‹ La légende d'un peuple (volume 2)Chapitre 90 sur 120 · ALB ANI · texte numérisé non relu

ALB ANI

au chevet funéraire de la reine Victoria.

Froide, et couronne au front, la morte bien-aimée Reposait sur un lit de rose et de jasmin ; Sombre, et debout devant la forme inanimée, Pleurait le fils d'hier, monarque de demain.

Non loin se prosternait une autre renommée. Artiste dont la gloire a doré le chemin, Diva cent et cent fois des foules acclamée. . . Le roi s'approcha d'elle et la prit par la main.

— Chantez ! dit-il : — Alors une voix chaude et tendre Vibra dans le silence auguste, et fit entendre Comme un long chant de deuil doucement sangloté. . .

Emotion suprême ! ineffable harmonie î C'étaient la Royauté, la Mort et le Génie Qui mêlaient devant Dieu leur triple majesté !

Son front s'éclaire alors d'un fier rayonnement.

Paul Ma>"ivet.

A EHEA

C'est la Muse elle-même, ô Ehéa, qui t'inspire, Et t'ouvre à deux battants la porte du succès. Marche ! et nos cœurs émus t'aplaniront l'accès Des sommets où la gloire a fixé son empire.

Oui, nous t'applaudirons, noble artiste qui sais, Soit que ta voix éclate ou sanglote ou soupire. Animer parmi nous les héros de Shakespeare Du pur souffle de l'art et de l'esprit français.

Tous les sentiments vrais te palpitent dans l'âme. L'idéal même trouve un reflet de sa flamme Dans ton jeu plein de charme et de virilité ;

Et rien qu'au seul aspect de ta grâce candide. Chacun croit voir briller, sur ta tête splendide. L'étoile du Cénie au front de la Beauté !

Allez, mon navire aux grands mâts pavoises.

De Saint-Georges.

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