‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 72 sur 120 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

Il a bientôt deux ans. Parfois, quand je le gronde, Il baisse ses grands jeux qu'une larme a ternis ; Et puis, avec des airs de douceur infinis, Il relève vers moi sa belle tête blonde.

Et tout à coup, — l'enfance a ces retours bénis, —

D'un sourire joyeux sa figure s'inonde ;

Il jase en éclatant de rire, et sa faconde

Semble un gazouillement d'oiseaux au bord des nids.

Alors au fond de moi quelque chose remue ;

De tendresses sans nom ma pauvre âme est émue ;

Sous mes cils à mon tour je sens des pleurs jaillir. . .

Merci, mon Dieu, merci ! vous dont la pitié sainte A mêlé ce rayon de miel à notre absinthe : L'enfant aimé pour nous consoler de vieillir !

J'étais absent de vous, inquiet, désolé.

Campistbon,

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