum de la main qui me les a données.

Et quand mon souvenir remonte en son essor De mes jours de bonheur les rives fortunées, Sur ces roses, que seul le temps a profanées. Un doux rayon d'amour sème des reflets d'or.

Pauvres fleurs î. . . bien souvent, inutiles rosées, Les larmes de mes yeux vous auront arrosées. Sans rien vous rendre, hélas ! de votre éclat vermeil.

N'importe, je vous aime, ô reliques bénies ! Restez là sur mon cœur ; et mes lèvres ternies Vous presseront encor dans mon dernier sommeil !

Nous n'existons vraiment que par ces petits êtres.

Emile Augier.

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