‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 91 sur 120 · LA '^ H E X R I E T T E · texte numérisé non relu

LA '^ H E X R I E T T E

Yacht français en rade de Montréal.

Charmant petit vaisseau — naïade ou sirène — Si gracieux à voir sur ton ancre affermi, Orgueil de notre port dont le flot endormi Reflète en son miroir ta beauté souveraine I

Que ta voile où jamais Touragan n'a frémi Ne s'ouvre qu'à l'effort d'une brise sereine ; Et que nos vagues n'aient pour ta svelte carène, Charmant petit vaisseau, que des baisers d'ami !

Va, cours, élance-toi de rivage en rivages ;

Dans nos havres bruyants, sur nos ondes sauvages,

Sur nos grands lacs lointains ou nos fleuves déserts,

Va promener joyeux ta course vagabonde.

Et puisses-tu longtemps dérouler dans les airs

Les couleurs de la France au vent du nouveau monde !

Prêtez l'oreille à ma voix musicale, C'est une harpe aux chants mélodieux.

Prosper Blajvchematn.

Aux frais bourdonnements des abeilles dorées, Aux chants du rossignol se prolongeant sur l'eau, Aux confuses rumeurs des limpides soirées, Aux duos amoureux de l'onde et du roseau,

A l'orchestre enivrant des brises éplorées Qui bercent des forêts l'harmonieux réseau. N'as-tu pas dérobé ces notes inspirées Qui vibrent, Rosita, dans ton gosier d'oiseau ?

Mais non, ô douce artiste ! ô belle charmeresse ! Des sons les plus divins la troupe enchanteresse N'a jamais en nos cœurs créé plus doux émois ;

Car, vois-tu, quand la foule à ton chant suspendue, Frémit d'enthousiasme et t'acclame, éperdue, C'est un esprit d'en haut qui parle par ta voix !

O livre tout rempli de naïves promesses !

Eugène IVIanttel.

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