Cf. ch. XII, st
renferme ce qu'il a dil de plus précis sur ses intentions, il déclare que le cinquième chant n'est encore que le commencement du poème. Il ignore le temps qu'il lui faudra pour l'achever, il ne sait même s'il pourra l'achever1.
La composition était si lâche qu'il transposait parfois certaines parties, supprimait, ajoutait, intercalait'2. Les stances à Wellington, par Lesquelles débute le neuvième chant, étaient primitivement au commencement du troisième. Le 6 juillet 1821 il écrivait à Murray son intention de supprimer dans le cinquième chant, sur les désirs de M. Hobhouse, la stance sur les amours de la reine Sémiramis et de son cheval. Cette stance fut cependant conservée3. Une autre fois, il effaçait six stances ipour satisfaire aux scrupules de son éditeur4.
L'œuvre est donc sans unité extérieure, mais elle a une unité intime qui réside dans l'intention satirique et morale dont elle est inspirée d'un bout à l'autre. On peut la diviser en deux parties d'un caractère un peu différent, correspondant chacune à une étape de la vie de Byron et à des influences contraires exercées sur lui. La première, qui comprend les cinq premiers chants, est la partie la plus licencieuse, celle où l'amour tient la plus large place. Elle fut interrompue, nous l'avons vu, à la demande de la comtesse Guiccioli. Le poème de Caïn. dans lequel il peignait le doute, la révolte religieuse et morale, ayant été condamné sur ces entrefaites, Byron protesta contre le scandale soulevé en fondant avec Hunt le Libéral et en reprenant Don Juan. Mais, dans cette seconde partie, l'amour ne tenait plus la première place. Les attaques contre les mœurs et les opinions du monde, contre le ccwt surtout, redoublaient de violence et d'amertume. Du cinquième au sixième chant, le caractère du poème s'est modifié : le Donjuanisme s'atténue, la satire sociale prend plus d'importance et s'envenime.
1. To how îii.'inv r;intiis this may extend, I know not, nor whether (even if I live i 1 shall complète il.