‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 78 sur 120 · A MA SŒUR MARIE · texte numérisé non relu

A MA SŒUR MARIE

Au retour de son A'oyage de noces.

Ma sœur, comme l'oiseau qui traverse la nue, Quand le soleil d'avril sur ses ailes a lui, Enfant naïve hier, femme heureuse aujourd'hui. Au doux nid paternel te voici revenue.

L'homme aimé que ton cœur s'est donné pour appui T'avait bien loin de nous trop longtemps retenue ; Il te ramène enfin : sois donc la bienvenue ! Au cercle du fojer qui s'ouvre devant lui.

Approche ; asseyons-nous autour du feu qui tremble ; Nos âmes et nos mains se mêleront ensemble : Quand il est partagé le bonheur est plus grand.

Puis, en te souhaitant des jours exempts de larmes. Nous nous demanderons lequel a plus de charmes, L'ange qu'on nous ravit ou l'ange qu'on nous rend !

Bonheur est le plaisir des sages.

BOUFFLEBS.

A Mme OSCAR DUNN

Cousine, j'aime à voir sourire vos dents blanches ; J'aime entendre éclater votre rire mutin : Jamais son plus joyeux, timbre plus argentin, N'ont encor résonné sur des lèvres plus franches.

On dirait un oiseau lançant, de branche en branches, Dans l'éther du ciel pur son hymne du matin. . . Ah ! c'est que le bonheur que vous fit le destin Eclate dans vos yeux, bleus comme les pervenches.

Le bonheur ! le bonheur ! ô trésor précieux

Que notre sphère envie à la splendeur des cieux !

Rose du paradis que tout homme a rêvée !

Mot de l'immense énigme où le cœur se confond ! Mot qui pour l'âme humaine est un gouffre profond ! Bonheur ! perle sans prix que vous avez trouvée !

Dieu dans son paradis n'a pas mis tous ses anges.

Ernest Ameline.

A Mlle HOXORIXE CHAUYEAU

A quoi donc rêvent-ils, vos beaux yeux andalous, Quand, voilant à demi sa lueur incertaine. Votre regard s'en va se perdre loin de nous, Comme s'il contemplait quelque image lointaine ?

Quand vous semblez chasser toute pensée humaine Et que, sur le clavier au son plaintif et doux. Sans but, las et distrait, votre doigt se promène. Jeune fille rêveuse, à quoi donc songez-vous ?

Oh ! sans doute qu'alors votre âme ouvre ses ailes, Et s'en va retrouver, dans des sphères nouvelles, Ceux que le ciel emporte, hélas ! et ne rend pas !

Nous vivons dans un monde où presque tout s'oublie ; Mais il reste toujours quelque chaînon qui lie Aux anges de là-haut les anges d'ici-bas !

La lyre chante auprès de toi.

Victor Hugo.

A Mlle YV0N:NE LEDUC

Yvonne, devant toi tu vois s'ouvrir la vie . . . Comme un liôte charmant le bonheur à venir, Doux rêve que Ton croit ne devoir pas finir, A son joyeux festin t'appelle et te convie.

De radieux espoirs ta prunelle est ravie,

Ta prunelle qu'un pleur n'oserait pas ternir ;

Ton regard sans effroi plonge dans l'avenir ;

Pour toi tout n'est qu'aurore. . . oh ! comme je t'envie !

Quelque autre te dirait, assombrissant ton front. Qu'il est des mauvais jours et que plus tard viendront - Les désenchantements. . . Non, non, la vie est bonne !

Dans ta sainte candeur, aime-la, chéris-la !

Ne laisse pas ton œil regarder au-delà ;

Souris à l'Espérance, et chante, mon Yvonne !

Un jour que je passais par là, J'aperçus la maison fermée.

FÉLIX Frank.

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